23 janvier 2012

Générations perdues

C'est un vigneron du Beaujolais, Paul Henri Thillardon, qui le dit à mes confrèresde Vitisphère:

"En deux générations, le Beaujolais a réussi à passer d'une vignoble menacé par son succès (qui l'avait mené à la surproduction) à la reconquête d'une image positive par des vignerons qui se sont posé les bonnes questions de fond au bon moment et qui ont produit moins pour gagner en qualité."

Acceptons-en l'augure, M. Thillardon, mais poussons un soupir sur les deux générations perdues qui ont acheté leur Beaujolais pour ce qu'il n'était plus, malgré la pseudo-garantie des AOC, des crus...

Tiens, peut-on retirer l'AOC à tire rétroactif (et rembourser le trop perçu)?

Ce serait rigolo, non?

08:15 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : beaujolais, aoc, rembourser |

13 décembre 2011

Bordeaux va découvrir les charmes du Vin de France

Selon une charte signée le 9 décembre dernier par les différents acteurs de la filière vins, et à l'instigation du CIVB,  il sera bientôt possible pour les producteurs de vins de Bordeaux de commercialiser leurs vins en "Vins de France", en rouge, en rosé et en blanc. Aucune référence à Bordeaux ne figurera sur les étiquettes. Seule la mention du cépage et du millésime sera autorisée, conformément aux normes des Vins Sans Indication Géographique.

Cela m'a fait réfléchir. Vous savez comme je suis taquin.

 

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De l'estuaire de la Gironde à Langon, un seul "terroir"?

Comme on n'imagine pas que les Bordelais se mettent immédiatement à planter spécialement de nouvelles vignes pour cette nouvelle catégorie de vins (et quand bien même, il faudrait attendre qu'elles puissent arriver en production), c'est donc bien du bon vin de Bordeaux - enfin, du vin produit selon les normes en vigueur actuellement dans l'aire d'AOC - qui va être vendu sans appellation. Est-ce à dire que tout le vin produit à Bordeaux jusqu'ici ne méritait pas l'AOC?

 

On parle en tout cas de "déclasser" entre 250 à 300.000 hl , soit à peu près  5% de la récolte.

Notez bien, je ne peux que me féliciter de cette décision si elle signifie que les AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur vont maigrir un peu, au profit d'une meilleure "typicité", d'un vrai lien au terroir. Je sais, ces mots ne veulent pas dire grand chose, mais ce n'est pas moins qui les ai employés en premier, je ne suis que commentateur.

Par ailleurs, comme les plafonds de rendements n'existent pas dans les Vins Sans Indication Géographique, les producteurs amortiront mieux leurs coûts.

Ce n'est pas que je veuille compliquer encore les choses, mais si l'on devait s'en tenir à une stricte définition du lien au terroir, celui-ci ne pouvant pas s'appliquer à un vignoble aussi vaste que la région bordelaise (ou bourguignonne, ou alsacienne, ou rhodanienne), toutes les AOC régionales devraient disparaître pour se transformer en Indication Géographique de Provenance (IGP); en effet,  les vins qui en sont issus sont liés au territoire, pas au terroir (c'est la distinction européenne). Car il n'y a pas UN terroir commun à tout le Bordelais (125.000 ha, c'est beaucoup). Pas plus qu'un n'y a UN terroir commun à toute la Toscane, et c'est pour cela qu'au delà de Chianti ou de  Montalcino, les Toscans ont conçu l'Indicazione Geografica Tipica Toscana (IGT est l'équivalent italien de notre IGP).

Dans cet esprit, en France comme ailleurs, à mon sens, seules des AOC communales ou sous-régionales garantissant le fameux "lien au terroir" pourraient subsister. Mais ne rêvons pas.

Et buvons sans trop chercher à conprendre; la vérité est dans le verre et à chaque propriétaire la sienne, en définitive...

00:19 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France, Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vin, vignoble, aoc, bordeaux |