10 janvier 2012
Le Rhône se met en 4 à Bruxelles
Cette fin de semaine, Crozes-Hermitage, Gigondas, Saint-Joseph et Vacqueyras fourbiront leur plus belles armes à l'Arsenal de Bruxelles et vous convient à la dégustation des vins de 41 domaines et maisons.
Pour les oenophiles, le dimanche 15 janvier de 14h à 19h;
Pour les professionnels, le lundi 16 janvier de 10h30 à 19h
Adresse du jour: Arsenal, 950 Chée de Wavre, Bruxelles.
Inscription obligatoire auprès d'APIC: apic@skynet.be
ou par téléphone au +32 (0) 2 375 44 44
Domaines présents:
Crozes-Hermitage: Domaine Betton / Domaine des Bruyères / Domaine de Champal / Domaine Yann Chave /
Domaine les Chenêts / Domaine du Colombier / Domaine de Lucie Fourel / Domaine des Hauts Chassis /
Domaine Gilles Robin / Domaine des 7 Chemins / Cave de Tain
Saint-Joseph : Domaine Etienne Becheras / Aurélien Chatagnier / Domaine du Chêne / Domaine Courbis /
Domaine Eric et Joël Durand / Domaine Guy Farge / Domaine Faury / Domaine Philippe Michelas /
Domaine des Pierres Sèches / Domaine Richard / Benoît Roseau / Domaine Vallet
Gigondas : Pierre Amadieu / Domaine Brusset / Domaine de Font-Sane / Domaine Les Goubert
Vacqueyras : Domaine de la Fourmone / Domaine de Montvac / Domaine La Ligière / Vignerons de Caractère /
Domaine des Amouriers / Domaine de la Brunely / Domaine Fontaine du Clos / Domaine Font Sarade /
Domaine de la Ganse / Domaines Les Ondines / Château des Roques / Domaine de la Tête Noire / Le Sang des Cailloux
13:00 Écrit par Hervé Lalau dans Rhône | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, rhône |
04 janvier 2012
40 ans de Gigondas... et un beau livre
C'est la période des étrennes, alors pour quoi ne pas offrir (ou se faire offrir) un beau livre et fêter avec Gigondas son 40ème anniversaire?
Ce livre, il vient de paraître, il s'appelle sobrement "Gigondas, ses vins, sa terre ses hommes".
Le contenu répond à la définition: on y commente en effet des vins, via une verticale de plusieurs domaines par millésime; on y parle aussi du sol, au travers d'une belle balade géologique en profondeur. Et on y brosse aussi le portrait de personnages de la viticulture locale.
Les auteurs, qu'ils soit du cru ou de plus loin (mon copain australien Lincoln Siliakus a collaboré, par exemple, de même qu'Andrew Jefford, Georges Truc et Véronique Raisin... pour ne citer que ce que je connais) sont des amoureux du Rhône et du vin en général.
C'est complet, c'est bien illustré, cela donne envie... d'un bon verre de Gigondas.
Editions Bottin Gourmand, 39 euros, dans toutes les bonnes librairies dès demain
00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Rhône | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : gigondas, vin, vignoble |
06 décembre 2011
A la redécouverte du Ventoux oublié
J'ai la fâcheuse habitude d'oublier des échantillons dans ma cave. Ce qui peut me jouer des tours quand il s'agit de vins à boire sur le fruit.
Mais qui a dit que les vins un peu plus âgés n'avaient pas un beau fruit? Quelle est ce règlement bizarre, quasi militaire, qui dicte leur évolution aux produits de la treille? "Soldats pinards, je ne veux voir qu'une tête! Les arômes primaires devant. Les tertiaires derrière, et les secondaires au milieu. Par ordre d'incorporation dans la troupe. Demi tour... droite!"

La bouteille oubliée
Cette rhétorique martiale ne résiste pas à l'analyse sérieuse, et surtout pas à la dégustation, comme me l'a montré la semaine dernière celle d'un Coteaux du Ventoux, la Cuvée Terre de Truffes, de la Cave Terra Ventoux.
Cette bouteille, je l'avais reçue de Michèle Piron-Soulat il y a... trois ans. Michèle est coutumière de ce type d'envois. A tort ou à raison (je pense que c'est à raison), elle pense que faire goûter un vin est la meilleure façon de faire en sorte qu'un journaliste vineux s'y intéresse. Même si pour moi, cela aura pris un peu de temps (!), elle est tout de même parvenue à ses fins.
Le plus drôle, c'est que j'ai bien fait de l'attendre, ce 2006 (car c'est un 2006); il m'a bluffé: réglisse, mûre, poivre noir, coriandre, c'est un nez de tout jeune vin qui explose à mes narines; en bouche, il y a pas mal de cuir, de gibier, d'humus, (les truffes, je ne sais pas, mais pourquoi pas?); les tannins sont serrés, mais fins, et ça n'en finit pas. Et vous savez quoi; en finale, le fruit noir revient à la vitesse d'un autobus!
Et qu'on en me dise pas que les vins de coopératives vieillissent mal!

Et le cachet de Michèle faisant foi...
00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : ventoux, rhône |
07 novembre 2011
Pour bien boire, buvez en bonne compagnie!
Pour bien boire - on ne parle pas de déguster, mais bien de boire - il faut savoir choisir ses vins, mais aussi les gens avec qui l'on boit.
On dirait un vieil aphorisme de Malesherbes ou de Saint Simon. Eh bien non, c'est de moi!
Il faut dire que j'ai triché, quand j'ai écrit ces lignes, je carburais au grand vin et aux grands esprits.
C'était vendredi soir, aux Berceaux (ze place to be in Epernay) je dînais en compagnie de trois de mes complices des 5 du Vin, Marc, Jim et David, et d'un très sympathique consultant basco-champenois, Olivier Borneuf. Un jeune à la fois passionné, compétent et ouvert, oui, ça existe.
Comme c'était notre dernier soir ensemble, après deux jours de dégustations avec les Artisans du Champagne, nous avons décidé de changer de région. À l'apéritif, Patrick Michelon, le chef des Berceaux, nous a servi un vin mystère, qui s'est avéré être alsacien - j'avais hésité entre Gaillac et Savennières, il s'agissait d'un vin de Jean Michel Deiss. L'Engelgarten 2008. Miel d'acacia et pétrole au nez, j'aurais dû reconnaître un beau riesling (il y en a dans le lot, mais c'est une parcelle complantée où il y a aussi du muscat et des pinots), mais l'acidité apparemment assez basse m'a fait bifurquer vers d'autres contrées. Deiss 1, Lalau 0.
Marc et David, eux, ont trouvé tout de suite. Jim aussi, après avoir pris le temps de friser sa moustache. Chapeau, les gars!
Engelberg 2008
Nous avons entamé le repas avec un Saint Aubin choisi par David, un Premier Cru les Champlots de Gilles Bouton, millésime 2009.
Riche, gras, miellé, un tantinet sur l'alcool, mais tellement bourguignon!
David aurait préféré le 2008, moins solaire. Je ne peux pas dire, je ne l'ai jamais bu.

Saint Aubin Premier Cru 2009
Pour les côtelettes d'agneau, nous sommes passés à un Saint-Nicolas de Bourgueil, 2009 de Gérald Vallée, à nouveau choisi par David, assisté par Mr Loire en personne, alias Jim Budd. Cuvée Les Perruches.
Quelle fraîcheur, quel exubérance de fruit, quelle belle longueur en bouche! C'est mûr. Mais c'est croquant.

Les Perruches 2009
Comme la bouteille nous a vite semblés trop petite, Marc a commandé une bouteille de Crozes Hermitage, la Cuvée Le Clos des Grives 2009, de Laurent Combier.
Dense, fruité, mais droit, ces grives là nous ont chanté tout le charme des Côtes du Rhône du Nord, la tension sous le velours.
Le Clos des Grives 2009
J'avais encore du Saint Nicolas dans mon premier verre, j'ai donc pu faire des allers-retours entre Loire et Rhône, et je n'ai pas été déçu du voyage. Deux belles expressions de fruit noir, différentes et pourtant, dans un sens, la même précision de vinification, à la recherche de l'expression du cru - je ne parlerai pas de terroir, en bon britannique, David juge le mot imprécis et galvaudé, et je crois qu'il a raison.
Dieu que c'était bon d'être ensemble autour de ces bouteilles-là. Dieu qu'on était loin du microcosme, du showbiz du vin. Et pour ceux qui pensent qu'on se goberge toujours aux frais des producteurs, qu'on ne vaut pas mieux que la mauvaise réputation du journaliste pique assiette, ou pire, du critique acheté, on a payé de nos deniers, 77,5 euros par personne, repas et vin compris. On n'a pas regretté nos sous. Et la conversation, elle, était gratuite. On en reparlera au fil des posts, ici ou sur le blog des 5 du Vin.
Alors faites moi confiance: il y a toutes sortes d'accessoires du vin, aujourd'hui, du verre "Spécial Boisé" à la turbine d'aération en passant par la carafe profilée. Ce n'est pas moi qui vous en dégouterai.
Mais au moins aussi important: choisissez bien avec qui vous buvez!
Et pour ceux qui voudraient récréer l'ambiance (mais avec d'autres amis, je garde les miens), voici l'adresse: Les Berceaux, 13 rue des Berceaux, F-51200 Epernay. http://www.lesberceaux.com/restaurant.htm
00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Bourgogne, Champagne, France, Loire, Rhône | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, art de vivre, deiss, engelberg |
04 novembre 2011
"Sur la route des Vins de la Vallée du Rhône"
Le nouveau Guide Hachette «Sur la Route des Vins de la Vallée du Rhône», qui vient de sortir de presse, liste près de 300 caves et propriétés accueillant le public. Elles sont toutes adhérentes à la charte «Côtes du Rhône, Terroirs d’Accueil». On y trouve aussi des gîtes et chambres d’hôtes, des tables vigneronnes, des jardins de cépages, des expositions d’outils vignerons, des initiations à la dégustation, du patrimoine et des manifestations culturelles jalonnant les terroirs...

Pour plus de facilité, le guide répartit ces offres oenotoristiques entre les itinéraires balisés créés par Inter Rhône.
00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Rhône | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : côtes du rhône, vallée du rhône, oenotourisme |
17 octobre 2011
Influence des conditions de stockage des vins sur leur conservation
Inter Rhône a étudié l’impact des conditions de conservation sur la qualité des vins en bouteille. Cinq vins (4 rouges et 1 rosé) différents, conservés 36 mois dans des conditions de stockage simulant des situations réalistes de stockage de vins embouteillés (transport, séjour sur linéaire, cave) ont été analysés.
Les différents facteurs environnementaux testés sont la position de la bouteille, l’intensité lumineuse et la température.
Beaune 1959
Pour tous les vins et conditions de conservation, les teneurs en dioxyde de soufre libre et des anthocyanes décolorables diminuent fortement au cours du temps.
A l’inverse, la nuance et la teinte jaune augmentent.
Ces évolutions sont réduites par les conditions simulant un stockage idéal en cave (FCP). La température est le facteur qui a le plus d’influence sur l’ensemble des paramètres analysés.
Les conditions de conservation n’ont que peu d’influence sur l’appréciation sensorielle des vins au bout de 6 mois de stockage. Par contre, à partir de 18 mois, les conditions FCP se distinguent des autres, les vins correspondants étant les plus appréciés.
Conclusions: les conditions de stockage des vins influent différemment sur leurs paramètres analytiques et sensoriels.
Une chute importante de la teneur en SO2 libre est constatée quelles que soient les conditions de conservation et les teneurs de départ. Elle est moindre dans le cas des conditions favorables FCP.
Dans tous les modes de conservation, la concentration en anthocyanes diminue fortement. Cette diminution n’est pas couplée à une baisse d’intensité colorante ni d’IPT, ce qui exclut la dégradation ou la précipitation. Elles réagissent avec d’autres composés du vin pour former d’autres molécules. Le bilan de ces réactions se traduit par une augmentation de la couleur jaune des vins caractérisée par une augmentation de la nuance et de la teinte jaune. Ces évolutions sont bien moindres lors de la conservation dans les conditions idéales (FCP).
Dans le cas d’un circuit de commercialisation court, les conditions de conservation n’ont que peu d’influence sur l’appréciation des vins, même si certaines accélèrent le vieillissement du vin. Par contre, pour un circuit de commercialisation moyen à long, les conditions de stockage peuvent avoir des effets néfastes sur la qualité des vins. Les conditions FCP conduisent toujours aux vins les moins oxydés et les plus appréciés, et ce à partir du stade 18 mois.
Les teneurs en SO2 libre subissent de fortes baisses au cours de la conservation
et semblent être déterminantes pour le niveau qualitatif des vins. Sur la base de cette observation, il est impératif que le vinificateur adapte le sulfitage à la mise
en bouteille à la date de consommation présumée et au réseau de distribution envisagé.
La température joue un rôle très important dans la conservation des vins tant du point de vue analytique que sensoriel. Seules les conditions de stockage combinant les meilleurs facteurs environnementaux (bouteille couchée à la pénombre, température basse et stable) conduisent aux vins les mieux conservés du point de vue analytique et les plus appréciés du point de vue sensoriel.
A noter que le système de bouchage n'a pas été étudié - toutes les bouteilles analysées étaient bouchées au liège.
Plus d'info: Inter Rhône, puech@inter-rhone.com
16:51 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, stockage, conservation du vin, inter rhône |
30 septembre 2011
69.970 exploitations viticoles en France
C'est officiel, ce sont les chiffres du recensement agricole 2010: la France compte 69.970 exploitations spécialisées en viticulture, totalisant une superficie de 789.000 ha. En 2005, elles étaient 77.660 et en 2000, 92.000. La baisse est donc de 24 % en 10 ans.
Les grandes et moyennes exploitations (celles dont le chiffre d'affaires est supérieur à 25000 euros par an) ont plutôt mieux résisté à l'érosion, puisqu'elles sont passées de 55.000 unités en 2000 à 47.000 en 2010, soit une baisse de 15%.
Deux petits commentaires de mon cru:
1° Moins de 25.000 euros par an, c'est bien peu pour faire vivre une famille. Il y a bien sûr des entreprises qui ne font pas que de la viticulture, mais tout de même, cela pose la question de la viabilité.
2° La surface moyenne de l'exploitation française est de 11 hectares. Ca peut être suffisant pour vivre dans les grands crus de Bourgogne ou de Bordeaux (il faut cependant tenir compte des impôts fonciers), mais c'est notoirement insuffisant pour les régions à faible notoriété.
Deux pistes diamétralement opposées s'offrent à ces petits exploitants défavorisés: d'un côté, la valorisation (le bio, la biodynamie, les efforts qualitatifs qui permettent de sortir du lot et de vendre plus cher); de l'autre, l'abaissement des coûts de revient par l'augmentation des rendements et la mécanisation, notamment.
La première me semble promise a plus d'avenir, compte tenu des charges qui pèsent sur l'entreprise en France, et que ne connaissent pas les pays concurrents. Ces charges pèsent encore plus lourd quand on vend à bas prix.
J'oubliais deux autres "solutions", mais qui ne permettent pas de pérenniser l'exploitation: l'arrachage des vignes et la revente à des structures plus grandes. Ce sont ces deux dernières pistes qui expliquent l'évolution enregistrée par le recensement.
00:02 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Beaujolais, Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Charentes, Corse, France, Jura, Languedoc, Loire, Midi, Provence, Rhône, Roussillon, Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, économie, surface, france, rentabilité |
28 septembre 2011
Domaine de Mourchon, Scottish Séguret
Petit avant goût de la rubrique "découvertes" du prochain In Vino Veritas, dont cet extrait est signé de votre serviteur.
Domaine de Mourchon Tradition 2009 - Côtes du Rhône Séguret
Un des clous de notre dégustation de rentrée. Ce Séguret n’est pourtant que l’entrée de gamme de cette maison située à l’écart du Séguret, au lieu dit la Grande Montagne (naturellement assez haut perché, à 350m). Cette cuvée assemble grenache, syrah, Carignan et cinsault.
Robe très sombre. Au nez, de la réglisse, du fruit rouge; la bouche est friande, ample et pleine de sève. Un vin puissant, mais pas bodybuildé. La finale est sur les épices, l’alcool est compensé par une belle fraîcheur minérale. Un régal. Quand c'est bon, c'est bon!

Le domaine, qui compte 17 ha, est depuis 1998 dans les main d'une famille écossaise, les McKinlay.
Plus d'info:
00:10 Écrit par Hervé Lalau dans Rhône | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : mourchon, séguret, écosse |
14 septembre 2011
Pour en finir avec la guidite chronique
Vous ne concevez pas de vivre la rentrée sans le dernier Goncourt, ni sans un bon guide d'achat des vins?
Ne vous inquiétez pas. C'est moins grave que la maladie de Jacques Chirac. Et surtout, c'est beaucoup plus répandu, alors les labos investissent; ils vont bien finir par trouver un traitement.
En attendant, vous pouvez au moins éviter d'acheter le mauvais guide. Vous n'avez qu'à aller sur le site du Vindicateur. Il fait un tri.
C'est ICI et j'adore.

Juste un petit commentaire.
Le taulier du site, Antonin Iommi-Amunategui, se pose la question de sa légitimité de commentateur.
Ne te la pose plus, Antonin! Est-ce que les éditeurs et les auteurs de ces guides se la posent? Et qui osera me dire qu'il n'a jamais été déçu par une sélection du Guide Hachette, du Bettane et Desseauve ou du Guide de la RVF?
Allons, tout ce qui est humain est faillible et plein d'irrationnel.
Alors continue, Antonin. Même si ça ne fait pas vendre un guide de moins, vu qu'ils sont posés près des caisses de grand crus au Coraffour, au Pasclerc, à l'Interfâché ou au Minus Casimmo, cette semaine, ton oeuvre aura au moins fait un heureux: moi.
Grâce à toi, j'ai trouvé le courage de ne pas en acheter. Même si je n'en dégoûte pas les autres. C'est qu'il y a du boulot, derrière tout ça! Et de l'argent, aussi.
A Sierre, il y a quelques jours, j'ai reçu le Guide Vinea des Vins Suisses. Ca me suffit pour le moment.
En plus, c'est très économique: comme les vins qui y sont mis en avant ne sont pas vendus chez moi, je ne suis pas tenté d'acheter!
Mais tout à coup, j'ai comme un doute.
Et si tout ça n'était qu'une vaste supercherie, une sorte de Matrix du vin? Les guides commenteraient (très bien) des vins qui n'existeraient pas (un peu comme pour les Primeurs), et nous on commenterait les commentaires.
Ah, au fait, pour le Goncourt, je ne peux rien faire. C'est à vous de voir.
09:21 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Beaujolais, Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Charentes, Corse, France, Jura, Languedoc, Loire, Luxembourg, Midi, Pour rire, Provence, Rhône, Roussillon, Sud-Ouest, Suisse, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : guide de vins, vin, matrix |
11 septembre 2011
Kroll en vacances ou la bonne bouteille de l'oncle Eric
Eric Boschman nous coupe une dernière belle tranche de vie d'été...
C’est un beau roman, c’est une belle histoire. Un dessinateur belge célèbre pour ses caricatures politiques, alis Pierre Kroll, prenait ses vacances en famille, au pied du Ventoux, dans une maison toute simple, loin des aléas de la vie, des trépidances quotidiennes de la politique. Des VACANCES, sans internet, sans relations publiques, sans cocktails mondains, sans débats dominicaux ni Castelucci, rien de rien, nib de nib.
Pierre Kroll
Au niveau activités sociales, c’était comme l’électro-encéphalogramme d’un finaliste de Secret-Story, plat. Le matin, au petit dej en famille, il regardait le vol d’un papillon, d’une abeille, en savourant la confiture de fraise maison et quelques fruits mûrs. Le pain craquait fraîchement, la baguette était cuite, elle n’avait pas de petits points sous le ventre.
Et puis, après quelques ablutions, voire un rapprochement charnel ou l’autre, l’homme s’en allait quérir ses boutanches quotidiennes. Sans rien dire à personne, sans rien demander; de temps à autres, peut-être jouait-il aux boules avec les gens du village.
Bref, une vie normale, banale, loin des feux de la rampe. L’anonymat est une chose facile. Le quidam ne reconnaît pas facilement ses amis de la télé. D’abord vient l’impression de déjà vu, puis vient le "mais bon sang, mais je le connais mais je ne sais plus d’où". Et puis c’est trop tard, mais bon sang mais c’est bien sûr, c’est heu…et on se trompe. Moi, par exemple, on me prend souvent pour mon frère. Qui est nettement moins beau et élégant, pourtant. Mais ça arrive.
Château Buis
Alors, pensez, pour Kroll qui n’a pas de frère... C’est d’ailleurs à la vue de ce genre de situation que l’on est en droit de se demander si les «peoples» surpris par des papas pas rasés en vacances ne le font pas un peu exprès. Avez-vous déjà vu des images de Robert Vandenberghe en vacances à la Ciotta dans Voilà? Ou des photos d’Irène Goule, seins nus à Propriano dans T’es Laid Ciney Revue? Non, parce qu’ils savent gérer leur plongée dans l’anonymat, eux. Toots, lui, sort de l’harmonica, mais cela n’a rien a voir.
Tout cela aurait pu perdurer jusqu'à ce que Mort Shuman s’en suive. Mais non, un jour, alors qu’il sortait de la cave, une famille de compatriotes l'a reconnu, et, au lieu de taire la chose, de le laisser s’intégrer doucement au village, alors qu’il passait paisiblement ses étés là depuis plus d’une décennie déjà, la famille l’a dénoncé au viticulteur.
Et là, on pourrait craindre le pire, que le village en son entier ne devienne fan, n’achète la production, ô combien importante de notre homme (ou femme). Ou le contraire du pire, c’est à dire que le village ne fasse corps pour empêcher quelques quidams de découvrir le nid secret de leur nouvel auteur préféré. Coup de bol, il n’en fut rien, ni de l’un, de l’autre, peu leur chalait (de montagne), en effet, que la tête de Kroll ait été mise à prix à Morsteel ou qu’il hantât les plateaux de télévision. Et la vie repris son cours. Sauf que maintenant, le vigneron favori de l’un savait qui était l’autre. Et vice et versa.
Et arriva ce qui devait arriver. Ils s’aimèrent. Ils n’eurent pas d’enfants, car pour l’un et l’autre c’était déjà fait, mais eurent beaucoup de plaisir à déguster moultes cuvées. Encore et encore. Découvrir ce que cette belle région du sud rhodanien pouvait donner de bon et de meilleur quand les vignes sont travaillées raisonnablement, quand les rendements sont maîtrisés, quand les cépages expriment au plus juste leurs racines, quand, enfin, le vigneron (ou la vigneronne) donne tout ce qui habite en lui pour magnifier le vin. Ils ont dégusté, partagé, sont devenus copains. Et puis un jour le manieur de marqueurs proposa au pro du sécateur de lui faire une étiquette. Un truc de rien du tout, symbolique, qui pourrait lui ouvrir des portes dans son pays à lui. Lorsque vous l’aurez devant vous, regardez là attentivement.
Certes, ce n’est pas aussi complexe que l’œuvre d’un primitif flamand au niveau de la symbolique, mais il y a de quoi faire travailler ses neurones quand même. Par exemple, ce tertre dans le lointain n’est pas celui de Waterloo mais bien le Mont Ventoux. L’homme qui boit n’est pas notre souverain bien aimé, mais un quidam qui aime le jaja de l’ami vigneron. Je ne vous ferai pas le détail de chaque crobard, loin de moi l’idée de transformer ce moment alcoolique en cours d’histoire de l’art. Goûtez et buvez en tous, ceci est son étiquette, donnée pour nous en rémission de nos bêtises.
Prenez et buvez en tous, car ceci est un vin fort bien fait au demeurant, pas une étiquette de complaisance, mais une chouette histoire presque aussi lente que ce que je viens de vous compter par le menu. Un vin frais, léger, qui se boit juste pour le plaisir, pas pour frimer devant les potes, un vin de bonheur, de partage, des potes qui passent et qui dévorent les pâtes fumantes dégoulinantes de beurre. Sa robe est rubis léger, le nez est marqué par le côté poivré de la grenache et le fruit noir de la syrah arrive en seconde partie. En bouche c’est rond, tout souple, léger même, avec une jolie pointe de fraîcheur en fin de bouche. Ça se boit sans y penser, sans prétention, avec un petit sourire au coin des lèvres, surtout en regardant l’étiquette. Parce qu’une fois n’est pas costume, le ramage est à la hauteur du plumage et j’aime ça !
Château Buis, Côtes du Rhône 2010, Rousset les Vignes, Grenache 85%, Syrah 15%, Etiquette de Pierre Kroll.
Eric Boschman
00:22 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Rhône | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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