07 janvier 2013

Stop au soufre!

Vous connaissez certainement le Drop Stop, cet ingénieux petit disque qui vous permet d'éviter les gouttes quand vous servez le vin.

Mais connaissez vous le Sulphur-Stop? Tout aussi ingénieux (mais beaucoup plus complexe dans sa conception), le Sulphur-Stop est la création d'un chimiste colombien de Cali, le Prof. Huevos. L'appareil consiste en une série d'aimants  à particules, dont le principe est basé sur celui du Cyclotron de Genève. Répartis en couronne, ces aimants miniaturisés se placent dans le fond de la bouteille. Leur rôle est d'attirer le soufre. Piégé au fond du flacon, le soufre se combine au cul de verre, ce qui permet de verser tout le liquide, jusqu'à la dernière goutte, en ayant l'assurance de ne pas souffrir du soufre.

 

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Dépôts de soufre... naturel (Photo Johann Dréo)

 

Ayant reçu un échantillon du fabricant, j'ai essayé l'appareil sur un liquoreux de coopérative et sur un Morgon de feu Marcel Lapierre: je n'ai perçu aucune différence au niveau du soufre. Surtout, les tests en labo en démontré que les deux vins ne présentaient plus aucune trace de soufre.

Mais j'attends avec impatience les résultats d'un second test, olfactif et sinusoïdal, celui-là, mené en parallèle par Olif et par Jérême Vanderputt, deux spécialistes.

Notez que pour ceux qu'un sevrage trop rapide du soufre pourrait perturber dans leur mode de dégustation, un ingénieux système d'inversion est disponible en option: avec ce modèle, il devient également possible de soufrer artificiellement un vin nature.

Allez, ça sulfit comme ça!

00:53 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Tags : soufre, vin nature, lapierre | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

09 février 2012

La deuxième minute du naturiste

J'ai lu avec attention les commentaires déposés suite à mon billet de dimanche au sujet des vins "presque nature" de Stéphane Tissot.

Je précise, pour ceux qui en douteraient encore, que je ne suis d'aucune chapelle - ni naturiste béat, ni sulphureux résigné.

Je confirme aujourd'hui, verre en main, dégustation à l'appui, en direct du salon d'Angers, qu'on peut faire des vins sans défaut ni déviance avec un minimum de soufre: chez Sébastien David, à Saint Nicolas de Bourgueil, par exemple. Essayez un peu son Hurluberlu ou son Vin d'une Oreille, notamment. J'ai rarement dégusté un vin au  fruit aussi pur.

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M. Fouassier..

Vous voulez un autre exemple? Prenez la cuvée Iconoclaste de Fouassier, un Sancerre Rouge. Fouassier, bien que biodynamiste, n'est pas entièrement convaincu par le sans soufre; c'est sa première cuvée presque sans soufre - juste un peu à la mise. Il pense que c'est plus facile pour les rouges que pour les blancs, il essaie, il expérimente.

Il doute..

Comme lui, je ne tirerai pas d'enseignements trop généraux à partir d'un vin, d'une  seule réussite, pas plus que je ne pourrais en tirer d'un seul échec. Dans l'immensité des vins du possible, le sans soufre est une voie. Ce n'est ni une voie royale - elle est très étroite, car elle exige des raisins vraiment très sains - ni une voie sans issue.

vin nature

... et son "Iconoclaste"

Quelle est l'attitude la  plus sectaire? Ne jurer que par le vin dit nature, "le seul, le vrai vin", ou qualifier tous ses adeptes d'illuminés, sur la foi de quelques dégustations?

Pourquoi choisir un "camp"? Pourquoi ne pas picorer (picoler) le meilleur de chaque côté de la barrière?

 

 

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Jura, Loire | Tags : vin nature | Lien permanent | Commentaires (7) | | | |