20 avril 2012

Rasteau Domaine de Beaurenard 2003

Rasteau, dont la réputation s'est fait dans le VDN,  produit aussi de bons vins secs et qui peuvent tenir la distance.

La preuve par l'exemple, avec ce Domaine de Beaurenard 2003 de la Famille Coulon. Pour l'anecdote, à l'époque, Rasteau n'avait pas encore son appellation propre en sec, il s'agit donc d'un Côtes du Rhône Villages Rasteau. On s'en fout un peu, mais bon, il fallait que ce soit dit.

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Côtes du  Rhône Villages Rasteau, disait l'étiquette...

Fruit rouge, groseille, cerise de Bâle (mais sans la pharmacie), épices, origan, myrte, c'est plutôt complexe au nez - je pense à une belle matinée de juin dans la garrigue. En bouche, les tannins sont suaves, pas une once de sécheresse, c'est long et charnu, l'élevage soigné a permis d'intégrer fruit et bois.

2003, année bénie, année maudite, année de la sécheresse... mais pas ici.

PS. Non, Beaurenard ne renarde pas.

00:30 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : rasteau, rhône |

05 avril 2012

Gigondas et ses terroirs, par l'exemple

Gigondas, à l'ombre des Dentelles de Montmirail (sans parler de celle, plus psychologique, de Châteauneuf du Pape), ne  ne manque pourtant ni de personnalité, ni de variété. Ni de bons vignerons, comme j'ai pu le constater ce lundi lors de la présentation du millésime 2011. Et puis aussi, dès le lendemain, lors d'une visite des différents terroirs, sous la houlette de l'oeno-géologue Georges Truc. Et puis encore, en point d'orgue, au Château Saint Cosme, avec Louis Barruol, a qui nous avait organisé une dégustation de trois de ses cuvées, sur trois années. Un grand moment: la régularité dans la qualité, à ce niveau, c'est exceptionnel.

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Exploration des terroirs, avec, de gauche à droite, Sébastien Durand Viel, Louis Barruol, Marc Vanhellemont et Georges Truc

 
Cuvée "Le Claux" Terroir: marnes calcaires du Miocène.

2008: Pinote un peu, comme bon nombre de grenaches... Le nez fleure bon la violette et la réglisse, la bouche est dense, mais fluide et bien fraîche, les tannins juteux. Un vin particulièrement "digeste" et une belle réussite pour le millésime. Élevage: fût et cuve. Vieilles vignes de plus de 100 ans. 15,5/20

Le commentaire du vigneron: "J'ai mieux trié en 2008, un peu comme on le fait en Bourgogne; la table de tri doit être alimentée à la main, bien sûr."

2007: Grand millésime à Gigondas. Nez assez discret, au départ, mais à l'aération apparissent la mûre, la quetsche; le vin est en phase de fermeture, actuellement, mais la bouche est à la fois charnue et aiguisée. A attendre. 14,5/20

2006: Un millésime plus classique. Fruit noir, riche, résine, fromage doux, pruneau, légèrement confiture, petite sucrosité, épicé, viandé, poivre, menthe, parfait à boire aujourd'hui 17/20 (grand principe: ne jamais bouder son plaisir d'aujourd'hui, un "tiens" vaut mieux que deux "tu l'auras...").

Saint Cosme.JPG Les trois cuvées de Château Saint Cosme

Cuvée Hominis Fides. Terroir: sables du Miocène.

2008: Griotte, pin, résine au nez; un peu d'amertume (Saint Cosme n'égrappe pas), bouche dense, bien pleine ; les raisins ont été triés, le rendement est de 20hl/ha à l'arrivée.

2007: un côté iodé, au premier nez, mais ce nez change vite,on part vers le cacao, le torreféié, la réglisse; en bouche, c'est complexe, profond, généreux, mais fin, aussi. 15/20

2006: Couleur très soutenue. Nez envoutant: viande crue, câpres, marinade, fumé.  "Epinard", ajoute Popeye, alias Marc Vanhellemont. Sébastien Durand Viel, lui, opte pour l'eucalyptus. Et c'est vrai qu'on note une belle fraîcheur mentholée, en bouche, qui participe à la tension. Beaux tannins. Cette cuvée est sans doute la plus puissante, mais pas la moins complexe pour autant. 15,5/20 attendre 5-6 ans.

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Les vignes sous la chapelle Saint Cosme


Cuvée "Le Poste": marnes calcaires du Tortonien (près de la Chapelle Saint Cosme)

 2008: C'est toute la garrigue de Gigondas qui s'est donnée rendez-vous dans ce nez, du romarin, de la sauge, de la myrte, et puis aussi du poivre, du laurier,de la feuille de tomate; et le gibier qui vient s'ébattre dedans. En bouche, les tannins sont croquants, l'extraction est très bien maîtrisée, et puis il y a cette trame inimitavle des vins de calacaire. On note aussi pas mal de salinité en finale. C'est très grand.... mais encore très jeune. 16/20. 1.500 bouteilles (un ha seulement).

2007: Le meilleur de deux mondes: ce vin à le nez d'un grand bourgogne, mais ne bouche plus  sudiste, plus gourmande et plus large, aussi. 12 mois de barrique.  Quelques notes roties, fumées, à nouveau l'épinard, mais aussi la confiture aux quatre fruits. Une grande finesse, et une finale sapide, très longue, un goûr de "revenez-y". 17/20

2006: Cerise, figue, iodé; en bouche, retour du fruit noir, sur une trame presque saline; c'est plus extrait, ("trop", regrette Louis, qui ne se pardonne rien). Il est vrai que les tannins très présents, mais la texture est serrée, et le vin a encore beaucoup de potentiel. 14,5/20

Contact: Château Saint Cosme, Louis Barruol, +33 4 90 65 80 80

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L'homme et sa création

00:03 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : rhône, gigondas, saint cosme |