31 décembre 2014

Des recommandations de vins, d'accord, mais de qui?

Sur son site internet, le quotidien La Libre Belgique publiait hier un article intitulé "Quel Champagne pour quel plat".  Un thème d'actualité, sauf bien sûr pour ceux qui sont passés au Cava ou au Prosecco.

Quoi qu'il en soit, on y trouve quelques conseils bien sentis, et même des recommandations de marques.

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Mon problème, à la lecture de cet article, ce n'est pas son contenu, ni le bien fondé de ces recommandations, qu'on peut évidemment discuter, mais le fait qu'elles ne soient pas signées.

Car les mots "Rédaction en ligne" ne me semblent pas constituer une signature.

D'autant que le même article, au mot près, est paru dans le journal La Dernière Heure.

Serions-nous tous devenus interchangeables, nous autres chroniqueurs viticoles?

Alors, chers confrères, peut-on connaître vos sources? La raison du choix de telle ou telle marque?

 

00:42 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Champagne | Tags : champagne, conseils, critique | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

06 septembre 2013

Vin, Slow Food et politique

Mon confrère et ami Franco Ziliani lève à nouveau un beau lièvre avec l'affaire "Slow Food vs Bressan".

Fluvio Bressan, vigneron du Frioul, s'est permis quelques déclarations racistes à l'encontre d'une ministre italienne et Slow Food, en conséquence, a cru bon d'exclure les vins de ce producteur de la prochaine édition de son guide de vins.

SlowFoodWineBook.jpg

Slow Food Wine Guide (Edition 2013)

 

Franco Ziliani s'interroge sur le bien fondé de cette exclusion (moi aussi, d'ailleurs). Pour lui, un guide de vins n'est pas un tableau d'honneur du politiquement correct, mais juste une sélection de produits qui n'ont d'autre message à porter que leur goût.

Et mon confrère de renchérir: à ce compte-là, faut-il exclure du guide les maisons au passé fasciste? Surtout quand certains héritiers ne semblent pas vraiment le renier - Ziliani cite les cas d'Antinori et de Frescobaldi.

Je ne suis pas sur que la comparaison soit tout à fait adaptée, mais qu'importe.

Ce qui importe, et Franco le fait très bien, c'est de montrer le ridicule qu'il y a à mêler la politique, les opinions même contestables, voire détestables, d'un vigneron et une sélection de vin.

Au Chili, en Allemagne, en Autriche, on pourrait aussi trouver une foule d'exemples de vignerons plus ou moins infréquentables, encore aujourd'hui. J'ai visité voici quelques années un domaine autrichien où le propriétaire gardait bien en évidence des souvenirs du bon vieux temps du Troisième Reich, celui où les trains arrivaient à l'heure, qu'ils transportent du vin ou de futurs gazés. Sans oublier, au fond de la cave, un beau tonneau sculpté à la gloire de l'Anschluss.

En France aussi, dans la communauté vigneronne, nous ne manquons ni de staliniens ni de fascistes plus ou moins assumés, et d'indécrottables racistes. Nous avons aussi sans doute des royalistes, des trotskystes, des anarchistes, des libertaires, des pétainistes, des souverainistes, des altermondialistes, et même des opportunistes...

Mais le rapport avec la critique viticole? Faut-il maintenant que je m'informe de la tendance politique des producteurs, de leur appartenance raciale, de leurs orientations sexuelles et de leurs opinions religieuses avant de commenter leur vin?

Pour moi, c'est non.

"Tout est politique", disait Lénine. Qu'il me soit permis de le contredire.

Même si, à titre personnel, il y a des gens avec je préfère ne pas trinquer, je ne vois pas ce qui me donnerait le droit d'éliminer leurs vins de mes dégustations pour autre chose que la qualité du produit.

Si je le faisais, je ne vaudrais pas beaucoup plus que ceux qui écrivaient naguère "Kauf nicht bei Juden" sur les devantures de magasins juifs.

Paradoxalement.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Italie, Vins de tous pays | Tags : kauf nicht bei juden, slowfood, opinion, vin, critique | Lien permanent | Commentaires (9) | | | |