05 octobre 2010

Roussillon Dessert Trophy

Sympathique compétition gourmande que le Roussillon Dessert Trophy, qui vise à récompenser les meilleurs accords entre desserts et vin du Roussillon - avec pour thème délicat, cette année, les agrumes.

J'étais juré de la finale belge, hier après-midi, aux côtés d'amis journalistes et professionnels du vin.

On ne s'est pas ennuyé. Pendant que nos élites ne parvenaient toujours pas à se mettre d'accord sur un gouvernement, ni sur une réforme, nous, entre Flamands et Francophones, on tombait tous d'accord sur un candidat. Je dirais même plus, l'attelage chef/sommelier qui représentera le Schizoroyaume à Perpignan, pour la grande finale internationale.

Il s'agit d'Olivier Monbailliu et de Charlotte Vanhaecke, du restaurant La Tâche, à Bruges.

 

tache 2.jpgLa recette primée: «Millefeuille de Dentelles de Bruges aux Eclats de Cacao, Mousse au Chocolat Noir au Gingembre et Glace Maison Comédie Française»

Nous avons tous été babas devant la méticulosité de la recette, ses qualités visuelles et sensorielles, les beaux contrastes de textures et de goûts. De plus, le mariage avec le vin (un Rivesaltes Ambré 4 ans d'âge du Domaine de Rancy) fonctionnait excellement, à la fois grâce aux notes oxydatives et de torréfaction (rappelées dans la recette par un peu de chocolat et de tabac) et grâce à l'acidité du vin, qui lui permettait de soutenir la comparaison avec les agrumes marinés.

Avec ce chef d'oeuvre, ces candidats-là seront opposés aux sélections des autres pays en janvier.  Croisons les doigts, ils ont une belle chance de rapporter le trophée en Belgique (ou ce qui en tiendra lieu).

Au fait, la Tâche, c'est au n°1 de la Blankenbergesteenweg, à Bruges. Tél: +32 50 680 252.

Si vous passez par là, n'hésitez pas à demander de goûter la recette. Elle est déjà au menu. Perfectionnistes comme ils peuvent l'être, cela fait déjà un bon mois qu'Olivier et Charlotte la testent sur leur clientèle, qu'ils la peaufinent, qu'ils la mitonnent. Cobaye de recette de dessert, ça vous plairait?

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Olivier Monbaillu dresse son assiette en cuisine

24 septembre 2010

Référence Carrefour

Je viens de lire le prospectus de Foire aux Vins de Carrefour Belgique. Grandes photos, petits textes, ça change de Proust.

Je vois que l'enseigne a demandé la caution de Bruneau Père & Fils pour sa sélection de vins.

Pour ceux qui n'auraient jamais mis les pieds en Belgique, précisons que Jean-Pierre Bruneau est un chef étoilé de Bruxelles. A défaut de sous-entendre une vraie compétence vineuse, cela induit une certaine notoriété locale.

Mais n'anticipons pas: pour vous permettre de vous prononcer sur le premier élément, je vous livre ici le commentaire de la "caution" sur le Côtes du Rhône de l'Enclave des Papes (10,78 euros le lot de trois, une affaire):

"Les cépages de Grenache, Mourvèdre et Syrah (de vieilles vignes) composent l'Enclave des Papes. La vendange est manuelle. En dégustation, il est marqué par les fruits rouges. Ce vin est délicieux avec des fromages à pâte dure comme le Chimay."

Une chose est sûre, ce n'est pas avec ça que les Bruneau vont relever le niveau de la critique vineuse. Ce n'est pas tout d'énumérer une liste de cépages. Le commentaire des vins, il y a des gens qui en font leur métier, on les appelle des sommeliers, ou bien des journalistes, je crois...

Mais que voulez-vous, l'époque est au mélange des genres... On ne compte plus les grands chefs qui monnaient leur célébrité dans la distribution, même celle qui, dans l'esprit, semble la plus éloignée de leur restauration de prestige. Pas sûr que Bruneau achète sa viande chez Carrefour. Ou même son vin. L'important n'est pas là. L'important, c'est que le consommateur puisse y croire au moins une minute, le temps de la Foire aux Vins.

Bruneau.jpgPas cher, votre Chablis, M. Bruneau!

Et c'est là que le bât blesse vraiment: car  ce n'est  pas avec des commentaires pareils que Carrefour Belgique va redorer son image vin.

Quoique. Est-ce que les gens lisent vraiment ces prospectus? Au-delà des prix en gras, je veux dire.

Ah, au fait, un peu plus loin, je vois les Bruneau qui recommandent un Chablis à 5,59 euros. Ca fait réfléchir. Si je vais manger chez eux, je demanderai une belle réduction. Dans la GD, il faut toujours négocier.

 

PS. Cette chronique à base des cépages Ironie, Persiflage et Naïveté a été écrite par mon hamster à lunettes. Elle est délicieuse avec un morceau de plâtre de marque Président.