29 mars 2017

Croire aux crus?

Je suis loin d'être un obsédé des classements et des crus, premiers ou grands - nous avons tous dégusté des vins qui ne rentrent pas dans cette catégorie, et qui nous semblaient au moins aussi bons que des premiers ou des grands crus, sans parler des classés.
Mais sur les marchés, cela n'est pas sans importance: il n'y a qu'à voir le saut de tarif de Pavie et d'Angelus depuis qu'ils ont rejoint le club des Premiers Grands Crus Classés A (traduisez: super méga pinards blindés ).

Pour les vins IGP, c'est plus simple, ils n'ont droit à rien, aucune hiérarchisation, ni même le nom de château ou de clos vu qu'ils n'ont pas le fameux "lien au terroir". Dont acte. Cela n'empêche qu'il y a en leur sein des gens qui travaillent vraiment avec le sens du lieu, du terroir, qu'ils puissent le revendiquer ou pas.

Pour eux, il faudrait un jour réfléchir à la piste des vinos de pago espagnols, peut-être - des crus qui ne dépendent pas d'une appellation. Je crois me souvenir que le regretté René Renou y était favorable. Mais évidemment, ce serait un gros coup de pied dans la pyramide actuelle. L'ouverture d'une grosse boîte de Pandore.

Et quand on voit déjà l'opposition (surréaliste, à mon sens), des Crémants face aux bulles IGP, on se dit que ça n'est pas pour demain.

Alors je suppose que c'est à nous, petits scribouillards, de rappeler au consommateur qu'il y a une vérité au delà des mentions, que c'est dans le verre que ça se passe, que des réputations, des appellations peuvent être usurpées.

08:01 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

27 mars 2017

Joyeuse, la Veuve Ambal!

Le "sleeve" (manchon) est à la mode, en ce moment, au rayon bulles. C'est qu'il permet des fantaisies de couleurs et de formes difficiles à réaliser avec des étiquettes traditionnelles, des habillages promotionnels ou personnalisés; de plus, la surface couvrante est optimisée.

J'avais déjà remarqué ceux d'Arthur Metz et ceux du Cava Pata Negra, qui jouaient sur le blanc; dans un style résolument plus chamarré, voici la cuvée Expression, de Veuve Ambal, dont le manchon évoque une mosaïque, censée représenter la diversité des terroirs du Crémant de Bourgogne. Le plus intrigant, c'est qu'il n'y en a pas deux pareils - le résultat final dépend du positionnement du film au moment de la mise. 

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Et le contenu? Il s'agit d'un Blanc de Noirs, à l'image, lui aussi, de la diversité régionale, puisqu'il assemble 80% de pinot noir à 20% de gamay. Sans surprise, le vin est très fruit rouge, mais aussi poivré, et la bouche présente une bonne structure; des tannins, juste ce qu'il faut, et une finale à la fois vive et gourmande.

Veuve Ambal est une maison sérieuse, dont j'ai déjà eu l'occasion de vanter plusieurs des cuvées, ici même.

 

13:26 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |