20 janvier 2013

Le vin, produit noble, en grande distribution

Quand j'en parle avec eux, les acheteurs de la grande distribution (dont certains sont de vrais amoureux du jus de la treille) jurent leurs grands dieux que le vin, produit noble, bénéficie chez eux d'un traitement tout particulier.
On jugera de la crédibilité de ce discours en examinant les deux photos ci-dessous. C'est tout frais d'hier...

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Allez, m'sieurs dames, on déstocke!

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Glicine de Corvo à 4 euros, le pied... je vous mets une botte de carottes en plus?

 

Empiler des fins de stocks dans des cagettes à légumes, en effet, voilà bien un traitement particulier.
Le pire, c'est que cette présentation attirera bien quelques chalands, persuader de faire la bonne affaire.

-Et l'image?

-Quoi, l'image? On déstocke, oui ou non?

Notez que les acheteurs n'y sont sans doute pour rien, le déstockage se décidant le plus souvent au niveau des magasins.

11:25 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France, Italie, Vins de tous pays | Tags : déstockage, grande distribution, vin | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

15 janvier 2013

Le vin et la justice

Aujourd'hui, j'aimerai aborder devant vous une tendance qui ne laisse pas de m'effrayer: la judiciarisation de la société. Ou pour parler plus simplement; le fait qu'on a de plus en plus recours aux juges pour trancher toutes sortes de différents, même les plus improbables.

 

justice, judiciarisation, vin, vignoble

Je vous ai parlé hier de l'affaire Esterlin. Quand je vois la faiblesse des condamnations, quand je les mets en balance avec le temps d'instruction (7 ans) et avec le préjudice subi, je me dis qu'on devrait certainement trouver une autre solution pour régler ce genre de problèmes.

Toujours dans le vin, les exemples récents de la contestation devant les tribunaux du classement des crus de Saint Emilion, ou des Crus Bourgeois, sont édifiants. D'une part, les juges n'y conniassaient pas grand chose, ils ont dû s'en remettre à des experts; de l'autre, les instructions ont été l'occasion de mettre sur la place publique des querelles assez mesquines, un linge sale quon aurait mieux fait de laver en famille - il eut été sans doute plus avisé, de la part des producteurs, de se mettre d'accord entre eux.

Enfin, les procès n'ont pas réglé grand chose: le nouveau classement de Saint Emilion, qui était censé éviter toute contestation, en suivant de nouvelles règles... est pourtant contesté. Une action en justice n'est pas à exclure.

Surtout, une nouvelle tendance se superpose à la tendance de fond, qui me fait craindre le pire. On voit aujourd'hui fleurir dans les tribunaux des actions que je qualifierai d'historiques, voire de mémorielles.

On se rappelle peut-être que des Congolais ont tenté, devant plusieurs juridictions belges ou françaises, de faire interdire la publication de Tintin au Congo, pour faits de colonialisme (ou au moins, de paternalisme). Sans juger du fond, constatons toute de même que le livre est sorti dans les années 30, et que toute famille française ou belge à peu près normalement constituée en possède déjà un exemplaire...

Plus récemment, une descendante d'esclaves vient de réclamer une indemnisation au titre d'une loi qui considère l'esclavage comme un crime contre l'humanité - et ne prévoit donc plus de prescription pour ce crime. L'esclavage a beau avoir été aboli en France depuis 1848, on peut donc toujours en théorie réclamer réparation.

Quid des descendants de Spartacus ou de ceux des constructeurs des pyramides (auquel il faudrait appliquer le code du travail, je suppose)?

Et imaginez un peu qu'on puisse poursuivre aujourd'hui les fabricants de vin frelatés de 1905, ou Noé pour ivresse sur la voie publique. Heureusement qu'il ne s'agit pas encore de crimes contre l'humanité!

Déjà que la justice est bien engorgée...

00:51 Écrit par Hervé Lalau dans France, Vins de tous pays | Tags : justice, judiciarisation, vin, vignoble | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |