19 septembre 2016

De la couleur du rosé, des sommeliers et autres considérations secondaires

J’ai un jour participé à un concours de rosés où les autres jurés à ma table – des sommeliers en vogue, sous-notaient systématiquement les rosés colorés – y compris des rosés du Languedoc ou les Tavel. Comme je trouvais cela injuste, ils m’ont répondu que dans leurs établissements (des bons restaus gastronomiques du Midi), ils ne pouvaient pas vendre ce genre de produits, que «la clientèle voulait du pâle».

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Incidemment, cela fait réfléchir: est-ce à dire que même dans les beaux établissements où on se paie le luxe d’employer un sommelier (ce qui devient rare) celui-ci n’a aucune influence, aucune force de conseil? Les bons sommeliers n’ont-ils plus d’autre avenir que de servir de caution aux foires aux vins de discounters en mal de crédibilité?
Qu’on se rassure, j’ai continué à donner de bonnes notes aux rosés que j’estimais bien faits, indépendamment de la couleur, qui me semble une donnée très secondaire. Et j’ai même réussi à faire pencher la balance assez fort pour que nous primions un Tavel.

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08:28 Écrit par Hervé Lalau dans Provence, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

18 septembre 2016

Le Grand Larousse du Vin, édition 2016

Comment être objectif à propos d’un ouvrage auquel on a collaboré, ainsi que plusieurs très bons camarades (David Cobbold,  Marc Vanhellemont, des 5 du Vin, ainsi que l'excellent Sébastien Durand-Viel)? Je n’essaierai même pas…

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Reste que c’est une belle brique (près de 700 pages), une mine d'info, et que pour une fois qu’un ouvrage français (pas une traduction) s’ouvre assez largement aux vins du monde, c’est une initiative à saluer.

J’ai eu d’autant plus de plaisir à participer à cette aventure collective (assez modestement, à dire vrai, juste une vingtaine de pages) que ce fut l’occasion pour moi de rendre hommage à quelques vignerons que j’apprécie. En effet, la seconde partie de l’ouvrage, qui passe en revue les grands vignobles du monde, illustre certains grands terroirs par des pages consacrées à des domaines précis, choisis par les auteurs.

Pour moi, ce furent le Domaine d’Aupilhac, le Mas Jullien, Antoine Arena, Egon Muller, Klein Constantia, Catena Zapata, le Château d’Aquéria, Miguel Torres, Bodegas Lustau, Grange, Quinta do Noval et Antinori.

Une belle brochette, non? Et une belle diversité, aussi.

Mais il y a bien d’autres bonnes raisons de lire ce livre, ou de l’offrir. Le vin, c’est de la culture liquide, qui se boit, et qui se lit aussi.

On dit qu’un homme averti en vaut deux. Un buveur bien informé aussi.