01 décembre 2011
Libéralisation des droits de plantation: la Grèce est contre, finalement
C'est officiel: "La Grèce vient de se prononcer contre la libéralisation des droits de plantation de la vigne, qui doit prendre effet au 1er janvier 2016, portant à 13 le nombre d'Etats membres opposés à cette libéralisation".
C'est surtout très suspect, ce ralliement, à l'heure où la Grèce a si peu d'indépendance financière...
Que vont bien pouvoir proposer les partisans de l"économie viticole planifiée aux pays qui leur résistent encore et qui soutiennent la réforme européenne? Un slot pour leur compagnie aérienne à Roissy? La soutraitance d'un morceau d'Airbus?
Citoyens, ce qu'on fait derrière votre dos, au nom des grands principes...
Ce n'est pas cette Europe des marchandages honteux qu'on me fera aimer. L'idée européenne vaut tellement mieux que ça!

Photo: http://www.worstlobby.eu/
17:23 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, Grèce | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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23 novembre 2011
Alcool, tabac et cancer: des chiffres
C'est intéressant, comme toujours sur Honneur du Vin
Et rappelez-vous, le vin, c'est entre 12 et 14,5% d'alcool... donc pas le produit le plus commode pour l'alcoolisation forcenée. D'autant qu'au niveau prix...
19:18 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Brésil, Canada, Etats-Unis, Europe, France, Grande-Bretagne, Grèce, Hongrie, Italie, Liban, Luxembourg, Maroc, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Portugal, République Tchèque, Slovénie, Suisse, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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29 mai 2011
Et la Belgique dans tout ça?
Cette semaine, l'ami Eric Boschman s'étonne du peu d'intérêt des exportateurs étrangers pour leurs clients belges...
"J’ai là, sous les yeux, le dossier de presse, plutôt bien fait au demeurant, de la Bourgogne, venue présenter ses vins il y a quelques jours à Bruxelles à la presse et aux professionnels. Et j’y lis, un rien atterré je vous l’avoue, que le BIVB a décidé de cibler en particulier quelques pays pour communiquer dans les années à venir. Pays dont ne fait pas partie la Belgique, bien évidemment, sinon pas de raison de s’énerver.
La Belgique, 10 provinces, 3 langues, 3 régions, un bon bazar, mais quel marché!
Je conversais, pas plus tard qu’il y a deux jours avec une personne oeuvrant au commerce extérieur grec, qui me disait que l’association des producteurs de vins grecs avait ciblé quelques pays pour promouvoir leurs exportations dans les prochaines années. Dois-je vous signaler que la Belgique n’en fait pas partie?
J’ai eu le même genre de conversation avec des responsables de Vini Portugal il y a peu, et comme sœur Anne en attente d’un gouvernement, je ne vois au loin que la route qui poudroie et bleuoie dans le lointain.
Mais qu’est ce que c’est que ce cirque? ils sont tous cons les étrangers ou quoi ? Y’a t-il quelqu’un qui lit des statistiques dans les pays environnants? OK, je peux comprendre qu’il est plus drôle d’organiser une dégustation de prestige à Nouille York ou à Shan Gay qu’à Strépy-Bracquegnies ou Erps-Kwerps (un fantasme), mais franchement, nous sommes un des rares, sinon le seul pays d’Europe où la consommation de vin croît régulièrement (pratiquement un litre en une petite décennie), nous sommes aussi le pays d’Europe qui consacre le budget moyen le plus élevé à la bouteille. Qui plus est, grâce à nos deux ou trois marchés intérieurs, nous offrons une diversité de comportements culturels importants, ce qui offre aux producteurs et à leurs responsables (?) une vision originale du comportement des consommateurs. Alors quoi? Notre proverbiale modestie fait que nous ne frimons pas assez à l’étranger lors des dégustations? Si ce n’est que ça, j’ai bien le nom de deux ou trois sommeliers et de l’un ou l’autre collègue qui feront le poids, y’a qu’a demander. Est-ce parce que nous ne nous prenons pas assez au sérieux qu'on nous ignore?
Lorsque l’on regarde quelques chiffres, certes la Belgique n’est pas la Chine, et le fait qu’elle consomme régulièrement et beaucoup depuis des siècles ne signifie rien au regard des yeux de Chimène que font les marchés asiatiques aux finances des producteurs ; mais pourraient-ils me dire combien de voitures chinoises viennent remplir leurs coffres de pinards payés au prix fort, en espèce, pas dans les statistiques export, au cœur de l’été ? Toutes les régions de France, et même de quelques pays environnants connaissent ce phénomène. On chuchote même dans certains coins que l’on reconnaît les Belges non pas à l’immatriculation de leur véhicule, mais au fait qu'ils sont les seuls à utiliser des billets de 500 euros pour payer leurs caisses. Les esprits chagrins pourraient me rétorquer que puisque cela fonctionne bien cela n’aurait pas de sens d’en rajouter une couche. C’est loufoque, un marché ça s’entretient, c’est comme une relation amoureuse, un jour, celui qui donne tout et ne reçoit rien se fatigue et s’en va voir ailleurs comment ça se passe.
En Belgique, le désamour met longtemps à se manifester, mais quand ça bouge, ça bouge. Les producteurs de Cava se frottent les mains et les champenois assistent à un léger tassement. Pas grave pour les Champagnes, le marché mondial absorbe ce qui ne se consomme plus chez nous. Mais en fait c’est un peu con, parce que pour ouvrir un nouveau marché il faut plus d’énergie et de budget que pour en entretenir un fidèle. C’est un peu comme une histoire d’amour, j’ai comme l’impression que nous sommes dans la peau de l’amant fidèle qui donne, pardonne, accepte et se fait quand même délaisser au profit d’un analphabète violent qui n’a pour lui que le parfum de l’exotisme. C’est idiot, hein. Mais c’est comme ça, même pour les stratèges de l’exportation de vin, nous ne sommes bons qu’à consommer sans poser de questions. Allez, la semaine prochaine je serai de belle humeur, c’est promis. D’ici là, quoi que vous dégustiez, dégustez le bien."
Eric Boschman
00:20 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Bourgogne, Espagne, France, Grèce, Portugal | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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25 mai 2011
Terra incognita
A 50 ans bientôt, je regarde derrière moi et je me dis que j'ai eu la chance de visiter pas mal de vignobles au monde, de l'Europe en passant par le Chili et l'Afrique du Sud. Mais l'esprit humain est ainsi fait qu'il voit souvent le verre à moitié vide. Avec un peu d'avance, j'adresse donc au Père Noël ma liste de voyages encore à faire.
Des coins dont j'ai pu goûter les produits, ou pas; des vignobles tout près, ou très loin. Des appellations réputées, ou pas. Des voyages qui font rêver, ou pas.
Voici donc les endroits que j'ai vraiment envie de voir dans les années qui viennent, mes zones blanches sur la carte du vignoble mondial, ma "terra incognita":
-Coteaux du Vendômois/Coteaux du Loir
-Coteaux du Layon
-Duras
-Ardèche
-Gaillac
-Irouléguy
-Béarn
-Saint Véran
-Saint-Chinian
-Minervois
-Crépy
-Die
-Thann
-Alsace Grand Cru Schoenenbourg
-Gigondas
-Coteaux d'Aix
-Côtes Roannaises
-Châteaumeillant
-Saint Pourçain
-Quincy
-Morgon
-Pays d'Auge (Calvados)
-Armagnac
-Madiran
-Corneilla de la Rivière
-Saint Honorat
-Ribera del Duero
-Costers del Segre
-Açores
-Lanzarote
-Santorin
-Nemea
-Mantinia
-Samos/Lesbos
-Tunisie
-Hermanus
-Olifantsrivier
-Nouvelle-Zélande
-Cinque Terre
-Calabre
-Franciacorta
-Neuchâtel
-Bio-Bio
-Neuquen
-Salta
-Baja California
-Speyside
Comme vous le voyez, j'ai du pain sur la planche.
16:30 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud, Alsace, Argentine, Beaujolais, Bourgogne, Chili, Corse, Espagne, Europe, France, Grande-Bretagne, Grèce, Italie, Languedoc, Loire, Mexique, Midi, Nouvelle-Zélande, Portugal, Provence, Rhône, Roussillon, Sud-Ouest, Suisse, Tunisie, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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01 mai 2011
Eric Boschman en "live" depuis Santorin
Mais qu’est ce qu’elle est belle cette île lorsque l’on se présente devant ses falaises de toutes les couleurs. Il suffit d’un demi rayon de soleil pour illuminer les strates des différents résidus éruptifs. Si au fond de vous sommeille un petit Haroun Tazieff, c’est le moment, c’est l’instant!
Santorini: la vue
Il faut dire que c’est vraiment fascinant, les teintes des roches vont du vert foncé au rouge sang séché en passant par le noir de geais et j’en passe et des meilleures. Une fois arrivé sur la faîte de ce morceau de cratère, les reliefs tourmentés succèdent aux plaines bosselées, ça c’est un concept un peu particulier dont je suis très fier, partout, entre les maisons éclatantes de blancheur, poussent les vignes.
S’il est bien un endroit dans le monde où le génie de l’humain à su adapter la liane sacrée aux conditions climatiques complexes et extrêmes c’est ici. Il aura fallu des siècles et des siècles pour que les hommes puissent produire un vin hors normes qui fera la réputation de l’endroit. L'histoire de Santorin commence dans la fureur du volcan sur lequel les habitants de "Kallistè" (la Très Belle) vivaient peinards. Vers 1700 av. J.C., le réveil du volcan provoqua une explosion de lave et de pierre ponce qui recouvrirent l'île d’une épaisse couche, détruisant toute vie, aboutissant au morcellement de l'île originelle en une multitude de petites îles et à la formation d'une caldèra dans laquelle s'est engouffrée la mer. Santorin en est le plus grand fragment. Le sous-sol de l'île est constitué de couches de scories, tuf et lave. Le sol est un mélange de pierre ponce et de cendre volcanique.

Santorini, la vigne
Trois siècles après, l'île fut à nouveau habitée. Les habitants durent apprendre à survivre sur une île aride battue par les vents, avec pratiquement pas de pluie et disposant d'un sol peu propice aux cultures, c’est le moins que l’on puisse en dire. Au fil des siècles, ils inventèrent des méthodes de culture particulières, adaptées aux conditions extrêmes de l'île. Afin de limiter les dégâts du vent sur les vignobles, les viticulteurs créèrent des systèmes de terrasses à l'aide de morceaux de lave pétrifiée pour les murets.
Si le climat et les sols sont peu propices à la culture de la vigne, les sols sableux de l'île ont permis aux vignobles d'échapper aux ravages du phylloxera et de figurer parmi les rares vignobles francs de pied. La culture de la vigne se fait toujours par marcottage sans le recours aux greffes. Mais les vignobles locaux doivent supporter d'autres contrariétés et, notamment, les faibles ressources en eau. A défaut de pluies, les vignes reçoivent des brumes marines qui, durant les nuits d'été, déposent une quantité d'eau non négligeable. Le sol poreux absorbe très rapidement cette humidité, ce qui empêche son évaporation. A ce phénomène vient s'ajouter un autre facteur climatique, les "meltèmes", vents saisonniers qui soufflent le jour en été, venant diminuer le degré d'humidité atmosphérique et protégeant les vignobles de la pourriture grise. Les conditions climatiques avec des températures élevées, une longue période estivale, de très faibles précipitations et des vents violents, ont conduit les viticulteurs à développer au fil des générations des pratiques culturales spécifiques, adaptées aux besoins des vignes.
C'est ainsi que les vignes ont été taillées en corbeille, "ampéliès", protections végétales contre le sable fin qui pourrait meurtrir les bourgeons et les raisins. Pour former ces corbeilles si caractéristiques, les vignerons pratiquent un système de taille appelé le "gobelet en couronne" qui consiste en une courbure et un entrelacement des sarments. Aujourd'hui cette pratique qui requiert patience et expérience est pratiquée sur l’ "assyrtiko", le principal cépage blanc indigène de l’île.
Le patrimoine viticole de Santorin, fait des cépages les plus anciens des Cyclades, est à tout point de vue exceptionnel et unique en Grèce. Mais cette terre, qui de tout temps a parlé la vigne, est devenue beaucoup plus rentable à partir du moment ou elle a découvert le tourisme ; depuis les trente ou quarante dernières années. A la place des ceps ont commencé à pousser sur l'île des hôtels, des maisons à louer, et j’en passe et des meilleures, un fléau! Le moindre mètre carré est devenu terrain à bâtir. Aucune mesure n'est prise à Santorin pour empêcher le délire ; il n'y a pas de plan directeur pour l'utilisation du sol. En d'autres termes, la terre agricole en général, le vignoble en particulier ne bénéficient d'aucune protection. Si le vignoble de Santorin est encore vivant, il le doit aux grands et petits viticulteurs qui achètent des terrains et continuent à les cultiver. Mais les résultats, parfois spectaculaires, de ces initiatives privées ne doivent pas tromper. Le vignoble de Santorin est engagé dans un combat, presque, d’arrière garde. Seule une protection efficace pourrait l'en détourner avant qu'il ne soit définitivement un goût du passé.
La semaine prochaine, c’est promis, on goûte !
00:10 Écrit par Hervé Lalau dans Grèce | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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02 mars 2011
Vinalies 2011, le palmarès
Les Vinalies 2011, c'est fini.
Quelques chiffres énoncés par la directrice du concours, Béatrice Da Ros: 43 pays représentés. 3282 dégustés. Rassurez vous, pas tous par moi.
Les vainqueurs des sept catégories confirment le côté très international de la compétition (qui a dit que les Français étaient chauvins?):
Un Pisco péruvien (Santa Isabel Finca Rotondo) l'emporte dans la catégorie des alcools.
Un vin grec (Costa Lazaridi Amethystos) dans la catégorie des rouges secs
Un Côtes de Provence (Domaine des Diables) dans la catégorie des rosés
Un vin italien (Cantina del Notaio Basilicata) dans celle des vins liquoreux
Un vin roumain (Cramele Solon Quinta) dans celle des blancs secs
Un Porto (Vista Alegre) dans celle des vins de liqueur
Un Crémant de Bourgogne (Louis Bouillot) dans celle des effervescents.
Au total, 982 vins ont été médaillés dont 263 ont reçu la médaille d'or. Il n'y a pas de médaille de bronze aux Vinalies.
Parmi les surprises: la belle moisson des vins de quelques pays dits émergents du vin comme le Brésil, le Liban, la Roumanie ou la Tunisie.
01:43 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France, Grèce, Portugal, Provence, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignobles, vinalies |
19 janvier 2011
Droits de plantations, la polémique continue... mais est-ce la bonne?
Trois ans après de vote de la nouvelle Organisation Commune des Marchés "Vin", ratifiée par tous les pays membres de l'Union Européenne, des voix se font toujours régulièrement entendre pour remettre en question une de ses mesures phare, la suppression des droits de plantation. Il faut dire que pour certains pays comme la France, ces droits font partie de l'histoire: ils datent du Front Populaire, ou pour s'en tenir au vin, à la création des AOC.
C'est là que commence à mon sens la confusion.
Libérer les plantations pour permettre aux Européens de lutter à armes égales avec leurs concurrents du Nouveau Monde, en produisant des vins à meilleur coût, à première vue, voila qui me semble bien vu. Ne serait-ce que pour répondre aux attentes des buveurs aux habitudes de consommation les moins sophistiquées, chez nous comme ailleurs. Je parle bien sûr des vins sans indication d'origine, des vins de cépage, des vins sur lesquels ne doivent peser qu'un minimum de contraintes, tant au plan des rendements qu'au plan du lieu de plantation.
Les contestataires ne sont pas directement concernés
Pourtant, qui conteste aujourd'hui la libéralisation des droits de plantation? Les organisations représentant les AOC, comme la CNAOC.
Voila qui est paradoxal: avec leurs ODG, leurs cahiers des charges, leurs contrôles qualité en amont, en aval, les AOC bénéficient pourtant sur le papier d'un bel arsenal pour contrôler la production.
Libéralisation ou pas, elles pourront continuer à fixer le rendement, les cépages, les méthodes culturales et de vinification. Rien ne les empêchera non plus de fixer de nouvelles délimitations géographiques, en clair, de restreindre leurs aires d'appellation. Cela demande du courage, bien sûr, mais c'est leur raison d'être, ou je me trompe?
Pincez-moi ou j'hallucine: ce sont donc ceux qui sont les moins concernés qui dénoncent! Voila qui me rappelle furieusement la querelle du rosé de coupage... Rappelez-vous, à l'époque, les AOC, qui pouvaient facilement continuer à exclure les rosés de coupage de leurs cahiers des charges, se sont mobilisées. Pourquoi? Mais parce que qu'elles craignaient de voir des producteurs se détourner d'elles: qui n'aurait pas été tenté de valoriser ses blancs en les teintant de rouge, à petit prix, même sans AOC? Leur argument massue, celui de la préservation d'une prétendue qualité, n'était qu'un écran de fumée; ils mettaient en avant les Côtes de Provenance, (pardon, de Provence) mais seuls les vins sans indication de provenance étaient concernés. Et dire que le plus gros de la presse a marché dans la combine!
Le raisonnement est le même aujourd'hui: la libéralisation des plantations ne fait peser aucune menace sur la qualité de la production des AOC, mais elle porte en germe une concurrence. Et soyons terre-à-terre: moins d'hectos en AOC, c'est moins de cotisations.
La CNAOC évoque déjà ses craintes de voir planter des vignes dans la plaine, là où elles n'ont pas leur place, selon elle. Au passage, c'est oublier (et faire oublier aux pauvres buveurs) que les AOC sont déjà dans la plaine, pour une bonne partie de leurs aires!
Que les AOC en reviennent à leurs fondamentaux!
Par ailleurs, regardons les chiffres; la part des AOC dans la production française n'a jamais cessé d'augmenter. ces 50 dernières années. Elle frise les 50%. C'est anormal. Comment une bouteille sur deux produite en France pourrait-elle prétendre être représentative d'un terroir et d'une origine! C'est là qu'est l'abus. Dans ce contexte, la libéralisation des plantations, ce n'est pas un danger qualitatif, c'est juste un danger pour la détestable rente de situation de ceux qui produisent insipide au sein des AOC, et malheureusement, aujourd'hui, en toute impunité.
Permettre le développement d'un autre type de produits, à moindre coût et hors AOC, aurait pourtant un avantage pour le consommateur: en concurrençant les productions à bas prix indignes des AOC, cela permettrait à celles-ci de renouer avec leurs fondamentaux: redevenir ce qu'ils n'auraient jamais dû cesser d'être, des pépinières de vins d'expression, de terroir, en un mot, le sommet de la pyramide de l'identité. Moins nombreux, sans doute, mais dignes d'arborer leur mention particulière à la face du monde.
Notez bien que je n'ai pas écrit le mot "qualité", car c'est un concept par trop trop subjectif, et qui n'a pas sa place ici. Dire d'une indication de provenance que c'est un signe de qualité (au sens de "meilleure qualité," tel qu'il est compris par le commun des mortels), c'est duper les consommateurs, sans parler des législateurs européens.
Ne sont-ils pas fatigués d'entendre la CNAOC et ses semblables évoquer la qualité à tout bout de champ quand celle-ci n'y est pas? Ni en termes d'identité, ni en termes de qualité absolue. L'origine n'est pas une garantie de qualité. On trouve même quelques contre-exemples fameux. Je veux parler de tous ceux, en Italie, en France, en Espagne, qui sont sortis des AOC pour produire meilleur ou en tout cas, s'affranchir de règles désuètes et non-qualitatives (l'obligation de mettre du blanc dans le rouge, par exemple, ou encore la longueur de l'élevage).
Qui a dit que les AOC ont le monopole de la qualité?
Je rappelle aussi qu'un des vins les plus prisés de l'Hémisphère Sud, l'Australien Grange, de Penfolds, que tout le monde prend pour un grand cru, est un assemblage des meilleurs parcelles de plusieurs appellations très distantes et qu'à ce titre, s'il était français, il peinerait à décrocher l'AOC, ou alors, seulement une AOC régionale de type Bordeaux ou Bourgogne. Imagine-t-on en France que l'étendard vineux du pays n'ait qu'une AOC régionale, ou pas d'AOC du tout? Qu'on puisse assembler Château Margaux et Château Montus? Limoux et Meursault? Voila qui choquerait notre esprit classificateur, notre besoin maladif de tout étiquetter. Et pourtant, rien de plus normal en Australie, où c'est la marque qui prime.
J'ai dégusté voici quelques semaines un chardonnay de Patriarche vendu comme Vin de France; il est produit en Languedoc mais ne le revendique pas (à moins qu'il n'y assemble un peu de Bourgogne). Il est excellent - plus fruité, plus gras, plus expressif, plus frais et plus typé que la plupart des blancs d'appellations communales de Bourgogne qu'il m'a été donné de goûter au cours de la même semaine lors d'une dégu d'In Vino Veritas. Il faut dire que le millésime (2008) était difficile. Mais si l'on va jusqu'au bout de la démarche prétenduement qualitative soutenue par la CNAOC, on finit pas se demander s'il fallait déclarer en AOC un millésime aussi médiocre dans cette région!
Je sais, je pousse le bouchon un peu loin. Mais ce n'est pas moi qui prétend vouloir assurer la qualité totale!
Un autre type de viticulture
N'étant ni eurocrate ni producteur, dont en aucune façon expert, je suis bien sûr ouvert à la discussion. Mais sans faux semblants.
J'aimerais déjà qu'on m'explique les vrais enjeux de cette libéralisation des plantations pour l'économie viticole, en mettant de côté les arguments prétenduement qualitatifs. La CNAOC évoque le danger de l'arrivée de gros opérateurs pour le tissu viticole français, déjà si affaibli. C'est une éventualité. On ne peut pas l'exclure.
Mais cela pose un autre type de problème. Dans un contexte de baisse de la consommation française, et de stagnation de la consommation mondiale, j'ai du mal à concevoir, que des investisseurs se lancent à corps perdu dans des plantations dont la production ne pourrait que grossir des excédents, à moins bien sûr qu'ils ne gagnent des parts de marché sur des producteurs existants. Au sein des AOC, notamment. Surtout si celles-ci n'apportent pas un plus en termes d'identité. Mais est-ce à la Commission Européenne de privilégier les producteurs existants au détriment des producteurs potentiels, elle qui compte en son sein un commissaire à la concurrence? Est-ce à elle décréter ce que le consommateur veut boire?
Et n'est-ce pas une solution à courte vue que d'empêcher les gros opérateurs de grossir chez nous, au risque de voir leurs concurrents le faire ailleurs? Ou même, de voir nos opérateurs délocaliser sous des cieux plus accueillants, à l'image d'un Pernod Ricard, groupe français qui n'a pas de vigne en France, mais poids lourd du vin aux Antipodes...
Les tenants du statu quo nous disent benoîtement que c'est notre modèle de viticulture à visage humain qui est en jeu. Je serais plus convaincu si ce modèle permettait réellement à nos petits vignerons de vivre, en l'absence de débouchés, en l'absence de ce que les anglo-saxons appellent l'unique selling proposition. Quand le tonneau de Bordeaux est coté en dessous du prix de revient, peut-on dire que Bordeaux est encore un nom qui faire vendre? Et les faillites ont-elles un visage humain? S'il est un autre modèle de viticulture qui permet aux bons viticulteurs de vivre mieux, en faisant apparaître plus clairement la distinction entre vin industriel et vin d'auteur, je suis preneur.
Qu'on m'explique aussi pourquoi il faudrait déjà revenir sur l'OGM vin avant même qu'elle ne s'applique pour les droits de plantation. La France ayant obtenu un délai jusqu'en 2018, s'il y a renégociation, l'accord passé en 2008 aura été un jeu de dupes.
Accessoirement, qu'on m'explique pourquoi le projet initial a déjà été sérieusement édulcoré - j'emploie ce mot à dessein, car vous vous rappellez sans doute que dans sa version initiale, il prévoyait l'interdiction de la chaptalisation - une idée qui semblait pourtant à la fois aller dans le sens de l'authenticité, de la maîtrise des volumes et de la qualité, mais que les AOC n'ont guère soutenue, à l'époque.
Protection, ou handicap?
Mais restons en là: après Mme Merkel, le président Sarkozy vient de se prononcer pour le maintien des droits de plantation. La messe est dite. L'Elysée a tranché: surtout ne touchons à rien. Après tout, M. Sarkozy ne boit pas.
Il ne reste qu'un espoir pour les partisans du changement: qu'une majorité de pays de l'Union continue à soutenir l'OGM vins, et ne le laissent pas détricoter. Ce n'est pas gagné d'avance, tant ces sujets sont propices au marchandage. Je crains fort qu'il me faille avaler cette couleuvre-là aussi.
Alors, faisons contre mauvaise fortune bon coeur: samedi, je pars en Afrique du Sud. Un pays où l'apartheid a été aboli, et où l'on plante ce qu'on veut, où l'on veut. Où les aides à l'exportation sont très faibles, où l'Etat ne subventionne plus grand chose, où la distillation de crise est inconnue, et où, par voie de conséquence, on ne produit à peu près que les vins qu'on est sûr de pouvoir vendre. Coïncidence, en moyenne, ils sont plus que corrects. Un peu techno, pour beaucoup, mais loyaux et marchands. Pas sûr qu'à l'étranger, tous les consommateurs sachent situer Robertson par rapport à Worcester. Ici, les marques sont souvent plus fortes que les appellations. Logique: seuls une minorité de producteurs revendiquent vraiment un terroir. Mais quand ils le font, c'est le plus souvent justifié. La pyramide de l'identité qu'on nous vante en France, avec les bons terroirs tout en haut, n'est souvent qu'un leurre; ici, pourtant, elle retrouve un sens. Est-ce un hasard si ce pays a vu ses surfaces de vignoble augmenter de 20% en dix ans, et le nombre de ses caves tripler dans le même temps?
Ces chiffres devraient faire réfléchir nos gouvernants et nos vignerons: nos protections, nos barrières, nos interdits nous protègent-ils vraiment ou nous handicappent-ils?
00:04 Écrit par Hervé Lalau dans Allemagne, Autriche, Belgique, Chypre, Espagne, Europe, France, Grande-Bretagne, Grèce, Italie, Luxembourg, Nouvelle-Zélande, Portugal, République Tchèque, Slovénie, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
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10 décembre 2010
C’est la saison des bulles pas pâles
Le grand retour de l'ami Eric Boschman, avec sa sélection de bulles de tous horizons... tiens, sauf la France, cette fois.
"Et même s’il s’en va tiquant, le consommateur se délecte de plus en plus des effervescences planétaires. C’est que la bulle s’est mondialisée ces dernières années.
C’est grâce à la maîtrise presque absolue du processus d’élaboration que les choses bougent si bien et vite depuis une grosse décade. Quand je dis presque, c’est juste parce qu’il reste encore quelques cochonneries effervescentes en vente libre, mais le progrès est en marche, et, surtout, la sanction du marché est généralement sans appel. Même si nous sommes souvent panurgiens (ou panurgiques, allez savoir) dans nos comportements de consommations, il s’avère que les vins les plus médiocres ne se maintiennent en vie que grâce à quelques failles spacio-temporelles provisoires. C’est quand même une bonne nouvelle. Mais n’allez pas pour autant croire que tout soit rose au pays des bisounours; le monde du vin n’a jamais été autant globalisé qu’aujourd’hui. Le goût, cette fameuse affaire définitivement indéfinissable, n’a jamais autant été formaté de par le vaste monde. Surtout si l’on consomme des vins à base de variétés internationales. Au bout du compte ce qui différencie un chardonnay premier prix (on ne dit jamais bas de gamme dans ce monde) d’Australie d’un chardonnay premier prix chilien, à part les couleurs de l’étiquette, c’est le prix et puis c’est presque tout. il en va de même pour les vins effervescents courants. D’autant plus que la technique dite de la méthode traditionnelle, que vous connaissiez mieux sous le nom de méthode champenoise*, a une certaine tendance à unifier les saveurs des vins.
Les vins qui piquent sur la langue ont le vent en poupe, surtout dans le dernier trimestre de l’année, même si en Belgique il s’en consomme plus de quinze millions de bouteilles chaque année. C’est que chez nous tout est prétexte à décoincer la bulle, le petit n’a que douze échecs ? vas-y fait péter ! Bart n’est plus triste parce que l’on se moque de lui dans le Soir ? Ouvrons vite deux boutanches ! Il n’y a pas que les sapins qui attirent les vins qui moussent. Les spécialistes de la question s’esbaudissent rien qu’a la vue des statistiques du marché national. A voir l’explosion de consommation du Cava chez nous en moins de dix ans, alors que rien de particulier n’a été fait par les producteurs, on peut se dire que les nos ressources sont inépuisables. Même si cette mode ne concerne que le Nord du rideau de pommes de terre ou presque, avec plus de quatre-vingt cinq pour cent des ventes, alors que le Sud reste nettement plus fidèle au Champagne.
A voir les prix des ces deux boissons, il y a de quoi se poser quelques questions quand a ce que nous racontent les économistes. A moins que ce ne soit tout simplement tout l’argent noir de la Wallonie qui ne se transforme en bulles. Quoi qu’il en soit, il est temps d’entre dans le vif du sujet, des vins de différents horizons, de différents cépages, pays, parfums, bref des vins d’un peu partout pour vous cette semaine. Oui, on élabore des bulles de qualité sur au moins cinq continents, mais si vous voulez vous faire frissonner les neurones, il faut faire un petit effort. L’accès à l’orgasme dévastateur demande un peu de travail, ne fut ce que de préliminaires. Après les fabuleux conseils du docteur Ruth, voici les avis du docteur Burp !
*Lorsqu’il s’agit de vin qui pétille, tout ce qui a rapport au champagne, s’il ne s’agit pas de champagne est totalement interdit de mention. Un peu comme dans Happy Ploteur, celui dont on ne peut pas dire le nom. Donc, même la méthode d’élaboration, qui est pourtant tout à fait la même, voire qui est développée par de grandes maisons de Champagne à travers le monde, ne peut être nommée champenoise. C’est un peu compliqué, mais dans un vin où le marketing entre en ligne de compte pour une grande partie du prix de vente final, il est fondamental de boucler complètement son image.
Perles de Sambre « Le Coude à Coude » 100% Chardonnay (Belgique) Mig’s 12,5 €
Indéniablement l’étiquette la plus moche du monde, le genre de bouteille que l’on conseille a ceux qui souhaitent arrêter de boire. Mais s’ils cessent, c’est qu’ils se limitent au plumage et ne sont pas vraiment interêssé par le ramage, parce que là, franchement, c’est une belle illustration du potentiel qualitatif national lorsqu’il s’agit de bulles. Certes, tout n’est pas encore parfait, mais c’est dans la lignée de l’illustre Ruffus du domaine des Agaises. Une bulle de fête qui, si on cache la bouteille, en bluffera plus d’un par son élégance et sa finesse.

Amalia Brut (Grèce) Canette 11,60 €
Ce vin, issu du cépage moschofilero à 100%, est le reflet du progrès technique des vins effervescents dans des régions nouvelles, ou, a tout le moins récentes pour la production de ce type de produit. La bulle est fine, régulière, le nez est très floral, marqué par un côté tilleul et cognacier. La bouche est bien vive, avec une petite touche de rondeur en milieu de palais et une belle fin relevée par une touche d’amertume. Ce qui donne une belle longueur toute en élégance. Un vrai chouette vin, parfait pour accompagner quelques ruines, une ou deux colonnes doriques, voire, mais aux beaux jours seulement, une corinthienne.
Conde de Vimioso (Portugal) Sol Ar 10 €
Une grosse tendance au Portugal depuis cinq ans que la bulle. Malgré la crise économique grave que vit le pays, les prix restent stables et raisonnables. Ce vin est une très très belle réussite, une de plus belle bulle produite dans le coin depuis longtemps. C’est fin, peu dosé, délicat en bouche et plutôt floral. La bouche est bien structurée, on a l’impression de mordre dans du fruit frais, avec un beau gras. C’est une bulle qui accompagnera un disque de fado non millésimé ou encore un peu de fromage de brebis de Serra d’Estrela avec juste un peu de pain de maïs et hop et hop.
Borgoluce Prosecco di Valdibiane (Italie) Winery 10 €
Dans les bulles ritales, il y a bulles et bulles, surtout lorsqu’il s’agit de prosseco. Il n’y a qu’a confier sa vie et son foie à l’un ou l’autre restaurateur pour s’en rendre compte. Combien de saleté digne d’une nuit de bunga bunga silviesque pour un vin digne de ce nom ? Mais quand c’est digne, c’est digne d’un don du ciel ! Celui qui vient est tout en légéreté, en élégance et en finesse. C’est presque de la dentelle tant c’est fin et léger. Parfait pour arroser un soir d’élection et de victoire des bons, ou encore pour fêter le premier rayon de soleil qui pointera son nez dans les prochaines semaines.
Jane Ventura «Reserva de la Musica» Cava (Espagne) Winery 9 €
Comme pour le Prosecco, il y a cava et cava. Et même que parfois cava pas du tout, c’est même du genre qui déchire mais pas en bien. On s’en souvient un peu partout dans l’organisme. Mais quand les producteurs bossent bien, c’est le genre de vin qui fait plaisir longtemps. Ce vin est marqué au départ par le côté un peu rôti du Xarel-lo, un de ses trois cépages. La bouche est un rien crémeuse, ronde, avec des notes de noisette et de torrefaction en fond. C’est bien balancé et, surtout peu dosé ce qui tend le vin et le rend fort agréable à la dégustation. A boire avec les deux oreillettes et la queue. Quoi que pour accompagner une jeune paella sauvage, c’est encore faisable.
Bird in Hand Pinot Noir Adélaïde Hills (Australie) Aux sens larges. 9€
Nos amis qui vivent la tête en bas sont un peu favorisés lorsqu’il s’agit d’élaborer des méthodes traditionnelles. En effet, vu leur position, il est plus facile pour eux de mettre les bouteilles sur pointe pour le vieillissement des populations de levures. Cela dit, ceci n’explique pas tout, car en plus dans ce cas précis, le vin est super bien fait, avec une touche de rondeur qui fait plaisir a boire. On est dans le gras, dans le fruité, mais toujours brut hein. C’est mûr en fait. Pour accompagner un koala sevré de son eucalyptus ça le fait, ou alors un crocodile à l’écossaise, comme on le fait à Dundee, c’est assez top.
Santa Julia Extra Brut (Argentine ) Mig’s 10€
L’Argentine vient, il y a peu de proclamer très sérieusement que le vin était sa boisson nationale. C’est vrai qu’à Mendoza, au pied de la Cordillère des Andes, a plus ou moins quinze cent mètres d’altitude, tout est réuni pour élaborer de grands vins, dans toutes les couleurs. Et chez Santa Julia, on ne badine pas avec l’amour ni avec la qualité. S’il fallait un genre de maître à chats pour cette fois on pourrait dire que c’est celui-ci. J’ADORE véritablement, c’est bon, un peu court comme les extra bruts peuvent l’être, mais c’est super net, tendu comme une corde de violon et plein de matière. Et puis, on vous le confirmera souvent, ce n’est pas la longueur qui compte. Pour accompagner un civet de vigogne, voire, pour les chanceux, à l’apéritif avec madame Kirchner, c’est le top !
Prosecco « Ita » Treviso (Italie) Mig’s 8 €
Si vous avez de la chambre, heu, pardon de la chance, vous savez ou se trouve le TRéviso à Bruxelles. Si pas, rendez-vous donc rue de la longue haie et vous saurez. Lors de votre prochain passage dans le quartier, munissez vous d’une de ces bouteilles, pour faire plaisir à votre accompagnatrice, ou teur, c’est selon, attention au supplément de 15 € pour la troisième personne. Bref, c’est un vin qui donne envie de faire la fête, de s’amuser et déguster sans se casser la tête. Il ne pose pas de question, mais il donne bien du plaisir. Son attaque est souple, tranquille. Il évolue vers des notes de fruits blanc, d’ananas et de poire mûre. Mais c’est juste le nez. La bouche est pleine, bien ronde avec une longueur moyenne. La fin est marquée par une petite touche pomme verte bien rafraîchissante".
Adresses :
Ces vins proviennent de cavistes. Il y a de plus en plus de bons cavistes près de chez vous, le phénomène gagne du terrain, n’hésitez pas à les contacter pour savoir s’ils peuvent vous procurer ces flacons. S’ils sont bons, ils feront le geste. Sinon, il ne vous restera plus qu’à vous adresser à ceux-ci.
Canette
28, Rue De Witte De Haelen - 1000 Bruxelles -Tel : 02 223 13 82
Aux sens larges, route de Namur 156 4280 Avin (Hannut)
Tel : 019 69 60 51
Mig’s
Chaussée de Charleroi 43 1060 Bruxelles Tel 02 534 77 03
The Sol Ar
52 Avenue Brugmann 1190 Bruxelles. Tel : 0476 81 29 98
The Winery
Place G. Brugmann, 18 - 1050 Bruxelles - Tel : 02 345 47 17
00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Australie, Belgique, Champagne, Grèce, Nouvelle-Zélande, Portugal, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, bulles, effervesvents |
25 avril 2008
Quand la Grèce s'éveille

Les Grecs ont la pêche, ou plutôt la grappe ! Ils évoquent sans états d'âme la "Renaissance du vin grec", c’est la nouvelle frontière en Méditerranée (voir De quelques vins en Péloponnèse dans "Voyages-dégustations"). Ils ont organisé leur Vinexpo à Athènes le mois dernier, baptisé ŒNORAMA - 170 viticulteurs réunis dans un hall très spacieux facile à visiter, 15 000 entrées en trois jours. Nouveauté : une "galerie" présentant une collection de 300 vins sélectionnés par les viticulteurs, dont la moitié de cépages indigènes (la plupart nous sont inconnus, c’est un trésor insoupçonné). L'idée de Constantin Stergidès, le bouillant et sympathique commissaire de l'exposition qui vous invite à "plonger" dans l'océan du vin grec, est un concept intéressant, car entière liberté vous est laissée de vagabonder sans contrainte à la découverte des crus de chaque région : les bouteilles sont libres d'accès, elles comportent chacune un détail de caractéristiques propres, et sont remplacées aussitôt qu'elles sont vides. La démocratie, née sur place, se poursuit dans l’ampélocratie (préférable à vinocratie). La Grèce a une vraie culture de la vigne endormie durant 4 siècles d’occupation ottomane/turque, et bien réveillée depuis une bonne quinzaine d'années, le pays est aujourd'hui 15ème producteur mondial. Le vignoble a bénéficié d’une révolution œnologique et d'une organisation d’AOC (système français). Une stupéfiante variété à la fois typographique, climatique et de terroirs offre une très grande diversité de crus. La vitalité et l'engagement des viticulteurs est frappante, ils sont souvent de la 1ère génération, apparaissent inventifs dans leurs travaux ampélographiques, passionnés de recherches en vinification, attentifs aux goûts de leurs hôtes, ambitieux et confiants en leur avenir.
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08:44 Écrit par Hervé Lalau dans Grèce | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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