13 septembre 2015

De cabane en cabanon, dans le beau vignoble du Diois

Il est un patrimoine un peu méconnu, et pourtant intéressant, dans bon nombre vignobles: les cabanes de vigne. 

Dans le Diois, on s'efforce non seulement de les préserver, de les réparer, mais aussi de les montrer.

Il fait dire qu'elles sont nombreuses, variées, et très bien mises en valeur par un environnement des plus pittoresques - "scéniques", comme on dirait chez Renault.

Les ondulations de la vignes, les arêtes rocheuses, la montagne bleutée en arrière plan, les amateurs de photos sont comblés.

Côté architecture, ces cabanes étonnent et séduisent; petites ou grandes, avec ou sans étage, en pierre de rivière ou crépies, frustes ou coquettes, à volets bleus ou à volets bruns, elles sont l'illustration d'un habitat à la fois temporaire et pratique. A preuve les citernes d'eau de pluie, l'espace de rangement pour les outils et la salle de vie qu'on trouve dans la plupart d'entre elles.

Dans le Diois, on a créé tout un parcours pour permettre au visiteur de les découvrir.

Voila un oenotourisme intelligent, car il se base sur l'existant. Il n'enjolive pas, il ne brode pas, il ne délire pas, il raconte. Comme le dit mon copain André Deyrieux (Winetourisminfrance), "c'est du story-telling". Paysager et patrimonial, en l'occurrence. Une bonne base pour expliquer une communauté viticole, ses productions, sa différence, et en définitive, les raisons de venir et/ou d'acheter.

Intéressé? Suivez le guide. Et surtout, venez par vous même prendre le pouls de ce très beau vignoble qui mérite plus de considération, compte tenu des progrès qualitatifs accomplis, tant pour la Clairette que pour les vins tranquilles de Châtillon en Diois. 

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Non seulement la signalétique évite de se perdre, mais elle explique.

 

Plus d'info: Maison de la Clairette de Die

Photo s (c) H. Lalau 2015

10:58 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Tags : die, diois | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

13 juillet 2014

AOC Crémant de Savoie

Au bout d'une course d'obstacles de plusieurs années, le Crémant de Savoie vient d'obtenir le feu vert de l'INAO. Les premières bouteilles portant la nouvelle mention devraient faire leur apparition sur le marché fin 2015.

Bravo à cette région de vieille tradition de bulles - Ayze et Seyssel en sont deux beaux témoignages.

Loin de moi l'idée de gâcher la fête, mais me faut tout de même faire un sort à la notion de "club d'élite des efferverscents", que reprend mon confrère Chris Mercer dans Decanter à propos des Crémants.

Certes, les Crémants sont des méthodes traditionnelles; certes, il y a un cahier des charges commun; mais un club qui regroupe en son sein des régions aussi disparates que l'Alsace, la Bourgogne, la Loire, Limoux, Die, le Jura et la Savoie, sans oublier le Luxembourg et la Wallonie manque par trop de cohésion. Même l'argument de la tradition est plus que discutable - Bordeaux, qui fait partie du club, n'en avait aucune au moment où il a été accepté. Pas plus que la Provence, qui s'est mise sur les rangs.

Par ailleurs, s'il s'agissait vraiment d'une mention d'élite, alors pourquoi les deux plus grandes régions de bulles de France, Champagne et Saumur, ne l'ont-elles pas adoptée? Ni Vouvray. Ni Montlouis.

Pour rester dans une seule région, la Loire, mes dégustations personnelles ne me permettent pas d'affirmer qu'un Crémant de Loire est meilleur qu'un Saumur. Certains élaborateurs proposent d'ailleurs les deux.

Nos amis savoyards espèrent mieux valoriser leurs excellentes bulles sous le nom de Crémant, et je leur souhaite. Ce sera en tout cas une façon de mieux revendiquer leur origine. J'en ai dégustés - et appréciés - quand ils n'étaient encore que des mousseux, je ne vois pas pourquoi je ne continuerai pas.

Mais aujourd'hui, pour moi, Crémant ne veut rien dire de plus que "autres bulles AOC".

La valeur ajoutée me semble assez faible, quand je vois l'évolution intervenue à l'exportation (le seul véritable point de référence, puisque les bulles étrangères sont virtuellement absentes du marché français). En Belgique, par exemple, le Cava et le Prosecco ont taillé des croupières aux Crémants, et je ne suis même pas sûr que certains sparklings australiens ou californiens (sans appellation) ne "performent" pas mieux que la plupart des Crémants sur le marché belge.

Il faut dire aussi que l'effort collectif de promotion des Crémants, est absolument nul.

J'attend toujours une dégustation comparative, même réservée aux professionnels, sur le territoire belge.

Si tant est que des Belges, ou des Anglais, ou des Allemands aient jamais compris le contenu du mot Crémant, le message s'est aujourd'hui perdu, les nouvelles générations ne le comprennent plus.

Une marque comme Jaillance a plus fait pour le concept de bulles multi-terroirs en un an, en Belgique, que l'"amicale institutionnelle des Crémants" en vingt. Quel consommateur belge (ou français) connaît les compositions respectives d'un Crémant de Die et d'un Crémant de Bourgogne? Qui lui expliquera les différences, la vraie promesse de chaque région au sein de la galaxie des Crémants - ou faut-il plutôt parler de nébuleuse?

 

09:38 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France, Savoie | Tags : aoc, crémant, savoie, die, limoux, alsace, bourgogne, bordeaux, wallonie, luxembourg | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |