28 décembre 2011
Philippe Le Hardi est au Crédit Agricole
Le vin n'est pas toujours un bon investissement, à en croire les producteurs eux-mêmes, mais aussi les internautes attendant d'être livrés de leurs commandes de grands vins; ça n'empêche pas certaines banques de s'acheter des domaines, comme le Crédit Agricole, qui, via sa filiale CA Grands Crus, vient de faire l'acquisition du Château de Santenay (alias Château Philippe le Hardi) et ses 90 hectares; des parcelles situées dans différentes appellations bourguignonnes, de Saint Aubin à Mercurey en passant par Santenay, Beaune, Hautes Côtes de Beaune, Pommard et Aloxe Corton; sans oublier un cinquième d'hectare en Clos de Vougeot.
20:42 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : bourgogne, vin, vignoble, crédit agricole |
09 décembre 2011
Bourgognes et Champagne intéressaient beaucoup les faussaires
Dans le cadre de la lutte contre les trafics agroalimentaires, Europol et Interpol ont lancé une opération d’envergure internationale ("OPSON", ou nourriture, en grec) qui s'est déroulée du 28 novembre au 4 décembre dernier.
15:29 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, Champagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : bourgogne, champagne, vin |
En Côte Chalonnaise, avec Louis Max
Négociant établi à Nuits depuis 1859, Louis Max possède aussi des vignes en propre, et la plus grosse partie sont situées dans la Côte Chalonnaise, et notamment à Mercurey. Voici justement deux vins dégustés dans les caves nuitonnes qui me donnent furieusement envie d'aller voir sur place. Une histoire à suivre, donc...
Bourgogne Côte Chalonnaise 2010 Pinot Noir
Fraise écrasée, mûre, quetsche, c'est très croquant en bouche; j'aime son grain, son jus côté juteux, goumand et très pinot. Sans oublier sa finale légèrement saline. Il y a un potentiel de garde, à l'évidence, mais je n'aurais guère le coeur à attendre vu la qualité du fruit aujourd'hui. Excellent rapport qualité prix.
Vignes bio.15/20
Une gourmandise
Mercurey Clos La Marche 2010
Un fruit très pur au nez - griotte, fraise gariguette; en bouche, c'est plutôt épicé, mais aussi bien tannique; un bel équilibre entre élégance et caractère, avec, en toute fin, le retour de la cerise qui laisse sa trace acidulée. Superbe dosage du bois, qui souligne mais ne masque pas. Beau potentiel de garde, là encore.
Vignes bio. Un clos détenu en monopole par Louis Max. 15/20

La pureté liquide
Et en plus, les étiquette à l'esprit presque BD sont très réussies...
Plus d'info: louismax@louis-max.fr
00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : louis max, côte chalonnaise, bourgogne, vin, vignoble |
20 novembre 2011
Jean-Marie Guffens, outragé, martyrisé... mais libéré!
Lamentable, l'affaire Guffens. L'acharnement d'un inspecteur de la répression des fraudes, assisté par les Douanes, contre un vigneron honnête et sa famille. On se croirait dans un mauvais roman où les personnages sont crayonnés en noir et blanc, sans nuances, où l'auteur veut faire pleurer dans les chaumières. Et pourtant, non, tout est vrai, les preuves sont accablantes, les juges ont annulé la procédure, non seulement pour de simples vices de forme ou des incohérences dans l'accusation, mais pour des faux documents produits par les enquêteurs.

Comme les honnêtes gens sont beaucoup plus sensibles que les malfrats, qu'ils sont plus faciles à broyer dans les rouages de la justice, l'histoire aurait pu très mal se terminer. Jean-Marie Guffens et sa famille ont pensé au suicide.
Comme M. Guffens, je suis effaré du pouvoir exorbitant que possède ces contrôleurs, de la pression qu'il ont le droit de mettre sur leurs suspects, des méthodes qu'ils emploient. Ce n'est pas pour cette France-là que bat mon coeur, pour cette République-là que je vote. Ces méthodes sont dignes des lettres de cachet de l'Ancien Régime. C'est de l'arbitraire pur et dur. De l'abus de pouvoir.
Et en plus, au vu de la façon dont l'affaire s'est dégonflée (les enquêteurs avaient mélangé deux années de récolte pour établir la prétendue fraude), on se pose plus que des questions sur leur compétence.
Je ne connais pas personnellement M. Guffens ni sa famille. J'admire leur force de caractère: même quand on sait qu'on n'a rien fait, ce n'est pas facile de tenir bon face à un tel acharnement.
J'adore sa conclusion, qu'on peut entendre dans le reportage publié sur le site de la RVF (ICI).
Non, jamais ses persécuteurs ne ressentiront le bonheur que Jean-Marie a eu de refaire du vin cette année.
J'ose espérer que le responsable sera sanctionné, et surtout, mis hors d'état de nuire. Qu'on lui fera contrôler les stocks de l'armoire à balais jusqu'à sa retraite (si on ne la lui donne pas d'office).
J'espère aussi qu'on sanctionnera les auteurs de fausses preuves; qu'on améliorera la formation des enquêteurs.
On aimerait vraiment connaître les suites de cette affaire.
En attendant, j'ai hâte de pouvoir boire un verre du vin de Jean-Marie Guffens. Maintenant, j'ai vraiment envie de le connaître.
00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : guffens, bourgogne, mâcon, justice |
05 novembre 2011
Chablis Grand Cru les Preuses, Domaine Brocard
Jean-Marc Brocard s'est taillé un beau domaine à Chablis. Son fils Julien a pris le relai et généralise peu à peu la biodynamie dans toutes ses vignes en propre.
Fin octobre, Marc Vanhellemont et moi avons eu la chance de pouvoir déguster sur place leurs Chablis Grand Cru sur les 3 derniers millésimes. Pour les 2010, il s'agit évidemment encore de bébés (aux épaules déjà solides). Pour les autres, c'est selon, mais l'attente ne fera sans doute qu'aviver le plaisir...
J'ai particulièrement apprécié le Grand Cru Les Preuses, qui, sur les trois millésimes dégustés, m'a semblé le plus régulier. Hasard ou non, la vigne appartient en propre aux Brocard, qui la travaillent déjà en biodynamie. Petit clin d'oeil sur l'étiquette: elle arbore une coccinelle et des quartiers de lune.
Le vin est élevé en barrique. Ca vous inquiète? Moi aussi, au départ. Mais, à l'évidence, ce cru a la matière pour soutenir un tel traitement. Si c'était une voiture, Les Preuses serait une Lamborghini, un bolide de grande race et à la grosse cylindrée, aux lignes fluides, une certaine image de la puissance et de la pureté conjuguées.

L'église de Préhy, au pied des vignes de Brocard
Les Preuses 2010
Nez encore fermé, mais quelle puissance et quelle belle acidité - tranchante, oui, mais tranchant une trame serrée. Et quelle longueur! L'expression ultime du Chablis? Peut-être, si cette idée a un sens (à attendre au moins 3 ans, bien sûr, et à carafer). 16/20
Les Preuses 2009
Splendide. Citron, pamplemousse rose. Le bois est encore assez présent mais se fond, conférant au vin une texture suave, légèrement beurrée, que vient trancher une superbe acidité. Bien sûr qu'on peut l'attendre, mais l'ensemble est déjà si beau... 17/20
Les Preuses 2008
Un vin dont on sent qu'il a été travaillé, le nez est déjà un peu confit, amande, jasmin. En bouche, une impression de gras, pas sans sucre (le glycérol, le bois?), et une finale joliment saline, un rien d'amer qui prolongue la finale. Les scientifiques nous disent que les vignes ne puisent rien dans la pierre, qu'il n'y a pas de minéralité tirée du sol; Pourtant, là, on s"y tromperait... Beau potentiel de garde. 17/20
Domaine Brocard, +33 3 8641 49 00
Importateur en Belgique: Wine Brands Ambassadors (Frank Van den Bogaert) frank.van.den.bogaert@pandora.be
13:13 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : brocard, chablis, bourgogne |
24 juin 2011
Henri Jayer, par Jacky Rigaux
Mon excellent confrère Jacky Rigaux publie aux éditions Terres en Vue "Les Temps de la Vigne", un livre consacré à Henri Jayer, figure marquante de la viticulture bourguignonne de la deuxième moitié du 20ème siècle. Vigneron connu des oenophiles du monde entier, ses vins sont aujourd’hui encore très recherchés pour leur pureté, leur exquise finesse, leur capacité remarquable à magnifier les beaux terroirs de la Côte, leur aptitude à un harmonieux vieillissement…
Elève de René Engel, qui créa la première formation en Œnologie à l’Université de Bourgogne, au début des années 1940, il acquit les connaissances modernes indispensables pour enfanter de grands vins dans le respect absolu des «bonnes pratiques» nécessaires à la valorisation des «climats» bourguignons, ces parcelles de vignes soigneusement délimitées.
Avec ce livre, Jacky Rigaux rouvre les carnets de toute une vie consacrée à l’amour du terroir.
Sur souscription uniquement.
Pour réserver votre exemplaire: info@terres-en-vues.fr
00:06 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : rigaux, jayer, bourgogne, vin, vignoble, climats bourguignons |
16 mai 2011
La Romanée Conti "battue" par des pinots d'Autriche et de Nouvelle-Zélande
Lors d'une compétition organisée à Singapour, le 8 avril dernier, par l'importateur Hermitage Wines, des vins de la Romanée Conti ont été mis aux prises avec plusieurs pinots noir venus des 4 coins de la planète vineuse, au cours de trois jours de dégustations à l'aveugle. Le jury était composé d'aficionados du monde entier (les tables étant composées de 8 consommateurs et d'un professionnel).
La compétition a vu la victoire d'un pinot autrichien du domaine Markowitsch (Carnuntum). Le second est le Néozélandais Felton Road Bloc 3. La Romanée Conti (représentée par La Tâche 2007, notamment), arrive en 3ème position.
On pourra regretter, bien sûr, qu'une Tâche aussi jeune ait été servie. On pourra contester la compétence des jurés. On pourra dire ce que l'on veut. Mais pour l'histoire, il n'y a que le verdict qui compte (rappelez vous le Jugement de Paris); et à Singapour, la Bourgogne a donc perdu sa couronne du pinot noir...
On se rassurera en se disant que le gagnant est certainement plus abordable que les grands crus de Bourgogne. Voila qui pourrait me permettre de juger par moi-même de sa qualité, ce que les tarifs de la Romanée ne m'ont jamais permis de faire.
Et c'est un Bourguignophile qui parle...
00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Autriche, Bourgogne, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : bourgogne, vin, vignoble, autriche, compétition |
20 avril 2011
Les Chardonnays de Patriarche
Ce dimanche, par une belle après-midi de printemps, mon ami Marc Vanhellemont et moi nous sommes attelés à la dégustation de quelques chardonnays de la maison Patriarche, aimablement mis à notre disposition par Julien Lepont. Nous connaissons tous les deux la maison pour l'avoir visitée ensemble à plusieurs reprises, grâce à l'excellent Laurent Courtial (Rouge Granit).
Mais ayant encore à l'esprit le post de François Mauss sur l'indépendance journalistique, nous avons fait abstraction de ces bons souvenirs pour nous attacher aux vins, et aux vins seulement. Avaient-ils été "préparés" pour nous? Certainement pas. Ce n'est pas le genre de Julien. Et puis nous n'étions pas aux Primeurs. Il s'agissait de produits de la gamme "négoce", la base de l'offre de Patriarche, donc.
L'exercice avait un intérêt non négligeable: de nous permettre de calibrer nos papilles sur les différentes expressions du Chardonnay, avec un millésime de belle facture: 2009.
Et parce que j'ai été échaudé récemment lors d'une dégustation de Bourgogne blancs, j'ai consciencieusement redégusté les vins le lendemain midi chez moi. Bien m'en a pris, car dans certains cas, j'ai noté des améliorations. Sensibles. Un conseil, donc: n'hésitez pas à carafer vos chardonnays...
Les forces en présence
Mercurey 2009
Iode et citronnelle au nez; la bouche est fraîche, avec des nuances de biscuit au beurre; puis déboulent quelques notes florales et même, plus surprenantes, des notes de cognac ou de whisky de malt. 14/20
Auxey-Duresses 2009
Un peu de réduction, mais avec le temps, apparaissent de sympathiques notes d'acacia et de fleurs blanches. La bouche est joliment boisée, pas trop. Bonne acidité. Un vin très équilibré, beau représentant d'une appellation voisine de Meursault, mais beaucoup moins connue. C'est à droite au fond en sortant... 14,5/20
Chassagne-Montrachet 2009 Les Embazées
Fin. Complexe, fruits confits au nez (mandarine et mangue, dixit l'ami Marc); puis du grillé-beurré, du gras et de la vivacité, en bouche; très belle longueur, un impression de plénitude; de la tension, de la sapidité, aussi. 15,5/20
Mâcon-Villages 2009
Quel joli nez! Fleurs blanches, pêche blanche, tarte aux reine Claude, très séduisant. En bouche, ce vin présente un beau gras, mais rien de pâteux. C'est solaire, drions-nous. En finale, retour du fruit, bien enrobé; et puis surtout, un goût de revenez-y. 15,5/20
Meursault 2009
Je n'ai pas tellement aimé le boisé grillé envahissant, doucereux, ni l'amertume. Est-ce à ça que font allusion les ABC (anything but chardonnay)? Pour cette prise de contact, ma note est de 11/20. Le lendemain, c'était un peu mieux. Le bois semblait mieux intégré, on notait un certain gras, de l'amplitude. L'amertume avait disparu. Manquait un peu de vivacité et de complexité, tout de même. 12,5/20
Puligny Montrachet les Folatières 2009
Amertume du bois, bouche un peu fade, la première impression est assez décevante. Le lendemain, le vin s'est ouvert. Pêche, coing au nez, un soupçon de curry; et surtout nettement plus de gras en bouche. Le bois est noble. Mais on n'atteint ni la complexité, ni l'élégance du Chassagne. Je donne un petit 13/20.
Voila qui peut étonner: la "hiérarchie" des grands blancs de la Côté de Beaune n'est pas respectée. Et alors! A chaque millésime, à chaque vin sa vérité!
En résumé: pas mal du tout pour une "entrée de gamme". Quelques déceptions - surtout là où l'on s'attendait à mieux, en Meursault et en Puligny, mais à l'inverse, une belle surprise avec l'Auxey-Duresse et la confirmation de tout le bien que je pense déjà du Mâconnais et de la Côte Chalonnaise, en termes de rapport plaisir-prix. Plus globalement, Patriarche reste une valeur sûre du négoce bourguignon.
Et vive le chardonnay de Bourgogne, propice à tant d'interprétations, du plus simple au plus majestueux! Et à tant de beaux accords gastronomiques...

Marc pendant l'effort
00:18 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France, Gastronomie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, bourgogne, négoce, patriarche |
24 novembre 2010
En rentrant de l'Hospice
5.132.075 euros contre 5.400.000 en 2009, mais avec moins de lots. La vente des Hospices de Beaune a fait recette, une fois encore, surtout grâce aux négociants locaux, mais aussi aux acheteurs lointains, professionnels ou non, vieilles fortunes ou nouveaux riches. Notamment les Asiatiques, qui prennent de plus en plus le relai des Américains.
"Qu'est-ce que tu as fait cette semaine, Xin Tchang?" "Je suis allé à Beaune avec mon jet. J'acheté la cuvée la plus chère. Encore une que ce pirate de Ming Li Fou n'aura pas, gnak-gnak... Tu aurais dû voir sa tête..."
Bravo à Fabrice Luchini (plus à son aise à Beaune que Patriiiiiick Bruel l'an dernier, qui préfère le football). Bravo à Christies, bravo à la presse locale et internationale, bravo à tous ceux qui ont bien vendu l'affaire.
On va encore dire que je dénigre tout. Que je suis blasé. Mais non. Un peu taquin, peut-être. Seulement, j'attendrai les vins faits pour acheter.
00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : beaune, hospices, bourgogne, vin, vignoble, asie, enchères |
11 octobre 2010
Cuvée Christine Friedberg
Une nouvelle cuvée de rouge va faire son apparition à la Vente des Hospices de Beaune cette année, et avec elle, une nouvelle AOC. La cuvée s'appellera Christine Friedberg, du nom de la mère d'un généreux donateur américain. Et l'appellation, ce sera Santenay, puisque c'est là que sont situées les vignes (60 ares).
En tant que Grumeur de Santenay, je ne peux que m'en réjouir.
12:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, bourgogne, santenay, hospices de beaune |


