13 février 2012
T'as de Baux Blancs, tu sais!
Depuis quelques années, les 13 vignerons des Baux de Provence demandaient à ce que leur AOC puisse accueillir des vins blancs (jusqu'ici vendus soit en AOC Côtes de Provence, soit en AOC Coteaux d'Aix, soit en Vin de Pays/IGP).
Le Comité National des Appellations d’Origine les a entendus. C'est maintenant chose faite.
A noter que 85% de la surface de l'appelaltion (350ha répartis entre 8 communes) sont cultivés en bio, une spécificité que les Baussenques aimeraient bien mettre aussi dans leur décret.

Les Baux de Provence (Photo Henri Bergius)
00:10 Écrit par Hervé Lalau dans France, Provence | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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27 décembre 2011
IGP Méditerranée... tu parles!
Je n'en finirai donc jamais de relever les incongruités, les fadaises, les carabistouilles des dénominations françaises.
Cette fois, cela ne concerne pas les AOC - laissons les se reposer un peu, le temps d'absorber les anciens VDQS. Non, cette fois, il s'agit des IGP.

Petit rappel climatologique à l'attention des marketteers trop zélés
Et plus précisément, de l'IGP Méditerranée. Vaste territoire. Rassurez vous, pour l'exercice, on l'a limité à la France - les régions bordant la Grande Bleue mais ne relevant pas de l'administration française que le monde nous envie ne comptent pas.
En fin de compte, c'est peut-être mieux, car rien qu'en France, cet IGP taille déjà XXL.
Il y a d'abord tous les départements de Provence: Vaucluse, Bouches‐du‐Rhône, Var, Hautes‐Alpes, Alpes Maritimes et Alpes de Haute Provence.
Mais il y a aussi cinq départements de la Région Rhône Alpes. Pour la Drôme et l'Ardèche, on veut bien admettre l'influence méditerranéenne. Mais pour l'Isère, le Rhône, et la Loire, alors là, c'est du grand n'importe quoi! Concrètement, un producteur de Beaujolais ou de Côtes Roannaises peut donc produire de l'IGP Méditerranée...
Et vous savez le plus drôle: la Méditerranée, au sens IGP, ne comprend ni le Languedoc-Roussillon (ils préfèrent le Vin de Pays d'Oc) ni la Corse (une île cernée par quelle mer, déjà?).
Pourquoi ce laxisme d'un côté (au Nord) et cet ostracisme de l'autre (à l'Ouest et au Sud-Est)?
C'est une question de "bassins", une question d'interprofessions, une question de clochers. Et moi qui pensais que les IGP devaient faciliter les choses pour les producteurs et pour les consommateurs...
Passe encore que les producteurs fassent des petits arrangements entre amis avec la géographie et le climat - ils voient Midi à leur porte, et la Méditerranée où ça leur plaît.
Mais qu'il n'y ait pas eu un responsable de l'INAO, un fonctionnaire français ou européen pour rappeler à l'ordre et à la logique ce petit monde qui prend ses désirs pour des réalités, ça me dépasse.
Et dire que dans le même temps, on interdit le 100% carignan dans le Roussillon, on tractopelle un premier cru de Gevrey en toute impunité, on discute du sexe des Angevins chez Olivier Cousin...
Tiens, je ferais bien une pétition pour réclamer le retour de la Méditerranée... en Méditerranée, pour que les mots retrouvent leur sens, et pas celui que leur donnent des marketeers à la petite semaine; mais à quoi bon!
Le système est si bien verrouillé que ce n'est pas un petit journaleux de merde, un indigné en caoutchouc, qui va refaire les décrets et les dénominations, même fantaisistes!
00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Corse, Languedoc, Midi, Provence, Roussillon | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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21 novembre 2011
Domaine Tempier (Bandol), 1990-2003, par Youri Sokolow
Mon ami Youri Sokolow m'a confié un de ces comptes-rendus de dégustations dont son club d'oenophiles a le secret.
Celui-ci concerne le Domaine Tempier, à Bandol, et plus particulièrement ses 3 cuvées spéciales:
-La Migoua qui est élaborée avec en général 50 à 65 % de Mourvèdre
-La Tourtine qui contient 70 à 80 % de Mourvèdre
-La Cabassaou, qui, elle, atteint 95 % de Mourvèdre.

Un domaine, trois cuvées, cinq millésimes
Lors de notre dégustation, sur cinq millésimes (1990, 1995, 1998, 2000, 2003), nous avons préféré la Cuvée Cabassaou (16,74/20), devant la Migoua (15,98/20), et La Tourtine (15,68/20).
Nous avons commencé par le millésime 1998, où la Migoua est à boire, la Tourtine proche de la maturité, à l’inverse de la Cabassaou, qui apparaît élégante et complexe mais d’une jeunesse impressionnante.
Dans le millésime 1995, à l’inverse, la Tourtine semble avoir dépassé son apogée, alors que la Migoua est superbe d’élégance et d’équilibre. A nouveau la Cabassaou domine les débats avec un vin plus complexe et plus jeune.
Le millésime 2000 est de loin le millésime qui nous a procuré le plus de plaisir.
La Migoua présente un nez puissant sur des notes de cassis, de fumé, une touche métallique et goudronnée, qui évolue vers le floral et l’amande. Bouche à l’attaque ample, un superbe fruit, une matière riche et concentrée, des tannins magnifiquement racés, une longue finale charnue. Un vin magnifique à boire sur cet équilibre mais pourra sans problèmes encore évoluer quelques années. A nouveau, La Cabassaou a dominé les débats, avec un vin au nez complexe sur l’orange sanguine, le minéral, notes de fruits rouges et noirs confiturés, touche mentholée, qui évolue vers la fourrure et le cassis. Bouche tout aussi superbe, riche, concentrée, tannique, sur la réserve mais avec un potentiel gigantesque. Un vin massif à revoir dans 10 ans. Pour finir la Tourtine offrait un nez puissant sur des sanguines, agrumes, menthol, fourrure, goudron, romarin. La bouche était la plus élégante des 3, avec des tannins soyeux et fondus et une finale équilibrée, malgré une légère pointe d’amertume. Le plus aimable des vins, il est prêt à boire.
Sans surprise, le millésime 2003 est apparu extrêmement chaud et opulent, avec des vins d’une richesse à la limite de l’écœurement, et dont il est difficile de prévoir l’évolution. A nouveau, le seul qui sort son épingle du jeu, fut la Cabassaou, dont le coté strict équilibrait, autant que faire se peut, la richesse alcoolique.
La dernière série, celle des 1990, fut hétéroclite; notre seule déception de la soirée fut de voir une Cabassaou 1990 fatiguée, austère et manquant d’équilibre, à l’inverse du Château Pibarnon 1990, notre vin pirate, qui se montrait élégant et fondu.
Youri Sokolow
Plus d'info: http://domainetempier.com/
00:08 Écrit par Hervé Lalau dans Provence | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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15 octobre 2011
1855, Crus Bourgeois, St Emilion... des classements, pour quoi faire?
Mon copain Roger Liégeois me demande ce que je pense du classement de 1855, faut-il le réactualiser?
Ma réponse tient en peu de mots: je suis contre les classements. A chaque cru, à chaque vigneron, à chaque millésime sa vérité.
Si vous voulez, je peux développer. A ceux qui s'intéressent plutôt au contenu qu'à l'étiquette, je donne rendez-vous demain. Même lieu même heure.
Vous êtes toujours là? Alors on y va.
Les classements n'ont qu'une valeur à mes yeux. La valeur marchande.
Les efforts déployés par Saint Emilion et par les Crus Bourgeois du Médoc pour faire renaître leurs classements, et les batailles juridiques acharnées qui les ont accompagnés démontrent qu'il y a un certain intérêt commercial derrière ces mentions. Notez que tous ne s'y retrouvent pas - demandez au Château Houbarnon, à la Tour de By...
Réactualisés ou pas, ils sont aussi intéressants et aussi crédibles à mes yeux que l'élection de la Voiture de l'Année (mes excellents confrères de la critique automobile voudront bien me pardonner mon scepticisme mais je ne peux passer sous silence le fait qu'en 1966, la Renault 16 a terminé devant la Rolls Royce Silver Shadow).
A la limite, je préférerait qu'on ne touche pas au classement de 1855. Il fait partie de l'histoire du Second Empire, au même titre que la perruque poudrée fait partie du Grand Siècle. Je respecte. Ce n'est pas pour ça que je porterai une perruque, ni que j'acheterai un cru classé plutôt qu'un non classé. Mais plutôt que de le réactualiser, je propose de classer le classement. A l'heure où des parlementaires demandent la légalisation du cannabis, d'autres celle des OGM, d'autres encore celle de l'homoparentalité, je pense que le classement de 1855 sera bientôt le dernier témoignage qui nous reste d'une société traditionnelle (avec le Jésus de Morteau). Il convient donc de le protéger, dans le formol s'il le faut, au même titre que les derniers cadavres de dodo, la poésie de cour, les préliminaires de l'amour et les recettes dont on a perdu depuis longtemps les ingrédients.
Ca vous choque? Vous ne voyez pas le rapport?
Il y en a un pourtant: le Classement de 1855 était basé sur les cotations des vins sur les années précédentes. Il n'avait aucune vocation à durer: la sélection était établie à la demande de Napoléon III, pour l'Exposition Universelle de Paris. De fait, le régime a changé. Le vignoble aussi. Et c'est là que le bât blesse; le classement à la Bordelaise classe des entreprises, des châteaux viticoles, pas des terroirs, des climats, des parcelles, comme en Bourgogne.
Or, les contours de ces domaines ont fluctué, en 150 ans, au gré des rachats, des remembrements, des replantations. Et n'oublions pas le phylloxéra, qui a conduit à repenser l'encépagement et la densité de plantation. Et n'oublions pas non plus la révolution oenologique, et les changements dans la consommation, qui font qu'on est plus trop sûr de pouvoir apprécier un vin du type de ceux qu'on vinifiait dans les années 1840...
Je comprends évidemment qu'un propriétaire qui s'est payé (trop cher) un domaine classé et qui devra payer des droits pour le transmettre ait envie de valoriser au mieux son bien, en vendant ses vins le plus cher possible sous la mention la plus flatteuse possible. C'est humain. Le vin, c'est aussi, c'est d'abord du commerce.
Mais c'est au buveur de décider si veut payer la surcote de l'étiquette. D'aucuns ont besoin de cette béquille du classement pour être sûr de leur goût, ou plus prosaïquement, dans le cas des investisseurs, pour être sûrs de bien revendre leur achat. Je les plains, dans un cas ciomme dans l'autre.
Et je signale aux amateurs que Bordeaux n'a pas le monopole des Crus Classés: la Provence aussi en a. Pas depuis 1855. Depuis 1955. Les vins de Provence n'étaient encore que des VDQS, mais le Ministre de l'Agriculture, dans sa grande sagesse, a jugé utile d'en classer 23. Il n'en reste plus que 18 aujourd'hui.
Vu leur peu de notoriété, personne, apparemment, ne se bouge pour réactualiser ce classement-là. C'est bien la preuve que tout ce qui compte, dans ce genre de palmarès, c'est la valeur commerciale ajoutée.
Voila, c'est dit, et qu'on ne m'en parle plus jusqu'au prochain... classement.
00:09 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France, Provence | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : bordeaux, classements, provence, crus bourgeois |
30 septembre 2011
69.970 exploitations viticoles en France
C'est officiel, ce sont les chiffres du recensement agricole 2010: la France compte 69.970 exploitations spécialisées en viticulture, totalisant une superficie de 789.000 ha. En 2005, elles étaient 77.660 et en 2000, 92.000. La baisse est donc de 24 % en 10 ans.
Les grandes et moyennes exploitations (celles dont le chiffre d'affaires est supérieur à 25000 euros par an) ont plutôt mieux résisté à l'érosion, puisqu'elles sont passées de 55.000 unités en 2000 à 47.000 en 2010, soit une baisse de 15%.
Deux petits commentaires de mon cru:
1° Moins de 25.000 euros par an, c'est bien peu pour faire vivre une famille. Il y a bien sûr des entreprises qui ne font pas que de la viticulture, mais tout de même, cela pose la question de la viabilité.
2° La surface moyenne de l'exploitation française est de 11 hectares. Ca peut être suffisant pour vivre dans les grands crus de Bourgogne ou de Bordeaux (il faut cependant tenir compte des impôts fonciers), mais c'est notoirement insuffisant pour les régions à faible notoriété.
Deux pistes diamétralement opposées s'offrent à ces petits exploitants défavorisés: d'un côté, la valorisation (le bio, la biodynamie, les efforts qualitatifs qui permettent de sortir du lot et de vendre plus cher); de l'autre, l'abaissement des coûts de revient par l'augmentation des rendements et la mécanisation, notamment.
La première me semble promise a plus d'avenir, compte tenu des charges qui pèsent sur l'entreprise en France, et que ne connaissent pas les pays concurrents. Ces charges pèsent encore plus lourd quand on vend à bas prix.
J'oubliais deux autres "solutions", mais qui ne permettent pas de pérenniser l'exploitation: l'arrachage des vignes et la revente à des structures plus grandes. Ce sont ces deux dernières pistes qui expliquent l'évolution enregistrée par le recensement.
00:02 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Beaujolais, Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Charentes, Corse, France, Jura, Languedoc, Loire, Midi, Provence, Rhône, Roussillon, Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, économie, surface, france, rentabilité |
21 septembre 2011
Vendanges 2011: l'année de la pourriture?
Je ne parle pas de la pourriture noble, celle que le Sauternais appelle de ses voeux (enfin, les vignerons les plus traditionnels, ceux qui ne cryogénisent pas). Non, je pense à la pourriture grise, à celle qu'un été pourri - c'est le cas de le dire - a laissé se développer un peu partout en France. Même dans le Sud (à part le Roussillon et la Corse, peut-être).
Pourri de chez pourri
Les sauvignons, à Bordeaux, sont particulièrement touchés. De même que les pinots et le chardonnay de Champagne - c'est Francis Boulard qui nous le dit. Les sauvignons de Touraine et du Sancerrois ne sont pas épargnés: les élèves du Lycée agricole de Cosne parlent d'un état sanitaire moyen (bel euphémisme). Les cabernets francs de Bourgueil et de chinon ne sont pas mieux lotis.
Et les chenins du Saumurois ou du Layon ont parfois grise mine. De même que les Gamay du Beaujolais ou les blancs d'Alsace.
Ici ou là, on nous dit que les foyers sont contenus. Pardonnez ma naïveté: je pensais qu'on ne pouvait plus traiter les vignes aussi près de la récolte... et il pleut toujours, après quelques épisodes de canicule, tout ce que le botrytis aime bien...
Tout ceci a incité plus d'un vigneron à avancer les vendanges sur les cépages les plus touchés. En Champagne, par exemple. Bonjour les maturités! Bonjour la qualité, aussi: vert et pourri à la fois, il faudra de bons oenologues pour gommer ça. A Bordeaux aussi, il y a des cagettes qui font peur. Même Madame Osmose ne devrait pas suffire à rendre ça "vinifiable"...
La meilleure solution (mais aussi la plus coûteuse, sans doute), c'est plutôt la table de tri. Elle n'est malheureusement pas obligatoire. On frémit à l'idée que certains raisins non triés pourraient finir en AOC... Espérons que le contrôle qualité aval fonctionne...
Seuls endroits vraiment épargnés, pour l'instant: les services communication des interprofessions. Là, on ne trouve aucune trace de pourriture - ou alors, sous contrôle, totalement sous contrôle.
Laissons leur quelques jours encore, et on aura droit aux fadaises habituelles d'après vendange: "millésime classique", "millésime de vigneron"... peut-être même, par endroits, "exceptionnel." L'effet terroir, les micro-climats, sans doute...
Le marketing viticole, c'est un peu la vie rêvée des bisounours. On y applique volontiers la méthode Coué: "Vous ne dites pas que c'est pourri, donc ce n'est pas pourri." Et à la dégustation? "N'anticipons pas, il sera toujours temps d'en parler à ce moment-là. Quand tu vends ta voiture, dans les petites annonces, tu n'es pas obligé de dire que les pneues sont déjà presque lisses."
Pourtant, à mon sens, toute vérité est bonne à dire. Les Français ont encore à l'esprit la pluie des derniers mois, ils auraient du mal à avaler de nouveaux communiqués de victoire! Pour être crédible quand c'est vraiment bon, il faut pouvoir dire quand c'est moins bien.
Amis vignerons, si je caricature, si c'est mieux chez vous, tant mieux, et n'hésitez pas à me le faire savoir!
00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Beaujolais, Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Charentes, Corse, France, Jura, Languedoc, Loire, Luxembourg, Midi, Pour rire, Provence, Roussillon, Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, botrytis, pourriture, millésime 2011 |
14 septembre 2011
Pour en finir avec la guidite chronique
Vous ne concevez pas de vivre la rentrée sans le dernier Goncourt, ni sans un bon guide d'achat des vins?
Ne vous inquiétez pas. C'est moins grave que la maladie de Jacques Chirac. Et surtout, c'est beaucoup plus répandu, alors les labos investissent; ils vont bien finir par trouver un traitement.
En attendant, vous pouvez au moins éviter d'acheter le mauvais guide. Vous n'avez qu'à aller sur le site du Vindicateur. Il fait un tri.
C'est ICI et j'adore.

Juste un petit commentaire.
Le taulier du site, Antonin Iommi-Amunategui, se pose la question de sa légitimité de commentateur.
Ne te la pose plus, Antonin! Est-ce que les éditeurs et les auteurs de ces guides se la posent? Et qui osera me dire qu'il n'a jamais été déçu par une sélection du Guide Hachette, du Bettane et Desseauve ou du Guide de la RVF?
Allons, tout ce qui est humain est faillible et plein d'irrationnel.
Alors continue, Antonin. Même si ça ne fait pas vendre un guide de moins, vu qu'ils sont posés près des caisses de grand crus au Coraffour, au Pasclerc, à l'Interfâché ou au Minus Casimmo, cette semaine, ton oeuvre aura au moins fait un heureux: moi.
Grâce à toi, j'ai trouvé le courage de ne pas en acheter. Même si je n'en dégoûte pas les autres. C'est qu'il y a du boulot, derrière tout ça! Et de l'argent, aussi.
A Sierre, il y a quelques jours, j'ai reçu le Guide Vinea des Vins Suisses. Ca me suffit pour le moment.
En plus, c'est très économique: comme les vins qui y sont mis en avant ne sont pas vendus chez moi, je ne suis pas tenté d'acheter!
Mais tout à coup, j'ai comme un doute.
Et si tout ça n'était qu'une vaste supercherie, une sorte de Matrix du vin? Les guides commenteraient (très bien) des vins qui n'existeraient pas (un peu comme pour les Primeurs), et nous on commenterait les commentaires.
Ah, au fait, pour le Goncourt, je ne peux rien faire. C'est à vous de voir.
09:21 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Beaujolais, Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Charentes, Corse, France, Jura, Languedoc, Loire, Luxembourg, Midi, Pour rire, Provence, Rhône, Roussillon, Sud-Ouest, Suisse, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : guide de vins, vin, matrix |
07 septembre 2011
IVV 149: le Beaujolais à l'honneur
Le Beaujolais est à l'honneur, ce mois-ci, dans In Vino Veritas.
La plus modeste des revues de vin (probably, comme on disait chez Carlsberg) consacre en effet à cette région si décriée son doosier cetral, sous la plume de l'excellent Marc Vanhellemont. Le même nous livre aussi un peu plus loin une sélection de Brunello gourmands - oui, ça existe - et passe au crible les terroirs des rosés de Provence.
Et ce n'est là qu'un petit aperçu. Que pensez-vous de quelques accords avec le Jambon Ibérique? De Bordeaux -Londres à la voile, avec Fabian Barnes? Ou des nouveaux Carnets de Bernard Arnould...
La revue qui part à l'assaut des moulins...
Pour le reste, rendez-vous dans votre kiosque habituel, ou surveillez votre boîte aux lettre. A moins que vous n'ayez choisi la version numérique, zéro phosphates, zéro sulfites, zéro papier.
Dans ce cas, c'est ici: http://www.invinoveritas.apic.be
00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais, Belgique, Provence, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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27 juillet 2011
En parlant de rosé... Mas de Cadenet 2010
J'ai beaucoup apprécié mon passage à Patrimonio, surtout pour les blancs et les rouges, un peu moins pour les rosés, que j'ai trouvés un peu légers, pour la plupart. Le genre de rosé à boire en terrasse, vite et frais. Et à oublier presque aussi vite. De l'esprit, mais pas beaucoup de matière.
Un rosé structuré (Photo H. Lalau)
Aussi, quand à mon retour, j'ai dégusté le Mas de Cadenet 2010, ce fut comme la victoire de la matière. La Sainte Victoire, même, puisque c'est un Côte de Provence de ce terroir. Calcaire et terres rouges. Pas si différents des sols de Patrimonio, mais les cépages n'on rien à voir; ici, pas de niellucciu mais du grenache et du cinsaut, complétés de syrah (20%). et puis pour le rosé, la Provence, quoi qu'on en dise (et je ne suis pas forcément le plus grand fan), ça reste une référence.
Mais foin des états d'âme, voici mes notes:
Joli robe. Limpide, mais pas évanescente. Une vraie couleur de rosé, pas de blanc taché. Le nez est très fin, sur la cerise, l'abricot, la poire (un vrai panier de fruits), avec une pointe de fumée; belle structure en bouche, beaucoup de tension aussi, long sur l'acidité. Un vin d'amateur. Séduisant mais complexe. A apprécier aussi bien seul qu'au long d'un repas - les viandes blanches, les fruits de mer, les fruits, tout lui va, un rien l'habillera de saveurs. Ou bien c'est lui qui habillera les plats.
Le domaine, situé entre Trest et Rousset, à l'Est d'Aix en Provence, se visite; le site à lui seul vaut déjà le détour, comme l'avait bien compris Cézanne.
Plus d'info: Mas de Cadenet (Famille Négrel); +33 4 42 29 21 59
00:07 Écrit par Hervé Lalau dans Corse, Provence | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : provence, rosé, vin, vignoble |
25 juillet 2011
Facile à produire, le rosé?
Dans le dernier numéro de la Revue du Vin de France, Philippe Maurange affirme, à propos des vins rosés 2010 de Provence et de Corse: "Le rosé est un vin facile à produire et rémunérateur".
Voila deux adjectifs fort discutables, à mon humble avis.
Et vous, amis producteurs de rosé, qu'en pensez-vous?
00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Corse, France, Provence | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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