27 janvier 2012
En parlant de Lavaux...
Voici quelques jours, je vous parlais de Lavaux, ce superbe vignoble lémanique classé par l'UNESCO. J'ai eu la chance de le visiter au printemps 2009, à l'occasion du salon Arvinis de Morges, sous la houlette d'Alexandre Truffer.
Comme je compte y retourner, la révision n'est pas inutile, même si, sans doute, les millésimes cités sont épuisés - non seulement les Suisses exportent peu, mais en plus, ils boivent vite, trop vite leurs jolis blancs...
Bien sûr, je ne prétends pas à l'exhaustivité: qui pourrait dire qu'il a "fait le tour" d'une région en l'ayant visité deux fois? Pas moi. Pour approfondir, je vous conseille plutôt les excellents sites de mes amis Laurent Probst (Vins Condédérés, ICI) et Alexandre Truffer (Romanduvin, ICI)
Sacré vignoble, et sacrée pente, à Lavaux! (Photo H. Lalau)
Lavaux et le Vaud
Le Pays de Vaud est un des cinq grands cantons viticoles suisses, avec le Valais, le Tessin, Genève et Neuchâtel. Il compte quelque 3.900 ha de vigne (le vignoble suisse dans son ensemble en représente 15.000, soit moins que l’Alsace ou la DO Valencia).
Le vignoble vaudois commence aux portes de Genève, à l’Ouest, pour se terminer en Chablais, face à Montreux – à l’exception du petit ensemble de la Côte de l’Orbe, il suit donc la courbe du lac Léman. Sa partie la plus fameuse, Lavaux, a reçu voici quelques mois une consécration : il a été classé à l’inventaire du Patrimoine Mondial de l’Unesco, au titre de ses paysages façonnés par l’homme – des milliers de murets retenant la terre le long d’une falaise abrupte défriché par les moines de Cîteaux voici 900 ans environ.
Longtemps, le vignoble vaudois s’est consacré à un seul cépage, le chasselas. S’il reste le plus répandu, il a été rejoint dans les années 80 par une multitude de cépages blancs et rouges, soit importés (notamment les grands cépages français, comme le pinot noir, le chardonnay, la syrah ou le merlot), soit issus de croisements réalisés à la station de Changins ; le gamaret et le garanoir, par exemple, sont nés là. Ces dernières années, on assiste cependant à un retour de balancier ; on se met à replanter du chasselas. Les Vaudois sont écartelés entre deux démarches: pour satisfaire la demande locale, ils doivent offrir un minimum de variété, en blanc comme en rouge (les tarifs de certains propriétaires, pourtant petits, comportent facilement une quinzaine de vins !) ; mais leur véritable spécificité, c’est dans le chasselas qu’ils la trouvent. Il faut dire que ce cépage, plutôt neutre est un excellent révélateur de terroirs. S’il n’a jamais la puissance aromatique de cépages comme le sauvignon, ou même le pinot gris, il peut, dans les bons terroirs, et à des rendements raisonnables, trouver son équilibre sur la fraîcheur et sur une belle charpente minérale. La patte du vigneron compte également, évidemment ; les vins suisses sont généralement très propres, à l’image du pays. Parfois un peu trop lisses, cependant, et les meilleures réussites s’obtiennent quand l’homme laisse parler son raisin, acceptant sa part de vivacité, voire d’aspérités.
Il y a pourtant matière à se différencier, car les sols du vignoble vaudois, issus d’une géologie tourmentée (soulèvement alpin, moraines glacières, érosion, éboulements…) sont très variés. Près du lac, les terres sont graveleuses, plutôt légères ; dans le haut du vignoble, par contre, elles sont plutôt lourdes. Le Chablais fait exception à la règle, avec des sols pierreux et calcaires.
Ajoutez-y l’influence de l’exposition, les courants d’air, la proximité des masses d’eaux, et vous découvrez tout un petit monde de micro-terroirs.
Aucune excuse, donc, pour les cuvées diluées, molles et aseptisées qui font le lot de trop de producteurs ; ceux-là se contentent de vivre sur la rente de situation que constitue encore un marché protégé. Heureusement, il y en a d’autres, qui eux, élaborent des vins qui suscitent l’Emotion. Ce sont ces derniers, bien sûr, qu’on vous passe en revue…
Les 3878 ha du vignoble sont répartis sur 4 régions :
-la Côte, de Nyon à Lausanne (2000 ha environ)
-Lavaux, de Lausanne à Chillon (831 ha)
-Le Chablais (160 ha) entre Villeneuve et Bex
-la Côte de l'Orbe (167 ha) et de Bonvillars (196 ha), les rives du lac de Neuchâtel et du Vully (48 ha)
Vous avez déjà vendangé en monorail? (Photo H. Lalau)
La Côte
Quand on parle de La Côte, en Suisse, on ne pense ni à Beaune ni à Nuits, mais au plus grand vignoble de l’«arc lémanique», de Genève à Lausanne, soit 45km environ ; cette Côte-là compte abrite 13 appellations communales comme Aubonne, Féchy, Mont sur Rolle, Morges, Nyon ou Vinzel.
Châtagneréaz et Château de Vufflens
Ces deux Châteaux font partie de l’association « Clos, Domaines et Châteaux», qui regroupe, comme son nom l’indique, des vignobles historiques du pays de Vaud, hérités de domaines nobles ou monacaux – ils sont actuellement 19.
Château de Vufflens Chasselas 2008 (Maison Bolle, Schenk)
Forteresse impressionnante aux petits airs de castello toscan, le Château de Vuffens surplombe de son donjon 8 ha de vignoble argilo-calcaire qui bénéficient d’une appellation propre. Ce chasselas présente citronnelle et acacia au nez, belle concentration en bouche – surtout, pas mal d’acidité pour un chasselas, ce qui lui confère une belle charpente et un goût de «revenez-y». 15/20
Château de Châtagneréaz 2008 (Mont sur Rolle)
Propriété et vitrine suisse du groupe Schenk, ce domaine de 14 hectares presque d'un seul tenant est très bien exposé, au coeur de la «Bonne Côte» vaudoise ; ceps en taille courte, à forte densité de plantation (11.000 pieds/ha). Au nez, de très beaux arômes d’agrumes, de camomille et de miel. En bouche, beaucoup de gras, une touche d’amertume, belle longueur, finale sur le miel et le tilleul. Un vin direct, très franc 16/20
Château Le Rosey (Bursin)
Ce château moyenâgeux privé, naguère partagé entre deux propriétaires, et récemment remembré sous la houlette de Pierre Bouvier, est aujourd’hui devenu un «Relais Viticole», recevant des hôtes, familles ou entreprises. La partie vinicole (4,5 ha) reste la vitrine de l’entreprise. Les vignes certifiées «Vinatura » (agriculture raisonnée), sont plantées sur des coteaux argilo-calcaires exposés au sud et regardent le Léman. Les vins sont très travaillés, l’habillage très étudié, Pierre Bouvier a le sens de la mise en scène. Le Rosey ne propose pas moins de 15 vins différents, issus de 9 cépages.
Côté Nil 2008
Un vent d’exotisme souffle sur ce chasselas, mangue, ananas, pamplemousse. La bouche est ronde, la finale souple. Rien ne dépasse. 14/20
Gamay 2006 (Cuvée inox)
Violette, réglisse au nez cuir, tannins fins, mais belle puissance en bouche, finale sur des notes de cuir et de torréfaction, l’ensemble reste très maîtrisé 14/20
Ganaroir 2007
Fruit noir et épices au nez (poivre vert, coriandre), bien structuré en bouche, sans doute le plus personnel des vins de la gamme 15/20
Lavaux
Lavaux, c’est d’abord un paysage d’une beauté à couper le souffle, les eaux bleues du lac qui ourlent un manteau de vignes tombant d’une falaise à l’assaut duquel partent des vignes accrochées aux restanques, «la plus belle des cathédrales», comme disait Potterat, vigneron et poète à ses heures; un vignoble perpétué de génération en génération à la sueur du front : non seulement les travaux des vignes sont épuisants (on utilise même de petits monorails à crémaillère pour dompter la pente),mais il fait également constamment entretenir les murets qui retiennent la terre, pour empêcher les pierres de tomber, et l’érosion s’emporter les vignes avec elles. Voici notre sélection, opérée face au lac – on a connu pire, comme cadre de dégustation…
La République Epesses 2008 (Caves Fonjallaz)
Issu d’un terrain plus argileux, au centre de Lavaux, ce vin présente un fruit très explosif (pamplemousse), mêlée à quelques notes de miel, la bouche est complexe et bien soutenue par la minéralité ; un petit peu d’amertume en finale relance encore l’intérêt. Très beau vin 16/20
Dézaley Grand Cru «Les Côtes Dessus» 2007, Domaine Monachon
Fruits jaunes bien mûrs, notes de tilleul, de pétrole (léger) et de levure de bière, amertume plaisante – le vin a été élevé sur lies. Très beau blanc de repas 16/20
Le Châtelard 2008 , Domaine Berthet
Notes de tilleul et de camomille au premier, nez, à l’agitation, les fruits jaunes arrivent comme une belle loco suisse, rutilants ; la bouche, très droite présente une belle amertume. 14,5/20
Calamin Grand Cru 2008 (Caves Fonjallaz)
Un cru plus solaire, sur graviers ; le vin s’en ressent, le nez est bien mûr, la bouche pleine, ample, opulente. Vin de repas. 14,5/20
En allant à Rivaz (Photo H. Lalau)
Yvorne
Nous sommes sur la rive Sud du lac Léman, en Chablais - entre France et Valais. Le terroir, issu d’un effondrement (le tremblement de terre de 1584), est très mélangé. Le climat, presque valaisan, présente une amplitude thermique très importante dans la journée, propice au développement des arômes.
La dénomination (160 ha) abrite une coopérative de qualité, qui vinifie la production de 55 ha. Les coopérateurs sont tenus d’apporter toute leur récolte à la cave, le cahier des charges prévoit au moins 4 contrôles par an, avec une précision toute helvétique – mais le consommateur n’a pas à s’en plaindre
Vigne d’Or Chasselas 2007, Artisans Vignerons d’Yvorne
Vin issu de vieilles vignes à rendement modéré (45-50 hl), plutôt concentré pour un chasselas.
Notes de tilleul, de pomme bien mûre, de mangue; pas mal de gras en bouche, jolies notes de pierre-à-fusil. 14,5/20
Yvorne, Chasselas Elevé sur Lies 2007, Artisans Vignerons d’Yvorne
Le premier nez, sur les levures, est assez simple ; après un peu d’aération, des notes beaucoup plus complexes s’exhalent - camomille (manzanilla), citronnelle, mangue. La bouche est très pure, l’amertume finale est bienvenue. 15/20
Château de Maison Blanche Yvorne Grand Cru 1992
Comment le Chasselas vieillit-il ? Une réponse avec ce produit qui va sur ses 18 ans, issu d’un domaine planté en vignes depuis 4 siècles, aujourd’hui propriété du groupe Schenk. 7,7 ha presque intégralement plantés du cépage vaudois par excellence.Au nez, tilleul, acacia et foin coupé, très belles bouche de miel, longue, ample, riche mais pas fatigante. Un grand chasselas 16/20.
Coordonnées
Château de Châtagneréaz, Château de Vufflens, Château de Maison Blanche : Schenk SA, Rolle, +41 21 822 02 02.
Artisans Vignerons d’Yvorne +41 24 466 23 44/84 http://www.avy.ch/
Château Le Rosey, Pierre Bouvier, +41 21 824 14 49, http://www.lerosey.ch/
La République Epesses, Patrick Fonjallaz, +41 21 799 14 44 http://www.patrick-fonjallaz.ch
Domaine Monachon/Cave Derrey Jeu, Pierre Monachon, +41 21 946 37 91
Le Châtelard, Laurent Berthet +41 21 799 36 21, http://www.vins-berthet.ch/
00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
| Tags : suisse, lavaux, unesco |
19 décembre 2011
Suisse Romande, Suisse Gourmande
Elle n'est pas bien grande, la Suisse romande, et pourtant, les recettes gourmandes y sont légion; comme en témoigne l'ouvrage que leur consacre mon confrère Alexande Truffer (Romanduvin), avec bien, sûr une option vin...
De la raclette valaisanne au saucisson vaudois, en passant par le cervelas, le saucisson neuchâtelois ou le gruyère, aucun canton n'est oublié.
L'ouvrage s'intitule tout simplement "Accords Gourmands de Suisse Romande".

Et comme Alex est un Suisse aussi malin qu'ouvert sur le monde, il propose pour chaque spécialité quatre vins: deux accords classiques, et deux accords plus particuliers
L'ouvrage est en vente auprès des vignerons partenaires, des libraires et sur shop online
20:22 Écrit par Hervé Lalau dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : suisse, romandie, accord gourmand |
Ah, la Petite Arvine des Favre!
"On ne vend pas nos vins, on s'en sépare", nous lance, rigolard, John Favre, en nous tendant un verre, à Laurent Probst et à moi...
John nous cède un peu de son son Saint Pierre Grande Année 2001
La scène se passe au salon Vinea, à Sierre, en septembre dernier.
Le verre contient la Petite Arvine 2010 de John & Mike Favre
Riche au nez, de la pêche, de la poire, du miel; en bouche, c'est puissant (quelques notes de frangipane), mais vif, la finale est saline, très longue, j'ai l'impression d'avoir trois vins en un, 15,5/20
J'enchaîne avec la cuvée Saint Pierre Grande Année 2001, toujours en Petite Arvine, toujours de chez John & Mike Favre, mais de vieilles vignes du village de Saint Pierre de Clages.
Poire, ananas, cédrat, tilleul et cire d'abeille au nez, en bouche, c'est concentré, bien gras, mais bien charpenté aussi, grâce à une belle acidité; bref, tout y est, même la finale sapide qui prolonge le plaisir de la conversation. Car c'est un vin qui évolue dans le verre; un grand monsieur (ou une grande dame) qui ne se livre pas au premier abord, ni au premier venu. En résumé, un grand vin, mais d'esprit joyeux, appétissant. Un des plus beaux blancs dégustés de toute cette année 2011. 17/20.
De la même maison, mais dans un style un peu plus facile (mais cela n'a rien d'un défaut), je vous recommande aussi le Johannisberg 2010 avec ses jolies notes de camomille, de massepain et de pomme au nez, et beaucoup de souplesse en bouche.
La Petite Arvine 2010
Dommage que les Suisses exportent si peu de ces trésors...
John et Mike Favre
Rte de Collombey 15
CH-1955 St-Pierre-de-Clages (Chamoson)
+ 41 27 306 39 21
00:21 Écrit par Hervé Lalau dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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23 novembre 2011
Alcool, tabac et cancer: des chiffres
C'est intéressant, comme toujours sur Honneur du Vin
Et rappelez-vous, le vin, c'est entre 12 et 14,5% d'alcool... donc pas le produit le plus commode pour l'alcoolisation forcenée. D'autant qu'au niveau prix...
19:18 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Brésil, Canada, Etats-Unis, Europe, France, Grande-Bretagne, Grèce, Hongrie, Italie, Liban, Luxembourg, Maroc, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Portugal, République Tchèque, Slovénie, Suisse, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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De l'eau dans le Chasselas vaudois
C'est terrible, je ne l'apprends qu'aujourd'hui alors que la nouvelle date de la mi-octobre.
Les 400 bouteilles de chasselas vaudois immergées à 30 mètres de profondeur au fond du lac Léman et ressorties un an plus tard... n'ont pas résisté à la pression. Ou plutôt, leur bouchon de liège. De l'eau s'est infiltrée dans la bouteille. L'école de Changins, qui devait tester l'influence de ce nouveau mode de conservation, en est pour ses frais.
Chanoz, pas Chaneau (Photo H. Lalau)
L'échec est d'autant plus rageant que compte tenu des caractéristiques propres au chasselas lémanique, seuls des palais vaudois particulièrement exercés pouvaient discerner la différence entre avant et après l'infiltration...
(Désolé, Alexandre, Laurent, et tous mes mes amis suisses, je n'ai pas pu résister...)
Bon sérieusement, maintenant, et si vous réessayiez avec des bouteilles à capsules?
00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Pour rire, Suisse | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
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16 octobre 2011
La Suisse achète moins de vins français
En dix ans, entre 1999 et 2009, la France a vu ses exportations vers la Suisse passer de 70 millions de litres (dont 7,5 millions de litres d'effervescents) à 44,2 millions de litres (dont 4,7 millions de litres d'effervescents). Sa part de marché est tombée de 36 à 23%.
C'est l'Italie qui bénéficie le plus de ce fléchissement de la France, aussi bien du côté des effervescents que des vins tranquilles. En termes relatifs, les plus belles progressions sont le fait de l'Allemagne (qui a triplé ses expéditions vers la Suisse, à 3,8 millions de litres) et du Portugal (qui les a doublées, à 4,4 millions de litres).
Plus d'info ICI
Source: France Agrimer/Onivins
10:50 Écrit par Hervé Lalau dans France, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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14 septembre 2011
Pour en finir avec la guidite chronique
Vous ne concevez pas de vivre la rentrée sans le dernier Goncourt, ni sans un bon guide d'achat des vins?
Ne vous inquiétez pas. C'est moins grave que la maladie de Jacques Chirac. Et surtout, c'est beaucoup plus répandu, alors les labos investissent; ils vont bien finir par trouver un traitement.
En attendant, vous pouvez au moins éviter d'acheter le mauvais guide. Vous n'avez qu'à aller sur le site du Vindicateur. Il fait un tri.
C'est ICI et j'adore.

Juste un petit commentaire.
Le taulier du site, Antonin Iommi-Amunategui, se pose la question de sa légitimité de commentateur.
Ne te la pose plus, Antonin! Est-ce que les éditeurs et les auteurs de ces guides se la posent? Et qui osera me dire qu'il n'a jamais été déçu par une sélection du Guide Hachette, du Bettane et Desseauve ou du Guide de la RVF?
Allons, tout ce qui est humain est faillible et plein d'irrationnel.
Alors continue, Antonin. Même si ça ne fait pas vendre un guide de moins, vu qu'ils sont posés près des caisses de grand crus au Coraffour, au Pasclerc, à l'Interfâché ou au Minus Casimmo, cette semaine, ton oeuvre aura au moins fait un heureux: moi.
Grâce à toi, j'ai trouvé le courage de ne pas en acheter. Même si je n'en dégoûte pas les autres. C'est qu'il y a du boulot, derrière tout ça! Et de l'argent, aussi.
A Sierre, il y a quelques jours, j'ai reçu le Guide Vinea des Vins Suisses. Ca me suffit pour le moment.
En plus, c'est très économique: comme les vins qui y sont mis en avant ne sont pas vendus chez moi, je ne suis pas tenté d'acheter!
Mais tout à coup, j'ai comme un doute.
Et si tout ça n'était qu'une vaste supercherie, une sorte de Matrix du vin? Les guides commenteraient (très bien) des vins qui n'existeraient pas (un peu comme pour les Primeurs), et nous on commenterait les commentaires.
Ah, au fait, pour le Goncourt, je ne peux rien faire. C'est à vous de voir.
09:21 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Beaujolais, Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Charentes, Corse, France, Jura, Languedoc, Loire, Luxembourg, Midi, Pour rire, Provence, Rhône, Roussillon, Sud-Ouest, Suisse, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : guide de vins, vin, matrix |
05 septembre 2011
Anne ma soeur Anne
Vous connaissez Anne Serres, ma "petite soeur" de Montpellier. Elle était là à Sierre, pour Vinea. Elle y rendait même le Grand Prix Vitisphère de la communication digitale. Non, ce n'est pas un prix où on compte sur ses doigts pour désigner le gagnant, mais un prix qui récompense le meilleur site d'un producteur de vin.
Mais ce n'est pas ça qui m'incite à vous parler d'elle.
Non, ce sont deux photos qui illustrent deux facettes du personnage (et quel personnage).

En un, Anne qui souffre. "Mais qu'est-ce que c'est que ce truc dans mon verre? C'est moi ou y a de la pomme? Ouais, y en a". Admirez aussi le look très travaillé, genre "Hildegarde Avous, institutrice", bande de petits morveux. Les lunettes y sont pour beaucoup, bien sûr.

En deux, Anne qui rit. C'est qu'elle a trouvé un chevalier-servant. Et même plus d'un, car nous sommes là au Domaine des Chevaliers, à Salquenen. Que ceux qui ne connaissent pas lèvent le doigt.
Bisou, Petite Soeur, et au plaisir de déguster à nouveau ensemble!
11:12 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc, Suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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Gloire aux vins suisses et à l'Olif!
Sacré traquenard, hier, à Sierre, en marge du festival Vinea 2011. Nos hôtes Francois Murisier et Thomas Vaterlaus nous avaient organisé une dégustation à l'aveugle, histoire de savoir où en sont les Suisses, en matière de cépages internationaux.
Résumé de la manip:
"Votre mission, si vous l'acceptez, sera d'identifier l'origine de 16 vins.
4 séries de 4 vins classés par cépage: 4 chardonnays, 4 sauvignons, 4 merlots et 4 syrahs."
Premier défi: repérer les 2 Suisses qui figurent dans chaque série. Deuxième défi: identifier les autres pays.
Troisième défi (plus classique): les départager avec des points.
Olif en action
Tout ça n'est pas évident. Surtout pour les chardonnays - je suis passé à côté du Chablis, que j'ai pris pour un Suisse. Et pour les autres, le boisé ne m'a pas vraiment aidé. Combien de temps le fût du chardo met à refroidir, au fait?
Pourtant Olif, du blog d'Olif, lui, les a tous identifiés. Grâce (Kelly) lui soit rendu.
Côté merlot, j'ai eu quelques lacunes: j'en ai retrouvé deux sur quatre.
Cartons pleins, par contre, pour les séries sauvignon et syrah.
Je m'en tire donc assez bien: 10 sur 16.
Les vins suisses aussi, qui ont trusté les premières places dans trois des quatre catégories.
Bref, le jeu était amusant. On tâtonne, on cherche ses repères, on se remet en question, c'est formateur.
Mais j'ai eu chaud.
Et puis Olif nous a tous bluffés: 13/16, je crois, qu'il a fait, le Jurassique. Ce type est vraiment fort. Il vous endort avec son style dilettante, mais il a le pif d'un tyrannosaure; et un peu plus de boyaux dans la tête, quand même...
Alors, qui a dit que les blogueurs étaient des rigolos?
00:22 Écrit par Hervé Lalau dans Jura, Suisse, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : suisse, vin, vignoble, cépages, syrah, sauvignon, chardonnay, merlot, blog, vinea |
25 août 2011
Crémants d'ici et d'ailleurs
Le directeur de la Fédération française des Crémants, Olivier Sohler, pense qu'il est temps pour les Crémants de revendiquer leur propre identité et de s'abstenir de toute comparaison avec le Champagne, par exemple.
Il a mille fois raison.
Mais de quelle identité parle-t-on? De l'identité alsacienne, ou jurassienne, ou encore bourguignonne?
Pourvu en tout cas que ce ne soit pas celle du Crémant de Bordeaux, dont je me demande bien ce qu'il vient faire dans ce «club». Il paraît que pour y rentrer, dans ce «club», il faut prouver une antériorité, une tradition de la bonne bulle. Je cherche toujours celle de Bordeaux, qui n'a ni l’expérience, ni les cépages pour en faire, au point qu'on lui a en a rajoutés pour lui permettre d'en faire.
A ce compte-là, demain, ce sera peut-être le tour de la Provence?
Au fait, n'oublions pas le Luxembourg, qui lui, fait déjà partie du «Club». Et demandons-nous au nom de quoi quelque Sekt régional allemand ne pourrait pas s'y ajouter (de Baden ou de Pfaltz, par exemple, eux ont l'antériorité). Sans oublier la Tchéquie ou la Suisse. Ou encore, dans quelques années, qui sait, les effervescents du Kent ou de Belgique...
Comment peut-on postuler? A qui envoyer le dossier? Il y a-t-il cooptation?
Peut-être serait-il plus logique d'accueillir d'abord le Saumur et le Vouvray, par exemple. Mais s'y intéressent-ils? Quelle serait la plus-value? Quelles seraient les contraintes? A combien se monteraient les cotisations?
Et pourquoi tant de producteurs, même en Loire, où ils ont tant de belles appellations de bulles, se mettent-ils à faire du mousseux sans indication de provenance? Jusqu'à Bouvet-Ladubay, récemment, avec sa Petite Bulle, dont j'attends toujours la composition.
Vous savez, M. Sohler, pas mal de consommateurs se fichent peut-être bien de savoir ce qu'est vraiment un Crémant. Mais si aux journalistes, on envoie des dossiers tendant à prouver la grande exigence du cahier des charges des Crémants, alors de deux choses l'une, ou on applique le cahier des charges, partout et en tout point, ou bien en s'expose à ce que les communiqués finissent à la poubelle.
Vive le bon Crémant... quand même!
00:30 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Loire, Luxembourg, République Tchèque, Suisse, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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