03 février 2012

Rêvons un peu... la France s'ouvre aux vins étrangers

Imaginons un peu que la France soit un marché ouvert, en matière de vin.

Je veux dire, que ses distributeurs, ses cavistes, ses restaurateurs, pour toutes sortes de bonnes et de mauvaises raisons, ne pratiquenet pas la préférence nationale - ou fait-il parler d'intolérance nationale?

Comme on ne m'a pas prouvé que les Français font une vraie allergie aux vins étrangers, et comme à l'inverse, leur consommation de vins per capita diminue, je me dis que l'ouverture pourrait peut-être susciter un nouvel engouement. Après tout, du côté des alcools, personne ne s'offusque qu'il se vende aujourd'hui en France beaucoup plus de whisky que de Cognac ou d'Armagnac.

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Rêvons un peu... Super Dupont découvre le monde

A quoi ressembleraient donc les rayons vins d'une distribution française convertie aux mérites de l'ouverture sur le monde?

Sans doute assez à ceux qu'on trouve chez nos amis Québécois. On ne peut pas les taxer de francophobie, nos cousins de la Belle Province. D'ailleurs, nos productions y sont toujours en tête des ventes de la SAQ.

Mais le plus instructif, dans le plamarès des ventes publié par le monopole provincial, c'est de constater que toutes les origines progressent, ou presque.

Comme si le fait d'élargir l'offre, de susciter de nouvelles concurrences, loin de faire plonger les ventes de chaque pays, les confortait, parce que c'est le "gâteau" dans son ensemble qui progreesse, avec l'attractivité du rayon.

Quand on donne plus de choix au Québécois, il ne se sent pas perdu, il achète plus et plus varié. Des nouvelles origines (l'Argentine, par exemple, a fait une percée remarquée) mais aussi de plus classiques, comme les bonnes vieilles AOC françaises ou italiennes.

Evidement, la différence avec le marché français ou belge, c'est qu'un seul acteur achète pour l'ensemble de la population. Mais on voit mal les acheteurs de la SAQ ne pas tenir compte des attentes des clients, attentes qu'ils connaissent d'autant mieux que les magasins sont présents partout et que leurs chiffres de ventes représentent la totalité du marché. Pas besoin de sondages ou de panel: ils ont tous les actes d'acahts en temps réel.

Alors, en définitive, faut-il vraiment prôner l'achat français en France pour sauver la viticulture nationale?

Ca se discute. 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |

29 janvier 2012

Au bout coule une rivière… Australia

La parole est à Eric Boschman, l'homme du Bush...

Une petite tournée down under comme disent les ceusses qui papottent l’anglais ailleurs que dans leur thé du matin. Un petit saut en été, avec une météo sauvage, digne des plus belles présentations de Tatiana Silva au meilleur de sa forme.

Quel bonheur mes amis, par la grâce de quelques coups d’aile, me voilà à me méfier des coups de soleil. Bon, ça va j’arrête mon char, vous vous en foutez de mes difficiles conditions de travail, de mon côté galérien de compétition. Et vous avez raison. Bon, c’est pas tout ça, je suis en Australie, le soleil envisage de se coucher et avant qu’il ne fasse noir, je voulais introduire les articles à venir qui vous parlerons de pinard, en vous parlant de la situation locale.

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Sheep Australian humour


C’est que c’est pas évident à comprendre pour nous, petits Belges, plutôt bons consommateurs et pas trop regardant à la dépense. Chez nous la moyenne des achats se situe aux environs de cinq euros, un peu moins, mais pas des masses. Je sais, ça paraît peu, mais c’est énorme par rapport à nos voisins directs et même un peu plus loin; pour faire simple, à part les Suisses, en Europe, nous sommes les premiers de la classe en matière de dépense moyenne pour une bouteille de vin. Pour une fois que nous sommes premiers en quelque chose, il fallait que ce soit en pinard. Nous sommes, relativement, moins confrontés que nos voisins à la pression tarifaire, ce qui nous épargne les mono-cépages aux prix tirés vers le néant et de moins en moins rentables pour les producteurs. Ce qui ne fait pas le bonheur du monde, mais nous assure un niveau de qualité moyen plutôt élevé. Chance pour nos palais et plaisir pour pas mal de nos fournisseurs. Oui, mais voilà, l’étroitesse, relative, de notre marché ne nous donne pas un poids suffisant vis à vis de la production et nous ne pouvons pas influencer le cours des vins au niveau mondial.


La Belgique n’est pas tout à fait la Chine, qu’on se le dise. Tout ça pour vous expliquer ce qui se passe dans un pays comme celui qui m’abrite en ce moment. La production est basée, pour l’essentiel, sur un véritable modèle industriel, c’est à dire que l’on est souvent loin du vigneron qui pose ses tripes sur la table et qui fait du pinard en se disant que vogue la galère on verra bien comment les choses se mettent en place. Dans le cas d’une stratégie industrielle, on calcule d’abord et on construit le vin en fonction de son calcul. Bien entendu lorsqu’il s’agit d’un pays, un propos global souffrira toujours d’exception, mais disons que quand la situation concerne pas loin de quatre-vingt cinq pour cent de la production on peut se dire que ça tient la route. Une fois ces calculs mis en place, on élabore des vins que l’on positionnera de manière concurrentielle sur le marché mondial.

Evidemment là, il y à un début de bug. C’est que sur le marché mondial, il y a pléthore de pinards vaguement similaires, à base de quelques cépages internationaux hyper répandus. Les chardonnays, syrah, et autre cabernets sont devenus des marques plutôt que des cépages et leurs origines sont plus nettes sur les étiquettes que sur les papilles. A force de jouer la rentabilité, on doit industrialiser les procédés d’élaboration, c’est à dire les standardiser et à force, on va aussi uniformiser les goûts.

Donc, les seules différenciations évidentes se situeront, malheureusement pour les producteurs à moyen terme, au niveau tarifaire. Et pour contrer la concurrence, on joue au plus serré, au prix le plus bas ; Dans le cas de l’Australie, les marchés anglo-saxons, Angleterre et USA en tête, ont fait les beaux jours des exportations de l’île continent. Pendant au moins une grosse vingtaine d’années. Et puis, le style des vins développés ici là été en considérant les désidératas des «critiques» vinicoles en fonction de leur influence. Influence toute relative soit dit en passant, du moins au niveau des ventes directes, mais énorme vis-à-vis des professionnels aux deux extrémités de la filière, de la production à la distribution ça fait pas un pli.


Donc, d’une part on modélise un produit en fonction d’un goût internationalement dominé par quelques marchés particuliers, d’autres part on se positionne plutôt bas pour gagner des parts de marché. Oui, mais voilà, lorsque la bise fut venue… ben c’est la déconvenue. La marché US se racrapote et c’est rien de le dire. Oui, il y a des arguments patents, des choses indéniables, la crise, l’arrivée en masse des vins du Chili et d’Argentine, le manque de rentabilité des productions australiennes et hop, le tour est mal joué et ça dégringole. Même cas de figure en Grande Bretagne. Certes, il y a la Chine pour se refaire, 70% et des bricoles d’augmentation de parts de marché l’année dernière. Mais pour combien de temps ?

Et la Belgique là dedans ? Ben nous sommes la gentille exception, le marché augmente doucement, les prix se maintiennent et les vins d’Australie présent sur le marché sont de plus en plus nombreux. C’est peut-être le fruit d’un travail de fond établi par les distributeurs, peut-être aussi parce que le marché n’est pas dominé par les soldeurs, peut-être simplement parce que nous, consommateurs, aimons des choses un rien plus typées et originales que nos voisins? La réponse n’est pas évidente.  C’est une combinaison de facteurs, mais elle indique surtout que les pays et les producteurs qui se lancent sur les terres du discount se lancent à un moment ou à un autre sur un mur. Des vins a des prix justes, pour la premiers prix, c’est un truc ou tout le monde y gagne, y compris les clients finaux, vous et moi. Bon, allez, justement, la semaine prochaine, on parle de pinards, a des prix normaux. D’ici là, quoi que vous buviez, buvez le bien.

A suivre...

Eric Boschman

00:48 Écrit par Hervé Lalau dans Australie, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : australie, vin, vignoble |

25 janvier 2012

As de Jabastas 2009

Parlons peu, parlons vin, parlons Bordeaux.

J'ai déjà évoqué dans ces Chroniques ce château des bords de la Dordogne, Belle au Bois Dormant du Libournais joliment réveillée par un importateur belge, Alain Vercouter (Bleuzé Wines). Pas Carabas, non, Jabastas!

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Le château de Jabastas, dans son écrin de vignes, aux bords de la Dordogne...

L'an dernier, j'avais commenté le blanc et rosé, qui venaient de sortir. Mon complice Marc Vanhellemont, lui, a goûté l'As de Jabastas 2009, l'une des grandes cuvées de rouge du domaine. Voici ses notes:

"Carmin violacé, il coule comme un noble sang dans le hanap et fascine l’auditoire par l’éclat sombre de ses prunelles. Joueur né, il connaît ses atouts. Des gelées de fruits un rien mentholées, un effluve de cuir marqué d’une once de tabac, une fève grillée de cacao, un bouquet serré lié d’un trait de réglisse, garantissent son jeu. Il l’abat sur le tapis tannique aux grains soyeux, manie les couleurs pour nous mettre l’eau à la bouche, retourne dans un geste ample ses figures florales, puis altier, fait montre de générosité en coupant son cœur fruité. Un jus élégant en jaillit, teinté d’épices. Le voilà bien nommé, cet as de la libéralité".

Marc Vanhellemont

L’As se compose de 80% de Merlot, 15% de Cabernet Sauvignon et 5% de Cabernet Franc. Les raisins passent par une macération pelliculaire qui assure une meilleure extraction de la couleur et des arômes. Il est élevé durant 15 mois en barriques.

15:29 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jabastas |

24 janvier 2012

20 ans d'in Vino Veritas

Une fois n'est pas coutume, aujourd'hui, un peu de pub gratuite pour quelque chose qui me tient à coeur, mais pour laquelle je ne peux prétendre à aucune objectivité, puisque j'en suis un des acteurs.

En 1992, une poignée de passionnés, journalistes, sommeliers, oenophiles de tout poil, se regroupaient autant d’un fou de vin, Philippe Stuyck, pour créer un nouveau «support» et surtout, un nouveau ton pour aborder le vin.

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"Communiquer ma passion": un beau programme toujours d'actualité

150 numéros et quelques dizaine de milliers de pages plus tard, In Vino Veritas est toujours là pour dire sa vérité.  Plus important encore, ces vingt ans coïncident avec une évolution sans précédent, sans doute, dans le secteur du vin. Une évolution qu’In Vino Veritas a accompagnée, et souvent, précédée.

En 1992, le marché belge du vin était encore essentiellement français (à plus de 70%) -on parlait même de vins étrangers, pour désigner les autres provenances.

En 1992, aucun support dit sérieux n’aurait osé remettre en causse les grands crus classés, les appellations de prestige, les icones du vin.

En 1992, les vins boisés, bodybuildés, parkerisés, faisaient la loi dans bon nombre de dégustations, dans les medias dits importants.

En 1992, on trouvait encore de vrais mauvais vins, des vins à défauts, des vins techniquement mal vinifiés.

En 1992, les vins de l’agriculture biologique faisaient sourire, sans parler de la biodynamie, qui paraissait à beaucoup une sorte de secte.

En 1992, pourtant, IVV parlait déjà des vins Sud-Africains, Australiens, Chiliens, de toutes origines, dégustations à l’appui.

IVV interviewait Nicolas Joly, chantre de la biodynamie, ou Jean-Michel Deiss, chantre de l’expression du terroir.

IVV ne se prenait pas au sérieux, mais faisait déjà les choses sérieusement.

Aujourd’hui, près de la moitié des vins consommés en Belgique viennent d’ailleurs que de France. Les vins bio ne font plus sourire personne. La mode du boisé est retombée.

Les vins à défauts techniques sont de plus en plus rares. Mais les vins vraiment intéressants ne sont guère plus nombreux qu’en 1992, en définitive.

Pour une revue iconoclaste comme la nôtre, il y a toujours des moulins à combattre. Nous continuerons donc sur notre lancée, à douter de beaucoup de choses et à nous passionner pour tout.

Magazine indépendant, sans gros moyens, mais aussi sans compromission, IVV a trouvé sa place dans le paysage de la presse vineuse. A raison de 6 numéros par an, il offre à ses quelque 12.000 lecteurs francophones et néerlandophones sur le panorama du vin une vue dégagée des contingences mercantiles ; des articles variés, souvent engagés.

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Grâce aux nouvelles technologies, son blog, ses newsletters, IVV est aussi aujourd’hui une source d’informations pour les œnophiles comme pour les professionnels.

Vous noterez enfin qu'IVV a été la première revue du secteur à proposer un abonnement sous forme numérique, qui permet de lire son magazine sur son ordi, sur sa tablette, voire son téléphone – le combat pour une terre plus propre, c’est aussi moins de papier gâché.

IVV, 20 years, still alive… and kicking !

 

00:47 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |

20 janvier 2012

Wijnvoordeel, Chineur du Vin

Vendre du vin sur internet, cela semble une évidence, aujourd'hui - sauf quand les vins mettent trop longtemps à arriver, ce qui pose une question de confiance. Mais tout le monde ne s'appelle pas 1855. A ce propos, vous êtes nombreux à déposer sur ce blog vos doléances, et croyez bien que je compatis.

Un des grands pionniers, sur ce créneau, c'est le Néerlandais Wijnvoordeel, fondé en 1999 par un certain René Tulner, à destination du marché batave. Comme son nom, "Avantage Vin", l'indique, son positionnement de prix agressif était d'emblée au coeur du concept.

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Le Coffret panaché "Prestige": vous m'en mettrez pour à 39,95 euros...

Le succès est rapide, exponentiel, même: on passe de 1000 bouteilles à 150.000 bouteilles de ventes annuelles en quelques années, rien que pour les Pays-Bas.

Mais des Belges s'intéressent assez vite au concept. D'où la création, au bout de quelques années, de  deux sites jumeaux, www.wijnvoordeel.be et www.chineurduvin.be. Notez que la raison sociale frnacophone fait plus référence à la curiositré qu'au prix, mais l'un n'exclue pas l'autre, c'est juste une de ces subtilités culturelles dont la Belgique a le secret.

Ensuite, avec l'appui du groupe Baarsma; l'expansion se poursuit sur l'Allemagne, le Danemark, le Royaume-Uni et même un gros pays producteur, la France, avec www.chineurduvin.fr

Au départ, pourtant, dans ce dernier pays, l'accueil est mitigé, les prix étant jugés... trop bas.  Mais notre Chineur  persévère et ses ventes en France frisent maintenant les 165.000 bouteilles.

La politique de "packs", la mise en vente de coffrets de 6 vins panachés, est un des outils marketing utilisés par la maison, avec succès, semble-t-il.

Et le contact? Pouvoir toucher le vin? Parler au caviste? Tout ça ne manque pas trop aux clients? Apparemment, pas plus qu'à ceux qui, depuis déjà pas mal d'années, commandent leurs vacances sur internet, sans jamais passer la porte d'une agence.

Le caviste "physique", avec magasin, devra sans doute se réinventer, mettre l'accent sur le service, le conseil, la disponibilité. Mais c'est une autre histoire...

16 janvier 2012

Foie gras: silence radio chez Carrefour Belgium

Les pains sont grillés depuis longtemps, les foies gras sont mangés, les faux gras de Gaia aussi. Les fêtes sont passées. Mais je n'ai toujours aucune réponse de la chargée des relations publiques de Carrefour Belgium à ma question du 29 décembre, que je lui ai transmise par courriel. Pour ceux qui ne l'auraient pas lue, c'est ICI

C'est son droit le plus strict ne ne pas me répondre, bien sûr. Que ce soit un choix délibéré de sa part, ou de l'indifférence, ou du mépris... ("les blogs, quelle engeance!") ou qu'elle n'ait tout simplement rien à dire.

Je ne saurai donc probablement jamais si Carrefour soutient les producteurs de foie gras (le groupe en fait même fabriquer sous sa marque Reflets de France) ou si il les vitupère, comme dans les messages de Gaia qu'elle diffuse sur ses ondes.

Dans mes études de journalisme, il y a bien longtemps, j'ai appris cet adage : "ne pas communiquer, c'est déjà communiquer". Mais il est un un autre qui s'applique sans doute encore mieux à la réalité de Carrefour en Belgique: "Buy global, speak local". Ou en bon français: "ma main gauche ne sait pas ce que fait ma main droite".

13:26 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |

12 janvier 2012

C.I.A.

Vous le savez, le dernier film de Clint Eastwood traite du fondateur du F.B.I., J. Edgard Hoover.

Mais ce que vous ignorez sous doute, c'est que son projet initial était de le consacrer à Eric Boschman, le fondateur de la C.I.A.

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Eric Boschman? C.I.A.? Oui, vous lisez bien. L'ami Eric est depuis peu le Directeur des Opérations de la C.I.A, alias Catering Intelligence Agency - et oui, il y avait bel et bien une astuce...

Derrière ce choix apparemment facétieux de sa nouvelle raison sociale, il y a  cependant une recherche approfondie et une réalité tangible: en matière de gastronomie, Eric sait à peu près tout sur tout, et inversément.

Si ce n'est pas la définition de l'intelligence, au sens anglo-saxon du terme, alors je veux bien faire un stage au SDEC.

Comme il se décrit lui-même sur Google+, Eric est "sommelier-amuseur-public et chroniqueur gastronomique quand je ne dors pas".

C'est pour ça qu'on l'aime, et qu'on lui donne ici régulièrement sa tribune. Bonne anneye, l'ami!

17:25 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |

10 janvier 2012

Wishful thinking, version Crémant de Bourgogne

Suite à de nouveaux commentaires, je crois utile de remettre à l'honneur cette chronique que je persiste à signer, n'en déplaise au commentateur anonyme qui me dit que je ne connais rien au vin ni à la vérité... C'est son droit, comme c'est le mien d'en rigoler. Alors autant en rire ensemble, amis lecteurs!

 

Je sais que la pub est l'art de la mise en valeur, voire du maquillage. Voire du camouflage.

Mais à priori, il doit toujours y avoir un fond de vérité sur lequel appuyer les messages. Sauf à jouer le décalage complet, le contre-pied. Et encore, dans ce cas, c'est généralement de l'humour.

Dans le cas des visuels de la campagne des Crémants de Bourgogne, je ne vois ni humour, ni vérité. Juste ce que les Anglais appellent wishful-thinking. En bon bourguignon: "prendr' ses désirs pour des réalités, vindju".

 

Jugez plutôt:

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 A croire avec modération

Je comprends mieux à présent la mention "A consommer avec modération" (inutile à l'export). Elle n'est pas tant là pour les consommateurs que pour les publicitaires. Parce que le jour où New York aura "reconnu" le Crémant de Bourgogne, on aura fumé toute la moquette dans les agences.

En attendant, il me semble qu'à la Grosse Pomme, on préfère encore le Champagne (français ou californien), ou à défaut, le Prosecco.

Dans la plus proche et plus francophile Belgique, le Champagne a bien perdu un peu de sa superbe, ces dernières années, mais ce n'est pas le Crémant de Bourgogne qui en profite, mais le Cava. D'ailleurs, on aimerait bien en boire plus, du Crémant de Bourgogne. Mais encore faudrait-il qu'on en trouve dans les magasins, chez les cavistes, et puis qu'on connaisse les marques. Parce que des campagnes génériques, c'est bien, mais en définitive, dans les mousseux, ce sont des marques qu'on achète.

Il faudrait donc que les marques investissent aussi. Il y en a, au fait? Demandez au consommateur belge dans la rue, je pense qu'il peut vous citer deux ou trois marques de Cava (Freixenet et Codorniu, ou bien peut-être Pere Ventura, ou encore Ferriol); mais un nom de Crémant de Bourgogne, alors ça, non, je ne crois pas.

Avec tout mon respect pour la Veuve Ambal (déjà qu'elle a perdu son mari!) ou la Cave de Bailly, c'est une réalité que les belles affiches de publicité newyorkaises ne suffiront pas à changer...

 

19:05 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Bourgogne, Etats-Unis | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note |

03 janvier 2012

La citation du jour (une histoire de piastres)

La citation du jour est signée de mon confrère canadien John Szabo, sur Twitter (et oui, on peut être puissant et court - euh, pardon, John). Bon, la voici. Je la laisse en version originale, mais je pense qu'il n'y a pas de difficultés à traduire, c'est une concept assez universel. C'est Marc André Gagnon, de Vinquébec, qui me l'a fait connaître.

"Question: What's the difference between a $15 Aussie Shiraz and a $50 Aussie Shiraz? Answer: $35 dollars."

Au fait, j'apprends incidemment que la SAQ augmente tous ses vins de 15 cents cette année, pour améliorer ses marges.

Alors une petite question, Marc André: de combien augmentes-tu le tarif de tes billets sur ton excellent Vinquébec?

Le modèle économique des blogs (ou des blouies, comme vous dites au Québec) reste à inventer...

 

00:49 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Canada, France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vin, vignoble, blog, blogue |

31 décembre 2011

Google Analytics: mieux que la boule anti-stress

Ce n'est pas pour me vanter, mais il y a quelques semaines, j'ai installé Google Analytics sur ce blog.

La version béta (celle qui me va le mieux).

Ca me permet de suivre en temps réel les connexions au blog. Attention, je ne sais pas qui fait quoi, ni dans quelle position, mais je sais à peu près d'où viennent les gens qui me lisent. C'est parfois très précis: Chatou (et oui, on me lit dans les belles banlieues), parfois moins: Paris, Madrid, Bordeaux, Lille.

Le plus amusant, c'est de voir la succession des provenances. A 7h, j'ai surtout des Français, des Suisses, des Belges et quelques Italiens. Vers 8-9 heures, quelques Anglais (un habitué de Hull, un autre de Sunderland, et puis quelques Londonniens, je suis flatté). Vers 15-16h, les Québécois débarquent. De Montréal, de Québec, de Chicoutimi, de Saint Denis-Laval... Et même quelques Etats-Uniens de New York, de Boston ou du Maryland...

Parfois, mais c'est plus rare, je vois un Moscovite, et même une fois, un Pékinois, un Vietnamien, un Australien.

Ils se sont sans doute perdus sur les autoroutes de la désinformation...

Ce qui est marrant, aussi, c'est que pour certains (ne me demandez pas comment ou pourquoi), Google affiche les mots-clefs tapés dans la recherche: Saint Emilion, Champagne, Parker, Miller. Voire Brulhois, Savoie, Setubal, mais c'est l'exception.

Ca me donne une idée de ce qui peut intéresser les gens. Sauf que parfois, j'ai l'impression qu'ils tombent chez moi par hasard. Comme quand je vois Britney Spears ou Justin Bieber dans les mots-clefs, par exemple. C'est d'ailleurs ça qui m'a donné l'idée de faire un post sur Lady Gaga.

Au début, j'étais assez accroc. Je vérifiais le nombre de connexions simultanées - chez moi, ça va  jusqu'à 12, avec une moyenne de 3. Je m'extasiais devant la carte du monde - oui, Google affiche les provenances sur une carte.

Alors c'était moi, le maître du monde! Et quand j'étais en panne d'idées, c'était encore mieux que la boule en mousse, comme anti-stress.

Mais je ne peux pas passer ma vie à ça; et puis, quand j'ai vu le nombre de minutes que passent certains visiteurs - c'est à dire moins d'une, pour bon nombre d'entre eux, je me suis dit que l'outil était certes très évolué, mais plus du domaine quantitatif.

Alors je ne le consulte plus aussi souvent.

Plus fondamentalement, cela m'a fait réfléchir; faut-il faire un blog pour susciter des clics, pour faire du buzz, ou faut-il d'abord être honnête avec soi-même?

J'ai choisi la deuxième voie. Un blog, ou blogue, pour pendre l'orthographe québécoise, qui est tellement plus jolie, mais peu usitée de ce côté de l'Océan, c'est d'abord un log, un carnet de bord. Un truc assez personnel qui consiste à partager ses expériences.

Se demander ce qui va plaire, comment ce sera reçu, c'estun peu trahir l'idée de départ, non?

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