01 décembre 2017

2017, année atypique... mais finalement prometteuse en Roussillon  

 

En Roussillon, 2017 restera comme une année particulière, et ce à plusieurs titres. 
 
Tout d’abord, la récolte aura été exceptionnellement précoce - les premières grappes ont été rentrées début août, soit 15 jours plus tôt qu’en 2016, du fait, notamment de températures très élevées à partir du mois de juin.
 
Ensuite, les rendements auront été très faibles - ce qui est dû non seulement à la sécheresse, mais aussi aux gelées de la fin avril- un phénomène plutôt rare en Roussillon. Aujourd’hui, la région table sur une récolte en
baisse de quelques 20%, en moyenne.
 
Malgré ces aléas climatiques, 2017 se profile déjà comme une belle année en qualité.
 
Un hiver bien arrosé a en effet permis d’éviter à la vigne de souffrir trop de la sécheresse qui a suivi. Les raisins récoltés étaient dans un très bon état sanitaire (merci au docteur Tramontane!).
Les premières dégustations laissent entrevoir des rouges joliment complexes et à la bonne acidité.
Les blancs et les rosés, eux, sont aromatiques, dans un style délicat, plutôt floral.
 
En résumé, les vignerons de la région peuvent être fiers: en adoptant une approche différenciée de leurs parcelles, pour aller chercher la maturité phénolique optimale, ils ont su retourner une situation qui s’annonçait délicate.

08:17 Écrit par Hervé Lalau dans France, Roussillon | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

25 septembre 2017

Où l'on reparle de la capsule à vis

Récemment, dans une dégustation de vins du Roussillon, par ailleurs tout à fait convaincante, j'ai à nouveau dû constater un taux très élevé de bouteilles bouchonnées (deux sur 22). 

Un producteur de mes amis, qui utilise justement la capsule à vis pour éviter tout risque de ce type, m'a confié ses difficultés à vendre ses bouteilles en France ou en Belgique, les réticences dont cavistes et autres professionnels du vin continuent de faire montre vis à vis de la capsule.

Je me permets d'enfoncer le clou à nouveau, de rappeler à ce producteur, comme à d'autres, que l'enjeu est beaucoup plus vaste... Il n'y a pas que la France ou la Belgique dans le monde, leur poids dans le marché du vin est d'ailleurs plutôt à la baisse.

Je pense qu'il faut persister.
 
C'est à vous, producteurs éclairés, de continuer à utiliser la capsule - surtout quand vous dites vous-mêmes que c'est le bouchage qui vous permet de mieux exprimer dans la bouteille ce que vous faites à la vigne et au chai; après tout, c'est votre vin, pas celui du caviste ou du sommelier, c'est vous qui savez.
 
Et c'est à nous, prétendus préconisateurs, de vous y encourager, en rappelant les avantages de ce bouchage, qui n'a rien de fantaisiste ni de risqué;  les Pineau des Charentes, les Muscats de Rivesaltes, de Beaumes-de-Venise ou de Frontignan vendus en France comme en Belgique sont bouchés à vis et ça n’embête ni ne choque personne.
 
Comme j’en ai assez de boire du bouchonné, je continue à militer pour une solution réaliste, aux avantages avérés, utilisée depuis plus de 30 ans dans différents pays du monde, à la satisfaction de leurs consommateurs, qui ne sont pas plus bêtes que nous - tout en précisant que je ne suis payé par personne pour le dire.
Je m'étonne que de plus jeunes que moi, qui devraient être moins sensibles au poids des traditions, surtout aussi éculées, ne soient pas plus véhéments sur ce thème.
 
Je ne compte plus le nombre de pamphlets bien salés qui sont publiés en France sur les avantages supposés du sans soufre ou de la biodynamie - et vous le savez, sur ce chapitre, je suis prêt à tout entendre, pourvu qu'on me laisse déguster et me faire une opinion du résultat dans le vin.
Et sur un sujet beaucoup plus simple, à mon sens, une évidence à laquelle tout buveur moyen a été confronté - car tout le monde tombe régulièrement sur des bouteilles bouchonnées, ou prématurément fatiguées, c'est presque le silence radio dans l'intelligentsia française du vin.
 
Et comment expliquer que des vignerons passionnés par leur travail accepte que celui-ci puisse être gâché par la dernière étape de la production - la seule, en plus, qu'ils ne maîtrise pas vraiment. 
 
Il a bien fallu un jour qu’on passe de la manivelle au démarreur, de l'hélice au réacteur, du minitel à l’ordinateur, de la VHS au DVD puis au téléchargement… Cela ne s'est pas toujours fait sans mal, mais quand les avantages d'un nouveau système sont vraiment évidents, les trainards finissent toujours par rejoindre le troupeau.
 
Les pionniers ont souvent tort, ils prennent des risques. ils essuient les plâtres - et les refus.  Mais ce n‘est pas parce qu’une grosse partie des distributeurs, cavistes et sommeliers français et belges vivent dans le passé qu’il faut oublier tous les autres marchés, plus réalistes et plus à l’écoute des vrais désirs de leur consommateurs - à savoir, ni le plops du bouchon, ni le tra-la-la du débouchage, mais un vin sans défaut, ou en tout cas, sans autre défaut que ceux qu’y a mis le producteur. 
 
Incidemment, je dégustais ce midi un Touraine sauvignon sous capsule - parce que cette cuvée est vendue presque entièrement en Grande-Bretagne, et que le producteur - qui a été primé pour elle dans un concours - ne peut pas la montrer aux journalistes sous un autre type de bouchage en France ou en Belgique. Le vin m’a semblé assez dilué, sans grand intérêt (surtout pour un vin médaillé!) - mais au moins, il était bien net.

15:34 Écrit par Hervé Lalau dans France, Roussillon | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |