26 octobre 2013

Baron'Arques 2011

Limoux, en rouge?

Oui, ça existe. Depuis 2004, pour être précis. La preuve par l'exemple avec le Domaine de Baron'Arques 2011, de Saint Polycarpe.

Depuis 1998, le domaine (anciennement abbatial) appartient à Philippine de Rothschild.

Les cépages utilisés témoignent de la position géographique particulière de cette appellation, à la jointure des influences atlantiques, pyrénéennes et méditerranéennes.
Il y a donc du merlot, du cabernet-sauvignon, du cabernet franc et du malbec, mais aussi 13% de syrah.

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Voilà typiquement le vin qui gagne à être carafé. A l'ouverture de la bouteille, en effet, le premier nez est dominé par le bois - moka, cacao, boîte à cigare. Mais avec un peu d'air, déboulent les fruits rouges et la frangipane.
En bouche, les cabernets se signalent d'emblée par la structure assez carrée, et le merlot par son côté juteux et charnu; les tannins sont bien présents. On a affaire à un vin puissant, mais non dénué de velouté. A noter aussi quelques beaux épices de la garrigue. En finale, nos amis Pépé le Moka et Tonton Cacao se rappellent à notre bon souvenir, mais habillés de mûre et de cassis, cette fois.

Et qu'est ce qu'on mange avec ça?
Et pourquoi pas un beau morceau de bœuf grillé aux fines herbes? Ou des côtelettes d'agneau?

00:19 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Tags : limoux, baron d'arques, languedoc, vin, vignobles | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

22 novembre 2011

La fin des VDQS

Les 17 VDQS que compte la France disparaîtront au 31 décembre.

Faisons les comptes ensemble.

-15 ont accédé à l'AOC. Un splendide succès qui sanctionne les efforts (pas toujours payants dans le vin, hélas) des Côtes du Brulhois, de Moselle, d'Estaing, du Haut Poitou, de Saint Sardos, j'en passe et des plus indispensables.

-Un a disparu, bientôt absorbé par une AOC: les Vins du Thouarsais, qui devraient être intégrés à l'AOC Anjou (il n'y avait de toute façon plus que quelques producteurs, ce qui démontre par l'absurde à quel point cette dénomination était recherchée). Accessoirement, notons que pour la bonne cause, une AOC existante, Anjou, peut très bien s'étendre. A l'INAO, l'inflexibilité cotoie la souplesse, c'est ce qui fait de la France un pays si attachant, si différent des autres.

-Le dernier, Lavilledieu, devient IGP. Reconnu VDQS depuis 1947, il ne s'était pas beaucoup étendu, ne couvrant que 150ha sur 13 communes, pour une production de l'ordre de 9.000 hl.

En définitive, les VDQS auront bien tenu le rôle d'antichambre des AOC qui leur avait été dévolu depuis les années 50. Reste que les promotions en AOC ont été très nombreuses, ces dernières années; les 17 restants  n'étaient que les retardataires, les décrochés du peloton. Intégrer les contraintes de l'AOC, en termes de rendement, notamment. ne sera sans doute pas si facile. Enfin, sur le papier, au moins.

L'attrait de la mention suprême, miroir aux alouettes, a été le plus fort. On peut le regretter, car d'une part, le niveau de qualité des nouveaux promus est hétérogène; et de l'autre, peu d'entre eux ont acquis une notoriété comparable à celles des AOC historiques (le Gros Plant du Pays Nantais est sans doute l'exception qui confirme la règle).

Il aurait mieux valu ne pas créer autant de nouvelles AOC; mais quel pouvoir, quel élu syndical, quel "responsable" aurait pu refiser ce hochet à de braves vignerons toujours prompts à la colère, et parfois, pour de bonnes raisons?

Et les consommateurs, là-dedans? Ils s'en fichent, pour la grande majorité. Comme les distributeurs étrangers. Leur confiance dans l'AOC est déjà bien émoussée, qu'un nouveau bataillon rejoigne les rangs déjà pléthoriques de cette armée mexicaine où tout le monde est gradé ne fera que les confirmer dans leur idée que décidément, c'est la marque et le nom du producteur qui comptent.

13:39 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : aovdqs, vin, vignobles, france | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |