14 février 2012
Blogs et journalistes: la "polémique Rémondat"
Sur ce coup-là, je suis en décalage avec l'actualité. La faute à une semaine de déplacements successifs, qui m'ont fait passer complètement à côté.
L'actualité, c'était la "polémique Rémondat" - celle soulevée par l'édito de Michel Rémondat, l'éditeur et éditorialiste de Vitisphère, le 28 janvier dernier.
Michel Rémondat (Photo H. Lalau)
Je vous redonne ce texte, intitulé, de manière on ne peut plus appropriée: "Des bloggeurs et des journalistes".
"Pour qu'il y ait de grands vins, il faut, comme le dit si bien Denis Dubourdieu, des vignerons pour produire ces grands vins, des commerçants qui sachent les vendre, des consommateurs qui aient envie de les acheter, et quatrième condition des critiques du vin pour les évaluer, les noter : «Des bloggeurs et des journalistes».
Ce n'est pas une fable mais un drame probable en 3 actes et raconté en 10 lignes:
1) D'abord l'apparition d'Internet, des bloggeurs, des réseaux sociaux (tout le monde peut donner son avis, avec ou sans talents, souvent sans expériences et sans expertises, et toujours pour faire son autopromotion!)
2) Puis crise de la presse et en particulier de la presse du vin (moins de 300 journalistes écrivent sur la vigne, sur le vin, sur la gastronomie, en France !). Pas d'argent, pas de moyens, pas d'indépendance, pas d'audace.
3) Et au 3ème et dernier acte, disparition de l'art de la critique du vin... Perdu par la multiplicité des références, des origines, des prix, le consommateur perd confiance et se protège en réduisant ses achats de vins!
Pour éviter le drame, journalistes et éditeurs, du papier ou du numérique, devraient se réunir pour redonner un sens au journalisme du vin, redéfinir l'art de la critique. Enfin, il faudra accepter une certification des acteurs de la critique, de la notation, par une Autorité, sinon les technologies du numérique pourraient imposer la dictature d'une démocratie virtuelle".
Avant de vous donner mon sentiment, je me dois de vous rappeller que je travaille pour Vitisphère. Mais vous me permettrez d'ôter cette casquette-là, juste le temps du commentaire (à vous de voir si vous me faites assez confiance pour ça).
J'ai des relations très cordiales avec Michel Rémondat, et je souhaite les conserver, mais je ne pense pas qu'il s'offusquerait beaucoup si je lui disais qu'il se trompe.
Tout ça pour vous dire que l'avis qui suit est tout simplement le mien, sans artifice ni complaisance.
Je pense que Michel a globalement raison. Comme journaliste et blogueur moi-même, je ressens très fortement l'évolution qu'il annonce.
Il est patent que la presse du vin, qu'elle soit spécialisée ou qu'elle s'abrite au sein de medias plus généralistes, est en crise.
Il est aussi patent que cette crise coïncide avec la montée en puissance du media internet et des blogueurs.
Il est patent, encore, que dans la grande famille des blogueurs de vin, il y a des gens de tout poil et de toute compétence. J'ai moi même, par le passé, consacré à ces "frères de web" un article comique qui m'a valu des remarques acerbes, mais que je persiste à revendiquer.
Qui se sent morveux se mouche. Dans mon cas comme dans celui de Michel, la polémique me semble démesurée par rapport au texte, qui ne vise personne en particulier, et en définitive, énonce pas mal de vérités.
Je ferais seulement deux remarques.
D'une part, je modifierais la phrase sur l'autopromotion. Parce que je ne crois pas que tous les blogueurs, toujours, ne bloguent que pour leur autopromotion. En ce qui me concerne, et je pense pouvoir parler au nom des mes amis des 5 du Vin, je blogue d'abord pour pouvoir dire ce que je pense, sans contraintes, et pour ne pas voir bon nombre de mes notes de dégustations, de mes carnets de voyages, de mes rencontres, finir dans une grande poubelle informatique, faute de place pour être publiés, faute d'intérêt des médias avec lesquels je travaille, faute de budgets pour les soutenir.
Je ne blogue pas pour faire mon intéressant. Cela ne veut pas dire que ça n'existe pas.
Comme on ne peut pas dire non plus que tous les blogueurs sont incompétents. J'en connais même qui en remontreraient à plus d'un journaliste. Ils n'ont peut-être pas fait les écoles de journalisme, il n'ont peut être pas non plus de formation oenologique, mais il s ont apparemment bien appris sur le tas, et ils maîtrisent leur sujet.
J'en veux pour preuve la prose d'Olif ou de Laurent Probst, par exemple - mais il y en a plein d'autres que je ne connais pas.
Ce qui nous amène tout naturellement à ma deuxième remarque.
Michel évoque une "certification des bloggers".
D'une part, je ne la souhaite pas. Je ne crois guère dans les "Autorités", les "Institutions", surtout pour ce qui touche de près ou de loin à la presse. Elles me font peur, même. Et puis je pense que tout se décante toujours avec le temps, qu'on ne peut pas faire illusion longtemps, que l'incompétence finit toujours par se remarquer.
De l'autre, je pense qu'on a les lecteurs qu'on mérite. Il n'est donc peut-être pas vraiment nécessaire de mettre sur pied une police qui finit par se faire toute seule. Par la fuite des lecteurs. Ce qu'on ne lit pas ne fait de tort à personne.
Enfin, je préfère encore devoir supporter la lecture de 10 mauvais blogs de vins que de me dire qu'on pourrait empécher d'éclore un seul bon blog.
Sur ce, bon surf!

Photo Mila Zinkova
00:00 Écrit par Hervé Lalau dans France, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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12 février 2012
From Australia with love (and bubbles)
En gros, cette fois-ci, Eric Boschman nous entretient de Saint Valentin, des bulles et de l'Australie dont il vient juste de rentrer.
Allez, plus que deux fois dormir et ce sera le moment de sortir vos vieilles fleurs, de ne pas vous tromper dans la couleur de la cravate ou la taille des sous-vêtements, de vous faire un resto cher et chiant et hop, c’en sera fait d’une St V de plus.
Un peu d'histoire
Certaines habitudes ont la peau plus que dure. C’est rien de le dire. Prenez moi par exemple, je n’arrive pas à écrire mes papiers plus de quelques heures à l’avance. Certes, penserez-vous, au moins comme ça c’est de l’ultra frais, mais les pages «maga» d’un quotidien, c’est un truc qui devrait se gérer cool, tranquille, mais voilà, c’est une vilaine habitude. C’est un peu comme la Saint Valentin. Franchement, tout le monde s’en fout de ce gars qui serait mort pour que les marchands de lingerie puissent oublier la morosité des soldes. Sur Wikipédia, ont parle des origines vachement sérieuses de la St V comme ça : L’association du milieu du mois de février avec l’amour et la fertilité date de l’antiquité. Dans le calendrier de l’Athènes antique, la période de mi-janvier à mi-février était le mois de Gamélion, consacré au mariage sacré de Zeus et de Héra. Dans la Rome antique, le jour du 14 février était nommé les lupercales ou festival de Lupercus, le dieu de la fertilité, que l’on représente vêtu de peaux de chèvre. Les prêtres de Lupercus sacrifiaient des chèvres au dieu et, après avoir bu du vin, ils couraient dans les rues de Rome à moitié nus et touchaient les passants en tenant des morceaux de peau de chèvre à la main. Les jeunes femmes s’approchaient volontiers, car être touchée ainsi était censé rendre fertile et faciliter l’accouchement. Cette solennité païenne honorait Junon, déesse romaine des femmes et du mariage, ainsi que Pan, le dieu de la nature. Le rapprochement entre la Saint-Valentin et l’amour courtois n’est mentionné dans aucune histoire ancienne et est considéré par des historiens comme une légende. Il ne faut cependant pas oublier que la plupart des fêtes chrétiennes se sont substituées à des fêtes païennes.
Bon, nous avons déjà tous les éléments, d’une part le vin, d’autre part les chèvres, heu, non, pardon, les trucs sexuels rapport, si j’ose dire, à la fertilité. Je présume que les cadeaux font partie du lot. Cette année, c’est décidé, pas de sortie en tête à tête ce soir là, restrictions budgétaires obligent. C’est la crise pour les amoureux aussi. Alors, si l’on reste atome comme disent les Anglois, autant découvrir un petit quelque chose de plus que l’être aimé. Je vous propose une belle bulle.
Le monde a soif d'amour... et de bulles
Pour faire court, ayant déjà bouffé la moitié de mon article avec les origines étranges de cette fête un rien bidon, il me faut d’abord parler de l’évolution des vins effervescents dans le monde ces dernières années. C’est que ça bouge à la vitesse d’un bouchon de Champagne mal maîtrisé en ce moment. La mise au point des techniques d’élaboration des vins mousseux a pris des siècles. Avec, au cours des trois dernières décennies, des progrès fulgurants. Ce sont les plus grosses entreprises champenoises qui ont peaufiné, recherché, développé, de nouvelles méthodes et technologies afin d’améliorer, de rentabiliser au mieux et de régulariser au maximum la production de vin pétillant. Une bulle de qualité, régulière, des vins fins, capables de vieillir longtemps, des millésimes respectés complètement (ne vous gaussez pas, manants, c’est relativement récent, on en reparlera un jour). Tout ça pour notre plus plus grand bonheur. Oui, mais voilà, le Champagne, c’est plus ou moins trois cent millions de flacons par vendange, et pas des masses de plus à l’horizon. Et comme les consommateurs du monde ont une furieuse tendance à tout confondre et à appeler Champagne tout ce qui bulle, malgré les efforts violents du CIVC, il a bien fallu trouver une parade.

Jacob's Creek Sparkling Reserve
Comment gérer le marché mondial de la frustration ? En élaborant des vins de qualité, souvent sous des marques bien connues de Champagne, mais en montrant bien que même si c’est bon, ce n’est pas aussi grand que l’original, toujours copié, jamais égalé. Pour que les bulles de la planète soient belles et régulières, il a fallu transférer les technologies, aider tout le monde à marcher d’un même pas, ou, a tout le moins, dans une même direction. Ce qui est fait depuis quelques années. Quoi de mieux pour maîtriser la concurrence que de l’aider d’une manière ou d’une autre. Je ne sais pas si tout ça relève du fantasme ou de la réalité, mais toujours est il qu’aujourd’hui, dans le monde, on élabore de plus de plus de bulles excellentes, souvent à des prix très raisonnables.
Back from Down Under
Lors d’un séjour récent en Australie, il m’a été donné de déguster un petit panel de bulles locales. Elles tiennent plus que la route, les bulles australiennes. Plutôt fermes, longues en bouche, avec ce qu’il faut de pétillant pour titiller la langue et, lorsqu’elles ne sont pas trop dosées, très fraîches, un rien ingénues presque. Ce qui m’amène à la bouteille d’aujourd’hui, c’est qu’en plus de bien se tenir dans leur jeunesse, elles vieillissent bien. Bon, ok, je manque un peu de recul pour déterminer si elles tiennent allégrement une trentaine d’années, à l’instar de leurs cousines rémoises, mais en tout cas, celles que j’ai goutées sont meilleures un peu plus adultes.
Ce Jacob’s Creek Sparkling Reserve, par exemple, est parfaitement exemplatif de mon propos. Ayant dégusté deux millésimes côte à côté, le plus vieux des deux est ample, généreux, délicat aussi, avec une complexité surprenante pour ce genre de vin. Oui, je sais, moi aussi j’ai des a priori, y’a pas de raison. Alors que le millésime le plus récent était encore fermé, un rien en dessous de ce qu’il avait comme potentiel.
C’est aussi l’avis de l’importateur en Belgique qui garde les bouteilles en stock plus longtemps pour que les vins soient plus mûrs. Et ça porte ses fruits puisque, si j’ai bien retenu les chiffres que l’on m’a donnés, la Belgique est le premier marché mondial pour ces vins-là. Parce que nous aimons les vins plus racés, plus profonds. Même à des prix normaux.
Voilà donc un joli cadeau de Saint Valentin à partager. Offrez-vous une douzaine de flacons, vous en torchez une le soir du quatorze, et mettez les autres en cave pour les attaquer en tête à tête un rien plus tard au cours de l’année, par exemple. Facile, le bonheur quand on veut, non?
Eric Boschman
Jacob’s Creek Réserve Sparkling 2008, en Belgique chez Delhaize pour 11,49€
00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Australie, Champagne, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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06 février 2012
La minute du naturiste - Miracolo! Miracolo!
Avant hier, en Alsace, un sympathique oenologue qui tente de limiter le soufre dans ses cuvées en l'employant en goutte à goutte, "à la demande", nous expliquait que le sans soufre était une voie sans issue.
Hier, à Arbois, je dégustais les vins de Stéphane Tissot. Un vigneron qui, s'ils ne travaille pas totalement sans soufre, n'en utilise certainement pas le quart du tiers de ce qui devrait convenir pour protéger ses vins, si l'on devait suivre le raisonnement de notre ami alsacien.

Stéphane Tissot en siprale ascendante (sans flash et presque sans soufre)
Miracolo! Miracolo! Ses vins sont pourtant d'une pureté exemplaire. Aucune pomme blette, aucune robe brune à l'horizon, même des heures après ouverture. Et ses vins, qu'ils soient blancs ou rouges, expriment bien leurs terroirs.
Dieu sait pourtant que j'ai pu être déçu, par le passé, par certains vins "nature" déviants, standardisés par le non interventionnisme.
La morale de l'histoire - gardons nous de tout jugement définitif et péremptoire, buvons et jugeons sur pièces.
00:14 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Jura, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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24 janvier 2012
20 ans d'in Vino Veritas
Une fois n'est pas coutume, aujourd'hui, un peu de pub gratuite pour quelque chose qui me tient à coeur, mais pour laquelle je ne peux prétendre à aucune objectivité, puisque j'en suis un des acteurs.
En 1992, une poignée de passionnés, journalistes, sommeliers, oenophiles de tout poil, se regroupaient autant d’un fou de vin, Philippe Stuyck, pour créer un nouveau «support» et surtout, un nouveau ton pour aborder le vin.

"Communiquer ma passion": un beau programme toujours d'actualité
150 numéros et quelques dizaine de milliers de pages plus tard, In Vino Veritas est toujours là pour dire sa vérité. Plus important encore, ces vingt ans coïncident avec une évolution sans précédent, sans doute, dans le secteur du vin. Une évolution qu’In Vino Veritas a accompagnée, et souvent, précédée.
En 1992, le marché belge du vin était encore essentiellement français (à plus de 70%) -on parlait même de vins étrangers, pour désigner les autres provenances.
En 1992, aucun support dit sérieux n’aurait osé remettre en causse les grands crus classés, les appellations de prestige, les icones du vin.
En 1992, les vins boisés, bodybuildés, parkerisés, faisaient la loi dans bon nombre de dégustations, dans les medias dits importants.
En 1992, on trouvait encore de vrais mauvais vins, des vins à défauts, des vins techniquement mal vinifiés.
En 1992, les vins de l’agriculture biologique faisaient sourire, sans parler de la biodynamie, qui paraissait à beaucoup une sorte de secte.
En 1992, pourtant, IVV parlait déjà des vins Sud-Africains, Australiens, Chiliens, de toutes origines, dégustations à l’appui.
IVV interviewait Nicolas Joly, chantre de la biodynamie, ou Jean-Michel Deiss, chantre de l’expression du terroir.
IVV ne se prenait pas au sérieux, mais faisait déjà les choses sérieusement.
Aujourd’hui, près de la moitié des vins consommés en Belgique viennent d’ailleurs que de France. Les vins bio ne font plus sourire personne. La mode du boisé est retombée.
Les vins à défauts techniques sont de plus en plus rares. Mais les vins vraiment intéressants ne sont guère plus nombreux qu’en 1992, en définitive.
Pour une revue iconoclaste comme la nôtre, il y a toujours des moulins à combattre. Nous continuerons donc sur notre lancée, à douter de beaucoup de choses et à nous passionner pour tout.
Magazine indépendant, sans gros moyens, mais aussi sans compromission, IVV a trouvé sa place dans le paysage de la presse vineuse. A raison de 6 numéros par an, il offre à ses quelque 12.000 lecteurs francophones et néerlandophones sur le panorama du vin une vue dégagée des contingences mercantiles ; des articles variés, souvent engagés.

Grâce aux nouvelles technologies, son blog, ses newsletters, IVV est aussi aujourd’hui une source d’informations pour les œnophiles comme pour les professionnels.
Vous noterez enfin qu'IVV a été la première revue du secteur à proposer un abonnement sous forme numérique, qui permet de lire son magazine sur son ordi, sur sa tablette, voire son téléphone – le combat pour une terre plus propre, c’est aussi moins de papier gâché.
IVV, 20 years, still alive… and kicking !
00:47 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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21 janvier 2012
Les bouteilles qui sentent l'argent
Au détour d'un billet de Vincent Pousson sur son tout nouveau blog, je note cette phrase: "les bouteilles qui sentent l’argent (défaut encore plus rédhibitoire que le goût de bouchon)". C'est ICI. Comme quoi, pour certains, l'argent a une odeur.
Dans le marxisme, je suis plutôt tendance Groucho; je n'ai milité ni au PC, ni au PSU, ni à LO ni même à l'UNEF. En fait, je n'ai jamais milité nulle part que dans d'obscures associations apolitiques de journaleux. Aussi suis-je mal placé pour lancer un n-ième pamphlet sur le capitalisme sauvage et le bling bling qui souvent, l'accompagne.
Et même, pour en revenir au vin, dans certains cas, je me dis qu'il faut avoir beaucoup d'argent, pour être capable d'en perdre beaucoup dans la remise en ordre d'un vignoble. Vu le prix du foncier, vu les droits de mutation, vu le prix de la main d'oeuvre, etc... je ne suis pas sûr qu'un grand château soit le meilleur investissement possible pour un tycoon.
De plus, je n'éprouve ni envie ni rejet par rapport à la réussite des autres. Il peut m'arriver d'en réprouver les moyens, mais la réussite en elle même ne me choque pas.

Pourtant, la phrase de Vincent a trouvé un écho chez moi, je ne sais pas trop pourquoi.
Il y a effectivement des vins et des gens qui font penser à des gourmettes en or, qui sentent le fric et l'ostentation. Je me rappelle d'un domaine dans le Tessin où un Monsieur très riche s'était fait construire une sorte de petite bonbonnière inspirée d'un château du Médoc, avec cave hélicoïdale incorporée, et qui sentait son parvenu à dix cantons à la ronde. Au Chili, en Afrique du Sud, à Saint Emilion, en Espagne, en Toscane, j'en ai vu également.
J'en parle peu, ici, en définitive, parce que je préfère la simplicité du type qui fait travailler sa tête et ses mains plutôt que son argent. Mais évidemment, je ne suis pas fils de banquier.
Tiens, saviez-vous que les Rothschild, en finançant l'armée de Wellington, ont été un élément déterminant du succès des armées coalisées contre la France napoléonienne? Mais ce sont les mêmes qui possèdent aujourd'hui un des plus grands châteaux du Bordelais, et à travers lui, qui portent les couleurs de la France sur tous les continents.
Vous avez dit paradoxal?
00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
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20 janvier 2012
Wijnvoordeel, Chineur du Vin
Vendre du vin sur internet, cela semble une évidence, aujourd'hui - sauf quand les vins mettent trop longtemps à arriver, ce qui pose une question de confiance. Mais tout le monde ne s'appelle pas 1855. A ce propos, vous êtes nombreux à déposer sur ce blog vos doléances, et croyez bien que je compatis.
Un des grands pionniers, sur ce créneau, c'est le Néerlandais Wijnvoordeel, fondé en 1999 par un certain René Tulner, à destination du marché batave. Comme son nom, "Avantage Vin", l'indique, son positionnement de prix agressif était d'emblée au coeur du concept.

Le Coffret panaché "Prestige": vous m'en mettrez pour à 39,95 euros...
Le succès est rapide, exponentiel, même: on passe de 1000 bouteilles à 150.000 bouteilles de ventes annuelles en quelques années, rien que pour les Pays-Bas.
Mais des Belges s'intéressent assez vite au concept. D'où la création, au bout de quelques années, de deux sites jumeaux, www.wijnvoordeel.be et www.chineurduvin.be. Notez que la raison sociale frnacophone fait plus référence à la curiositré qu'au prix, mais l'un n'exclue pas l'autre, c'est juste une de ces subtilités culturelles dont la Belgique a le secret.
Ensuite, avec l'appui du groupe Baarsma; l'expansion se poursuit sur l'Allemagne, le Danemark, le Royaume-Uni et même un gros pays producteur, la France, avec www.chineurduvin.fr
Au départ, pourtant, dans ce dernier pays, l'accueil est mitigé, les prix étant jugés... trop bas. Mais notre Chineur persévère et ses ventes en France frisent maintenant les 165.000 bouteilles.
La politique de "packs", la mise en vente de coffrets de 6 vins panachés, est un des outils marketing utilisés par la maison, avec succès, semble-t-il.
Et le contact? Pouvoir toucher le vin? Parler au caviste? Tout ça ne manque pas trop aux clients? Apparemment, pas plus qu'à ceux qui, depuis déjà pas mal d'années, commandent leurs vacances sur internet, sans jamais passer la porte d'une agence.
Le caviste "physique", avec magasin, devra sans doute se réinventer, mettre l'accent sur le service, le conseil, la disponibilité. Mais c'est une autre histoire...
00:01 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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18 janvier 2012
Ma cabane au Quercy

C'est une petite cabane de pierres sèches, dans une vigne de château Croisille.
Un endroit merveilleux qui vous ferait devenir poète, ou ermite, ou trousseur de filles...
Je vivrais là,
Sans autre toit.
Je troquerais mes vers de mirliton,
Contre un verre de Cahors très bon,
Un quignon,
Et quelques rillons.
Je n'aurais plus de compte à rendre,
Plus de coups à prendre.
Qui n'a pas rêvé, rien qu'une fois,
De vivre là,
A l'écart des grandes voies,
Toute droites, toutes tracées,
Histoire de se retrouver?
00:13 Écrit par Hervé Lalau dans Sud-Ouest, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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12 janvier 2012
Jim Budd's Declaration of assistance
This morning, my dear colleague and friend Jim Budd published his "declaration of assistance' on his blog. It's HERE for all to see.
This sort of financial coming-out was apparently urged by a certain Warren Edwardes who seems to think we owe it to the readers.
I disagree. And here is my plea.
Dear Jim, I don't think I will ever make such a declaration, unless under a new nazi regime ;-)
Who needs to know how difficult it is for us to make a living out of wine journalism?
And why should one free train ticket or hotel room change the way I feel or write about the wines I taste? People invite me because they want to know what I really think (I hope).
You can declare what you want, Jim, and I am sure that you will do it accurately and honestly, but the demand by Mr Edwarde seems irrelevant to me.
Will you declare also your sexual preferences, your clothing preferences, your cooking preferences? Watch out - it could explain a lot in the way you review the wines you taste!
And what about the choices you don't make? When an editor sends you to one region instead of another one, do you know how much advertising his or her magazine gets for it? You see, to comply with Mr Edwarde's demand makes you look like you are responsible for everything when you are not.
Anyway, I suppose Latin people like me really don't feel the same way re these petty matters. We live in an imperfect world, and only our conscience can vouch for our behaviour. Or is it the other way round?
I guess I should think it over a little more - wish I had the time, because it is a important topic, but I have a familly to feed. Things to write in order to get paid.
Sorry if I spoke out of turn, it just had to get out, because I am fed up with this general "cleaner than thou" attitude in our so-called modern society (makes me think of Hoover-times in the US of A).
And I feel that willy nilly you give the Mr Clean-guys ammo when you don't have to. Might even become a rule one day; like having my little Cotton dog on a leash here, on the streets (new rule this year in Waterloo, Belgium), as if it were a Rottweiler. Till last year, rules only said the owner was responsible for his/her dog, that was of the essence - responsibility, not the means you use to prevent your dog from doing any harm or damage, just the responsibilty.
Likewise, I feel responsible for what I write, accountable for it, but I don't think my expenses can prove anything.
What about trust? Who said we were all potential offenders?
And don't get me wrong, Jim, I have nothing more to hide than you do.
Grr, I knew it was going to be a bad day, today, and my tooth aches.
12:34 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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J'ai essayé... Littineraires Viniques
Je ne connais pas personnellement M. Bétourné, aussi quand j'ai lu son commentaire, début 2011, à propos de l'infâme billet que j'avais osé écrire à propos des blogs de vins (rappelez-vous, le Post Incorrect), je n'ai pas vraiment "percuté", comme on dit dans l'Armée.
Ce n'est qu'aujourd'hui que je comprends vraiment à quoi il fait référence. Je parlais des blogs "abscons". Il l'a pris pour lui et pour lui seul. Il avait tort. Parce qu'à l'époque, je ne connaissais pas assez son blog, Littineraires Viniques. Je n'en avais lu qu'un petit extrait. Pas assez pour se faire une idée juste.
Depuis, j'ai réparé cette lacune. Maintenant, je sais.

Autant vous l'avouer, M. Bétourné, je ne suis pas vraiment fan de ce que vous faites. Disons que ce n'est pas ma tasse de thé. Comme Milos Forman fait dire à Salieri, je crois, à propos de Mozart, dans son Amadeus, "il y a trop de notes". Notez bien que Mozart est resté dans l'histoire, alors que Salieri...
Mais il y a plus important: je conçois que votre blog ait ses adeptes; et je ne vise pas à les décourager, d'autant que je vous crois sincère et surtout, passionné. Alors qui suis-je pour vous enlever votre passion, pour vous dire comment écrire et sur quel thème?
Moi, je n'aimerais pas qu'on me le fasse.
Je me répète, la grande force de la blogosphère, c'est sa diversité, il y a des lecteurs pour tous styles de prose et de poésie, et même, qui sait, certains de mes plus fidèles lecteurs, au contraire de moi, accrochent à votre style.
Tout ceci pour vous dire, M. Bétourné, de blogueur à blogueur, que je vous respecte, et je vous souhaite de continuer longtemps encore votre Littineraire...
00:09 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
| Tags : blog de vin, littineraires viniques |
11 janvier 2012
In Vitro Veritas
La vérité est dans le verre, lit-on souvent dans la prose vineuse. Moi-même, j’en use à l’occasion.
Une autre façon de dire que la dégustation prime. Ou bien qu’il n’y a que le résultat qui compte. Est-ce si sûr ? Faut-il tenir pour négligeable la franchise des moyens employés ?

What's in my glass?
On peut trouve des arguments pour et contre.
Prenez le cas des vins bio. Pendant des années, leur qualité laissait à désirer. On avait beau adhérer philosophiquement au concept, le résultat n’était pas là.
Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Ni pour le bio, ni pour le biodynamique. Ni même pour les vins dits naturels. Les dégustations que j’ai pu faire récemment au salon Renaissance des Appellations, m’en ont définitivement convaincu.
Bien sûr, il y a du déchet dans le bio, tout n’est pas bon, loin de là. Mais du côté du «conventionnel» non plus. Alors on en revient à notre axiome du début : «In vitro veritas». Sauf qu’à qualité égale, qui ne préférerait un vin produit dans le respect maximal de l’environnement? – et de la santé des gens, consommateurs et producteurs, surtout.
Reste une petite musique discordante qui résonne dans ma tête: est-il possible de maquiller un vin au point qu’il séduise même l’amateur averti, de lui donner l’aspect d’un vin de terroir, d’un vin authentique, d’un vin d’auteur, tout en employant des méthodes productivistes et tout l’arsenal de l’œnologie correctrice ?
Quand je traversais le Chili, l’an dernier, je me suis parfois demandé si la fraîcheur de certains chardonnays n’était pas due à une réacidification. Je n’ai pas de preuve, juste de vagues soupçons. Mais si l’on ajoute à ça l’osmose inverse, les levures sélectionnées, le mouillage, la chaptalisation, les copeaux, les moyens de rectifier un vin pour l’adapter au goût dominant sont tellement nombreuxqu’on se demande comment un nez pourrait tous les identifier dans un même vin.
C’est sans doute pour ça que nous autres journalistes aimons bien visiter les vignes et les chais Ce n’est pas une garantie absolue, mais passer quelques heures avec le vigneron, l’écouter raconter son vin et sa vigne, les yeux dans les yeux, permet de comprendre bien des choses. In oculo veritas.
00:11 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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