10 janvier 2012
Le Rhône se met en 4 à Bruxelles
Cette fin de semaine, Crozes-Hermitage, Gigondas, Saint-Joseph et Vacqueyras fourbiront leur plus belles armes à l'Arsenal de Bruxelles et vous convient à la dégustation des vins de 41 domaines et maisons.
Pour les oenophiles, le dimanche 15 janvier de 14h à 19h;
Pour les professionnels, le lundi 16 janvier de 10h30 à 19h
Adresse du jour: Arsenal, 950 Chée de Wavre, Bruxelles.
Inscription obligatoire auprès d'APIC: apic@skynet.be
ou par téléphone au +32 (0) 2 375 44 44
Domaines présents:
Crozes-Hermitage: Domaine Betton / Domaine des Bruyères / Domaine de Champal / Domaine Yann Chave /
Domaine les Chenêts / Domaine du Colombier / Domaine de Lucie Fourel / Domaine des Hauts Chassis /
Domaine Gilles Robin / Domaine des 7 Chemins / Cave de Tain
Saint-Joseph : Domaine Etienne Becheras / Aurélien Chatagnier / Domaine du Chêne / Domaine Courbis /
Domaine Eric et Joël Durand / Domaine Guy Farge / Domaine Faury / Domaine Philippe Michelas /
Domaine des Pierres Sèches / Domaine Richard / Benoît Roseau / Domaine Vallet
Gigondas : Pierre Amadieu / Domaine Brusset / Domaine de Font-Sane / Domaine Les Goubert
Vacqueyras : Domaine de la Fourmone / Domaine de Montvac / Domaine La Ligière / Vignerons de Caractère /
Domaine des Amouriers / Domaine de la Brunely / Domaine Fontaine du Clos / Domaine Font Sarade /
Domaine de la Ganse / Domaines Les Ondines / Château des Roques / Domaine de la Tête Noire / Le Sang des Cailloux
13:00 Écrit par Hervé Lalau dans Rhône | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, rhône |
06 décembre 2011
A la redécouverte du Ventoux oublié
J'ai la fâcheuse habitude d'oublier des échantillons dans ma cave. Ce qui peut me jouer des tours quand il s'agit de vins à boire sur le fruit.
Mais qui a dit que les vins un peu plus âgés n'avaient pas un beau fruit? Quelle est ce règlement bizarre, quasi militaire, qui dicte leur évolution aux produits de la treille? "Soldats pinards, je ne veux voir qu'une tête! Les arômes primaires devant. Les tertiaires derrière, et les secondaires au milieu. Par ordre d'incorporation dans la troupe. Demi tour... droite!"

La bouteille oubliée
Cette rhétorique martiale ne résiste pas à l'analyse sérieuse, et surtout pas à la dégustation, comme me l'a montré la semaine dernière celle d'un Coteaux du Ventoux, la Cuvée Terre de Truffes, de la Cave Terra Ventoux.
Cette bouteille, je l'avais reçue de Michèle Piron-Soulat il y a... trois ans. Michèle est coutumière de ce type d'envois. A tort ou à raison (je pense que c'est à raison), elle pense que faire goûter un vin est la meilleure façon de faire en sorte qu'un journaliste vineux s'y intéresse. Même si pour moi, cela aura pris un peu de temps (!), elle est tout de même parvenue à ses fins.
Le plus drôle, c'est que j'ai bien fait de l'attendre, ce 2006 (car c'est un 2006); il m'a bluffé: réglisse, mûre, poivre noir, coriandre, c'est un nez de tout jeune vin qui explose à mes narines; en bouche, il y a pas mal de cuir, de gibier, d'humus, (les truffes, je ne sais pas, mais pourquoi pas?); les tannins sont serrés, mais fins, et ça n'en finit pas. Et vous savez quoi; en finale, le fruit noir revient à la vitesse d'un autobus!
Et qu'on en me dise pas que les vins de coopératives vieillissent mal!

Et le cachet de Michèle faisant foi...
00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : ventoux, rhône |
20 février 2009
Déclinaison temporelle du Clos des Papes
Marc Vanhellemont nous fait passer le compte rendu d'une de ces dégustations rhodaniennes dont il a le secret: une verticale du Clos des Papes sur... 50 ans.
Le Clos des Pape fait partie des valeurs sûres de Châteauneuf-du-Pape – même si l’on connaît notre aversion pour les classements internationaux, on ne peut faire sembler d’ignorer que ce domaine a été élu vin de l’année par le Wine Spectator.
Daniel Bécu, ex-restaurateur aujourd’hui, caviste à Renescure près de Saint Omer, nous propose une belle vericale de ce cru : une quinzaine de millésimes sur la sellette, le plus récent 2004, le plus ancien 1945 (www.cavedelacrosse.fr)
Le Clos des Papes
Une marque ancienne ! C’est en 1896 que Paul Avril, l’arrière grand père de Paul Vincent, la génération actuelle, déposa la marque. Celle-ci est définitivement enregistrée le 4 septembre 1902, depuis cette date tous les vins du Clos des Papes sont vendus en bouteilles. Si les assemblages et les techniques de vinification se sont légèrement modifiés au cours des années, l’image qualitative, elle, n’a pas bougée d’un iota. Quatre générations d’Avril se sont succédées, les vins ont évolué avec elles, mais ont gardé le but initial: élaborer des vins de caractère, apte au vieillissement et qui reflètent le terroir.
Terroir morcelé en 24 parcelles, répartis sur 40 ha, où règnent 65% de vieux Grenache, 20% de Mourvèdre, 10% de Syrah et 5% de Counoise, Vaccarèse et Muscardin. C’est l’assemblage de l’unique bouteille, les Avril n’aiment guère multiplier les cuvées. L’élevage se fait en foudres et dure de 12 à 15 mois. Les vins ne sont pas filtrés, mais collés au blanc d’œuf. Le blanc, qui représente 10% de la production, ne voit pas le bois. Il assemble Grenache blanc, Roussanne, Clairette, Picpoul, Bourboulenc et Picardan, chacun à part égale.

Si c'est le Wine Spectator qui le dit, alors...
La verticale
Dans l’ordre de la dégustation. Le parti fut pris de débuter la dégustation par les plus vieux millésimes et non d’attaquer par les plus jeunes. Une sage décision ! Les jeunes années tanisent trop les palais et donnent des autres une impression fausse de vins éculés, séniles depuis de nombreuses années.
On notera qu'entre 1970 et aujourd'hui, la proportion de Mourvèdre a augmenté de façon significative. Le cépage renforce la structure, l’assoit encore mieux, évite dans les dernières années les déséquilibres alcooliques.
1988
Bientôt vingt ans et toujours vaillant. La couleur assez claire, des zestes d’agrumes entourés de chocolat et de pâte d’amande au nez. Les tanins toujours bien serrés, mais d’où s’écoule un jus savoureux qui sauve le vin d’une finale sèche. « Un millésime travaillé en style bourguignon sur la finesse. Une année de beau temps sans excès. Un bon millésime. » nous confie Paul Avril
1985
Grenat, il sort de la cave taché de salpêtre, le nez animal. La lumière du jour fait réapparaître rapidement le pruneau et la menthe. Les tanins hyper fondus dans la masse capiteuse donnent un soyeux étonnant. Dentelle délicate brodée de tabac, de thé rouge au contour étonnamment frais.
1982
Plus tuilé, le grenat libère une note animale, c’est le prix à payer pour ensuite respirer longtemps les très élégants parfums fruités. La cerise domine, un jus de griotte rafraîchi de menthe, de sauge, grillé de tabac et de café, avec sur la fin un accent truffé. La délicatesse se retrouve en bouche qui semble construite pour l’éternité. Le minéral certes ici plus intense assoit le vin et l’acidité parfaite oscille en harmonie comme le balancier d’un mouvement perpétuel.
1979
Grenat plus rouge, une première note torréfiée, puis du champignon qui se transforme rapidement en truffe blanche sur lit d’herbes aromatiques. Cette année puissante démarre par un effet cintré qui surprend la bouche, puis le gras apaise l’anxiété et la longueur aromatique termine de la rassurer.
1976
Cette année modifie l’assemblage. C’est à partir de 1976 qu’il est renforcé par une proportion accrue de Mourvèdre. Une chance pour ce millésime de grande chaleur ! Chaleur qui se ressent sur la finale qui a gardé son caractère capiteux malgré une bonne fraîcheur augmentée par la note iodée. Le fruit est encore bien présent mais présenté dans une boîte de cigares. Les tanins ont eu du mal à se fondre et reste un rien chaotique.
1971
Cette année chaude, qui suit le réputé 1970 que ne dégusterons malheureusement pas, offre une robe assez clair. Le Mourvèdre n’apportait pas encore son renfort de couleur. Un quart de siècle cela donne de la bouteille et une odeur de cave qui ne manque pas de salpêtre. Mais rapidement le vin se débarrasse de ses haillons et fait surgir la rose fanée, le menthol, le quinquina et le céleri sec. Le fruit sourd des tanins bien serrés. Certes plus léger, il présente un port élégant et un élan vineux remarquable pour un millésime… ordinaire.
1966
Un peu plus de quarante ans et toujours fringant ! Cerise et fraise au poivre, cannelle et cardamome, pâte d’amande et bâton de réglisse séduisent beaucoup le nez. La bouche s’entame par un soupçon de caramel qui arrondit encore plus la soie des tanins tissée de très fraîches arabesques d’orange amère et de griotte confite. Longueur sur la douceur juste capiteuse pour laisser des lèvres au fond de la gorge le souvenir d’un baiser savoureux.
1945
Pas d’année cinquante, notre ami Daniel et ses clients ont tout bu, tant pis. Restait une bouteille de fin de guerre, un millésime pas grandiose et fait comme on pouvait. Mais, qu’il soit bon ou pas, certaines dates marquent les esprits et c’est avec beaucoup d’émotion qu’il fut dégusté. Grenat tout clair (les anthocyanes avaient précipités), il évoquait au nez l’essence d’oranges, le cacao et le café avec une pointe de volatil qui l’aurait fait prendre à l’aveugle pour un vieux Rivesaltes ambré. La bouche pareille avec un rapport sucré acide qui lui donnait encore un semblant de dynamisme. Pour la mémoire, merci pour cet incroyable vieillard.

1995
D’un joli rubis, il sent un instant la réglisse avant de céder d’envahir le nez d’une puissante confiture de fraise. En bouche, moins d'exubérance, c’est sur la longueur qu’il faut aller chercher fruits, épices et fleurs. Sur la réserve, qu’il a profonde, ce 1995 demande encore un peu de temps pour se livrer complètement. Aujourd’hui, il faut être patient ou jouer de la carafe.
1998
Grenat moyen, il mélange le céleri sec aux herbes sèches, la sauge à la menthe, le tabac à la griotte confite. La bouche, soyeuse, maîtrise l’alcool avec délicatesse, les pâtes de fruits glissent comme par enchantement sur les papilles qui se régalent de gelées de baies rouges et noires. Un fruit qui reste très présent jusqu’au bout de la longueur.
1999
Entre rubis et grenat, il croque les biscuits légèrement beurrés et nappés de cerise et d’amande relevées de gentiane. La soie de la bouche enveloppe le fruit senti de cannelle et de poivre. La fraîcheur bien marquée équilibre le charnu du fruité. Le gras amortit toute velléité capiteuse, encore mieux assagi par l’envolée florale qui termine la bouche.
2001
Grenat, un nez frais de baies à l’alcool où trempe un bâton de réglisse. La bouche ? Élégante, presque légère, aérienne est plus approprié, avec une succession de notes fruitées dont plusieurs évoquent la surmaturité. Fruits très mûrs qui vont pour certains jusqu’à donner un goût de bonbon au rhum. Le vin est en phase de fermeture, on le goûte élégant et racé en première bouche, puis déjà fermé, le fruit appauvri, image du passage ingrat qui arrive. D’excellent potentiel, il renaîtra bonifié dans quelques années.
2003
Grenat, grenat, grenat, confiture de fraise, menthe et une note végétale d’herbes séchées. La bouche ne dément pas le nez, c’est bien un 2003, avec ses tanins secs, son manque de fruit et son volume alcoolique. Il possède heureusement suffisamment de fraîcheur pour se boire. Mais, un verre, pas plus, il est trop envahissant.
2004
Grenat prononcé, il lui reste un rien de vanille presque dissimulé par les effluves d’une garrigue chaude de soleil. De la cerise à l’alcool et l’amertume du noyau entament la bouche avec grâce, puis les tanins la cintrent un rien, le fruit surtout rouge vient sauver la fin de bouche d’une sécheresse à l’affût. Longueur moyenne pour un vin bien caractéristique des 2004 qui se referment. Les mieux réussis comme celui-ci se rouvriront assez rapidement sur une complexité fruitée épicée correcte.
En résumé: belle qualité d'ensemble. Le Clos des Papes garde la même trame tannique, la même élégance des années 60 à aujourd’hui. Toutes les bouteilles se boivent, certaines avec plus de plaisir que d’autres, mais aucune n’est à jeter…
Marc Vanhellemont
Coordonnées: Clos des Papes, Paul Vincent Avril, 13, avenue Pierre de Luxembourg
F-84230 Châteauneuf-du-Pape +33 490 83 70 13
clos-des-papes@clos-des-papes.com www.clos-des-papes.fr
07:35 Écrit par Hervé Lalau dans Rhône | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : vin, rhone |
11 décembre 2008
Vinsobres Domaine du Pré Neuf 2006 «Cuvée Tradition»
A l’image de son appellation, la plus septentrionale des Côtes du Rhône méridionales (goûtez le joli paradoxe), ce vin est à la fois solaire et empreint de fraîcheur.

Vinsobres
Lors d'une récente dégustation chez In Vino Veritas, j'ai apprécié son fruit explosif (cerise, fraise écrasée), presque entêtant, qui ne se dément pas du nez à la finale en bouche; mais aussi sa texture soyeuse, et, pour employer un néologisme de comptoir, sa bonne «buvabilité».
Les six mois de fût de chêne de deux vins ont enrobé la bouche, ont assagi les tannins, mais n’ont en rien dénaturé le vin.
Attention, Romain Corbin, au Domaine du Pré Neuf, propose plusieurs cuvées. Celle-ci, la «Tradition», est son Vinsobres de base. Elle ne vous ruinera pas.
Ce vin a été sélectionné dans le cadre du "Best of IVV Partners" Hiver 2008, à paraître dans le prochain numéro d'In Vino Veritas.
Info: Domaine du Pré Neuf, 00 33 4 75 27 63 95.
15:07 Écrit par Hervé Lalau dans Rhône | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : vin, rhone, france |
10 décembre 2008
La Bourgogne et le Rhône à l'honneur chez Colruyt
«Colruyt, la passion du vin». Beau slogan, mais qui repose sur quoi ? Jeudi après-midi, au Centre Culturel d’Alsemberg, le distributeur belge s’est efforcé d’en montrer le contenu.
Tout d’abord était dévoilé à la presse le second Guide de la série «La Route des vins Colruyt». Après Bordeaux, traité l’an dernier, Colruyt a choisi cette fois comme thème la Bourgogne et le Rhône.

La Route des Vins Colruyt n°2
Comme son prédécesseur, il s’agit d’un ouvrage 100% Colruyt: texte, photos, mise en page, impression, tout a été conçu à la maison, les acheteurs (Freddie Steens, en premier lieu) ayant particulièrement été mis à contribution.
Il faut d’ailleurs reconnaître que ce livre est l’exemple même d’une vulgarisation intelligente: ni trop, ni trop peu. L’historique, les cépages, les sous régions, tout est traité. Les domaines importés par Colruyt sont bien entendu mis en valeur, c’est le jeu. Le livre fourmille d’anecdotes sur les différentes propriétés, d’infos de première main, qui témoignent d’une certaine complicité – au-delà des enjeux commerciaux. Colruyt ne nous la joue pas «grande famille», il n’y a jamais de violons, mais on sent un certain attachement.
Et comme le souligne Jean Pierre Roelands, le directeur commercial du discounteur hallois, il s’agit très souvent de collaborations sur le long terme. Ainsi du domaine de la Font du Roi, à Châteauneuf : c’est déjà la troisième génération de Mousset qui travaille avec Colruyt.
Pour d’autres, comme Bichot et Patriarche, la collaboration date de 40 ans. Pour les Caves Saint Pierre, c’est 25 ans.
Au-delà de l’aspect longévité, il y a aussi l’aspect synergies. Il aura fallu pas mal de temps à Freddie Steens pour convaincre Chapoutier de vendre ses vins bio via un grand distributeur. Mais deux arguments ont porté : primo, l’assortiment proposé par le catalogue des grands vins, disponibles sur commande, et destinés aux vrais amateurs. Secundo, le type de communication adopté par Colruyt sur les vins - concrètement, pas seulement le prix. Et tertio, l’engagement « vert » de l’enseigne.
On notera que pour ces deux régions, l’assortiment de Colruyt fait la part belle aux petits producteurs, qui y côtoient les grands négociants comme Laroche ou Patriarche.
Roelands a également profité de l’occasion pour recadrer l’importance du vin dans les ventes de l’enseigne – et pas seulement en fin d’année.
Première surprise : les venets de vins se portent bien : +7% en volume sur l’année écoulée. En 2008, Colruyt aura commercialisé presque 60 millions de bouteilles de vin. Même la crise financière ne semble pas affecter cette évolution : sur les dix dernières semaines, les ventes ont progressé de 7,82%.
La présentation était suivie d’une dégustation ouverte au public. J’y reviendrai.
06:56 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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