13 avril 2015

Pour Olivier de Moor

J'ai découvert "l'affaire De Moor" la semaine dernière sur le blog de Jacques Berthomeau; mais voici que mon compère des 5 du Vin David Cobbold la remet en perspective ce matin.

J'adhère totalement à la démonstration de David. Je pense qu'un producteur n'a rien à craindre de la comparaison avec ses collègues, et que même, l'émulation est importante. A fortiori si ce producteur entend élaborer des vins personnels, s'il adopte des méthodes différentes et les revendique: comme consommateur, comme critique, aussi, c'est le meilleur moyen pour moi de me faire une idée, de faire des choix ou d'émettre des préconisations, de trier le bon grain de l'ivresse.

C'est d'ailleurs un paradoxe à mes yeux: M. De Moor ne refuse pas d'être dans un guide - où l'on va forcément le comparer à d'autres vins, mais il se refuse à participer à des dégustations comparatives!

A priori, je respecte tous les vignerons; c'est un métier que j'aime, surtout quand il est exercé avec passion. Je pense que c'est sa passion qui dicte à M. De Moor - que je ne connais pas - des prises de position aussi tranchées. Peut-être a-t-il eu des déconvenues par le passé, en termes d'organisation des dégustations de l'interprofession? Juge-t-il que lui et ses semblables sont marginalisés dans les opérations syndicales? C'est son droit de le penser, c'est son droit de le dire. Mais pas au prix d'une plus grande marginalisation, et volontaire, en plus!

Quoi qu'il en soit, je le lui dis tout net - avec tout le respect du à un vigneron dont je ne me permets pas de discuter les choix de production, juste les paroles: cette position est intenable. Tout le monde peut se tromper, tout le monde peut déraper, moi le premier, et j'espère qu'il se ravisera, qu'il proposera de nouveau ses vins aux dégustations du BIVB ou d'autres, dans des conditions de stricte égalité.  

Pas pour me faire plaisir, à moi ou à mes confrères; mais pour lever toute ambiguité sur son attitude vis à vis de ceux qui suivent une autre route que lui - mais qui portent la même AOP. Et qui ont droit, a priori encore, au même respect que lui.

Et puis, aussi, pour ses vins: plus il les montrera, et plus il aura de chances de les voir apprécier. Et son travail avec. Vins d'auteur, ou pas - ce ne sont que des mots. Tous les vins ont un auteur, en définitive, le vin ne se fait pas tout seul.

Enfin, j'ai envie de dire; revenons-en au vin. Qu'importe la polémique, dégustons!

J'ai reçu récemment quelques bouteilles de producteurs de Chablis; aurai-je l'outrecuidance de demander à M. De Moor de m'envoyer une des siennes? 

09:11 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France | Tags : chablis, olivier de moor | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

05 août 2014

Petit Chablis et grand plaisir

Il paraît que le Petit Chablis à un petit problème d'image. Pas pour moi - ce qui est petit est gentil!

Quoi qu'il en soit, La Chablisienne a joliment contourné le problème, avec cette cuvée "Pas si petit". Comme quoi certaines coopératives ont oublié d'être bêtes.

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Pas mal du tout, pour un petit vin de coopérative... (Photo (c) H. Lalau 2014)

 

Mais qu'il y a t-il derrière ce joli nom? 

Pour ceux qui pensent cépage, du Chardonnay, bien sûr.

Pour ceux qui pensent géologie, du calcaire du Portlandien.

Pour ceux qui pensent topographie, plusieurs villages des plateaux entourant Chablis, avec des expositions assez variées.

Et pour moi, qui met mon nez dans le verre: des fleurs blanches, du citron, de la poire, du miel, de l'ananas bien mûr; En bouche, c'est plutôt riche - c'est peut-être là qu'apparaît la vraie limite avec Chablis - ou plutôt, les premiers et grands crus du Chablis. Ce vin est moins tranchant, mais ce qu'il perd en "minéralité" (mais n'est-ce pas plutôt une acidité naturelle, celle qui donne du relief, et il y en a, pourtant, dans ce vin), il le gagne en gourmandise. J'aime aussi la finale, légèrement amère, zeste de citron; et pourtant riche - la marque de l'élevage sur lie, sans doute.

Autre différence: le Pas si Petit est prêt à boire. Or c'est un 2012. Les grands Chablis, eux, demandent plus de temps pour que leur acidité se fonde. 

Enfin, il y a le prix, plutôt... petit pour un Chablis (environ 10 euros, selon votre revendeur). 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France | Tags : chablis, petit chablis, bourgogne, v | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |