21 septembre 2016

Presse et euphémismes

Je reçois ce matin un livret édité par le Centre de Déontologie Journalistique, contenant quelques recommandations en matière de vocabulaire; et plus précisément, sur la manière de parler des personnes étrangères ou d'origine étrangère - ainsi, en ce qui concerne celles qui sont en situation irrégulière, il ne faut plus parler d'illégaux, ni de clandestins, mais de migrants ou de réfugiés.

D'autres entrées dans ce glossaire sont plus techniques (asile, Islam, Eurodac, HCR...) mais les consignes en exergue sont d'éviter les généralisations abusives, les amalgames et le manichéisme, d'éviter de dramatiser des problèmes, d'utiliser les termes adéquats et de se méfier de la désinformation.

Qui ne souscrirait à un tel programme?

D'autant que dans ma partie, le monde viticole, les seuls illégaux que je connaisse sont des cépages encore non classés au catalogue, mis à part, peut-être, quelques vendangeurs itinérants venus manger le pain des Français en faisant le boulot qu'ils ne semblent plus avoir envie de faire, quand celui-ci n'est pas fait par des machines. Bref, je ne me sens pas trop concerné.

Tout de même, je me demande à quoi rime un tel ouvrage. La presse moderne me semble déjà regorger d'euphémismes - ce qui explique peut-être qu'elle soit en décalage avec la réalité sur pas mal de problèmes. Il faudra aussi que le Centre de Déontologie Journalistique m'explique comment aborder sereinement, sans dramatiser, un attentat à la bombe dans un aéroport, par exemple. Comment expurger un texte qui ferait état de l'origine des auteurs de l'attentat et de la revendication qui en est faite, de toute connotation péjorative.

Mais surtout, j'attends impatiemment son prochain glossaire, qui m'expliquera ce que je dois écrire en lieu et place de mots aussi polémiques que blanc, noir, jaune, indien, gaulois, libéral, communiste, fasciste, socialiste, sectariste, catholique, athée, sans oublier faillite, fraude, pédophilie, meurtre, condamné, radicalisé, fiché S, etc..., toujours dans le but de ne pas dramatiser le débat, d'éviter les amalgames et de ne pas désinformer.

Et si l'euphémisme était une forme sournoise de désinformation?

12:21 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe, France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

19 septembre 2016

Barto-logique

Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, est favorable à la hausse des tarifs autoroutiers. Comme utilisateur assez fréquent des autoroutes à péage, je ne suis pas très chaud, mais je concède à M. Bartolone que son argumentation de base... tient la route.

"Si l'on veut à la fois que notre équipement autoroutier corresponde à la qualité de ce que doivent être aujourd'hui, notamment au niveau européen, les moyens de transport, et si on veut prévoir des investissements, ça me paraît normal que ce soient les utilisateurs qui paient et pas l'ensemble des ménages".

Jusqu'ici, c'est rationnel. Ce qui l'est moins, c'est la phrase suivante: "Si l'on veut réussir la transition énergétique, il faut réussir à équilibrer le coût entre le ferré, l'autoroute et les différents moyens de transport".

Si je comprends bien, la hausse du coût des péages servira non seulement à améliorer le réseau autoroutier, mais aussi à dissuader les automobilistes de les emprunter, pour qu'ils privilégient les transports en commun.

Mieux, ceux qui continueront à payer les péages parce qu'ils préfèrent quand même l'autoroute contribueront au développement de solutions alternatives... qu'ils n'utilisent pas, par définition. Si le postulat de départ est "utilisateur payeur", il y a là comme un gros paradoxe.

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Bref, la logique Bartolone me fait irrésistiblement penser aux ailes à géométrie variable, ou encore, à la logique Shadok.

Un petit rappel pour les plus jeunes?

C'est ICI

10:57 Écrit par Hervé Lalau dans Pour rire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |