31 août 2011

Deux ténors de la politique dans un bain pour une pub, ça vous choque?

C'est en Belgique que ça se passe (where else, Mr. Clooney?). Et c'est pour une pub de bière. Les deux hommes politiques qui sont montrés (des sosies, bien sûr) sont le vice-premier ministre socialiste Elio di Rupo et son adversaire politique de droite, Bart de Wever.

Si on devait trouver une comparaison approchante, en France, on prendrait Bertrand Delanoë et Nicolas Sarkozy (mais on ne peut pas vraiment comparer, car en Belgique, il y a aussi l'aspect linguistique qui entre en jeu).

Toujours est-il que la pub les montre ensemble dans une baignoire, avec plus que des sous entendus.

C'est ICI

D'aucuns disent que toute caricature est légitime; d'autres qu'on touche là à la vie privée - un sujet d'autant plus sensible dans ce cas qu'Elio Di Rupo est homosexuel.

Alors, peut-on tout dire et tout montrer? Quand il s'agit de faire rire, j'aurais tendance à dire que oui, car à force d'imposer le socialement correct, on bride toute liberté d'expression indépendante. Mais s'il s'agit juste de vendre de la bière, j'ai quelques doutes.

En plus, je ne suis pas sûr que la vie politique en sorte grandie. Nos politiciens sont-ils si méprisables? Et qui les a élus?

Et vous, vous en pensez quoi?

30 juillet 2011

Sans moi, les gars!

Non, je ne commenterai pas dans le détail la descente de Nicolas Sarkozy à Châteauneuf-du-Pape; je n'ai pas l'habitude de tirer sur les ambulances, même quand elles sont en tournée électorale (ce qui pourrait être qualifié d'abus de biens sociaux).

Je ne fais pas de politique, les déclarations m'intéressent moins que l'action, et puis, si le président avait seulement montré dans ses actes autant d'intérêt pour le vin que dans la déclaration du candidat Sarkozy à Sancerre, il y a 5 ans...

Le plus triste, c'est que pour une fois qu'il fait mine de s'intéresser à la viticulture, les questions abordées à Châteauneuf ne sont pas les bonnes.

Aucun viticulteur ne devrait se battre pour les droits de plantations, qui ne sont rien d'autre que du protectionnisme, du corporatisme, le combat pour les droits acquis, les rentes de situation (tiens, incidemment, c'est ce même raisonnement qui a conduit à la pénurie de médecins dans les zones rurales).

Ils devraient plutôt se battre pour que demain, les conditions de marché soient réunies pour que des jeunes s'installent et puissent gagner leur vie. Pas par des subventions, pas par des primes, pas par de la mendicité administrée. Par le vin qu'ils produisent, parce qu'il aura un débouché. Qu'ils auront adapté leur produit à la demande. Diversifié leurs circuits de vente. Car je n'appelle pas un circuit de vente la coopérative ou le négociant qui brade ses invendus au hard discount.

Des questions, moi, j'en ai pour le président et pour les vignerons.

Quid de la politique d'assurance qualité? Comment éviter demain des affaires comme celles du faux pinot noir?

Quand élaguera-t-on dans les appellations? Ne vaut-il pas mieux moins de mentions que des mentions dévaluées?

Quid de l'impact écologique? Que fera-t-on pour baisser la consommation de pesticides de la  viticulture française?

Aucun viticulteur ne devrait s'intéresser aux campagnes de promotion pour l'export (aussi importantes soient-elles) avant d'avoir obtenu de l'hyper-président qu'il hyper-ventile un marché français en très mauvaise posture.

Fera-t-il mettre à l'ordre du jour la proposition de loi pour déclarer le vin élément de culture, et le déconnecter des alcools forts? Je ne l'ai pas entendu.

Donnera-t-il des instructions au Parquet pour que la loi Evin soit interprétée dans un sens moins restrictif? Je ne pense pas qu'il en a été question.

Initiera-t-il des campagnes de consommation responsable, d'éducation à l'alcool, sur le modèle d'Educalcool au Québec?

C'est de tout ça qu'il aurait fallu parler, à mon sens.

A défaut, les étrangers qui viennent en France vont vite s'apercevoir à quel point les Français se détournent du vin, ce qui n'est pas très vendeur. Et M. Sarkozy pourra faire une croix sur son exportation.

Pensez-vous d'ailleurs que tous les vignerons s'intéressent à l'exportation? Loin de là. Combien de petits exploitants ont les moyens de l'export, de prospecter, surmonter les obstacles administratifs, etc...

En mettant l'accent sur les marchés extérieurs, M. Sarkozy favorise les grosses structures. En ne faisant rien pour le marché intérieur, il fait du tort aux petits producteurs. Ceux-ci sont deux fois punis. Ils n'ont plus qu'à travailler plus pour vendre moins et moins cher.

Et puis, soyons sérieux: comment peut-on justifier de pousser l'exportation d'un produit qu'on recommande d'éviter à ses propres concitoyens?

Alors, sans moi, les gars!

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : vin, politique, sarkozy, châteauneuf |