24 juin 2011
Henri Jayer, par Jacky Rigaux
Mon excellent confrère Jacky Rigaux publie aux éditions Terres en Vue "Les Temps de la Vigne", un livre consacré à Henri Jayer, figure marquante de la viticulture bourguignonne de la deuxième moitié du 20ème siècle. Vigneron connu des oenophiles du monde entier, ses vins sont aujourd’hui encore très recherchés pour leur pureté, leur exquise finesse, leur capacité remarquable à magnifier les beaux terroirs de la Côte, leur aptitude à un harmonieux vieillissement…
Elève de René Engel, qui créa la première formation en Œnologie à l’Université de Bourgogne, au début des années 1940, il acquit les connaissances modernes indispensables pour enfanter de grands vins dans le respect absolu des «bonnes pratiques» nécessaires à la valorisation des «climats» bourguignons, ces parcelles de vignes soigneusement délimitées.
Avec ce livre, Jacky Rigaux rouvre les carnets de toute une vie consacrée à l’amour du terroir.
Sur souscription uniquement.
Pour réserver votre exemplaire: info@terres-en-vues.fr
00:06 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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14 octobre 2010
Jacky Rigaux et la "guerre du vin"
Jacky Rigaux, dont je vous parlais avant-hier, m'adresse ce qu'il appelle "quelques bribes faites à la hâte" à propos de la polémique Bourgogne-Australie lancée par un de ces raccourcis saisissants dont les éditeurs ont le secret - en l'occurrence, Decanter, à propos de l'article d'Andrew Jefford. Mais laissons parler l'auteur du "Réveil des Terroirs"...
Le dernier livre de Jacky Rigaux
Il y a quelques années le BusinessWeek (septembre 2001) titrait "Wine War, How American and Australian wines are stomping the French ?" Suivait un très long article où il était rappelé que les classifications françaises, la classification bourguignonne en particulier, étaiten trop compliquées... et contestable. L'avenir du vin ne pouvait être que dans une simplification de l'offre : basic wines, popular premium wines, super premium et ultrapremium wines. L'affichage du cépage, la vinification plus ou moins puissante, la note administrée par les critiques reconnus... devaient donner une lisibilité facile à déchiffrer pour une clientèle pressée de consommer , sans se poser trop de questions, prise dans cette civilisation moderne marquée par la vitesse, l'impatience, le désir de vouloir tout, tout de suite! On était en pleine société de production-consommation où les différents vins de de cépage et de marque s'affrontaient à coups de marketing et de coups médiatiques! On n'avait pas encore mesuré l'inconséquence de cette infernale logique du profit avec les faillites de Madoff et compagnie !
Heureusement, dans le même temps, les amateurs devenaient de plus en plus nombreux, un peu partout dans le monde, les cercles et clubs de dégustateurs se développaient, des revues consacrées au vin sans publicité arrivaient à se faire une place, les premiers blogs d'amateurs apparaissaient.... Bref, aux côtés des consommateurs se développaient d'authentiques connaisseurs pour qui les valeurs du lieu de production des vins, avec tout le cortège d'histoire et de culture qui l'accompagnent, prenaient une importance toujours grandissante.
Ce mouvement de reconquête du vin par les amateurs était contemporain du "réveil des terroirs" activé par quelques gardiens du temple de la trempe d'Henri Jayer en Bourgogne, Léonard Humbrecht en Alsace, plus tard Didier Dagueneau en Loire.... Bien sûr il fallait que "les bonnes pratiques" reviennent sur le devant de la scène.
Un peu partout dans le monde on voit la réaffirmation de cette viticulture de "climat" comme on dit en Bourgogne, ou de "Terre Noble" comme le dit Ted Lemon en Californie. Pour accompagner ce mouvement les pratiques de viticulture biologique et surtout bio-dynamiques se développent. Alors on déguste à nouveau des Corton-Charlemagne, des Chevalier-Montrachet, des Meursault Perrières... qui expriment les saveurs du lieu où ils sont nés ! Plus on est en présence d'un terroir complexe, plus le raisin arrive à maturité physiologique optimale, moins il est besoin d'intervenir en vinification. Le vin prend alors sa direction et non celle que l'oenologue ou le winemaker lui imposent ! La traçabilité est évidente, les vins sont les plus naturels possibles, à savoir qu'ils n'ont besoin que d'un minimum de soufre pour pouvoir bien vieillir !
Les termes du débat sont donc clairs: vins techniques, de cépages et de marques où tous les artifices et ajouts oenologiques sont permis, ou vins de terroir où la recherche de la pureté d'expression passionne des vignerons-artisans, voire artistes pour quelques-uns. Ce qui est recherché alors c'est la diversité d'expression de ces vins de climat que l'on se plait à taster (à tâter) plus qu'à tester et à noter! Le goût et le charme d'un vin né d'une terre particulière n'ont rien à voir avec une éventuelle supériorité par rapport à un autre vin, mais se nichent dans la profondeur et la subtilité de sa différence. Amateurs japonais, coréens, américains..., européens également bien sûr, se passionnent de plus en plus pour la recherche de ces plaisirs sans cesse renouvelés que les grands vins de "climats" procurent !
Jacky, j'aimerais bien pouvoir écrire aussi bien que toi "à la hâte"....
06:33 Écrit par Hervé Lalau dans Australie, Bourgogne, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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