09 mars 2011

Pesticides: la solution

Je reviens sur l’affaire de Damery, commune champenoise privée d’eau potable pour cause de taux de pesticides dépassant les normes (voir mon post de mardi).

Le problème est mal posé.

Il ne se situe évidemment pas au niveau de la quantité de pesticides épandus dans le vignoble champenois – ces quantités sont nécessaires si l’on veut maintenir les rendements et donc, le revenu du vigneron marnais, du négociant marnais, du betteravier marnais et du concessionnaire automobile marnais, sans parler de M. Bayer, de Mme Sanofi et de la balance commerciale de la France. Car il faut garder à l'esprit l'objectif fixé par le ministre de l’agriculture: l'équilibre entre développement économique agricole et respect de l'environnement.

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Le dégustateur du futur sera plus résistant

Dans ce contexte, il convient d'abord de clouer le bec à tous ces écolos, ces bobos, ces gens qui bêlent «bio, bio» comme des moutons de Panurge. Car comme le rappelait la FNSEA, l’environnement est une chose trop importante pour être laissée aux écologistes. Les gens sérieux doivent reprendre la parole. Relativiser. Quitte à noyer le poisson. Dans une eau bien propre, bien sûr.

Et puis aussi, un peu, régler le problème.

Là, une solution vient immédiatement à l’esprit – et tant pis si elle effraie quelques esprits attardés: je veux parler des OGM.

Activons la recherche OGM sur les embryons humains. Au moyen de gènes habilement améliorés, créons une nouvelle race d’hommes et de femmes capables de résister à des niveaux de pesticides beaucoup plus élevés que les malheureux plafonds actuellement fixés par les agences sanitaires.

21 décembre 2010

L’affaire Pusztai

Les OGM... vaste débat. N'ayant pas la compétence pour le trancher, je m'en remets à d'autres. Régulièrement, je vois fleurir dans les commentaires et dans les blogs des infos rassurantes. Je reste assez sceptique, sans trop pouvoir dire pourquoi.
Non que je réprouve toute forme de progrès, surtout quand il pourrait contribuer à abaisser les doses de pesticides, par exemple. Doses de pesticides dont d'autres commentateurs nous disent qu'elles sont parfaitement sous contrôle, cependant. Bref, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes puisque la science nous permettra bientôt de résoudre des problèmes qui ne se posent même pas.
Mais trève de persiflage. Je suis tombé par hasard sur une curieuse histoire, celle du Dr Pusztai. Cette histoire démontre, d'une part, que contrairement à une unanimité de façade, tout le monde scientifique ne s'accorde pas  en ce qui concerne l'innocuité des OGM. Mais aussi, et cela me semble au moins aussi grave, comme journaliste, que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire à l'ère des mass media. Voyez ici

On pourra objecter que ce site a choisi son camp, qu'il n'a rien de neutre. C'est vrai. Les informations qu'il reprend, cependant, émanent des très sérieux Daily Mail et The Guardian, deux quotidiens britanniques de tendances politiques opposées, mais qui se rejoignent sur un point: l'information sur les OGM serait manipulée par ceux qui ont intérêt à nous les vendre, et ce, au plus haut niveau.
D'où ma question toute bête: moi qui n'ai aucune compétence pour juger, je me demande pourquoi, si la technologie est sûre, on aurait besoin de recourir à une telle désinformation. Pourquoi on ne pourrait laisser des voix discordantes s'élever dans le monde scientifique...
Apparemment, en l'espèce, les partisans de Monsanto n'ont pas choisi d'argumenter, de discuter, de remettre en cause tout ou partie de leur travail, quitte à améliorer leur offre (le doute, c'est pourtant important, dans la science). Non, ils se sont arrangés pour que le trublion soit réduit au silence. Pire: ils ont tout fait pour le discréditer. Trente ans de carrière mis aux orties. Orties OGM, sans doute.
Là, on quitte le monde de la recherche pour entrer dans celui des affaires et de la politique. Moi qui n'avait aucun a priori contre Monsanto, je me pose des questions. Je sens comme un vague haut-le-coeur qui monte. J'ai toujours eu une aversion pour tout ce qui ressemble à une théorie du complot, j'ai dû mal à concevoir que des entreprises multinationales nourrissent de noirs desseins contre leurs clients potentiels. Mais là, je ressent comme une gêne. Pardon, un gène.
En France, les faucheurs volontaires de champs OGM ont été jugés, condamnés et abondamment décriés - ne les traite-t-on pas de "facistes verts"? Grâce à eux, pourtant, on a au moins appris une chose: que l'INRA réalisait des tests sur des vignes OGM à Colmar. On n'en avait guère entendu parlé auparavant. 
Sans excuser leurs excès, le black-out qu'on observe sur cette question ne justifie-t-il pas un petit peu de leur activisme? Même s'il convient de garder là aussi notre esprit critique, de ne pas prendre pour argent comptant des peurs qui peuvent devenir irrationnelles, seule une information pluraliste peut nous permettre d'exercer notre libre arbitre. Science sans conscience...