27 février 2013

Beppe Grillo

Le comédien Beppe Grillo est le grand vainqueur des élections législatives italiennes.

En France, on le compare à Coluche; sauf que ce Coluche-là est allé jusqu'au bout; il a monté un parti, présenté des candidats, gagné des sièges. Et il pourrait bien devenir l'arbitre de la formation du prochain gouvernement - un rôle assez paradoxal pour celui qui se présente comme le candidat anti-système.

beppe.jpgBeppe Grillo

 

Mais le nom de Grillo, à nous autres oenophiles, devrait nous mettre la puce à l'oreille.

Grillo, c'est le grand cépage blanc du Sud de l'Italie, et plus spécifiquement, de la Sicile, où on l'appelle aussi le Riddu.

C'est un peu le plant à tout faire - du novello aux jolis arômes d'abricot et d'agrumes, au grand blanc gras et mûr, éventuellement barriqué, jusqu'à l'oxydatif. C'est le cépage principal du Marsala, notamment.

Il faut dire qu'il est bien adapté aux conditions locales: il supporte bien les fortes chaleurs.

De quoi donner à Beppe de bonnes chances de ne pas finir en feu de paille...

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Photo: Pax Vobiscum

00:59 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Tags : grillo, beppe grillo, sicile | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

10 mai 2010

Sicile, continent du vin

Intéressant séminaire sur les vins de Sicile, mardi dernier, au Concert Noble de Bruxelles.

Voici une très grande île, la surface de la Belgique, à peu près. Un patchwork géologique, aussi, car il s'agit d'un morceau de Maghreb arraché à l'Afrique. Sans parler des influences culturelles qui s'y sont succédées depuis l'Antiquité (les Grecs, les Carthaginois, les Romains...) et le Moyen-âge (les Normands y ont fondé un royaume).

Sicile

Un vrai terroir de Sicile, qui mériterait la DOCG: l'Etna, comme ici chez Benanti (Photo H. Lalau).

 

Côté vins, la Sicile se profile aussi comme un formidable conservatoire de cépages autochtones, Nero d'Avola, Nerello mascalese, Frappato, Grillo, Cattarato, Insolia, j'en passe et d'encore moins connus. Et une juxtaposition de terroirs curieusement imbriqués, de la mer jusque sur les flancs de l'Etna...

Bon, tout ça, si vous lisez cette chronique, vous le savez déjà, puisque j'ai consacré à la Sicile un long post voici deux ans, suite à un voyage sur place. C'est ici

Mais voici un petit debriefing du séminaire de mardi.

Sur le papier, la Sicile avait bien fait les choses, avec une belle présentation académique, complétée par une petite sélection de vins prétendument représentatifs des différentes zones de production. Qu'il me soit toutefois permis de discuter les choix effectués - après tout, les journalistes sont là pour ça.

Le premier blanc, un grillo, était plus neutre que la Suisse; le troisième, un chardonnay aussi boisé que le massif vosgien, faisait plus honneur à son tonnelier qu'à son île. Au contraire du deuxième, un insolia-sauvignon à la fois précis, salin et nerveux - et pour tout dire, pas très sauvignon.

Côté rouges, j'ai eu un gros faible pour le vin de l'Etna qui nous était présenté, élégant, avec quelques notes fumées. Le reste était moins typé. Pas inintéressant, mais pas vraiment démonstratif.

En définitive, mes deux coups de coeur sont venus plus tard, lors de la visite des stands des quelques caves présentant leurs vins.

Pour le Frappato de Terra di Giurfo, d'une part, un rouge du genre fruité, mais élégant et nerveux; et puis pour l'incontournable Ben Ryé de Donnafugata, un Moscato Passito di Pantelleria qui vous donne l'envie, rien qu'un court instant, de passer votre retraite entre Sicile et Tunisie, à trier les fruits secs des agrumes, le floral de l'iodé, le doux de l'amer...

00:03 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Tags : degustation, sicile, vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |