05 mai 2017

Que pouvait-il dire d'autre?

Je reçois à l'instant le communiqué relatif à la désignation du nouveau directeur commercial de Lanson International - que je félicite au passage.

Celui ci a profité de ce communiqué pour faire connaître ses intentions: "Les missions sont multiples et exaltantes. Ma priorité est d'accroître la présence de nos marques sur l'ensemble des marchés en optimisant notre organisation sur le terrain et en explorant de nouveaux modes de distribution".
 
Comme cela est joliment dit! Et qu'il est réconfortant de constater qu'au pays des 35 heures, le travail puisse encore susciter un tel enthousiasme!
 
D'un autre côté, que pouvait-il dire d'autre? Une certaine dose d'optimisme,même creux, est le moins qu'on puisse attente d'un nouveau promu. 
 
Dans le cadre de mon cycle de formation "Nouvelle sémiologie pratique de la communication d'entreprise", je  vous propose quand même quatre autres projets de communiqué. Ne me remerciez pas, c'est ma semaine de bonté...
 
1.1 Toujours aussi enthousiaste, mais un peu plus concret, quoi qu'un peu visionnaire
 
"Waouh, quel pied, on va s'éclater dans ce boulot! Nos bulles vont envahir les gondoles, worldwide. Je briefe immédiatement les chefs de zones pour qu'on active le commercial. Je ne veux voir que des courbes de vente qui explosent. On va aussi explorer le marché des planètes extérieures, c'est là qu'est la croissance". 
 
1.2 Dans un style nettement plus agressif, quoi qu'un peu futuriste.
 
"Bon, les gars, fini de se la couler douce, on part à la conquête du monde. J'ai là la liste des vendeurs dont les ventes ont plafonné l'an dernier. Je leur dis tout net: si vous ne redressez pas la barre, je pouvez chercher un nouveau job. De préférence, chez un concurrent.
Au fait, on commence à livrer par drones le mois prochain - les magnums, d'abord; et simultanément, je teste les robots de vente. Ca devrait dépoter grave."
 
1.3 Plus factuel
 
"La situation est délicate. Je ne suis pas sûr d'arriver à remonter la pente, mais on va tous ses serrer les coudes avec les commerciaux; il faut absolument qu'on regagne le référencement Carrefour, mais sans perdre celui de Leclerc ni de Casino. Sinon, on n'aura plus qu'à vendre sur le parking du chai. Il y a aussi venteprivées.com, mais là, vu les marges que ça nous laisse, ne comptez pas trop sur des commissions, les gars..."
 
1.4 Rien

Parce que quand on n'a rien de concret à dire, peut-être vaut-il encore mieux ne rien dire.

16:58 Écrit par Hervé Lalau dans Pour rire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

06 avril 2017

L'Ifremer au bord de la mer?

Notre beau pays et son organisation territoriale sont pour moi une source intarissable de joies sans mélanges. Saviez-vous que le siège du prestigieux Ifremer (Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer) est situé à... Issy-les-Moulineaux?

 

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S'avisant que cette implantation ne favorisait peut-être pas le contact des dirigeants de l'Ifremer avec l'élément sur lequel l'Institut mène ses recherches (même si, bien sûr, il a des antennes sur les côtes), le gouvernement Ayrault a décidé de délocaliser ce siège à Brest. On pouvait y voir aussi un louable désir de décentralisation. Un peu comme quand l'ENA est partie à Strasbourg - même si là, il n'y avait pas de lien de causalité géographique: la production de commis de l'Etat peut aussi bien se faire en province qu'à Paris, c'est une production hors sol.

Pour l'Ifremer, cependant, la décision a provoqué un tollé des salariés et de ses syndicats, que la perspective d'habiter dans le Far-West breton ne réjouit pas. Lancer des explorations de l'habitat marin des îles Kerguelen ou de Terre Adélie, y envoyer des chercheurs s'y geler les miches pour la cause de la science, c'est une chose; mais renoncer aux charmes de la proche banlieue, à l'Opéra Bastille, à Eurodisney, à la proximité du pouvoir, des agences de chasseurs de tête, bref, à tout ce qui fait que Paris, ses sympathiques habitants, ses loyers modérés, ses transports efficaces, son bon air, sera toujours Paris - ça, non! Aussi font-ils tout pour faire capoter le transfert, depuis deux ans.

Et si on déménageait plutôt la mer à Paris?

10:11 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |