14 février 2012

Blogs et journalistes: la "polémique Rémondat"

Sur ce coup-là, je suis en décalage avec l'actualité. La faute à une semaine de déplacements successifs, qui m'ont fait passer complètement à côté.

L'actualité, c'était la "polémique Rémondat" - celle soulevée par l'édito de Michel Rémondat, l'éditeur et éditorialiste de Vitisphère, le 28 janvier dernier.

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Michel Rémondat (Photo H. Lalau)

Je vous redonne ce texte, intitulé, de manière on ne peut plus appropriée: "Des bloggeurs et des journalistes".

"Pour qu'il y ait de grands vins, il faut, comme le dit si bien Denis Dubourdieu, des vignerons pour produire ces grands vins, des commerçants qui sachent les vendre, des consommateurs qui aient envie de les acheter, et quatrième condition des critiques du vin pour les évaluer, les noter : «Des bloggeurs et des journalistes».

Ce n'est pas une fable mais un drame probable en 3 actes et raconté en 10 lignes:

1) D'abord l'apparition d'Internet, des bloggeurs, des réseaux sociaux (tout le monde peut donner son avis, avec ou sans talents, souvent sans expériences et sans expertises, et toujours pour faire son autopromotion!)
2) Puis crise de la presse et en particulier de la presse du vin (moins de 300 journalistes écrivent sur la vigne, sur le vin, sur la gastronomie, en France !). Pas d'argent, pas de moyens, pas d'indépendance, pas d'audace.
3) Et au 3ème et dernier acte, disparition de l'art de la critique du vin... Perdu par la multiplicité des références, des origines, des prix, le consommateur perd confiance et se protège en réduisant ses achats de vins!

Pour éviter le drame, journalistes et éditeurs, du papier ou du numérique, devraient se réunir pour redonner un sens au journalisme du vin, redéfinir l'art de la critique. Enfin, il faudra accepter une certification des acteurs de la critique, de la notation, par une Autorité, sinon les technologies du numérique pourraient imposer la dictature d'une démocratie virtuelle".

Avant de vous donner mon sentiment, je me dois de vous rappeller que je travaille pour Vitisphère. Mais vous me permettrez d'ôter cette casquette-là, juste le temps du commentaire (à vous de voir si vous me faites assez confiance pour ça).

J'ai des relations très cordiales avec Michel Rémondat, et je souhaite les conserver, mais je ne pense pas qu'il s'offusquerait beaucoup si je lui disais qu'il se trompe.

Tout ça pour vous dire que l'avis qui suit est tout simplement le mien, sans artifice ni complaisance.

Je pense que Michel a globalement raison. Comme journaliste et blogueur moi-même, je ressens très fortement l'évolution qu'il annonce.

Il est patent que la presse du vin, qu'elle soit spécialisée ou qu'elle s'abrite au sein de medias plus généralistes, est en crise.

Il est aussi patent que cette crise coïncide avec la montée en puissance du media internet et des blogueurs.

Il est patent, encore, que dans la grande famille des blogueurs de vin, il y a des gens de tout poil et de toute compétence. J'ai moi même, par le passé, consacré à ces "frères de web"  un article comique qui m'a valu des remarques acerbes, mais que je persiste à revendiquer.

Qui se sent morveux se mouche. Dans mon cas comme dans celui de Michel, la polémique me semble démesurée par rapport au texte, qui ne vise personne en particulier, et en définitive, énonce pas mal de vérités.

Je ferais seulement deux remarques.

D'une part, je modifierais la phrase sur l'autopromotion. Parce que je ne crois pas que tous les blogueurs, toujours, ne bloguent que pour leur autopromotion. En ce qui me concerne, et je pense pouvoir parler au nom des mes amis des 5 du Vin, je blogue d'abord pour pouvoir dire ce que je pense, sans contraintes, et pour ne pas voir bon nombre de mes notes de dégustations, de mes carnets de voyages, de mes rencontres, finir dans une grande poubelle informatique, faute de place pour être publiés, faute d'intérêt des médias avec lesquels je travaille, faute de budgets pour les soutenir.

Je ne blogue pas pour faire mon intéressant. Cela ne veut pas dire que ça n'existe pas.

Comme on ne peut pas dire non plus que tous les blogueurs sont incompétents. J'en connais même qui en remontreraient à plus d'un journaliste. Ils n'ont peut-être pas fait les écoles de journalisme, il n'ont peut être pas non plus de formation oenologique, mais il s ont apparemment bien appris sur le tas, et ils maîtrisent leur sujet. 

J'en veux pour preuve la prose d'Olif ou de Laurent Probst, par exemple - mais il y en a plein d'autres que je ne connais pas.

Ce qui nous amène tout naturellement à ma deuxième remarque.

Michel évoque une "certification des bloggers".

D'une part, je ne la souhaite pas. Je ne crois guère dans les "Autorités", les "Institutions", surtout pour ce qui touche de près ou de loin à la presse.  Elles me font peur, même. Et puis je pense que tout se décante toujours avec le temps, qu'on ne peut pas faire illusion longtemps, que l'incompétence finit toujours par se remarquer.

De l'autre, je pense qu'on a les lecteurs qu'on mérite. Il n'est donc peut-être pas vraiment nécessaire de  mettre sur pied une police qui finit par se faire toute seule. Par la fuite des lecteurs. Ce qu'on ne lit pas ne fait de tort à personne.

Enfin, je préfère encore devoir supporter la lecture de 10 mauvais blogs de vins que de me dire qu'on pourrait empécher d'éclore un seul bon blog.

Sur ce, bon surf!

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Photo Mila Zinkova

13 février 2012

T'as de Baux Blancs, tu sais!

Depuis quelques années, les 13 vignerons des Baux de Provence demandaient à ce que leur AOC puisse accueillir des vins blancs (jusqu'ici vendus soit en AOC Côtes de Provence, soit en AOC Coteaux d'Aix, soit en Vin de Pays/IGP).

Le Comité National des Appellations d’Origine les a entendus. C'est maintenant chose faite.

A noter que 85% de la surface de l'appelaltion (350ha répartis entre 8 communes) sont cultivés en bio, une spécificité que les Baussenques aimeraient bien mettre aussi dans leur décret.

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Les Baux de Provence (Photo Henri Bergius)

00:10 Écrit par Hervé Lalau dans France, Provence | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |

12 février 2012

Champagne californien... ou Californie champenoise?

A l'aéroport de Beauvais, une affiche du Consiel Régional de Picardie vantait les beaux vignobles de l'Aisne (le département engloble quelques vignes de Champagne, du côté de Château-Thierry).

Jolie photo, ma foi. Un paysage vallonné, sous le soleil couchant...

Le hic, c'est qu'il s'agissait d'une photo prise en Californie.

Le Conseil Général de Picardie parle d'erreur regrettable et va faire retirer les annonces.

Il n'est de Champagne que de Champagne, bien sûr... même picarde.

 Plus d'info ICI

17:22 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, Etats-Unis, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |

10 février 2012

King David (and Lord Jim)

Le Wine Blog Trophy est une compétition qui se joue entre blogueurs de vin, à Angers.

Et à la fin, c'est David Cobbold qui gagne.

Le voici recevant son prix en 2011, au côté de Jim Budd.

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Et ici (au nom des 5 du Vin), en 2012. Plus ça change...

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Jim, par contre, a pas mal changé... surtout côté chemises.

13:36 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |

Poésie utilitaire

Au Château de Brissac, dimanche soir, au cours du dîner d'ouverture du Salon des Vins de Loire, j'ai appris l'existence d'une sympathique compétition sur le thème du vin et de la poésie.

Cela se tient à Juigné, le 10 mars prochain, avec le patronnage d'Interloire, et sous la présidence de Danièle Sallenave, de l'Académie Française. Pour plus d'info, voir ICI

 

vin & poésie

Les inscriptions étaient closes le 8 février... dommage

J'ai immédiatement composé un poème, sur le coin de la table ronde. Je vous en donne la primeur: c'est ma manière à moi de récompenser votre fidélité.

Quand je bois du Brissac, j'ai la langue qui claque
Quand je bois de l'Aubance, j'ai la langue qui danse.
J'adore le vin!
J'adore le vin!

Les deux derniers verres (une rime aussi riche qu'un Coteaux de l'Aubance) sont empruntés à notre hôte d'un soir, M. le Comte de Brissac. Le reste est de mon cru.

La simplicité étant, paraît-il, une vertu, je fonde de grands espoirs sur ce type de poésie utilitaire - voire alimentaire.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : vin & poésie |

08 février 2012

Ridiculement vôtre

Autant que je vous narre l'anecdote moi même, cela évitera aux malfaisants d'en faire leur miel.

La scène se passe hier matin, au Salon d'Angers, sur le stand de Mourat (excellent producteur au demeurant, en Fiefs Vendéens).

fiefs vendéens,mourat

L'objet du délire

 

Je suis en train de déguster mon premier vin, la cuvée Grenouillère, un 100% négrette amoureusement décanté et présenté dans une belle carafe à col large; ce détail à son importance.

Je m'extasie sur le vin, à la fois épicé, fruité, aux tannins serrés mais suaves. Je veux partager mon enthousiasme avec mon ami Frank Vandenbogaert, qui représente cette maison en Belgique; mais ma bouche est pleine; emporté par cet élan, je me saisis de la carafe; et crache dedans le contenu.

Consternation du propriétaire et de mon ami Frank - je ne désespère pas qu'ils me reparlent un jour.

 

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : fiefs vendéens, mourat |

07 février 2012

Au bord du chenin

Deux jolies découvertes, hier soir, chez Un Brin Folk, un sympathique bar à vin de la bonne ville d'Angers.

Deux beaux chenins bien droits et qui ne sentent pas la noisette, mais plutôt l'aventure.

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D'abord, un Savennières 2009, celui de Patrick Baudouin. Bien sec, mais plein de fruit - pamplemousse, ananas, citron vert, pêche, sureau - une symphonie à dominante tropicale à laquelle une petite voix acidulée vient ajouter sa note saline, comme si les embruns avaient remonté la Loire.

Un Saumur 2010, ensuite, celui de Thierry Germain (Domaine des Roches Neuves), intitulé, je ne sais trop pourquoi, L'Insolite.

Là aussi, on démarre sur les agrumes - et sur les chapeaux de roue, sans crier gare, car c'est vif, très vif. Et pourtant, c'est gras, aussi; imaginez une aquarelle aux tons doux, mais sur laquelle la mine d'un crayon au charbon vient apporter son trait de minéralité. Du contraste naît l'intérêt.

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Un Brin Folk, 26 rue du Mail, F-49000 Angers, tél +33 2 44 85 58 04.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |

06 février 2012

On a gagné

Du Jura, me voici passé en Loire, pour le Salon des Vins de Loire, à Angers.

A peine le temps de prendre mes marques, avec quelques dégustations de cabernet franc, qu'est venu le moment d'assister à la dernière épreuve du Wine Blog Trophy - la dégustation.

En lice, cinq couples de dégustateurs, dont celui conduit par mon copain David Cobbold, pour les 5 du Vin.

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De gauche à droite, Ludovic Ragot et David Cobbold

 

J'ai le plaisir de vous annoncer la victoire de ce blog dont je suis le co-fondateur. Me voici donc Wine Blog Trophy pour la deuxième fois en trois ans!

Mais bon, cette fois, c'est David et son acolyte de la Promenade de Bourgueil, Ludovic Ragot, qui fait le plus gros...

21:49 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |

05 février 2012

En direct de la Percée

Tous les aficionados le savent, ce week-end, c'est la Percée du Vin Jaune, qui se tient cette année dans la jolie bourgade de Ruffey sur Seille. Les moins frileux ont fait le déplacement. Moi, par exemple (merci Thermolactyl).


L1050192.JPGC'est la fête au village, à Ruffey sur Seille

Hier matin, à la salle des fêtes d'Arlay, j'ai claveliné des Château-Chalon 2004. Millésime assez léger, mais tendu. Déjà prêt à boire, dans certains cas. De quoi attendre les autres.

J'ai salué l'ami Olif, qui oeuvrait à une autre table. Puis, le midi, à la mairie, nous avons pris une belle tranche de rigolade. Persiflage et jaune à gogo. Et  puis il s'en est retourné dans sa chaumière; et moi, j'ai fait un petit tour au caveau de Macle (installé dans un superbe bâtiment d'époque, mais en plein vent, genre frigo). Le temps de m'anesthésier le palais avec un savagnin trop froid, j'ai rebroussé chemin. Je reviendrai.

L1050194.JPGN'écoutant que son courage, Olif s'attaque aux vins jaunes du Clavelinage (bousculant au passage le pauvre Johan Degroef, d'IVV)...

Comme je me doute que ce n'est pas ce genre d'anecdotes  qui vont étancher votre soif... d'apprendre, voici quelques lignes sur un autre domaine qui vaut le détour.

Evelyne et Pascal Clairet s’intitulent sobrement «vignerons en Arbois». Leur Domaine de la Tournelle s’étend sur 6 ha. Tous leur vins sont bio et «natures», ils tentent d'exprimer non seulement leurs  cépages originaux (ploussard et trousseau en rouge, savagnin, en blanc), mais aussi leurs terroirs; certaines des cuvées correspondent à des parcelles spécifiques comme «Les Corvées sous Curon» ou «Montellier» -une approche qui n'est pas sans rappeler celle de Stéphane Tissot.

Qu’ils soient ouillés ou oxydatifs, leurs vins ont un un dénominateur commun: la qualité du raisin doit se retrouver dans le vin. Pour en savoir plus, vous pouvez aller regarder le site des 5 du Vin, où mon ami Marc leur consacre un bout de sa chronique d'hier..

Plus d’info: www.domainedelatournelle.com

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans France, Jura | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |

04 février 2012

Le label AB disparaît du vin

 

La Commission européenne vient d'abroger le décret permettant aux vignerons d’utiliser le logo AB (ou tout autre label bio) sur les étiquettes de vins, par dérogation au système général.

 

Logique, puisque le vin bio n'existe pas, faute de normes officielles quant à la vinification. Seule existe l'agriculture bio.

La commission européenne espère ainsi inciter les vignerons européens à trouver un accord sur le cahier des charges d'un vrai vin bio.

 

Cela devient urgent, face aux autres grands bassins de production qui, eux, se sont dotés de cet outil, à l'image des Etats-Unis (ce qui leur permet maintenant de refuser les vins bio européens!).

Reste  notamment à régler, en Europe, l'épineux problème des plafonds de SO2, celui là même qui a fait achopper les négocations il y a deux ans.

00:19 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |

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