13 septembre 2017

Les vins étrangers dans la distribution française

Selon les derniers chiffres du panel IRI, les vins portugais sont ceux qui connaissent la plus forte progression parmi les vins étrangers dans la grande distribution française - et notamment les marques Mateus, Gatão et Gazela.

Les deux marques les plus importantes de ce segment restent cependant issues du Maghreb (Boulaouane et Sidi Brahim).

Parmi les 10 premières marques, on trouve aussi des vins chiliens (Gato Negro et Casillero del Diablo), ainsi qu’une marque californienne (Gallo, en forte perte de vitesse). Curieusement, il n’y a aucun vin d’Espagne - si les vins de ce pays entrent souvent dans la composition de cuvées de marques françaises, c’est en toute discrétion!

Il est drôle de penser que bon nombre de consommateurs français boivent espagnol en toute ignorance, mais que les distributeurs prennent rarement le risque de référencer de beaux vins d’Espagne et qui assument leur origine!

On notera par ailleurs que ces dix "premiers de classe" sont des vins qui mettent plutôt l’accent sur la marque que sur l’appellation. Et ce, bien que certaines de ces marques ne communiquent guère (avez-vous déjà vu une publicité de Gazela ou de Gato Negro en France?); c'est donc ailleurs que cela se passe - dans le rayon, et sur le tarif.

La preuve est apportée qu'il est possible, par le biais des référencements et des promotions, de changer les habitudes des buveurs français, et de les inciter à découvrir d'autres vins que ceux de l'Hexagone. Même si, pour l'instant, il s'agit plus de produits de marketing que de vrais chantres de l'identité du terroir...

Mais tous les vins français présents en distribution sont-ils eux mêmes des fleurons de leurs terroirs? Bien sûr que non!

 

Les dix premières marques de vin étrangers en grandes surfaces françaises et leur évolution en % sur un an (2016

 

Boulaouane (Castel - Maroc) 1 275 000 cols -6,00 %

Sidi Brahim (Castel – Tunisie) 1 075 000 cols -5,00 %

Gato Negro (GCF - Chili) 525 000 cols +4,00 %

Mateus (GCF - Portugal) 490 000 cols +24,00 %

Casal Garcia (Portugal des Saveurs - Portugal) 330 000 cols +2,00 %

Casillero del Diablo (Rothschild - Chili) 310 000 cols +11,00 %

Gatão (Agriberia - Portugal) 300 000 cols +25,00 %

Piccini (GCF - Italie) 280 000 cols +16,00 %

Gazela (GCF - Portugal) 250 000 cols +20,00 %

Gallo (GCF - Californie) 240 000 cols -21,00 %

13 juin 2017

Que reste-t-il de bio dans le projet de la commission européenne?

Un projet présenté ce lundi par la Commission européenne aux ministres de l'agriculture de l'Union a fait frémir les partisans de l'agriculture bio. Ce texte est censé redéfinir les modes de production, de transformation, de conservation et de commercialisation du bio dans toute l'Europe. Or, plusieurs assouplissements en matière de label bio font craindre un dévoiement du concept.

D'une part, le projet prévoit que les productions contaminées par des pesticides ne seront plus forcément déclassées du label bio. Chaque Etat pourra décider du seuil de pesticides 'acceptable'. Et une fois labellisé dans un pays, il ne pourra être refusé par les autres. 

Cela revient à rendre caduque la fameuse obligation de moyens (le contrôle à tous les stades de la production), pour le remplacer par des analyses a posteriori, et selon des règles différentes en fonction des pays.

Par ailleurs, le même projet prévoit d'abaisser le nombre de contrôles de un par an, à un tous les deux ans. 

Autre pierre d'achoppement: la possibilité, défendue par la Commission, de produire du bio hors sol - alors que pour les producteurs bio, le lien au sol et la rotation des cultures sont deux fondements de l'agriculture bio, tant du point du vue agronomique que du point du vue environnemental.

Ce texte est loin de faire l'unanimité des différents pays. 

13:54 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |