05 février 2018

La Cave de Tain croit au sans soufre

Le sans soufre pourrait-il se généraliser dans les structure de grande dimension, et à des cuvées d’un certain volume?  A la Cave de Tain, on en est convaincu, pour l’avoir expérimenté depuis 2015 sur une cuvée de Crozes-Hermitage; d’abord sur 60 hl, puis, en 2017, sur un potentiel de 1000 hl.

 

CrozesHermitageSansSulfitesAjoutés2017CaveDeTainLHermitage.jpg

Pour les deux oenologues de la maison rhodanienne, Sophie Obszinsky et Xavier Frouin, cela suppose que plusieurs conditions soient réunies, aussi bien à la vigne qu’au chai (je cite):

-Eviter l’éclatement des baies avant l’encuvage et ainsi favoriser les transferts de vendanges, respectant l’intégrité des baies (vendange manuelle ou mécanique avec machines dernière génération, transfert en wagonnet ou en pompe péristaltique et queue de cochon) ;

-Protéger la vendange à l’encuvage (refroidissement, inertage en gaz inerte). 

-Maîtriser les conditions de stockage des vins sous gaz inerte et à basse température pour préserver le potentiel réducteur de la Syrah.

-Maîtriser l’hygiène en cave (mesure d’ATPmétrie) pour éviter des développements microbiens non souhaitables et préjudiciables à la qualité des produits élaborés.

-Contrôler des populations levuriennes et sélectionner des souches pour éviter une production naturelle des sulfites.

-Favoriser les conditions d’un départ rapide en fermentation alcoolique, et des cinétiques fermentaires franches et rapides pour la fermentation alcoolique et malolactique ;

-Favoriser les extractions douces et les macérations courtes.

-Assurer un suivi analytique rigoureux de l’élevage, sur lie fine pour prévenir toute évolution négative ;

-Filtrer et conditionner les vins en atmosphère "stérile"

-Stocker les produits finis à température constante et à l’abri de la lumière.

 
A l’arrivée, La Cave de Tain peut donc proposer du Crozes-Hermitage sans soufre; elle pourrait même revendiquer le titre de vin naturel, pour la partie du vin qui est issue de vignes bio (car il y aura deux cuvées). Ce qui prouve que le vin nature n’est plus seulement qu’une affaire de petites structures.
 
Non encore dégusté.
 
Prix de vente consommateur conseillé: 11,65 € 
Distribution : cavistes, restaurateurs, boutique Cave de Tain et en ligne

07:58 Écrit par Hervé Lalau dans Rhône | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

02 février 2018

Château Franc-Mayne change à nouveau de mains

Au Château Franc-Mayne, à Saint Emilion, c'est un peu comme chez Picasso, il y a plusieurs périodes.

Il y a eu la période du négociant Theillasoubre (jusqu'en 1984), la période AXA (jusqu'en 1996), puis la période Fourcroy (de 1996 à 2005, c'est à ce moment là que j'ai connu la propriété). Puis la période Laviale-Van Malderen, qui vient de s'achever avec le rachat du domaine par un homme d'affaires parisien, Jean-Pierre Savare.

A chaque rachat, bien sûr, pour les commentateurs que nous sommes, "on allait voir ce que l'on allait voir".

Certains des propriétaires ont investi dans la technologie au chai, d'autres dans l'oenotourisme, d'autres n'ont quasiment rien fait. A présent, il semble que la nouvelle équipe, menée par Mme Cazeneuve, veuille restructurer le vignoble.

L1010146.jpg

Franc-Mayne (Photo (c) H. Lalau)

Car oui, même un Grand Cru Classé de Saint Emilion peut avoir besoin de restructurer son vignoble. 

J'ai l'air de persifler, bien sûr, et pourtant, je ne souhaite que du bien à Franc-Mayne.

C'est juste que j'ai du mal à concevoir qu'un domaine soit Grand Cru une fois pour toutes, alors qu'il peut changer régulièrement de propriétaires, de gestion, d'orientations commerciales, de techniques de culture ou de vinification...

09:50 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Bordeaux, France | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |