12 février 2012
Champagne californien... ou Californie champenoise?
A l'aéroport de Beauvais, une affiche du Consiel Régional de Picardie vantait les beaux vignobles de l'Aisne (le département engloble quelques vignes de Champagne, du côté de Château-Thierry).
Jolie photo, ma foi. Un paysage vallonné, sous le soleil couchant...
Le hic, c'est qu'il s'agissait d'une photo prise en Californie.
Le Conseil Général de Picardie parle d'erreur regrettable et va faire retirer les annonces.
Il n'est de Champagne que de Champagne, bien sûr... même picarde.
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17:22 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, Etats-Unis, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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From Australia with love (and bubbles)
En gros, cette fois-ci, Eric Boschman nous entretient de Saint Valentin, des bulles et de l'Australie dont il vient juste de rentrer.
Allez, plus que deux fois dormir et ce sera le moment de sortir vos vieilles fleurs, de ne pas vous tromper dans la couleur de la cravate ou la taille des sous-vêtements, de vous faire un resto cher et chiant et hop, c’en sera fait d’une St V de plus.
Un peu d'histoire
Certaines habitudes ont la peau plus que dure. C’est rien de le dire. Prenez moi par exemple, je n’arrive pas à écrire mes papiers plus de quelques heures à l’avance. Certes, penserez-vous, au moins comme ça c’est de l’ultra frais, mais les pages «maga» d’un quotidien, c’est un truc qui devrait se gérer cool, tranquille, mais voilà, c’est une vilaine habitude. C’est un peu comme la Saint Valentin. Franchement, tout le monde s’en fout de ce gars qui serait mort pour que les marchands de lingerie puissent oublier la morosité des soldes. Sur Wikipédia, ont parle des origines vachement sérieuses de la St V comme ça : L’association du milieu du mois de février avec l’amour et la fertilité date de l’antiquité. Dans le calendrier de l’Athènes antique, la période de mi-janvier à mi-février était le mois de Gamélion, consacré au mariage sacré de Zeus et de Héra. Dans la Rome antique, le jour du 14 février était nommé les lupercales ou festival de Lupercus, le dieu de la fertilité, que l’on représente vêtu de peaux de chèvre. Les prêtres de Lupercus sacrifiaient des chèvres au dieu et, après avoir bu du vin, ils couraient dans les rues de Rome à moitié nus et touchaient les passants en tenant des morceaux de peau de chèvre à la main. Les jeunes femmes s’approchaient volontiers, car être touchée ainsi était censé rendre fertile et faciliter l’accouchement. Cette solennité païenne honorait Junon, déesse romaine des femmes et du mariage, ainsi que Pan, le dieu de la nature. Le rapprochement entre la Saint-Valentin et l’amour courtois n’est mentionné dans aucune histoire ancienne et est considéré par des historiens comme une légende. Il ne faut cependant pas oublier que la plupart des fêtes chrétiennes se sont substituées à des fêtes païennes.
Bon, nous avons déjà tous les éléments, d’une part le vin, d’autre part les chèvres, heu, non, pardon, les trucs sexuels rapport, si j’ose dire, à la fertilité. Je présume que les cadeaux font partie du lot. Cette année, c’est décidé, pas de sortie en tête à tête ce soir là, restrictions budgétaires obligent. C’est la crise pour les amoureux aussi. Alors, si l’on reste atome comme disent les Anglois, autant découvrir un petit quelque chose de plus que l’être aimé. Je vous propose une belle bulle.
Le monde a soif d'amour... et de bulles
Pour faire court, ayant déjà bouffé la moitié de mon article avec les origines étranges de cette fête un rien bidon, il me faut d’abord parler de l’évolution des vins effervescents dans le monde ces dernières années. C’est que ça bouge à la vitesse d’un bouchon de Champagne mal maîtrisé en ce moment. La mise au point des techniques d’élaboration des vins mousseux a pris des siècles. Avec, au cours des trois dernières décennies, des progrès fulgurants. Ce sont les plus grosses entreprises champenoises qui ont peaufiné, recherché, développé, de nouvelles méthodes et technologies afin d’améliorer, de rentabiliser au mieux et de régulariser au maximum la production de vin pétillant. Une bulle de qualité, régulière, des vins fins, capables de vieillir longtemps, des millésimes respectés complètement (ne vous gaussez pas, manants, c’est relativement récent, on en reparlera un jour). Tout ça pour notre plus plus grand bonheur. Oui, mais voilà, le Champagne, c’est plus ou moins trois cent millions de flacons par vendange, et pas des masses de plus à l’horizon. Et comme les consommateurs du monde ont une furieuse tendance à tout confondre et à appeler Champagne tout ce qui bulle, malgré les efforts violents du CIVC, il a bien fallu trouver une parade.

Jacob's Creek Sparkling Reserve
Comment gérer le marché mondial de la frustration ? En élaborant des vins de qualité, souvent sous des marques bien connues de Champagne, mais en montrant bien que même si c’est bon, ce n’est pas aussi grand que l’original, toujours copié, jamais égalé. Pour que les bulles de la planète soient belles et régulières, il a fallu transférer les technologies, aider tout le monde à marcher d’un même pas, ou, a tout le moins, dans une même direction. Ce qui est fait depuis quelques années. Quoi de mieux pour maîtriser la concurrence que de l’aider d’une manière ou d’une autre. Je ne sais pas si tout ça relève du fantasme ou de la réalité, mais toujours est il qu’aujourd’hui, dans le monde, on élabore de plus de plus de bulles excellentes, souvent à des prix très raisonnables.
Back from Down Under
Lors d’un séjour récent en Australie, il m’a été donné de déguster un petit panel de bulles locales. Elles tiennent plus que la route, les bulles australiennes. Plutôt fermes, longues en bouche, avec ce qu’il faut de pétillant pour titiller la langue et, lorsqu’elles ne sont pas trop dosées, très fraîches, un rien ingénues presque. Ce qui m’amène à la bouteille d’aujourd’hui, c’est qu’en plus de bien se tenir dans leur jeunesse, elles vieillissent bien. Bon, ok, je manque un peu de recul pour déterminer si elles tiennent allégrement une trentaine d’années, à l’instar de leurs cousines rémoises, mais en tout cas, celles que j’ai goutées sont meilleures un peu plus adultes.
Ce Jacob’s Creek Sparkling Reserve, par exemple, est parfaitement exemplatif de mon propos. Ayant dégusté deux millésimes côte à côté, le plus vieux des deux est ample, généreux, délicat aussi, avec une complexité surprenante pour ce genre de vin. Oui, je sais, moi aussi j’ai des a priori, y’a pas de raison. Alors que le millésime le plus récent était encore fermé, un rien en dessous de ce qu’il avait comme potentiel.
C’est aussi l’avis de l’importateur en Belgique qui garde les bouteilles en stock plus longtemps pour que les vins soient plus mûrs. Et ça porte ses fruits puisque, si j’ai bien retenu les chiffres que l’on m’a donnés, la Belgique est le premier marché mondial pour ces vins-là. Parce que nous aimons les vins plus racés, plus profonds. Même à des prix normaux.
Voilà donc un joli cadeau de Saint Valentin à partager. Offrez-vous une douzaine de flacons, vous en torchez une le soir du quatorze, et mettez les autres en cave pour les attaquer en tête à tête un rien plus tard au cours de l’année, par exemple. Facile, le bonheur quand on veut, non?
Eric Boschman
Jacob’s Creek Réserve Sparkling 2008, en Belgique chez Delhaize pour 11,49€
00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Australie, Champagne, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : jacob's creek, sparkling, australia |
21 décembre 2011
Chez Leclerc, un Marquis en chasse un autre
Ce midi, à la radio, je n'en crois pas mes oreilles, le Champagne Marquis de Couilles Molles est à 9,55 euros.
"C'est possible, ça?" demande la voix dans le poste. "Oui, mais seulement chez Leclerc".

Petit Marquis
J'hallucine! Pas pour la question du prix. On trouvera toujours des bradeurs pour brader, je ne me fais pas de soucis pour eux. Juste un peu pour les tripes de leurs consommateurs à la sortie du repas, peut-être. Et surtout, je m'interroge sur leurs critères de choix d'un effervescent pour les fêtes: à ce prix-là, on trouve de belles cuvées de crémants, mieux faites. J'ai des noms.
Non, c'est la marque qui m'a étonné. Alors j'ai tendu l'oreille. Finalement, ce n'était pas Marquis de Couilles Molles, c'était Marquis de Coulmaux.
Dommage, Couilles Molles, à ce prix là, c'était sans doute pas bon, mais c'était marrant, au moins!
L'année dernière, il paraît que Leclerc a fait un malheur avec son Champagne Marquis de Vauzelle à 9,90 euros (il est remonté cette année à 11,44 euros, à croire qu'ils ont mis plus de raisin).
Un Marquis en chasse un autre, sa noblesse est aussi bidon que celle du précédent. Tiens, pour cette fois, je vous conseille de mettre votre pouce dans la parti-cule de la bouteille, pour bien la tenir...
15:08 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : champagne de distribution, marquis de fausse noblesse |
09 décembre 2011
Bourgognes et Champagne intéressaient beaucoup les faussaires
Dans le cadre de la lutte contre les trafics agroalimentaires, Europol et Interpol ont lancé une opération d’envergure internationale ("OPSON", ou nourriture, en grec) qui s'est déroulée du 28 novembre au 4 décembre dernier.
15:29 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, Champagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : bourgogne, champagne, vin |
04 décembre 2011
Boschman on Beaujolais
Deux semaines après la sortie du Nouveau - le temps de décanter, sans doute, Eric Boschman nous parle du Beaujolais. Et d'une belle cause, aussi.
Arrêtez de me souffler dans les poumons avec régularité en me disant que le Beaujolais c’est pas terrible, que tout ce qui est vendu ne vient pas de là-bas et j’en passe et des meilleures. STOP ! le vin nouveau est un moment, un marqueur de saison, un point c’est tout. C’est une tradition vivace dans toutes les régions où l’on fait du vin depuis longtemps. Pas juste un gimmick marketing. Même si, et vous avez raison de maugréer dans vos barbes pleines de miettes et de Nutella, ça l’est devenu depuis quelques décennies. Mais bon, c’est un peu dans l’ordre des choses dès lors qu’il s’agit de quelque chose d’humain qui rapporte un peu de tunes.
Hors du phénomène de foire, le Beaujolais nouveau est un vin simple, gentil, sans complexes, fait pour que l’on mange un tranche de vie entre copains sans se poser de questions et quelques morceaux de saucisson ou de pâté. Le gamay dans toute sa simplicité, sans chichis ni blabla inutile. Certes, à 25€ la bouteille au restaurant c’est violemment cher, mais c’est aussi le prix d’une casserole de moules. Je vous l’accorde, la casserole de moules est aussi scandaleusement chère, mais c’est le marché. Etc etc…
Un dernier truc, le Beaujolais Nouveau se boit dans la première semaine qui suit sa sortie pour l’essentiel, mais ce n’est pas une raison pour bouder les autres crus de la région. Il y a dix crus dans l’appellation, dix identités parfaitement différentes et, dans certains cas, le gamay donne là des vins d’exception. Je ne voudrai pas mourir sans avoir encore une fois bu une gorgée de Morgon de chez Lapierre ou de chez P’ti Max ou quelques autres cuvées de quelques gars aussi talentueux. Je sais, les amateurs, ou soit disant amateurs, se gaussent dés que l’on évoque le cépage qui se taille en gobelet.
Il est même des critiques français, plus ou moins avisés, qui préconisent, en fonction du réchauffement climatique, de planter de la syrah dans le coin. ET pourtant, bon sang de bonsoir, les vieux gamays, avec des rendements limités, c’est globalement bon, et même parfois émouvant. En parlant d’émotion, vous avez peut-être remarqué que nous sommes dans la dernière ligne droite avant les fêtes. C’est le moment de faire chauffer vos cartes de crédit et de prévoir un joli découvert pour les semaines à venir. J’ai lu il y a peu que l’argent cash avait le vent en poupe pour les cadeaux avec quelques rares chèques-cadeaux. Il y a un truc qui devrait avoir très fort, bien plus fort qu’aujourd’hui, le vent en poupe, c’est le don.
Certes, beaucoup d’entre nous donnent déjà à un tas de choses, mais voilà, au lieu de se perdre en babioles crétines, il y a moyen de se faire plaisir et d’aider les belles causes pour trois fois rien. Les petits ruisseaux formant les grandes rivières, la maison Moët & Chandon Belgique s’est associée à Make a Wish Belgique pour lancer un bar éphémère qui fait du bien partout. Je vous explique. Si vous ne connaissez pas Bruxelles, ce n’est pas grave, tout le monde, même les trams peuvent vous mener à la place Stéphanie. Là, jusqu’au 10 décembre, il y a une tente transparente, qui abrite un bar. Jusque là, tout va bien, et c’est presque normal. Dans cette tente, a chaque fois que vous boirez une coupe de champagne Moët, la maison versera 2 euros à Make a Wish. Si vous avez passé les trois derniers siècles sur une autre planète, vous ne savez peut-être pas ce que fait cette belle association. Active dans trente trois pays, l’association regroupe des bénévoles qui exaucent les vœux d’enfants gravement malade. C’est, bien entendu une association sans but lucratif et, comme bon nombre de ses collègues, elle a toujours besoin d’argent. Ces coupes de champagne aideront les enfants à agiter leurs baguettes magiques et se mettre des étoiles plein les yeux. Franchement, ne pas y aller serait une belle erreur hein. «Toast for a cause», (et pour les francophones, la même chose), c'est une belle idée, pour une belle cause, je ne vois rien de mieux à faire dans les prochains jours, histoire de se sentir moins lourd en préparant nos fêtes. C’est juste un peu bête que nous puissiez pas y déguster de Beaujolais, mais bon, si le monde était parfait cela se saurait.
Eric Boschman
Plus d’infos sur : www.facebook.com/moetchandonbelgium
00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais, Belgique, Champagne | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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03 décembre 2011
Ma coiffeuse offre le Champagne... italien
Je vous ai déjà parlé de ma coiffeuse - le dernier salon où l'on cause, de tout, de rien, n'importe comment.
Pendant qu'on me coiffait, je n'ai pas pu ne pas entendre... Entre deux thèses particulièrement éclairantes sur DSK et le Prince Laurent de Belgique (il paraît qu'ils suent, tous les deux), une capillo-spécialiste a fait l'annonce suivante: la veille de Noël, le salon va offrir le Champagne à ses clients.
-"Mais quelle marque avez-vous choisie?", a demandé la cliente à laquelle l'employée avait fait cette alléchante confidence.
-"Du Martini".

D'où j'ai déduit que le CIVC avait encore du boulot pour faire comprendre, selon son slogan éculé, "qu'il n'est de Champagne que de Champagne".
Notez, je me demande s'il ne valait pas mieux que ce ne soit du Prosecco. Parce que ma coiffeuse, qui l'a essayé, le trouve un peu trop sec, et va acheter de la liqueur de cassis pour l'adoucir un peu. On aura donc un bon Kir italien.
Heureusement, ma coupe était presque terminée, alors je suis parti sans demander mon reste, avant que les inspecteurs de la répression des fraudes ne viennent embarquer ma coiffeuse. Avec les grandes oreilles du réseau Echelon, c'est sûr, les avocats du CIVC savent tout ce qui se dit sur le Champagne...
00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Champagne, Italie, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : champagne, italie, prosecco |
01 décembre 2011
"Dis Papa, le Champagne, c'est pour les riches?"
On voit mal des publicitaires associer une marque de Champagne et une ambiance misérabiliste. Vous imaginez une campagne mettant en scène un SDF au bord du Canal Saint Martin, un magnum de Krug à la main?
Le glamour, les stars, le sado-maso, le phallique, l'onirique, et même le gay ou le lesbian chic, d'accord, on a donné; mais ça, jamais! Même au pays des neiges éternelles décrit par Begbéder, il y a des limites.
Est-ce une raison pour continuer à nous vendre le Champagne comme un produit élitiste? Ca se discute, surtout en ces temps de crise. Dans cette optique, la dernière campagne de Thiénot m'interpelle.
Un, je n'ai pas le look "gendre idéal" d'un jeune-ambassadeur-de-la-maison. Deux, Je ne me balade pas sur les aérodromes avec mon étui de roteux (à moins que ce soit un parachute, on voit mal). Trois, quand je mets un costume, je n'enlève pas ma cravate pour faire plus décontracté. Quatre, je ne me prends pas pour James Bond. Cinq, je n'ai pas de Piper - je parle de l'avion privé, pas du Champagne. Regardez bien, on voit son hélice dans le coin de l'annonce...

Moi, je ne suis ni "exclusif", ni "sélect", et je ne "rayonne" pas, comme dit la pub. Bref, je ne me reconnais pas dans les valeurs de la marque.
Je crois que je vais plutôt me servir un verre de Jacquart. C'est une coopérative, d'accord; mais ses Champagnes sont bons, et accessibles. Même les "entrées de gamme", les Cuvées Mosaïque (BSA blanc et rosé) sont étonnantes d'équilibre - je vous en reparlerai. En plus, j'ai rencontré l'oenologue, Floriane Eznack, la semaine dernière; elle est non seulement compétente, mais en plus, elle ne se prend pas pour une icone de la jet set.
Ma fille me demandait l'autre jour "Dis Papa, le Champagne, c'est une boisson de riches?". J'ai envie de lui répondre: "Ca dépend de la marque".
00:41 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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28 novembre 2011
Les 5 du Vin démarrent leur série champenoise
A l'initiative de Michel Smith (alias Ze Boss), les 5 du Vin ont visité le mois dernier les Artisans du Champagne, ce qui donne lieu toute cette semaine à une série d'articles concoctés par chacun des membres du chenil, je veux dire, du groupe.
Ze Boss, vu du ciel
Retrouvez-les chaque jour en commençant ICI par l'introduction
Poursuivez ICI avec le premier billet de David Cobbold.
Bonne lecture!
09:31 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : les 5 du vin, champagne, michel smith, david cobbold |
13 novembre 2011
Trois beaux Bordeaux rouges de Gonet-Médeville
En descendant vers la Bourgogne, quoi de plus naturel, quand on vient du Nord, de faire une halte en Champagne?
Ce qui est peut-être moins naturel, c'est d'y déguster des Bordeaux. Et qui plus est, quand on est chez Gonet-Médeville, bien connu pour ses Sauternes de grande garde, d'y déguster de jeunes Bordeaux rouges... mais je n'en suis plus à un paradoxe près, et ce qui compte, en définitive, c'est ce qu'il y a dans le verre.
Julie Médeville (la Bordelaise) et Xavier Gonet (le Champenois) mettent de la passion dans tous leurs vins, d'où qu'ils viennent.

Xavier et Julie Gonet Médeville
Cru Monplaisir 2010
Vin de cuve, majoritairement, avec un tout petit peu de bois (10% du lot). Petit fruit, mûr, groseille, bonne acidité, rond, souple. Frais tout de même. Plaisir immédiat. Merlot bien mûr.
Pas mal, pour un simple "Bordeaux de paluds"! 14/20
Graves Respide Médeville 2009
60% cabernet sauvignon, 40% merlot.
Cerise griotte, fumé, bois fin, s'ouvre lentement. Bouche très croquante, assez ample, classique, gibier. 14,5/20
Château les Eyrins 2009 Margaux
Face à Labégorce, sur un sol riche en graves, ce château (naguère dans les mains de l'ancien maître de chai de Château Margaux) présente un vignoble complanté à l'ancienne de cabernets et d'un peu de petit verdot.
Superbe fond, la race du Margaux et un côté accessible au nez, fruit bien mûr, confiture de fraise, texture soyeuse, soie sauvage, pas envahissant mais très ample, frais, profond mais pas dur comme un Pauillac, par exemple. 15000 bouteilles seulement. 15/20

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, Champagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : gonet médeville, bordeaux |
07 novembre 2011
Pour bien boire, buvez en bonne compagnie!
Pour bien boire - on ne parle pas de déguster, mais bien de boire - il faut savoir choisir ses vins, mais aussi les gens avec qui l'on boit.
On dirait un vieil aphorisme de Malesherbes ou de Saint Simon. Eh bien non, c'est de moi!
Il faut dire que j'ai triché, quand j'ai écrit ces lignes, je carburais au grand vin et aux grands esprits.
C'était vendredi soir, aux Berceaux (ze place to be in Epernay) je dînais en compagnie de trois de mes complices des 5 du Vin, Marc, Jim et David, et d'un très sympathique consultant basco-champenois, Olivier Borneuf. Un jeune à la fois passionné, compétent et ouvert, oui, ça existe.
Comme c'était notre dernier soir ensemble, après deux jours de dégustations avec les Artisans du Champagne, nous avons décidé de changer de région. À l'apéritif, Patrick Michelon, le chef des Berceaux, nous a servi un vin mystère, qui s'est avéré être alsacien - j'avais hésité entre Gaillac et Savennières, il s'agissait d'un vin de Jean Michel Deiss. L'Engelgarten 2008. Miel d'acacia et pétrole au nez, j'aurais dû reconnaître un beau riesling (il y en a dans le lot, mais c'est une parcelle complantée où il y a aussi du muscat et des pinots), mais l'acidité apparemment assez basse m'a fait bifurquer vers d'autres contrées. Deiss 1, Lalau 0.
Marc et David, eux, ont trouvé tout de suite. Jim aussi, après avoir pris le temps de friser sa moustache. Chapeau, les gars!
Engelberg 2008
Nous avons entamé le repas avec un Saint Aubin choisi par David, un Premier Cru les Champlots de Gilles Bouton, millésime 2009.
Riche, gras, miellé, un tantinet sur l'alcool, mais tellement bourguignon!
David aurait préféré le 2008, moins solaire. Je ne peux pas dire, je ne l'ai jamais bu.

Saint Aubin Premier Cru 2009
Pour les côtelettes d'agneau, nous sommes passés à un Saint-Nicolas de Bourgueil, 2009 de Gérald Vallée, à nouveau choisi par David, assisté par Mr Loire en personne, alias Jim Budd. Cuvée Les Perruches.
Quelle fraîcheur, quel exubérance de fruit, quelle belle longueur en bouche! C'est mûr. Mais c'est croquant.

Les Perruches 2009
Comme la bouteille nous a vite semblés trop petite, Marc a commandé une bouteille de Crozes Hermitage, la Cuvée Le Clos des Grives 2009, de Laurent Combier.
Dense, fruité, mais droit, ces grives là nous ont chanté tout le charme des Côtes du Rhône du Nord, la tension sous le velours.
Le Clos des Grives 2009
J'avais encore du Saint Nicolas dans mon premier verre, j'ai donc pu faire des allers-retours entre Loire et Rhône, et je n'ai pas été déçu du voyage. Deux belles expressions de fruit noir, différentes et pourtant, dans un sens, la même précision de vinification, à la recherche de l'expression du cru - je ne parlerai pas de terroir, en bon britannique, David juge le mot imprécis et galvaudé, et je crois qu'il a raison.
Dieu que c'était bon d'être ensemble autour de ces bouteilles-là. Dieu qu'on était loin du microcosme, du showbiz du vin. Et pour ceux qui pensent qu'on se goberge toujours aux frais des producteurs, qu'on ne vaut pas mieux que la mauvaise réputation du journaliste pique assiette, ou pire, du critique acheté, on a payé de nos deniers, 77,5 euros par personne, repas et vin compris. On n'a pas regretté nos sous. Et la conversation, elle, était gratuite. On en reparlera au fil des posts, ici ou sur le blog des 5 du Vin.
Alors faites moi confiance: il y a toutes sortes d'accessoires du vin, aujourd'hui, du verre "Spécial Boisé" à la turbine d'aération en passant par la carafe profilée. Ce n'est pas moi qui vous en dégouterai.
Mais au moins aussi important: choisissez bien avec qui vous buvez!
Et pour ceux qui voudraient récréer l'ambiance (mais avec d'autres amis, je garde les miens), voici l'adresse: Les Berceaux, 13 rue des Berceaux, F-51200 Epernay. http://www.lesberceaux.com/restaurant.htm
00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Bourgogne, Champagne, France, Loire, Rhône | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, art de vivre, deiss, engelberg |


