31 décembre 2011
Bonne année à tous!
Tous mes voeux de santé, de succès dans vos affaires et dan svos amours, et tous mes voeux de bonnes dégustations.
Et pour quitter 2011, une photo de vignes sous la neige, prise il y a quelques années en Slovénie...
Un superbe vignoble, soit dit en passant.
19:17 Écrit par Hervé Lalau dans Slovénie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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23 novembre 2011
Alcool, tabac et cancer: des chiffres
C'est intéressant, comme toujours sur Honneur du Vin
Et rappelez-vous, le vin, c'est entre 12 et 14,5% d'alcool... donc pas le produit le plus commode pour l'alcoolisation forcenée. D'autant qu'au niveau prix...
19:18 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Brésil, Canada, Etats-Unis, Europe, France, Grande-Bretagne, Grèce, Hongrie, Italie, Liban, Luxembourg, Maroc, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Portugal, République Tchèque, Slovénie, Suisse, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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19 janvier 2011
Droits de plantations, la polémique continue... mais est-ce la bonne?
Trois ans après de vote de la nouvelle Organisation Commune des Marchés "Vin", ratifiée par tous les pays membres de l'Union Européenne, des voix se font toujours régulièrement entendre pour remettre en question une de ses mesures phare, la suppression des droits de plantation. Il faut dire que pour certains pays comme la France, ces droits font partie de l'histoire: ils datent du Front Populaire, ou pour s'en tenir au vin, à la création des AOC.
C'est là que commence à mon sens la confusion.
Libérer les plantations pour permettre aux Européens de lutter à armes égales avec leurs concurrents du Nouveau Monde, en produisant des vins à meilleur coût, à première vue, voila qui me semble bien vu. Ne serait-ce que pour répondre aux attentes des buveurs aux habitudes de consommation les moins sophistiquées, chez nous comme ailleurs. Je parle bien sûr des vins sans indication d'origine, des vins de cépage, des vins sur lesquels ne doivent peser qu'un minimum de contraintes, tant au plan des rendements qu'au plan du lieu de plantation.
Les contestataires ne sont pas directement concernés
Pourtant, qui conteste aujourd'hui la libéralisation des droits de plantation? Les organisations représentant les AOC, comme la CNAOC.
Voila qui est paradoxal: avec leurs ODG, leurs cahiers des charges, leurs contrôles qualité en amont, en aval, les AOC bénéficient pourtant sur le papier d'un bel arsenal pour contrôler la production.
Libéralisation ou pas, elles pourront continuer à fixer le rendement, les cépages, les méthodes culturales et de vinification. Rien ne les empêchera non plus de fixer de nouvelles délimitations géographiques, en clair, de restreindre leurs aires d'appellation. Cela demande du courage, bien sûr, mais c'est leur raison d'être, ou je me trompe?
Pincez-moi ou j'hallucine: ce sont donc ceux qui sont les moins concernés qui dénoncent! Voila qui me rappelle furieusement la querelle du rosé de coupage... Rappelez-vous, à l'époque, les AOC, qui pouvaient facilement continuer à exclure les rosés de coupage de leurs cahiers des charges, se sont mobilisées. Pourquoi? Mais parce que qu'elles craignaient de voir des producteurs se détourner d'elles: qui n'aurait pas été tenté de valoriser ses blancs en les teintant de rouge, à petit prix, même sans AOC? Leur argument massue, celui de la préservation d'une prétendue qualité, n'était qu'un écran de fumée; ils mettaient en avant les Côtes de Provenance, (pardon, de Provence) mais seuls les vins sans indication de provenance étaient concernés. Et dire que le plus gros de la presse a marché dans la combine!
Le raisonnement est le même aujourd'hui: la libéralisation des plantations ne fait peser aucune menace sur la qualité de la production des AOC, mais elle porte en germe une concurrence. Et soyons terre-à-terre: moins d'hectos en AOC, c'est moins de cotisations.
La CNAOC évoque déjà ses craintes de voir planter des vignes dans la plaine, là où elles n'ont pas leur place, selon elle. Au passage, c'est oublier (et faire oublier aux pauvres buveurs) que les AOC sont déjà dans la plaine, pour une bonne partie de leurs aires!
Que les AOC en reviennent à leurs fondamentaux!
Par ailleurs, regardons les chiffres; la part des AOC dans la production française n'a jamais cessé d'augmenter. ces 50 dernières années. Elle frise les 50%. C'est anormal. Comment une bouteille sur deux produite en France pourrait-elle prétendre être représentative d'un terroir et d'une origine! C'est là qu'est l'abus. Dans ce contexte, la libéralisation des plantations, ce n'est pas un danger qualitatif, c'est juste un danger pour la détestable rente de situation de ceux qui produisent insipide au sein des AOC, et malheureusement, aujourd'hui, en toute impunité.
Permettre le développement d'un autre type de produits, à moindre coût et hors AOC, aurait pourtant un avantage pour le consommateur: en concurrençant les productions à bas prix indignes des AOC, cela permettrait à celles-ci de renouer avec leurs fondamentaux: redevenir ce qu'ils n'auraient jamais dû cesser d'être, des pépinières de vins d'expression, de terroir, en un mot, le sommet de la pyramide de l'identité. Moins nombreux, sans doute, mais dignes d'arborer leur mention particulière à la face du monde.
Notez bien que je n'ai pas écrit le mot "qualité", car c'est un concept par trop trop subjectif, et qui n'a pas sa place ici. Dire d'une indication de provenance que c'est un signe de qualité (au sens de "meilleure qualité," tel qu'il est compris par le commun des mortels), c'est duper les consommateurs, sans parler des législateurs européens.
Ne sont-ils pas fatigués d'entendre la CNAOC et ses semblables évoquer la qualité à tout bout de champ quand celle-ci n'y est pas? Ni en termes d'identité, ni en termes de qualité absolue. L'origine n'est pas une garantie de qualité. On trouve même quelques contre-exemples fameux. Je veux parler de tous ceux, en Italie, en France, en Espagne, qui sont sortis des AOC pour produire meilleur ou en tout cas, s'affranchir de règles désuètes et non-qualitatives (l'obligation de mettre du blanc dans le rouge, par exemple, ou encore la longueur de l'élevage).
Qui a dit que les AOC ont le monopole de la qualité?
Je rappelle aussi qu'un des vins les plus prisés de l'Hémisphère Sud, l'Australien Grange, de Penfolds, que tout le monde prend pour un grand cru, est un assemblage des meilleurs parcelles de plusieurs appellations très distantes et qu'à ce titre, s'il était français, il peinerait à décrocher l'AOC, ou alors, seulement une AOC régionale de type Bordeaux ou Bourgogne. Imagine-t-on en France que l'étendard vineux du pays n'ait qu'une AOC régionale, ou pas d'AOC du tout? Qu'on puisse assembler Château Margaux et Château Montus? Limoux et Meursault? Voila qui choquerait notre esprit classificateur, notre besoin maladif de tout étiquetter. Et pourtant, rien de plus normal en Australie, où c'est la marque qui prime.
J'ai dégusté voici quelques semaines un chardonnay de Patriarche vendu comme Vin de France; il est produit en Languedoc mais ne le revendique pas (à moins qu'il n'y assemble un peu de Bourgogne). Il est excellent - plus fruité, plus gras, plus expressif, plus frais et plus typé que la plupart des blancs d'appellations communales de Bourgogne qu'il m'a été donné de goûter au cours de la même semaine lors d'une dégu d'In Vino Veritas. Il faut dire que le millésime (2008) était difficile. Mais si l'on va jusqu'au bout de la démarche prétenduement qualitative soutenue par la CNAOC, on finit pas se demander s'il fallait déclarer en AOC un millésime aussi médiocre dans cette région!
Je sais, je pousse le bouchon un peu loin. Mais ce n'est pas moi qui prétend vouloir assurer la qualité totale!
Un autre type de viticulture
N'étant ni eurocrate ni producteur, dont en aucune façon expert, je suis bien sûr ouvert à la discussion. Mais sans faux semblants.
J'aimerais déjà qu'on m'explique les vrais enjeux de cette libéralisation des plantations pour l'économie viticole, en mettant de côté les arguments prétenduement qualitatifs. La CNAOC évoque le danger de l'arrivée de gros opérateurs pour le tissu viticole français, déjà si affaibli. C'est une éventualité. On ne peut pas l'exclure.
Mais cela pose un autre type de problème. Dans un contexte de baisse de la consommation française, et de stagnation de la consommation mondiale, j'ai du mal à concevoir, que des investisseurs se lancent à corps perdu dans des plantations dont la production ne pourrait que grossir des excédents, à moins bien sûr qu'ils ne gagnent des parts de marché sur des producteurs existants. Au sein des AOC, notamment. Surtout si celles-ci n'apportent pas un plus en termes d'identité. Mais est-ce à la Commission Européenne de privilégier les producteurs existants au détriment des producteurs potentiels, elle qui compte en son sein un commissaire à la concurrence? Est-ce à elle décréter ce que le consommateur veut boire?
Et n'est-ce pas une solution à courte vue que d'empêcher les gros opérateurs de grossir chez nous, au risque de voir leurs concurrents le faire ailleurs? Ou même, de voir nos opérateurs délocaliser sous des cieux plus accueillants, à l'image d'un Pernod Ricard, groupe français qui n'a pas de vigne en France, mais poids lourd du vin aux Antipodes...
Les tenants du statu quo nous disent benoîtement que c'est notre modèle de viticulture à visage humain qui est en jeu. Je serais plus convaincu si ce modèle permettait réellement à nos petits vignerons de vivre, en l'absence de débouchés, en l'absence de ce que les anglo-saxons appellent l'unique selling proposition. Quand le tonneau de Bordeaux est coté en dessous du prix de revient, peut-on dire que Bordeaux est encore un nom qui faire vendre? Et les faillites ont-elles un visage humain? S'il est un autre modèle de viticulture qui permet aux bons viticulteurs de vivre mieux, en faisant apparaître plus clairement la distinction entre vin industriel et vin d'auteur, je suis preneur.
Qu'on m'explique aussi pourquoi il faudrait déjà revenir sur l'OGM vin avant même qu'elle ne s'applique pour les droits de plantation. La France ayant obtenu un délai jusqu'en 2018, s'il y a renégociation, l'accord passé en 2008 aura été un jeu de dupes.
Accessoirement, qu'on m'explique pourquoi le projet initial a déjà été sérieusement édulcoré - j'emploie ce mot à dessein, car vous vous rappellez sans doute que dans sa version initiale, il prévoyait l'interdiction de la chaptalisation - une idée qui semblait pourtant à la fois aller dans le sens de l'authenticité, de la maîtrise des volumes et de la qualité, mais que les AOC n'ont guère soutenue, à l'époque.
Protection, ou handicap?
Mais restons en là: après Mme Merkel, le président Sarkozy vient de se prononcer pour le maintien des droits de plantation. La messe est dite. L'Elysée a tranché: surtout ne touchons à rien. Après tout, M. Sarkozy ne boit pas.
Il ne reste qu'un espoir pour les partisans du changement: qu'une majorité de pays de l'Union continue à soutenir l'OGM vins, et ne le laissent pas détricoter. Ce n'est pas gagné d'avance, tant ces sujets sont propices au marchandage. Je crains fort qu'il me faille avaler cette couleuvre-là aussi.
Alors, faisons contre mauvaise fortune bon coeur: samedi, je pars en Afrique du Sud. Un pays où l'apartheid a été aboli, et où l'on plante ce qu'on veut, où l'on veut. Où les aides à l'exportation sont très faibles, où l'Etat ne subventionne plus grand chose, où la distillation de crise est inconnue, et où, par voie de conséquence, on ne produit à peu près que les vins qu'on est sûr de pouvoir vendre. Coïncidence, en moyenne, ils sont plus que corrects. Un peu techno, pour beaucoup, mais loyaux et marchands. Pas sûr qu'à l'étranger, tous les consommateurs sachent situer Robertson par rapport à Worcester. Ici, les marques sont souvent plus fortes que les appellations. Logique: seuls une minorité de producteurs revendiquent vraiment un terroir. Mais quand ils le font, c'est le plus souvent justifié. La pyramide de l'identité qu'on nous vante en France, avec les bons terroirs tout en haut, n'est souvent qu'un leurre; ici, pourtant, elle retrouve un sens. Est-ce un hasard si ce pays a vu ses surfaces de vignoble augmenter de 20% en dix ans, et le nombre de ses caves tripler dans le même temps?
Ces chiffres devraient faire réfléchir nos gouvernants et nos vignerons: nos protections, nos barrières, nos interdits nous protègent-ils vraiment ou nous handicappent-ils?
00:04 Écrit par Hervé Lalau dans Allemagne, Autriche, Belgique, Chypre, Espagne, Europe, France, Grande-Bretagne, Grèce, Italie, Luxembourg, Nouvelle-Zélande, Portugal, République Tchèque, Slovénie, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
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11 décembre 2007
Magic Janez
Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous, amis bloggeurs, mes impressions d'une dégustation magique. Il ne s'agit ni de grands crus du Bordelais, ni de cuvées exceptionnelles de Champagne... mais d'une verticale de Traminers slovènes du Domaine Graben-Sekoranja.

Janez Sekoranja
Qui est Janez?
Janez Sekoranja, le propriétaire, n'est pas un vigneron comme les autres. Ni au plan slovène, ni au plan international. Chimiste de formation, il a une passion pour l'expérimentation et les sols. Une passion qu'il a d'autant plus raisons d'assouvir que son domaine Graben, à Bizeljsko, présente un ensemble de terroirs des plus intéressants. Le coin se trouve sur l'ancien littoral de la mer panonienne, et présente 3 types de sols originaux: des sables siliceux, du carbonate et de l'argile. La localité bénéficie aussi du taux d'ensoleillement le plus élevée du pays.
Dans le village, bon nombre de caves et galeries sont creusés dans le le sable. Janez a remis les siennes en état, il a même creusé de nouvelles galeries - hygrométrie et température naturellement contrôlées.
Mais il a aussi planté 45 cépages de toutes nationalités... "pour voir".
Rendement
Janez Sekoranja évite les gros rendements, ses vins sont généralement plus concentrés que la moyenne. Son meilleur rendement, ce sont les médailles qu'il obtient régulièrement dans les concours, ainsi que sa clientèle (Alain Ducasse, Bill Clinton...).
Bref, voici les vins dégustés voici quelques semaines sur place. Un moment rare.

Le "Klapadetz" veille sur les vendanges tardives
Traminec Auslese 1997 Fermenté en barrique
Nez de surmaturé, bouche sèche, il reste 10 g de sucre, la fermentation continue, mais la barrique masque le sucre *
Le même, non barriqué, mis à reposé en 1999
Plus d’impression de sucre, plus de gaz, aussi, minéralité, salinité, réglisse, assez déroutant **
Traminec Auslese 1992 Fermenté en barrique (toujours en barrique aujourd’hui)
Raisins secs, abricots, encore cette minéralité, le bois s’estompe, superbe ; incroyable, il y a du sherry, du marsala, mais aussi du sel, et du TBA dans ce vin, et pourtant l’impression reste sèche ***
Traminec Auslese 2000 Fermenté en barrique
Couleur plus légère, boisé plus présent au nez, mais s’intègre mieux, peut-être le plus équilibré grâce à la petite touche de bois qui lie l’ensemble, on retrouve la minéralité et la salinité.***
Dry Traminec 1995
Très minéral, avec des notes de noix, difficile à assortir, mais remarquable!**(*)
Dry Traminec 2006
32 g sucre, notes de levure de bière, encore fermé*
Traminec 1997
Sans doute le plus traminer: rose, amandes, très jeune encore, minéralité, réglisse, il a tout des autres, mais mieux fondu***(*)
Traminec 1992
Minéralité, amandes, miel d’acacia, raisins de Corinthe***
Traminec 1998
Beerenauslese : orange fanta au nez, belle bouche minérale et saline, finale miellée, beaucoup de charme**

Slovénie sous la neige
Traminec 2003
Fermenté en barrique, pas encore embouteillé : superbe nez d'écorce d'orange, 150g sucre, notes de grappa en bouche, la sucrosité finale est un tantinet lassante*
Gamay 2001
Et pour finir, un rouge! Nous sommes à nouveau sur sols sicileux. Au nez, des notes de griottines, de fraise au citron, superbe, rond et minéral à la fois, et pourtant le fruit du gamay réapparaît en fin de bouche***(*)
Contact: sekoranja_janez@yahoo.com ou 00 386 7 495 10 59
06:56 Écrit par Hervé Lalau dans Slovénie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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28 novembre 2007
Slovénie, Côté Est
Slovénie (n.fém.) : petit pays d’Europe centrale, issu de l’ancienne Yougoslavie. 2 millions d’habitants (les Slovènes). Capitale : Ljubljana. Vignoble? Voyons ça de plus près...
Un peu d'histoire-géo
En Slovénie, dans les années 1990, quelques pionniers ont ressuscité une tradition viticole déjà bien installée sous l’empire austro-hongrois, mais tombée en jachère après la dernière guerre, quand les coopératives d’état ne produisaient plus guère que deux vins, le rouge et le blanc...
Une deuxième génération prend à présent le relais, plus à l’écoute des marchés étrangers. Ce qui est à la fois un bien (la qualité s’est bien améliorée), mais aussi un danger celui de l’uniformité.
Alors que la Slovénie a des atouts à faire valoir: ses terroirs (Jeruzalem-Kog est un bon exemple) et son tissu de vignerons familiaux.

La marquetterie des vignes de Jeruzalem-Kog (Photo H. Lalau)
Situés entre Alpes et Méditerranée, les vignobles slovènes sont divers et disséminés. Les aléas climatiques sont importants, la production pouvant varier de 50% d’une année sur l’autre, le vignoble a été fortement réduit au 20ème siècle: il est passé de 38.000 ha avant-guerre à environ 25.000 hectares. La production se situe entre 700.000 et 900.000 hectolitres par an, ce qui nous donne un rendement de l’ordre de 28 à 36 hl/hl. La consommation per capita est de 45 litres par an. Les cépages sont majoritairement ceux du monde germanique, complétés par les internationaux
Les zones orientales du pays, qui nous concernent cette fois, sont principalement dévolues aux cépages blancs (notamment le traminer, le sipon, le lazli rizling et les muscats); la tradition ancestrale les destinaient aux vins doux ou demi-doux ; la nouvelle génération s’est tournée vers les vins secs, conservant les cépages locaux, et y ajoutant le sauvignon et le chardonnay.
Les rouges avaient totalement disparu (principalement pinot noir), victimes de la spécialisation forcée initiée par le régime titiste mais sont replantés.

Chez Valdhuber, sur la frontière autrichienne (Photo H. Lalau)
Impressions d’ensemble
-Sipon (furmint) et sauvignon paraissent les cépages les plus adaptés pour les blancs secs, le traminer et, dans une moindre mesure, le lazki rizling (le welsch riesling des Autrichiens), pour les doux.
-La plupart des producteurs visités élaborent des produits propres – un «minimum commercial» qui va sans dire, mais qui n’est pas toujours obtenu, même dans les pays dits «développés». Certains manquent cependant de typicité
-L’éventail des productions est assez large, entre vins industriels, vins marketing et vins d’auteur, voire vins expérimentaux. C’est là un atout important, car cela devrait permettre de répondre à des demandes très variées.
-Les vignerons sont généralement assez ouverts sur l’extérieur, des échanges avec des collègues autrichiens ou italiens ne sont pas ares, l’avis de la presse étrangère est recherché. Ce qui n’empêche pas une majorité d’entre eux d’être fiers de leurs terroirs.
-Leurs Appellations sont malheureusement quasi inconnues hors du pays. La tradition très germanique de mettre en avant le nom du cépage n’aide pas à l’identification de l’origine exacte, pas plus que les typographies gothico-slaves souvent encore utilisées sur les étiquettes.
-L’Est du Pays est réparti en deux sous ensembles viticoles.
Le Podravje (9.800 ha), est situé au Nord Est et regroupe six appellations : Maribor, Radgona-Kapela, Srednje Slovenske Gorice, Haloze, Ljutomer-Ormoz (avec Jeruzalem-Kog) et Prekmurske Gorice.
Le Posavje (8.700 ha), le borde au Sud et regroupe 4 appellations: Dolenjska, Bela Krajina, Bizeljsko-Sremic, et Smarje-Virstajn. C’est là que l’on trouve le plus de vins d’assemblages.
-Au-delà du savoir-faire de chaque vigneron, qui varie ici comme ailleurs, la principale question à résoudre est celle de la bonne adaptation des cépages aux différents terroirs, sols et micro-climats (d’autant plus variables qu’il s’agit souvent de vignobles de pente).
-Par ailleurs, les gammes sont souvent trop larges: les Slovènes seraient bien inspirés de se focaliser sur leurs points forts. A savoir, les secs (surtout de sipon et de sauvignon) et les doux, en «oubliant» les demi-doux. On se méfiera aussi de l’abus de barrique.
Dans l’ensemble, cependant, les blancs slovènes devraient plaire dans tous les pays qui partagent une même vision du vin, celle d'un compagnon du repas.
Quelques adresses incontournables : Stampar, Dveri Pax, Joannes, Pravino, Miro, Krainz et Skoranja.
Plus d'information: Bruno Gaberšek, Združenje družinskih vinogradnikov-vinarjev Slovenije, zdruzenjedvvs@gmail.com
Le sujet vous intéresse? Vous devriez retrouver bientôt mes notes de dégustation dans le magazine In Vino Veritas...
06:53 Écrit par Hervé Lalau dans Slovénie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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23 novembre 2007
Etrennes slovènes
Je reviens de Slovénie, petit vignoble méconnu d'Europe centrale.
En avant goût d'un article plus complet, je vous fais cadeau d'un panorama qui sent déjà Noël.
La photo est prise de Jeruzalem-Kog, petite appellation voisine de la frontière croate.

Photo H. Lalau (c)
08:46 Écrit par Hervé Lalau dans Slovénie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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