14 décembre 2011
"The Unique Marcil Experience", Chez Marie, à Ixelles
C'est pas pour me vanter, mais vendredi, j'ai été au restaurant. Chez Marie, à Ixelles. Ca fait des années que je voulais y aller, surtout pour le sommelier. C'est Daniel Marcil - un habitué des dégustations In Vino Veritas; et puis surtout, un bon copain.
Ce soir-là, ce gentil Québécois nous a concocté une sélection de vins "mystère" - à charge pour nous de les reconnaître, ou au moins, leur région d'origine. Joli défi que j'ai relevé, bien sûr, mais avec un succès très inégal. En fait, je n'ai pu identifier l'orgine que d'un vin sur trois.
Pas le premier, déjà; j'avais pensé à un riesling allemand ou australien, c'était bien un riesling, mais autrichien.
Le voici:

L'Autriche, version riesling
Kamptal Schloss Gobelsburg Riesling 1ötw 2009
Citronnelle, pamplemousse, un peu d'arperge aussi au nez; en bouche, c'est puissant et surtout très minéral. Pas beaucoup de complexiét, mais un côté très direct, une élégance remarquable. 13° alc.
Pour le second, je me voyais plutôt en Galice, avec un godello. C'était un chenin de Touraine.
A savoir:
Touraine Château de Coulaine 2009 Cuvée "Pieds Rôtis"
Notes de cidre et de frangipane au nez; en bouche, un étonnant équilibre entre l'alcool et l'acidité; c'est un peu évolué, déjà, mais la finale saline, reste très fraîche.

La Touraine, version chenin
Pour le troisième vin, par contre, je suis tombé juste, c'était bien un Corbières. Enfin presque, car il est déclaré en Vin de Pays. A savoir:
Vin de Pays de Hauterive La Baronne Cuvée Las Vals 2005
Un seigneur! Au nez, c'est très épicé, presque sauvag; en bouche, c'est d'abord corsé (vieux cuir, encens) puis suave (moka, chocolat), la texture est veloutée, magnifique, les tannins bien présents, mais sans assécher la fin de bouche; au contraire, une belle amertume réveille le palais. Elevage très soigné, le vin n'est pas marqué, juste arrondi, sans enlever en rien ni son caractère terrien ni sa puissance.
Merci, Daniel, pour cette belle soirée - ton jeu, c'est aussi amusant que le Trivial Pursuit, et c'est plus désaltérant...
Et peu importe de reconnaître le vin, en définitive, quand il est bon...
Alors si vous aussi, vous voulez tenter "The Unique Marcil Experience", c'est chez Marie, Rue Alphonse de Witte 40, B-1050 Ixelles (Bruxelles). Les amis du vin sont les bienvenus. Réservation fortement recommandée (les places sont limitées): +32 2 644 30 31
Vous pouvez aussi demander à choisir les vins à la carte bien sûr...

Le Languedoc, côté Mourvèdre.
17:05 Écrit par Hervé Lalau dans Autriche, Belgique, Canada, France, Languedoc, Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
23 novembre 2011
Alcool, tabac et cancer: des chiffres
C'est intéressant, comme toujours sur Honneur du Vin
Et rappelez-vous, le vin, c'est entre 12 et 14,5% d'alcool... donc pas le produit le plus commode pour l'alcoolisation forcenée. D'autant qu'au niveau prix...
19:18 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Brésil, Canada, Etats-Unis, Europe, France, Grande-Bretagne, Grèce, Hongrie, Italie, Liban, Luxembourg, Maroc, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Portugal, République Tchèque, Slovénie, Suisse, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : tabac, alcool, cancer, addictions |
16 mai 2011
La Romanée Conti "battue" par des pinots d'Autriche et de Nouvelle-Zélande
Lors d'une compétition organisée à Singapour, le 8 avril dernier, par l'importateur Hermitage Wines, des vins de la Romanée Conti ont été mis aux prises avec plusieurs pinots noir venus des 4 coins de la planète vineuse, au cours de trois jours de dégustations à l'aveugle. Le jury était composé d'aficionados du monde entier (les tables étant composées de 8 consommateurs et d'un professionnel).
La compétition a vu la victoire d'un pinot autrichien du domaine Markowitsch (Carnuntum). Le second est le Néozélandais Felton Road Bloc 3. La Romanée Conti (représentée par La Tâche 2007, notamment), arrive en 3ème position.
On pourra regretter, bien sûr, qu'une Tâche aussi jeune ait été servie. On pourra contester la compétence des jurés. On pourra dire ce que l'on veut. Mais pour l'histoire, il n'y a que le verdict qui compte (rappelez vous le Jugement de Paris); et à Singapour, la Bourgogne a donc perdu sa couronne du pinot noir...
On se rassurera en se disant que le gagnant est certainement plus abordable que les grands crus de Bourgogne. Voila qui pourrait me permettre de juger par moi-même de sa qualité, ce que les tarifs de la Romanée ne m'ont jamais permis de faire.
Et c'est un Bourguignophile qui parle...
00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Autriche, Bourgogne, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : bourgogne, vin, vignoble, autriche, compétition |
19 janvier 2011
Droits de plantations, la polémique continue... mais est-ce la bonne?
Trois ans après de vote de la nouvelle Organisation Commune des Marchés "Vin", ratifiée par tous les pays membres de l'Union Européenne, des voix se font toujours régulièrement entendre pour remettre en question une de ses mesures phare, la suppression des droits de plantation. Il faut dire que pour certains pays comme la France, ces droits font partie de l'histoire: ils datent du Front Populaire, ou pour s'en tenir au vin, à la création des AOC.
C'est là que commence à mon sens la confusion.
Libérer les plantations pour permettre aux Européens de lutter à armes égales avec leurs concurrents du Nouveau Monde, en produisant des vins à meilleur coût, à première vue, voila qui me semble bien vu. Ne serait-ce que pour répondre aux attentes des buveurs aux habitudes de consommation les moins sophistiquées, chez nous comme ailleurs. Je parle bien sûr des vins sans indication d'origine, des vins de cépage, des vins sur lesquels ne doivent peser qu'un minimum de contraintes, tant au plan des rendements qu'au plan du lieu de plantation.
Les contestataires ne sont pas directement concernés
Pourtant, qui conteste aujourd'hui la libéralisation des droits de plantation? Les organisations représentant les AOC, comme la CNAOC.
Voila qui est paradoxal: avec leurs ODG, leurs cahiers des charges, leurs contrôles qualité en amont, en aval, les AOC bénéficient pourtant sur le papier d'un bel arsenal pour contrôler la production.
Libéralisation ou pas, elles pourront continuer à fixer le rendement, les cépages, les méthodes culturales et de vinification. Rien ne les empêchera non plus de fixer de nouvelles délimitations géographiques, en clair, de restreindre leurs aires d'appellation. Cela demande du courage, bien sûr, mais c'est leur raison d'être, ou je me trompe?
Pincez-moi ou j'hallucine: ce sont donc ceux qui sont les moins concernés qui dénoncent! Voila qui me rappelle furieusement la querelle du rosé de coupage... Rappelez-vous, à l'époque, les AOC, qui pouvaient facilement continuer à exclure les rosés de coupage de leurs cahiers des charges, se sont mobilisées. Pourquoi? Mais parce que qu'elles craignaient de voir des producteurs se détourner d'elles: qui n'aurait pas été tenté de valoriser ses blancs en les teintant de rouge, à petit prix, même sans AOC? Leur argument massue, celui de la préservation d'une prétendue qualité, n'était qu'un écran de fumée; ils mettaient en avant les Côtes de Provenance, (pardon, de Provence) mais seuls les vins sans indication de provenance étaient concernés. Et dire que le plus gros de la presse a marché dans la combine!
Le raisonnement est le même aujourd'hui: la libéralisation des plantations ne fait peser aucune menace sur la qualité de la production des AOC, mais elle porte en germe une concurrence. Et soyons terre-à-terre: moins d'hectos en AOC, c'est moins de cotisations.
La CNAOC évoque déjà ses craintes de voir planter des vignes dans la plaine, là où elles n'ont pas leur place, selon elle. Au passage, c'est oublier (et faire oublier aux pauvres buveurs) que les AOC sont déjà dans la plaine, pour une bonne partie de leurs aires!
Que les AOC en reviennent à leurs fondamentaux!
Par ailleurs, regardons les chiffres; la part des AOC dans la production française n'a jamais cessé d'augmenter. ces 50 dernières années. Elle frise les 50%. C'est anormal. Comment une bouteille sur deux produite en France pourrait-elle prétendre être représentative d'un terroir et d'une origine! C'est là qu'est l'abus. Dans ce contexte, la libéralisation des plantations, ce n'est pas un danger qualitatif, c'est juste un danger pour la détestable rente de situation de ceux qui produisent insipide au sein des AOC, et malheureusement, aujourd'hui, en toute impunité.
Permettre le développement d'un autre type de produits, à moindre coût et hors AOC, aurait pourtant un avantage pour le consommateur: en concurrençant les productions à bas prix indignes des AOC, cela permettrait à celles-ci de renouer avec leurs fondamentaux: redevenir ce qu'ils n'auraient jamais dû cesser d'être, des pépinières de vins d'expression, de terroir, en un mot, le sommet de la pyramide de l'identité. Moins nombreux, sans doute, mais dignes d'arborer leur mention particulière à la face du monde.
Notez bien que je n'ai pas écrit le mot "qualité", car c'est un concept par trop trop subjectif, et qui n'a pas sa place ici. Dire d'une indication de provenance que c'est un signe de qualité (au sens de "meilleure qualité," tel qu'il est compris par le commun des mortels), c'est duper les consommateurs, sans parler des législateurs européens.
Ne sont-ils pas fatigués d'entendre la CNAOC et ses semblables évoquer la qualité à tout bout de champ quand celle-ci n'y est pas? Ni en termes d'identité, ni en termes de qualité absolue. L'origine n'est pas une garantie de qualité. On trouve même quelques contre-exemples fameux. Je veux parler de tous ceux, en Italie, en France, en Espagne, qui sont sortis des AOC pour produire meilleur ou en tout cas, s'affranchir de règles désuètes et non-qualitatives (l'obligation de mettre du blanc dans le rouge, par exemple, ou encore la longueur de l'élevage).
Qui a dit que les AOC ont le monopole de la qualité?
Je rappelle aussi qu'un des vins les plus prisés de l'Hémisphère Sud, l'Australien Grange, de Penfolds, que tout le monde prend pour un grand cru, est un assemblage des meilleurs parcelles de plusieurs appellations très distantes et qu'à ce titre, s'il était français, il peinerait à décrocher l'AOC, ou alors, seulement une AOC régionale de type Bordeaux ou Bourgogne. Imagine-t-on en France que l'étendard vineux du pays n'ait qu'une AOC régionale, ou pas d'AOC du tout? Qu'on puisse assembler Château Margaux et Château Montus? Limoux et Meursault? Voila qui choquerait notre esprit classificateur, notre besoin maladif de tout étiquetter. Et pourtant, rien de plus normal en Australie, où c'est la marque qui prime.
J'ai dégusté voici quelques semaines un chardonnay de Patriarche vendu comme Vin de France; il est produit en Languedoc mais ne le revendique pas (à moins qu'il n'y assemble un peu de Bourgogne). Il est excellent - plus fruité, plus gras, plus expressif, plus frais et plus typé que la plupart des blancs d'appellations communales de Bourgogne qu'il m'a été donné de goûter au cours de la même semaine lors d'une dégu d'In Vino Veritas. Il faut dire que le millésime (2008) était difficile. Mais si l'on va jusqu'au bout de la démarche prétenduement qualitative soutenue par la CNAOC, on finit pas se demander s'il fallait déclarer en AOC un millésime aussi médiocre dans cette région!
Je sais, je pousse le bouchon un peu loin. Mais ce n'est pas moi qui prétend vouloir assurer la qualité totale!
Un autre type de viticulture
N'étant ni eurocrate ni producteur, dont en aucune façon expert, je suis bien sûr ouvert à la discussion. Mais sans faux semblants.
J'aimerais déjà qu'on m'explique les vrais enjeux de cette libéralisation des plantations pour l'économie viticole, en mettant de côté les arguments prétenduement qualitatifs. La CNAOC évoque le danger de l'arrivée de gros opérateurs pour le tissu viticole français, déjà si affaibli. C'est une éventualité. On ne peut pas l'exclure.
Mais cela pose un autre type de problème. Dans un contexte de baisse de la consommation française, et de stagnation de la consommation mondiale, j'ai du mal à concevoir, que des investisseurs se lancent à corps perdu dans des plantations dont la production ne pourrait que grossir des excédents, à moins bien sûr qu'ils ne gagnent des parts de marché sur des producteurs existants. Au sein des AOC, notamment. Surtout si celles-ci n'apportent pas un plus en termes d'identité. Mais est-ce à la Commission Européenne de privilégier les producteurs existants au détriment des producteurs potentiels, elle qui compte en son sein un commissaire à la concurrence? Est-ce à elle décréter ce que le consommateur veut boire?
Et n'est-ce pas une solution à courte vue que d'empêcher les gros opérateurs de grossir chez nous, au risque de voir leurs concurrents le faire ailleurs? Ou même, de voir nos opérateurs délocaliser sous des cieux plus accueillants, à l'image d'un Pernod Ricard, groupe français qui n'a pas de vigne en France, mais poids lourd du vin aux Antipodes...
Les tenants du statu quo nous disent benoîtement que c'est notre modèle de viticulture à visage humain qui est en jeu. Je serais plus convaincu si ce modèle permettait réellement à nos petits vignerons de vivre, en l'absence de débouchés, en l'absence de ce que les anglo-saxons appellent l'unique selling proposition. Quand le tonneau de Bordeaux est coté en dessous du prix de revient, peut-on dire que Bordeaux est encore un nom qui faire vendre? Et les faillites ont-elles un visage humain? S'il est un autre modèle de viticulture qui permet aux bons viticulteurs de vivre mieux, en faisant apparaître plus clairement la distinction entre vin industriel et vin d'auteur, je suis preneur.
Qu'on m'explique aussi pourquoi il faudrait déjà revenir sur l'OGM vin avant même qu'elle ne s'applique pour les droits de plantation. La France ayant obtenu un délai jusqu'en 2018, s'il y a renégociation, l'accord passé en 2008 aura été un jeu de dupes.
Accessoirement, qu'on m'explique pourquoi le projet initial a déjà été sérieusement édulcoré - j'emploie ce mot à dessein, car vous vous rappellez sans doute que dans sa version initiale, il prévoyait l'interdiction de la chaptalisation - une idée qui semblait pourtant à la fois aller dans le sens de l'authenticité, de la maîtrise des volumes et de la qualité, mais que les AOC n'ont guère soutenue, à l'époque.
Protection, ou handicap?
Mais restons en là: après Mme Merkel, le président Sarkozy vient de se prononcer pour le maintien des droits de plantation. La messe est dite. L'Elysée a tranché: surtout ne touchons à rien. Après tout, M. Sarkozy ne boit pas.
Il ne reste qu'un espoir pour les partisans du changement: qu'une majorité de pays de l'Union continue à soutenir l'OGM vins, et ne le laissent pas détricoter. Ce n'est pas gagné d'avance, tant ces sujets sont propices au marchandage. Je crains fort qu'il me faille avaler cette couleuvre-là aussi.
Alors, faisons contre mauvaise fortune bon coeur: samedi, je pars en Afrique du Sud. Un pays où l'apartheid a été aboli, et où l'on plante ce qu'on veut, où l'on veut. Où les aides à l'exportation sont très faibles, où l'Etat ne subventionne plus grand chose, où la distillation de crise est inconnue, et où, par voie de conséquence, on ne produit à peu près que les vins qu'on est sûr de pouvoir vendre. Coïncidence, en moyenne, ils sont plus que corrects. Un peu techno, pour beaucoup, mais loyaux et marchands. Pas sûr qu'à l'étranger, tous les consommateurs sachent situer Robertson par rapport à Worcester. Ici, les marques sont souvent plus fortes que les appellations. Logique: seuls une minorité de producteurs revendiquent vraiment un terroir. Mais quand ils le font, c'est le plus souvent justifié. La pyramide de l'identité qu'on nous vante en France, avec les bons terroirs tout en haut, n'est souvent qu'un leurre; ici, pourtant, elle retrouve un sens. Est-ce un hasard si ce pays a vu ses surfaces de vignoble augmenter de 20% en dix ans, et le nombre de ses caves tripler dans le même temps?
Ces chiffres devraient faire réfléchir nos gouvernants et nos vignerons: nos protections, nos barrières, nos interdits nous protègent-ils vraiment ou nous handicappent-ils?
00:04 Écrit par Hervé Lalau dans Allemagne, Autriche, Belgique, Chypre, Espagne, Europe, France, Grande-Bretagne, Grèce, Italie, Luxembourg, Nouvelle-Zélande, Portugal, République Tchèque, Slovénie, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
| Tags : europe, vin, vignoble, droits de plantation |
25 août 2010
Les caves, un nouveau créneau pour l'architecture moderne
On n'a jamais tant vu de nouvelles caves sortir de terre. Et dans la plupart des cas, le style est percutant: prenez Château Faugères, à Bordeaux. Petra, en Toscane. Thunevin-Calvet, à Maury. Ou encore la pléiade de caves autrichiennes décrites dans le livre "Wein Architektur".
Château Faugères
On peut discuter l'intégration au site, mais certainement pas l'originalité de ces grands navires de pierre et de métal.
Est-ce nécessaire? Toute question esthétique mise à part, certainement!
Car quand les vignes sont jeunes, et que le domaine doit encore faire leurs preuves, ou bien quand le nouveau propriétaire veut imprimer sa marque, rien ne vaut le choc des photos - pardon, de l'art.
Cela s'appelle vendre avec son temps. Et notez bien que dans certains cas, cela ne veut pas dire que le vin ne soit pas intéressant.
00:55 Écrit par Hervé Lalau dans Autriche, Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
|
18 août 2010
Pour boire bon, volez sur Austrian
Magazine spécialisé dans le tourisme, Global Traveler a réalisé une enquête sur les vins servis par les compagnies aériennes en classe affaires. Son jury de 30 professionnels a testé 118 vins proposés par 26 compagnies aériennes.
De cette étude, il ressort que la meilleure compagnie pour ce critère est... Austrian Airlines. Devant Qatar Airlines et TAM. La compagnie autrichienne, très sélective, confie le choix de ses vins à 55 sommeliers. Sa classe affaires propose 3 rouges et trois blancs.
Curieusement, ni Air France, ni KLM, ni SN Airlines n'ont souhaité participer à cette compétition.
00:12 Écrit par Hervé Lalau dans Autriche, Europe, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : autriche, compagnies aériennes, tourisme, vin, sélection |
21 mai 2010
A propos des D.A.C. autrichiennes
A tous ceux qui consultent ce blog ou me contactent pour tenter de répondre aux questions du dernier concours vin de La Libre et de la DH, je précise:
-Primo, que je suis très flatté d'être ainsi une référence (au royaume des aveugles...).
-Secundo, qu'on compte aujourd'hui 7 D.A.C. en Autriche, même si pour deux d'entre elles, les premiers vins ne seront mis en marché qu'en septembre.
Tiens, dans ma grande bonté, je vous redonne les noms. Même si vous n'en avez rien à faire, puisque ce n'est pas dans la question: Weinviertel, Mittelburgenland, Traisental, Kremstal, Kamptal, et les deux petites dernières, Leithaberg et Eisenberg. A vos souhaits!
Je suppose que les organisateurs ont prévu ce petit hiatus et accepteront les 2 réponses, à savoir 5 ou 7. Sinon, changez de journal!
Ou bien changez de concours! J'en propose de temps à autres, ici même, mais je n'ai pas le succès de celui de La Libre et de la DH, qui me vaut à chaque fois un bel arrivage de nouveaux lecteurs, qui, comme les vols d'étourneaux, repartent aussi secs sous des cieux. plus rémunérateurs. Car il faut dire que sur mon blog, il n'y a rien à gagner, c'est juste pour le plaisir d'apprendre.
Notez que grâce à la Libre et à la DH, il y a maintenant des gens qui savent qu'il y a du vin à Treisental. Ce qui leur sera très utile dans les soirées. Plus que de connaître le nom du premier ministre cambodgien ou la capitale du Nicaragua, en tout cas.
Si c'est votre premier rendez-vous, évitez quand même d'étaler trop longtemps votre culture vineuse, à moins bien sûr que vous ne sortiez avec un(e) oenologue...
PS. Pour plus de renseignements sur la viticulture autrichienne, un email, un seul:
00:15 Écrit par Hervé Lalau dans Autriche | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
18 septembre 2009
La Joyeuse Eglise du Rouge Autrichien
Ce blog prend parfois des allures de vieille radio locale : «Je vous parle depuis les bords du lac de Neusiedl…».
Notez que c’est vrai. Je suis au bord du lac de Neusiedl. Nous sommes une dizaine d’allumés, autrichiens, allemand, américain, anglais, suédois et français, tous membres d’une sorte de secte réunie pour la grand messe annuelle du vin rouge autrichien – Notre Dame des Roseaux. Le but étant de sélectionner les meilleurs pour le Guide des Vins Autrichiens. Principalement des 2007, cette année.

La mer des Viennois
Rouge autrichien ? Un concept sectaire s’il en est, puisque le vin autrichien se résume le plus souvent au blanc dans l’imaginaire des buveurs étrangers. A tort, bien sûr, mais c’est là péché véniel, car les rouges autrichiens s’exportent à peine. Comment connaître et honorer ce qu’on n’a jamais l’occasion de boire?
Nous en sommes à notre quatrième session, et nous venons de dépasser notre 200ème vin – nous espérons bien atteindre les 250. Nous commençons donc doucement à comprendre ce qui se passe ici. L’ambiance est bonne, notre religion n’a rien de sévère.
Je ne vous parlerai pas des régions, car nous dégustons à l’aveugle – la seule indication fournie est le cépage. A ce propos, deux surprises, deux déceptions, et deux confirmations.
Côté (bonnes) surprises : le Zweigelt et le Blaufränkisch. Le premier, dans un style fruité et croquant qui m’évoque inévitablement les bons crus du Beaujolais. Le second, dans un genre plus construit, mais tout aussi délectable. A l’unanimité, la secte a brûlé un cierge à ces deux saints patrons du rouge autrichien.
Côté déceptions: les pinots noirs et les merlots. Les premiers manquent généralement de chair, et plus grave, de nez. Les seconds pèchent généralement par l’excès inverse, trop riches, trop travaillé aussi, bien souvent. Notre prière donnerait donc quelque chose du genre «Pardonnez-leur leurs pinots, car ils ne savent pas ce qu’ils font». Quoique notre Evêque, Helmut Knall, nous délivre un message différent : «Les vignerons d’ici sont persuadés que le pinot doit être quelques chose de spécial, et l’entourent de beaucoup de soin. Mais il n’est pas toujours à son aise chez nous. Ici, au Burgenland, il a trop chaud, par exemple. Mais il est présent depuis le Moyen-Age en Autriche…»
Deux confirmations : le Saint Laurent (qui prend parfois des allures de pinot) donne de très belles choses ; les assemblages de divers cépages (« cuvées », comme on dit dans la secte) sont généralement réussis. La recette commence à être connue: dans le désordre : cabernet et merlot, Blaufrânkish, barrique et vigneron de qualité. J’allais oublier les cabernets «in purezza». Ils sont charnus, sans grand reproche. Leur seul tort est de trop aimer le bois, au point qu’on identifiera plus facilement le tonnelier que le pays de production. Mais ils méritent le respect.
Bref, ce marathon autrichien s’achève dans la joie. J’ai rarement eu l’occasion de déguster autant de bons rouges bien élevés en un même lieu. La messe est dite, allez en paix.
08:49 Écrit par Hervé Lalau dans Autriche | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
16 septembre 2009
Bon baisers du Burgenland
A Podersdorf, entre le Lac de Neusiedl et la frontière hongroise, Josef Lentsch tient un restaurant, le Dankbarkeit (La Gratitude), hérité de son grand père. Un nom qui fait référence aux vicissitudes de l’histoire du Burgenland. Plus important pour nous, Josef est vigneron, travaillant ses propres vignes mais aussi quelques vignobles en fermage, tous signés dans le Seewinkel. Il s’est fait un nom, en Autriche, pour ses pinots. Sur place, j’ai pu en déguster trois, en marge de la dégustation de l'Oesterreichischer Weinguide, à laquelle mon copain Helmut Knall m'a convié.

En toute gratitude...
Josef Lentsch Dankbarkeit Pinot Gris 2006
Le nez est très floral, avec quelques notes de feuille de tilleul. En bouche,
quel beau gras! On pense inévitablement aux grands blancs de Bourgogne, Puligny, notamment. Le bois est perceptible, mais agit comme un condiment léger, très bien intégré. Belle acidité, de la tenue***
Josef Lentsch Dankbarkeit Pinot Gris 2003
Plus fruité, peut-être un peu plus gras aussi, avec de belles notes de miel d’acacia. La bouche est à l’avenant, le bois est à nouveau très bien travaillé, la finale, sur une acidité croquante, relance encore l’intérêt***(*)
Josef Lentsch Dankbarkeit Pinot Noir 1999
Pas mal de fruit encore pour un tel millésime, fraise écrasée, assez mûr. En bouche, on part plutôt vers le fumé, l’acidité soutient l’ensemble, ce qui laisse une impression assez contradictoire de plénitude et de vivacité. Si tous les pinots noirs avaient ce charme… et pour ce prix.**
Contact: Hauptstraße 39, A-7141 Podersdorf
Tel. 02177/22 23
email: office@dankbarkeit.at
19:39 Écrit par Hervé Lalau dans Autriche | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
05 septembre 2009
Une 6ème DAC en Autriche
A partir de septembre 2010, les vins de la région d'Eisenstadt (Burgenland), y compris Jois et Winden, pourront être vendus sous la DAC Leithaberg. C'est la première région DAC comprenant à la fois des blancs et des rouges.

Le joli vignoble du Leithaberg (Photo © AWMB, Weinburgenland)
En blanc, les cépages autorisés sont le Grüner Veltliner, le Weißburgunder et le Chardonnay (Neuburger), en monovariétal ou en assemblage. En rouge, le cépage principal autorisé est le Blaufränkisch, éventuellement accompagné (à concurrence de 15% maximum) de Zweigelt, Pinot Noir et Saint Laurent.
Leithaberg rejoint les 5 autres DAC autrichiennes, à savoir Weinviertel (Grüner Veltliner uniquement), Mittelburgenland (Blaufränkisch), Traisental (Grüner Veltliner, Riesling), Kremstal (Grüner Veltliner, Riesling) et Kamptal (Grüner Veltliner, Riesling).
Je serai en Autriche dans une dizaine de jours pour une grande dégustation de rouges autrichiens, sous la houlette de mon confrère Knalli (Oesterreichischer Weinfuhrer, AT Wine Times). Je vous rendrai compte de mes découvertes...
09:25 Écrit par Hervé Lalau dans Autriche | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
|


