29 janvier 2012
Au bout coule une rivière… Australia
La parole est à Eric Boschman, l'homme du Bush...
Une petite tournée down under comme disent les ceusses qui papottent l’anglais ailleurs que dans leur thé du matin. Un petit saut en été, avec une météo sauvage, digne des plus belles présentations de Tatiana Silva au meilleur de sa forme.
Quel bonheur mes amis, par la grâce de quelques coups d’aile, me voilà à me méfier des coups de soleil. Bon, ça va j’arrête mon char, vous vous en foutez de mes difficiles conditions de travail, de mon côté galérien de compétition. Et vous avez raison. Bon, c’est pas tout ça, je suis en Australie, le soleil envisage de se coucher et avant qu’il ne fasse noir, je voulais introduire les articles à venir qui vous parlerons de pinard, en vous parlant de la situation locale.

Sheep Australian humour
C’est que c’est pas évident à comprendre pour nous, petits Belges, plutôt bons consommateurs et pas trop regardant à la dépense. Chez nous la moyenne des achats se situe aux environs de cinq euros, un peu moins, mais pas des masses. Je sais, ça paraît peu, mais c’est énorme par rapport à nos voisins directs et même un peu plus loin; pour faire simple, à part les Suisses, en Europe, nous sommes les premiers de la classe en matière de dépense moyenne pour une bouteille de vin. Pour une fois que nous sommes premiers en quelque chose, il fallait que ce soit en pinard. Nous sommes, relativement, moins confrontés que nos voisins à la pression tarifaire, ce qui nous épargne les mono-cépages aux prix tirés vers le néant et de moins en moins rentables pour les producteurs. Ce qui ne fait pas le bonheur du monde, mais nous assure un niveau de qualité moyen plutôt élevé. Chance pour nos palais et plaisir pour pas mal de nos fournisseurs. Oui, mais voilà, l’étroitesse, relative, de notre marché ne nous donne pas un poids suffisant vis à vis de la production et nous ne pouvons pas influencer le cours des vins au niveau mondial.
La Belgique n’est pas tout à fait la Chine, qu’on se le dise. Tout ça pour vous expliquer ce qui se passe dans un pays comme celui qui m’abrite en ce moment. La production est basée, pour l’essentiel, sur un véritable modèle industriel, c’est à dire que l’on est souvent loin du vigneron qui pose ses tripes sur la table et qui fait du pinard en se disant que vogue la galère on verra bien comment les choses se mettent en place. Dans le cas d’une stratégie industrielle, on calcule d’abord et on construit le vin en fonction de son calcul. Bien entendu lorsqu’il s’agit d’un pays, un propos global souffrira toujours d’exception, mais disons que quand la situation concerne pas loin de quatre-vingt cinq pour cent de la production on peut se dire que ça tient la route. Une fois ces calculs mis en place, on élabore des vins que l’on positionnera de manière concurrentielle sur le marché mondial.
Evidemment là, il y à un début de bug. C’est que sur le marché mondial, il y a pléthore de pinards vaguement similaires, à base de quelques cépages internationaux hyper répandus. Les chardonnays, syrah, et autre cabernets sont devenus des marques plutôt que des cépages et leurs origines sont plus nettes sur les étiquettes que sur les papilles. A force de jouer la rentabilité, on doit industrialiser les procédés d’élaboration, c’est à dire les standardiser et à force, on va aussi uniformiser les goûts.
Donc, les seules différenciations évidentes se situeront, malheureusement pour les producteurs à moyen terme, au niveau tarifaire. Et pour contrer la concurrence, on joue au plus serré, au prix le plus bas ; Dans le cas de l’Australie, les marchés anglo-saxons, Angleterre et USA en tête, ont fait les beaux jours des exportations de l’île continent. Pendant au moins une grosse vingtaine d’années. Et puis, le style des vins développés ici là été en considérant les désidératas des «critiques» vinicoles en fonction de leur influence. Influence toute relative soit dit en passant, du moins au niveau des ventes directes, mais énorme vis-à-vis des professionnels aux deux extrémités de la filière, de la production à la distribution ça fait pas un pli.
Donc, d’une part on modélise un produit en fonction d’un goût internationalement dominé par quelques marchés particuliers, d’autres part on se positionne plutôt bas pour gagner des parts de marché. Oui, mais voilà, lorsque la bise fut venue… ben c’est la déconvenue. La marché US se racrapote et c’est rien de le dire. Oui, il y a des arguments patents, des choses indéniables, la crise, l’arrivée en masse des vins du Chili et d’Argentine, le manque de rentabilité des productions australiennes et hop, le tour est mal joué et ça dégringole. Même cas de figure en Grande Bretagne. Certes, il y a la Chine pour se refaire, 70% et des bricoles d’augmentation de parts de marché l’année dernière. Mais pour combien de temps ?
Et la Belgique là dedans ? Ben nous sommes la gentille exception, le marché augmente doucement, les prix se maintiennent et les vins d’Australie présent sur le marché sont de plus en plus nombreux. C’est peut-être le fruit d’un travail de fond établi par les distributeurs, peut-être aussi parce que le marché n’est pas dominé par les soldeurs, peut-être simplement parce que nous, consommateurs, aimons des choses un rien plus typées et originales que nos voisins? La réponse n’est pas évidente. C’est une combinaison de facteurs, mais elle indique surtout que les pays et les producteurs qui se lancent sur les terres du discount se lancent à un moment ou à un autre sur un mur. Des vins a des prix justes, pour la premiers prix, c’est un truc ou tout le monde y gagne, y compris les clients finaux, vous et moi. Bon, allez, justement, la semaine prochaine, on parle de pinards, a des prix normaux. D’ici là, quoi que vous buviez, buvez le bien.
A suivre...
Eric Boschman
00:48 Écrit par Hervé Lalau dans Australie, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : australie, vin, vignoble |
25 janvier 2012
AOC ou AQC?
A M. Norbert, qui persiste à penser que la qualité est au coeur de la notion d'AOC (c'est ce qu'il écrit assez joliment dans un commentaire déposé hier sur ce blog), je voudrais dire ceci.
S'ils avaient voulu l'appeller Appellation de Qualité Contrôlée, les pères de l'AOC l'auraient fait.
S'ils ne l'ont pas fait, je pense, c'est qu'ils savaient que l'origine peut s'objectiver, par une aire, une limite, des conditions d'élaboration; alors que la qualité, elle, est subjective.

Signe de qualité?
Ce qui est drôle, c'est que les défunts VDQS, censés représenter une catégorie inférieure à l'AOC, une sorte d'antichambre, étaient dits "de qualité supérieure"...
Mais tout est sujet à interprétation, dans ces sigles, puisque l'AOC, ce n'est que le nom français du Vin de Qualité Produit dans une Région Déterminée, au plan européen...
Définissons les termes
Le Larousse nous rappelle utilement que la qualité est une notion assez floue:
Qualité, n.f.
1° Aspect, manière d'être de quelque chose, ensemble des modalités sous lesquelles quelque chose se présente: Photographe attentif à la qualité de la lumière.
2° Ensemble des caractères, des propriétés qui font que quelque chose correspond bien ou mal à sa nature, à ce qu'on en attend: Du papier de qualité moyenne.
3° Ce qui rend quelque chose supérieur à la moyenne : Préférer la qualité à la quantité.
4° Chacun des aspects positifs de quelque chose qui font qu'il correspond au mieux à ce qu'on en attend : Cette voiture a de nombreuses qualités.
5° Trait de caractère, manière de faire, d'être que l'on juge positivement: Qualités morales. Des qualités de cœur.
6° Condition sociale, civile et juridique de quelqu'un ; titre au nom duquel on agit: Décliner ses nom, prénoms, âge et qualité.
Au sens n°1, tout a une qualité, y compris les vins AOC. Au sens n°3, c'est plus discutable: depuis que les AOC représentent plus de la moitié de la production de vin en France, on ne peut plus opposer leur qualité à la quantité.
Quoi qu'il en soit, la qualité ne se décrète pas, elle se contrôle, éventuellement, et surtout, elle se renforce quand on se donne la peine de trier le bon grain de l'ivraie. La plupart des AOC sont trop vastes, trop laxistes, elles sont comme diluées par leur nombre et la quantité de vin produite.
J'aime le concept, pourtant, car il peut permettre la transmission d'un héritage. Je voudrais donc lui voir un avenir, mais il faudrait l'élaguer, en revenir à des dimensions gérables et crédibles.
Comme on ne peut pas mettre un gendarme derrière chaque cuve et chaque vigne, et que de plus, il ne suffit pas de respecter des décrets pour faire du vin de terroir, je me demande si l'AOC n'est pas condamnée à être l'inaccessible étoile, le sommet qu'on ne fait que désirer.
L'idée même que 100 ou 1000 vignerons puissent partager le même trésor patrimonial, l'AOC Bordeaux, ou Corbières, ou Côtes du Rhône, ou Muscadet, peu importe, et lui rendre un hommage unanime, au moyen de vins qui seraient de qualité homogène, cela me semble tellement peu dans l'esprit français...
Mais le thème est riche, intéressant, Norbert.
Le doigt, la forêt, la lune...
A M. Léon, qui doute, je voudrais dire que la forêt ne doit pas cacher le doigt de celui qui regarde la lune, ni les trains qui parfois, arrivent à l'heure.
Je ne crois pas qu'il faille jeter les AOC avec l'eau du bain sous prétexte qu'une bonne partie d'entre elle ne veulent rien dire, ou que même au sein des meileures, on trouve des margoulins ou des médiocres juste bons à se laisser trainer par les locomotives de leur cru. Enoncée comme cela, ma "défense" paraît accabler un peu plus encore les AOC. Je suis parfaitement conscient des dérives du système, comme ceux que Léon dénonce: produire la totalité d'une récolte sur une petite partie de son domaine (ce qui détourne la limite de rendement), par exemple... Et j'ajouterai la trahison des idéaux de départ: quand l'AOC Touraine se détourne du chenin au profit du sauvignon, elle ne préserve pas son héritage, elle fait du marketing, elle surfe sur une vague. Le pire, c'est que la vague est déjà retombée, mais c'est une autre histoire. Quand une bonne partie des AOC du Languedoc et du Roussillon ont opté pour la syrah et négligent leurs vieux carignans, elles renient l'histoire, les usages constants et loyaux que l'AOC était censés pérenniser.
Oui, le système souffre dans ses fondements comme dans sa crédibilité.
Je crois qu'il faut le réformer. Le re-former, lui redonner du contenu. Ce n'est pas à l'Etat de le faire, mais aux vignerons eux-mêmes. A eux d'exclure les nuisibles, à eux d'édicter des règles plus strictes. A eux de faire que l'AOC redevienne l'exception qualitative et non la règle.
Difficile mission pour les élus, les responsables, quand bon nombre de leurs ouailles voient la mention comme un droit acquis.
Mission capitale, pourtant, si l'on veut que demain, le consommateur qui n'y comprend plus rien, qui constate des écarts de prix et de qualité invraisemblables au sein d'une même AOC, accorde à nouveau sa confiance à trois lettres décrédibilisées - ce n'est pas moi qui le dis, mais les Vignerons Indépendants. Eux qui, aujourd'hui, conseillent à leur adhérents de cultiver leur propre savoir-faire et de développer leur marque, plutôt que de mettre en avant leur appellation.
Affaire à suivre...
00:22 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : aoc, france, vin, vignoble |
10 janvier 2012
Le Rhône se met en 4 à Bruxelles
Cette fin de semaine, Crozes-Hermitage, Gigondas, Saint-Joseph et Vacqueyras fourbiront leur plus belles armes à l'Arsenal de Bruxelles et vous convient à la dégustation des vins de 41 domaines et maisons.
Pour les oenophiles, le dimanche 15 janvier de 14h à 19h;
Pour les professionnels, le lundi 16 janvier de 10h30 à 19h
Adresse du jour: Arsenal, 950 Chée de Wavre, Bruxelles.
Inscription obligatoire auprès d'APIC: apic@skynet.be
ou par téléphone au +32 (0) 2 375 44 44
Domaines présents:
Crozes-Hermitage: Domaine Betton / Domaine des Bruyères / Domaine de Champal / Domaine Yann Chave /
Domaine les Chenêts / Domaine du Colombier / Domaine de Lucie Fourel / Domaine des Hauts Chassis /
Domaine Gilles Robin / Domaine des 7 Chemins / Cave de Tain
Saint-Joseph : Domaine Etienne Becheras / Aurélien Chatagnier / Domaine du Chêne / Domaine Courbis /
Domaine Eric et Joël Durand / Domaine Guy Farge / Domaine Faury / Domaine Philippe Michelas /
Domaine des Pierres Sèches / Domaine Richard / Benoît Roseau / Domaine Vallet
Gigondas : Pierre Amadieu / Domaine Brusset / Domaine de Font-Sane / Domaine Les Goubert
Vacqueyras : Domaine de la Fourmone / Domaine de Montvac / Domaine La Ligière / Vignerons de Caractère /
Domaine des Amouriers / Domaine de la Brunely / Domaine Fontaine du Clos / Domaine Font Sarade /
Domaine de la Ganse / Domaines Les Ondines / Château des Roques / Domaine de la Tête Noire / Le Sang des Cailloux
13:00 Écrit par Hervé Lalau dans Rhône | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, rhône |
Mouillez-vous un peu!
Reçu hier de Régis Cogranne, du domaine du Viala, à Paraza, ce petit problème de mouillage tiré d'un ouvrage daté de... 1904, "Notions Elémentaires d'Arithmétique" de P. Porchon. Un problème dont on espère qu'il n'est plus d'actualité dans les coopératives d'aujourd'hui, ni chez les négociants, mais je n'en jurerais pas - le mouillage est toujours autorisé en Californie, à ce qu'on dit...

Régis attend vos réponses et moi aussi.
Merci à lui, en tout cas; et un service en valant un autre, voici les coordonnées de son exploitation en Minervois:
Domaine du Viala
F-11200 Paraza, 04 68 43 24 48
lodge@domaine-du-viala.fr
00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Midi, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, mouillage |
09 janvier 2012
Le Préfet du Lot aime le Cahors Malbec... moi aussi
Je reçois ce matin le Flash Info de l’UIVC daté du 8 janvier 2012
On peut y lire que lors de la traditionnelle cérémonie des voeux, M. Le Préfet du Lot, Bernard Gonzalez, a réservé une place de choix au vin de Cahors et à la stratégie Cahors Malbec, menée ces dernières années par l'Interprofession.
Nos confrères de La Dépêche du Lot n'en sont pas revenus: "Le préfet avait choisi décorer le salon rouge de la préfecture aux couleurs du Cahors Malbec, à l’occasion de ses voeux aux forces vives lotoises. Dégustation à la clé. L’Interprofession lui a remis la médaille de grand ambassadeur".
Plus surprenant encore: L’initiative est venue du préfet lui-même, comme il l'explique. «Depuis six mois dans le département, je constate et j’ai mesuré les efforts consentis par l’interprofession qui se bat à l’international dans un contexte difficile. J’ai voulu mettre l’interprofession et le vin de Cahors à l’honneur. La viticulture est un élément fédérateur dans le Lot. Elle doit être portée par les forces vives du département. Il en va dans l’interprofession comme dans un peloton cycliste: ceux qui sont devant prennent le vent mais ouvrent la voie pour les autres».

Légende... et réalité des marchés!
Saluons l'engagement d'un représentant de L'Etat en faveur de la viticulture, si rare ces derniers temps dans la France officielle, avec sa règle des 2 H (hygiéniste et hypocrite).
Saluons aussi sa clairvoyance. La démarche du Cahors Malbec, qui remet à l'honneur le berceau du Black Wine dans le contexte actuel des marchés internationaux, sans rien lui enlever de sa spécificité, est autrement plus claire que celle qui consiste à vouloir à toute force associer Cahors aux autres vins du Sud Ouest, depuis Irouléguy jusqu'à Gaillac en passant par Madiran, Fronton, Entraygues et Brulhois. Voila des appellations fort respectables, au demeurant, mais avec lesquelles Cahors n'a rien à partager si ce n'est de vagues espoirs de subventions régionales.
La promotion commune, c'est bien sur le papier, mais encore faut-il avoir quelque chose à promouvoir en commun.
Cahors a son identité, c'est elle qui doit être mise en avant, et l'axe du Malbec lui convient beaucoup mieux qu'un relatif anonymat au sein d'une "mêlée Sud-Ouest".
Vanter le Cahors aux clients Américains, Canadiens, Chinois ou Indiens en leur parlant du "Malbec en version originale", voila qui a autrement plus d'impact que de vouloir les initier à la nébuleuse polymorphe des appellations de Guyenne, de Gascogne et des cantons environnants...
Quand les politiques, qu'ils soient régionaux ou nationaux, cesseront de penser administratif pour entrer dans l'ère du pratique, la France valorisera mieux ses atouts.
Enfin, c'est mon humble avis.
Plus d'info: UIVC, +33 5 65 23 82 35
00:30 Écrit par Hervé Lalau dans Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, cahors |
04 janvier 2012
40 ans de Gigondas... et un beau livre
C'est la période des étrennes, alors pour quoi ne pas offrir (ou se faire offrir) un beau livre et fêter avec Gigondas son 40ème anniversaire?
Ce livre, il vient de paraître, il s'appelle sobrement "Gigondas, ses vins, sa terre ses hommes".
Le contenu répond à la définition: on y commente en effet des vins, via une verticale de plusieurs domaines par millésime; on y parle aussi du sol, au travers d'une belle balade géologique en profondeur. Et on y brosse aussi le portrait de personnages de la viticulture locale.
Les auteurs, qu'ils soit du cru ou de plus loin (mon copain australien Lincoln Siliakus a collaboré, par exemple, de même qu'Andrew Jefford, Georges Truc et Véronique Raisin... pour ne citer que ce que je connais) sont des amoureux du Rhône et du vin en général.
C'est complet, c'est bien illustré, cela donne envie... d'un bon verre de Gigondas.
Editions Bottin Gourmand, 39 euros, dans toutes les bonnes librairies dès demain
00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Rhône | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : gigondas, vin, vignoble |
03 janvier 2012
La citation du jour (une histoire de piastres)
La citation du jour est signée de mon confrère canadien John Szabo, sur Twitter (et oui, on peut être puissant et court - euh, pardon, John). Bon, la voici. Je la laisse en version originale, mais je pense qu'il n'y a pas de difficultés à traduire, c'est une concept assez universel. C'est Marc André Gagnon, de Vinquébec, qui me l'a fait connaître.
"Question: What's the difference between a $15 Aussie Shiraz and a $50 Aussie Shiraz? Answer: $35 dollars."
Au fait, j'apprends incidemment que la SAQ augmente tous ses vins de 15 cents cette année, pour améliorer ses marges.
Alors une petite question, Marc André: de combien augmentes-tu le tarif de tes billets sur ton excellent Vinquébec?
Le modèle économique des blogs (ou des blouies, comme vous dites au Québec) reste à inventer...
00:49 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Canada, France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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01 janvier 2012
Empyrée 2002
En grec, l'empyrée est la plus élevée des quatre sphères célestes, celle du sublime, celle des feux éternels, alias les étoiles...
N'est-ce pas ce qui convient à ce début d'année, dont on ne sait pas encore ce qu'elle nous réservent, les étoiles?
Maintenant que vous savez tout ça (et moi aussi), revenons au vin - ce nom désigne en effet la grande cuvée du Domaine du Bout du Lieu, à Saint Vincent Rive d'Olt. "Un Cahors rare", comme le précisent les élaborateurs, la famille Dimani.

L'Empyrée 2002
Voyons ça de plus près. Les vignes sont situées à Luzech et à Parnac, de part et d'autre du Lot, qui, à ce endroit, n'en finit pas de faire des boucles. Logiquement, les sols sont de type alluvionaire, on trouve notamment des graves et des argiles rouges.
Côté cépages, c'est simple: 100% Malbec, vignes de 30 ans. Tiens, il y a 30 ans, l'AOC Cahors avait juste 10 ans, c'était encore un sacré pari.
Côté élevage, les Dimani ont choisi l'option longue: 22 mois de fûts neufs (enfin, neufs, ils ne le sont au début!). Vous avez déjà peur? Moi aussi, retrospectivement. Et bien nous avons tort!
Car ce long séjour sous bois fût a gardé intact le fruit noir; ce qui domine, au nez, cependant, ce sont les herbes et épices - poivre, thym, réglisse; du boisé, oui, il y en a, mais c'est plus un "toque", une touche, comme disent nos mais espagnols - une touche grillée, en l'occurrence. La bouche est à la fois serrée - les tannins sont bien présents - et fraîche, vive, élégante. Il y a un je ne sais quoi de fluide et même d'aérien dans ce vin pourtant si dense. Je pense que ça tient à l'acidité.
Spécialement pour mon ami David Cobbold, cette allégorie moto: on sent qu'on a de la puissance entre les cuisses (si j'ose m'exprimer ainsi), mais ça ronronne comme un petit chat, et c'est soyeux comme la selle en astrakan qu'il a toujoyrs rêvé de mettre sur sa Ducati (euhm).
La pintade de Noël a apprécié, en tout cas.
Il est urgent, messieurs-dames, de redécouvrir Cahors! Ou de le découvrir, en ce qui concerne ce domaine, dont je n'avais jamais entendu parler...
09:55 Écrit par Hervé Lalau dans Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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31 décembre 2011
Bonne année à tous!
Tous mes voeux de santé, de succès dans vos affaires et dan svos amours, et tous mes voeux de bonnes dégustations.
Et pour quitter 2011, une photo de vignes sous la neige, prise il y a quelques années en Slovénie...
Un superbe vignoble, soit dit en passant.
19:17 Écrit par Hervé Lalau dans Slovénie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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28 décembre 2011
Philippe Le Hardi est au Crédit Agricole
Le vin n'est pas toujours un bon investissement, à en croire les producteurs eux-mêmes, mais aussi les internautes attendant d'être livrés de leurs commandes de grands vins; ça n'empêche pas certaines banques de s'acheter des domaines, comme le Crédit Agricole, qui, via sa filiale CA Grands Crus, vient de faire l'acquisition du Château de Santenay (alias Château Philippe le Hardi) et ses 90 hectares; des parcelles situées dans différentes appellations bourguignonnes, de Saint Aubin à Mercurey en passant par Santenay, Beaune, Hautes Côtes de Beaune, Pommard et Aloxe Corton; sans oublier un cinquième d'hectare en Clos de Vougeot.
20:42 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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