13 décembre 2011
B comme Bordeaux, B comme Bizarre
En regardant attentivement la photo que j'ai publiée dans mon précédent billet, j'ai remarqué une bizarrerie.

La trouverez-vous?
A gagner, un séjour de rêve dans le monde super cool du Bordeaux Style...
22:39 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
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Bordeaux, Vin de France... autrement dit
Tiens, j'ai envie de l'écrire autrement.
Alors qu'on discute de l'opportunité de rétablir les droits de plantation (OK, ils sont toujours là, ils sont juste potentiellement suppprimés);
Alors que les AOC sont toujours présentées comme le sommet de notre hiérarchie des vins;
Alors que Bordeaux est sans doute la marque-AOC la plus vendeuse en France (derrière la Champagne), dans le domaine des vins;
Alors que Bordeaux, "c'est un style", comme dit la dernière campagne de publicité générique - tellement générique qu'elle en devient presque vide;
Alors que la France officielle des vins se gargarise de l'exception française...

Bordeaux, des vins, un style. A oui, lequel?
Les Français n'ont jamais bu aussi peu de vin.
L'export n'arrive plus à compenser, et ce n'est pas avec des AOC sans véritable homogénéité, sans contenu, qu'elle peut y parvenir.
Bordeaux et Bordeaux Sup se bradent dans le hard discount à des niveaux de prix insensés. Ou restent dans les cuves.
Le CIVB, où l'on ne trouve pas que des idiots, sait bien que ses AOC régionales (j'ai failli écrire génériques) produisent trop.
Pour saigner la bête, il propose, assez courageusement, il faut le dire, de déclasser envron 5% de la production en Vin de France.
Pas idiot. Les rendements sont libres en vin de France. Les viticulteurs pourront donc peut être en vivre.Mieux que de la distillation, en toute cas, que les Européens, c'est à dire nous, payons de notre poche
Il faudrait quand même que certains viticulteurs changent d'activité - le Plan Bordeaux le prévoit d'ailleurs, mais c'est un autre débat, encore plus polémique.
En fin de compte, moins de vin en AOC, moins de producteurs (mais des pros), ce devrait être le ticket gagnant.
Alors, si tout va bien, les cours du Bordeaux Bordeaux Sup devraient remonter. C'est tout le mal que je leur souhaite.

Ils ont l'air "cool", certes, mais on ne les voit jamais boire de vin. De la main à la bouche, il y a loin... C'est symbole d'une génération à reconquérir, mais est-ce la bonne manière?
16:09 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, bordeaux, vin de france |
Bordeaux va découvrir les charmes du Vin de France
Selon une charte signée le 9 décembre dernier par les différents acteurs de la filière vins, et à l'instigation du CIVB, il sera bientôt possible pour les producteurs de vins de Bordeaux de commercialiser leurs vins en "Vins de France", en rouge, en rosé et en blanc. Aucune référence à Bordeaux ne figurera sur les étiquettes. Seule la mention du cépage et du millésime sera autorisée, conformément aux normes des Vins Sans Indication Géographique.
Cela m'a fait réfléchir. Vous savez comme je suis taquin.

De l'estuaire de la Gironde à Langon, un seul "terroir"?
Comme on n'imagine pas que les Bordelais se mettent immédiatement à planter spécialement de nouvelles vignes pour cette nouvelle catégorie de vins (et quand bien même, il faudrait attendre qu'elles puissent arriver en production), c'est donc bien du bon vin de Bordeaux - enfin, du vin produit selon les normes en vigueur actuellement dans l'aire d'AOC - qui va être vendu sans appellation. Est-ce à dire que tout le vin produit à Bordeaux jusqu'ici ne méritait pas l'AOC?
On parle en tout cas de "déclasser" entre 250 à 300.000 hl , soit à peu près 5% de la récolte.
Notez bien, je ne peux que me féliciter de cette décision si elle signifie que les AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur vont maigrir un peu, au profit d'une meilleure "typicité", d'un vrai lien au terroir. Je sais, ces mots ne veulent pas dire grand chose, mais ce n'est pas moins qui les ai employés en premier, je ne suis que commentateur.
Par ailleurs, comme les plafonds de rendements n'existent pas dans les Vins Sans Indication Géographique, les producteurs amortiront mieux leurs coûts.
Ce n'est pas que je veuille compliquer encore les choses, mais si l'on devait s'en tenir à une stricte définition du lien au terroir, celui-ci ne pouvant pas s'appliquer à un vignoble aussi vaste que la région bordelaise (ou bourguignonne, ou alsacienne, ou rhodanienne), toutes les AOC régionales devraient disparaître pour se transformer en Indication Géographique de Provenance (IGP); en effet, les vins qui en sont issus sont liés au territoire, pas au terroir (c'est la distinction européenne). Car il n'y a pas UN terroir commun à tout le Bordelais (125.000 ha, c'est beaucoup). Pas plus qu'un n'y a UN terroir commun à toute la Toscane, et c'est pour cela qu'au delà de Chianti ou de Montalcino, les Toscans ont conçu l'Indicazione Geografica Tipica Toscana (IGT est l'équivalent italien de notre IGP).
Dans cet esprit, en France comme ailleurs, à mon sens, seules des AOC communales ou sous-régionales garantissant le fameux "lien au terroir" pourraient subsister. Mais ne rêvons pas.
Et buvons sans trop chercher à conprendre; la vérité est dans le verre et à chaque propriétaire la sienne, en définitive...
00:19 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France, Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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13 novembre 2011
Trois beaux Bordeaux rouges de Gonet-Médeville
En descendant vers la Bourgogne, quoi de plus naturel, quand on vient du Nord, de faire une halte en Champagne?
Ce qui est peut-être moins naturel, c'est d'y déguster des Bordeaux. Et qui plus est, quand on est chez Gonet-Médeville, bien connu pour ses Sauternes de grande garde, d'y déguster de jeunes Bordeaux rouges... mais je n'en suis plus à un paradoxe près, et ce qui compte, en définitive, c'est ce qu'il y a dans le verre.
Julie Médeville (la Bordelaise) et Xavier Gonet (le Champenois) mettent de la passion dans tous leurs vins, d'où qu'ils viennent.

Xavier et Julie Gonet Médeville
Cru Monplaisir 2010
Vin de cuve, majoritairement, avec un tout petit peu de bois (10% du lot). Petit fruit, mûr, groseille, bonne acidité, rond, souple. Frais tout de même. Plaisir immédiat. Merlot bien mûr.
Pas mal, pour un simple "Bordeaux de paluds"! 14/20
Graves Respide Médeville 2009
60% cabernet sauvignon, 40% merlot.
Cerise griotte, fumé, bois fin, s'ouvre lentement. Bouche très croquante, assez ample, classique, gibier. 14,5/20
Château les Eyrins 2009 Margaux
Face à Labégorce, sur un sol riche en graves, ce château (naguère dans les mains de l'ancien maître de chai de Château Margaux) présente un vignoble complanté à l'ancienne de cabernets et d'un peu de petit verdot.
Superbe fond, la race du Margaux et un côté accessible au nez, fruit bien mûr, confiture de fraise, texture soyeuse, soie sauvage, pas envahissant mais très ample, frais, profond mais pas dur comme un Pauillac, par exemple. 15000 bouteilles seulement. 15/20

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, Champagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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15 octobre 2011
1855, Crus Bourgeois, St Emilion... des classements, pour quoi faire?
Mon copain Roger Liégeois me demande ce que je pense du classement de 1855, faut-il le réactualiser?
Ma réponse tient en peu de mots: je suis contre les classements. A chaque cru, à chaque vigneron, à chaque millésime sa vérité.
Si vous voulez, je peux développer. A ceux qui s'intéressent plutôt au contenu qu'à l'étiquette, je donne rendez-vous demain. Même lieu même heure.
Vous êtes toujours là? Alors on y va.
Les classements n'ont qu'une valeur à mes yeux. La valeur marchande.
Les efforts déployés par Saint Emilion et par les Crus Bourgeois du Médoc pour faire renaître leurs classements, et les batailles juridiques acharnées qui les ont accompagnés démontrent qu'il y a un certain intérêt commercial derrière ces mentions. Notez que tous ne s'y retrouvent pas - demandez au Château Houbarnon, à la Tour de By...
Réactualisés ou pas, ils sont aussi intéressants et aussi crédibles à mes yeux que l'élection de la Voiture de l'Année (mes excellents confrères de la critique automobile voudront bien me pardonner mon scepticisme mais je ne peux passer sous silence le fait qu'en 1966, la Renault 16 a terminé devant la Rolls Royce Silver Shadow).
A la limite, je préférerait qu'on ne touche pas au classement de 1855. Il fait partie de l'histoire du Second Empire, au même titre que la perruque poudrée fait partie du Grand Siècle. Je respecte. Ce n'est pas pour ça que je porterai une perruque, ni que j'acheterai un cru classé plutôt qu'un non classé. Mais plutôt que de le réactualiser, je propose de classer le classement. A l'heure où des parlementaires demandent la légalisation du cannabis, d'autres celle des OGM, d'autres encore celle de l'homoparentalité, je pense que le classement de 1855 sera bientôt le dernier témoignage qui nous reste d'une société traditionnelle (avec le Jésus de Morteau). Il convient donc de le protéger, dans le formol s'il le faut, au même titre que les derniers cadavres de dodo, la poésie de cour, les préliminaires de l'amour et les recettes dont on a perdu depuis longtemps les ingrédients.
Ca vous choque? Vous ne voyez pas le rapport?
Il y en a un pourtant: le Classement de 1855 était basé sur les cotations des vins sur les années précédentes. Il n'avait aucune vocation à durer: la sélection était établie à la demande de Napoléon III, pour l'Exposition Universelle de Paris. De fait, le régime a changé. Le vignoble aussi. Et c'est là que le bât blesse; le classement à la Bordelaise classe des entreprises, des châteaux viticoles, pas des terroirs, des climats, des parcelles, comme en Bourgogne.
Or, les contours de ces domaines ont fluctué, en 150 ans, au gré des rachats, des remembrements, des replantations. Et n'oublions pas le phylloxéra, qui a conduit à repenser l'encépagement et la densité de plantation. Et n'oublions pas non plus la révolution oenologique, et les changements dans la consommation, qui font qu'on est plus trop sûr de pouvoir apprécier un vin du type de ceux qu'on vinifiait dans les années 1840...
Je comprends évidemment qu'un propriétaire qui s'est payé (trop cher) un domaine classé et qui devra payer des droits pour le transmettre ait envie de valoriser au mieux son bien, en vendant ses vins le plus cher possible sous la mention la plus flatteuse possible. C'est humain. Le vin, c'est aussi, c'est d'abord du commerce.
Mais c'est au buveur de décider si veut payer la surcote de l'étiquette. D'aucuns ont besoin de cette béquille du classement pour être sûr de leur goût, ou plus prosaïquement, dans le cas des investisseurs, pour être sûrs de bien revendre leur achat. Je les plains, dans un cas ciomme dans l'autre.
Et je signale aux amateurs que Bordeaux n'a pas le monopole des Crus Classés: la Provence aussi en a. Pas depuis 1855. Depuis 1955. Les vins de Provence n'étaient encore que des VDQS, mais le Ministre de l'Agriculture, dans sa grande sagesse, a jugé utile d'en classer 23. Il n'en reste plus que 18 aujourd'hui.
Vu leur peu de notoriété, personne, apparemment, ne se bouge pour réactualiser ce classement-là. C'est bien la preuve que tout ce qui compte, dans ce genre de palmarès, c'est la valeur commerciale ajoutée.
Voila, c'est dit, et qu'on ne m'en parle plus jusqu'au prochain... classement.
00:09 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France, Provence | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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25 septembre 2011
Château Martet: le Bordeaux, c'est belge!
Petite plongée dans le pays des vins bons et… belges de France, avec l'ami Eric Boschman. Episode 1.
Il était une bonne fois une famille belge bien connue dans le monde des vins, les Deconinck, qui s’était offerte une belle Chartreuse pès de Sainte Foy La Grange. Une belle bâtisse bâtie au XIII siècle, maison hospitalière de l’ordre des Templiers à destination des Pèlerins se rendant à Saint Jacques de Compostelle.
Les nouveaux venus s’attachèrent avant tout à transformer le vignoble et à donner un lustre éclatant à la propriété et à ses vins surtout. Situé à 25 km de Saint-Emilion, le vignoble de près de 25 hectares d’un seul tenant est positionné sur le plateau et les coteaux dominant la Dordogne, à 100 mètres d’altitude. Sur 18 hectares, le sol est de type argilo-calcaire et sur 7 hectares correspondant à la partie la plus élevée, il est de type argilo graveleux.

Juste pour votre culture, parce que là il en est question hein bande de jeunes, argilo-calcaire, ça n’a rien a voir avec un héros Binchois travaillant chez Calgon, mais bien avec une structure de sous-sol et de sol tel que l’on peut la trouver sur la majorité du plateau saint-émilionnais.
Capito? Après deux premières années d’observation, les nouveaux propriétaires ont décidé d’entamer un grand programme de restructuration du vignoble. Il débuta en 1993 et s'est terminé en 2006, dans le genre, ça prend du temps, mais c’est qu’a Bordeaux tout le monde n’est pas dans la situation de quelques joyeux turlupins qui ne savent plus comment claquer leurs tunes, d’une part, et puis, l’observation, la compréhension d’un terroir ça demande du temps.
Qui plus est, les viticulteurs ont pour habitude, enfin les vrais, pas ceux qui ne font qu’un investissement de plus, d’autant que les propriétés viticoles ne sont pas soumises à l’ISF et que souvent ces petites choses ont une furieuse tendance à perdre un peu de fric en fin d’année. Bref, dans le cas présent, nous sommes chez des gens vachement sérieux, ils ne sont pas là pour faire de la figuration, ni comparer leurs traces de bronzage. D’autant que le bronzage viticulteur, c’est un peu comme coureur cycliste... En restructurant le vignoble, ils poursuivaient dès le départ plusieurs objectifs.
Le but était d’une première part: l’arrachage des cépages mal adaptés au sol, en l’occurrence les Cabernet Sauvignon et Cabernet-Franc, qui ne connaissaient que très rarement une maturité optimale et donnaient des goûts indésirables de poivrons verts. L’air de rien, ce goût de poivron vert humide, cette note poussiéreuse, un peu comme quand on lui arrache la queue et qu’il n’est pas content (le poivron), on a trop souvent tendance à l’assimiler à celle du cabernet. Lorsque l’on goûte des cabernets mûrs, on ne la trouve plus, et pourtant la note «verte» fait souvent partie de la carte d’identité classique de bien trop de Bordeaux pour bon nombre de dégustateurs… D’autre part l’arrachage des vignes à trop faible densité de plantation qui est souvent source de vins dilués… C’est en 2005 que la dernière parcelle de ces vignes anciennes aura été remplacée. A l’exception d’un hectare et demi destiné à l’élaboration du Clairet de Martet.Depuis, les vignes sont basses, plantées à 5.500 pieds à l’hectare, à part les parcelles de vieux merlots plantées au début des années soixante qui confèrent un peu de «fond» aux cuvées maison.
En parlant de ça, la cuvée du jour se nomme Réserve de la Famille. Elle est vinifiée par un gars talentueux en diable qui fait des merveilles et c’est rien de le dire. On est sur un vin à 100% de merlot. Les grappes sont ramassées à la main. Il y a une trie sévère avant de passer à l’égrappage et au foulage. Les fermentations durent entre 3 et 4 semaines, à température contrôlées comme il se doit. L’élevage dure dix-huit mois, en barrique de chêne français à 100% neuves, mais à chauffe moyenne, pour ne pas massacrer le vin. Filtration légère et hop, roulez jeunesse, c’est le temps de la bouteille et que l’on en parle plus. Ce 07, n’a pas le permis de tuer, mais bien celui de rendre heureux, le genre de truc que l’on s’envoie derrière la cravate avant de laisser naître un sourire banane d’une oreille à l’autre.
C’est fin, élégant, plein de rondeur, avec ce côté truffe, pruneau, fruits noirs que l’on trouve souvent dans les merlots de belle extraction. C’est un vin qui arrive tout doucement à maturité, à mon sens, dans les grands volumes, genre magnum (mais sans Zeus ni Apollon) voire en Double Magnum (et sans Jonathan Quayle Higgins III non plus ) c’est le genre de bouteille qui devrait tenir encore au moins une décennie sans s’arracher. En bouteille, vous pouvez attaquer, mais si vous vous sentez des allures de sœur Anne, vous pouvez encore patienter de trois à cinq ans en matant la route qui poudroie et bleueoie en vain. Pour accompagner les plats d’automne, tenez, par exemple, une belle poêlée de cèpes de Bordeaux et un petit magret de canard grillé sur les sarments, c’est a peu près ce que l’on a fait de mieux depuis l’invention de ma chronique, c’est dire!
Eric Boschman
Château Martet Réserve de la Famille 2007. Prix: 21,6€.
Renseignements: +32 2 353 07 65
00:47 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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16 juin 2011
Le Cheval Blanc qui voulait se faire plus gros que le boeuf
Ca y est, on a inauguré le nouveau chai de Cheval Blanc. En grandes pompes... de chantier.
Mais qu'est-ce au juste? Une soucoupe volante? Faut-il y voir un clin d'œil à une nouvelle clientèle potentielle? Après l'Inde et la Chine, Bordeaux viserait maintenant la grande banlieue galactique, and the sky is the limit.
Un effet boeuf (photo officielle de Gérard Uféras)
Serait-ce plutôt une nouvelle résidence Férinel? L’expression de la nostalgie de Bernard Arnault pour ses modestes débuts dans l'immobilier touristique, les barres de bord de mer ou de station de sports d'hiver?
A moins qu'il ne s'agisse d'une bouse séchée? On pourrait y voir un hommage aux engrais organiques. Je bétonne, mais j'aime la nature.
Quoi que ce soit, quoi que ça soit censé représenter, c'est incongru. Et quand je dis gru... Mais vous l'avez compris, je suis en colère.
Comme au Château Faugères, voici quelqu'un qui fait passer son ego avant son appellation, son environnement. On est à la limite du cas pathologique.
En plus, si le style du vin ressemble au bâtiment, alors de grâce, qu'on bannisse à jamais les mots "mesure", "tradition", "élégance" de tous les communiqués de la Maison. Et même "cheval", pendant qu'on y est. Visiblement, ce nouveau canasson carbure aux anabolisants, je te le disqualifie pour gonflette avant même la pesée.
Mais il y a pire. Le goût du propriétaire, ça peut se discuter. L'architecture, aussi, dans l'absolu. Mais que l'on puisse construire ça ici, ça me dépasse. Nous sommes à Saint Emilion, Bon Dieu. Saint Emilion, Patrimoine de l'Humanité, la mienne, la vôtre; et on y donne un permis pour ce genre de galéjades cimentières! C'est à désespérer de la Mairie, des Services de l'Equipement, de la Préfecture, du Ministère de la Culture... Mais que fait donc la Police, Monsieur Nicolas?
Ce nouveau chai a autant sa place à Saint Emilion que les steaks hachés surgelés de chez Lidl dans le fameux patrimoine gastronomique français, lui aussi classé (n'oubliez pas de demander votre colli gratuit à la sortie).
Pour Cheval Blanc, il faudra maintenant parler de Premier Grand Cru Cassé. Comme le paysage.
14:00 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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12 juin 2011
Fête de la Fleur... de Rhétorique au Château Margaux
Toujours très bien informé, Decanter révèle le nom du nouveau Directeur d'exploitation de Château Margaux, Thomas Do-Chi-Nam, que le directeur général du domaine, Paul Pontallier, présente en ces termes flatteurs: "il est non seulement compétent et talentueux, mais c'est également un homme loyal et très sympathique qui s'intégrera très bien dans l'esprit Margaux".
Primo, j'aurais été très surpris que M. Pontallier, qui est un homme intelligent et bien élevé, nous dise qu'il a engagé un type détestable et notoirement incompétent, ou même "on a pris ce qu'on a trouvé au Pôle Emploi" (d'autant que Do-Chi-Nam vient de Pichon-Lalande).
Secundo, je suis un peu surpris que le remplacé, Philippe Bascaules (qui part chez Francis Ford Coppola) n'ait pas eu droit au même type d'éloge. Mais peut-être la citation était-elle tronquée.
11:34 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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900 euros le tonneau de Bordeaux…
Signé Eric "Bordeaux" Boschman...
900 euros. Je sais, vu comme ça, c’est une somme. Mais un tonneau, c’est une unité de mesure qui fait 900 litres, à Bordeaux. Et d’un coup, ça fait nettement moins, hein?
C’est étrange, lorsque l’on évoque les vins de Bordeaux en général, c’est pour vouer aux gémonies les pratiques tarifaires indécentes de certaines propriétés. A juste titre, certes, même s’il s’agit surtout d’une conséquence évidente des lois de l’offre et de la demande. A partir du moment où le vin est un symbole social et que cette façade permet aux nouveaux riches de la planète de se coller un verni culturel, sachant qu’il y a de plus en plus de nouveaux riches et que pour eux, malgré les chroniqueurs anglo-saxons, la France et dans un second plan l’Italie, restent les images d’un certain art de vivre qu’il est facile d’acquérir en apparence par la grâce de quelques marques bien visibles, il est logique que les vins les plus symptomatiquement symboliques de France soient l’objet de toutes les convoitises. Qu’il s’agisse de loque ou de pinuche, le combat est le même, les codes aussi, on la joue produit de luxe, rareté, même quand ce n’est pas tout à fait vrai et les prix grimpent et tiennent par la grâce d’un marketing d’une intelligence rare.
Les crus classés, phares de la qualité et des prix, émergeant de la masse des Bordeaux (allez, Gorri!)
Tant pis, nos moyens ne nous permettant plus d’accéder aux grandes marques du bordelais, nous devrons nous faire plaisir avec des vins moins connus. Quelque part, je trouve que c’est comme qui dirait une bonne nouvelle. C’est notre rôle à tous, du chroniqueur au consommateur en passant par les importateurs et les sommeliers, de chercher les perles, forcément rares, sinon cela ne serait pas vraiment drôle. Un peu à l’instar de Vasco de Gama, nous devons être des découvreurs. Le salut passe par notre libre arbitre, loin des guides bêlant la même litanie d’année en année. Certes les grandes étiquettes, grâce aux moyens colossaux qu’elles se sont octroyées, sont souvent au sommet de leur art. Même si la déception est fréquemment au coin du bouchon a vrai dire. C’est que quand le flacon flirte avec les 500 euros, voir le double, on est en droit d’attendre une émotion du même niveau, le genre de souvenir qui restera au fond de nos mémoires tant que la maladie d’Alsemberg n’aura pas transformé nos neurones en sauce blanche.
Mais, si Bordeaux, dans son ensemble représente plus ou moins 12.000 étiquettes différentes, seules deux ou trois centaines d’entre elles jouent dans ce Barnum d’apparence des marques. A côté, c’est un peu la soupe à la grimace pour les producteurs. Pour nous, c’est par contre le moment de retourner sillonner les routes d’Aquitaine, oublier la petite crise de rogne suscitée par les prix délirants de ces quelques uns. Car le bordelais dans son ensemble pratique des tarifs très bas, c’est même probablement une des régions de France qui propose les meilleurs ratios prix/plaisir. Attendez, ne me faite pas dire ce que je n’ai pas dit, c’est pas le pays des bizounours, loin s’en faut, tout n’est pas génial dans cette gigantesque appellation, mais on trouve souvent des flacons aux environs de 4 ou 5 € qui valent largement leur pesant de cacahuètes. Alors qu’en ce moment nos futurs ex-amis du nord du Rideau de Pomme de Terre reprennent, un peu stupidement il faut le souligner, le principe si cher au cœur de Georges Bush du French Bashing, allez savoir pourquoi hein ; nous avons une consommation plutôt stable et même en légère hausse de ces vins. C’est presque génétique et parfois barbant de conformisme. Mais quand c’est bon, c’est un truc que nous comprenons vachement facilement, le bordeaux, c’est un peu le vin de notre éducation, le truc qui permet de ne jamais se tromper. Heu...oui, pourquoi pas, mais avec quelques nuances quand même hein.
A ce propos, Carrefour, le groupe de grande distribution, vient de mettre en avant une tripotée de vignerons belges de cette belle Aquitaine, une occasion de découvrir et de se faire plaisir a des prix franchement doux, le travail de ces passionnés qui se sont lancé un beau jour, comme ça, pour assouvir leurs soifs de changement de vie. N’allez pas, pour autant, croire qu’il suffise de se présenter pour que les bouteilles se vendent. Aujourd’hui, on trouve des vins qui se négocient aux alentours de 900 € le tonneau, et même plus bas, mais chuuuut c’est un secret honteux, il faut présenter une façade souriante et heureuse, on ne parle pas de ces choses là ici, madame. Un euro du litre, pour être clair, c’est pas des masses. A ce tarif-là, il est impossible de boucler ses fins de mois, je ne parle même pas de vivre décemment. Pourtant, cela n’empêche pas ces charbonniers du pinard de se lancer et de tenter de sortir leur épingle du jeu.
Bordeaux est probablement l’appellation de la planète la plus hétérogène au niveau tarifaire. Par contre, au niveau qualitatif, c’est nettement plus homogène. Comme partout un bon tiers est médiocre, dix pour cent sont exceptionnels, et le reste, c’est à dire pas loin de soixante pour cent de la production mérite que l’on s’y arrête et que l’on déguste. Tiens donc, et si cet été, au détour de votre caravane, vous faisiez le crochet et parcouriez les routes calmes et verdoyantes de la région, à l’entrée d’une cave tenue par des humains, pas par des actionnaires, vous pourriez faire une chouette dégustation, découvrir des gens qui sont prêts à partager leur passion avec vous touristes en short et casquette, sans oublier les marcels, qui, chaque matin, se battent pour tenir la tête hors de l’eau et préserver un patrimoine original. Personne n’est jamais à l’abri d’un coup de bol, dans le bordelais pas moins qu’ailleurs, les bonnes dégustations sont à portée de tire-bouchon. Comme vous serez peu nombreux sur ces routes, je suis sûr et certain que ces gens auront le temps de vous accueillir particulièrement bien.
Eric "Bordeaux" Boschman
00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
| Tags : bordeaux, vin, vignoble |
30 mai 2011
Sens dessus-dessous (Château La Levrette, un vin féminin?)
Où tout est dit sans le dire tout en le disant:
http://www.dailymotion.com/video/xhsi48_publicite-du-chat...
Bon, maintenant, j'espère que le vin est à la hauteur. Enfin, je veux dire, au niveau, euh...

PS. Un jour, si vous êtes sages, je vous raconterai l'histoire de Muriel et Georgyos....
16:52 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : vin, levrette, bordeaux |


