27 mars 2013

Cryoextraction, cryosélection: les définitions officielles de l'OIV

Il y a-t-il une différence entre la cryosélection et la cryoextraction? L'une étant licite et l'autre pas?

Voyons ce qu'en dit l'OIV, dont les normes font autorité au plan international. Les lignes suivantes sont extraites de son Code International des Pratiques Oenologiques (édition 1/2013).

Cryosélection par procédés physiques: Procédé consistant à congeler partiellement les raisins en chambre froide, suivi d’un pressurage à basse température, afin d’obtenir un moût plus riche en sucre.
Recommandation de l’OIV : Admis.

Cryoextraction: la définition a été retirée.

Cryoconcentration: Procédé consistant à concentrer le moût par congélation partielle et élimination de la glace ainsi formée. Prescriptions : Il est conseillé d'effectuer un léger sulfitage du moût avant de le congeler.
Recommandation de l'OIV: admis

Cryo.jpg

Mon commentaire, à présent: selon l'OIV, la cryoextraction n'existe plus. Mais suffit-il de changer de nom pour changer une réalité? La cryosélection enrichit le moût (ce n'est pas un jugement de valeur de ma part, juste la description par l'OIV de ce qu'elle est censée faire), et elle me semble donc incompatible avec la notion d'Appellation Contrôlée.

Celle-ci, en effet, met en avant la notion de lien au terroir, et les conditions climatiques font partie du terroir. Enrichir un moût insuffisamment riche en sucre par suite de conditions défavorables, c'est modifier de façon artificielle ce que la nature a donné cette année-là; et je m'étonne que des AOC puissent admettre un tel manquement à l'esprit même de l'appellation d'origine.

Quand je lis, toujours dans le Code de l'OIV, les objectifs même des "techniques soustractives" en général, je me dis qu'aucune d'entre elles n'a sa place sous l'AOC, censée protéger une production représentative d'une origine, dans des conditions dictées par le millésime.

Il n'en va pas de même, bien sûr, des autres catégories de vins où l'étiquette ne fait pas cette promesse.

 

Cryo1.jpg

Si ces Messieurs-Dames de l'INAO veulent bien m'expliquer où est le défaut éventuel dans mon raisonnement, je suis à leur entière disposition. Il ne sera pas dit que je n'aurais pas essayé de comprendre.

00:23 Écrit par Hervé Lalau dans France, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

21 mars 2013

Wine Advocate poursuit Galloni pour fraude et diffamation

La séparation entre le Wine Advocate et Antonio Galloni, qu'on disait amiable, ne l'est pas tant que ça: le Wine Advocate vient s'assigner son ancien collaborateur en justice pour fraude et diffamation.

Galloni est accusé d'avoir publié pour le compte de sa nouvelle société All Grapes Media des commentaires de dégustations auxquelles il aurait assisté en tant que représentant de Wine Advocate.

Galloni, quant à lui, dit avoir proposé ses commentaires au Wine Advocate, qui n'aurait pas jugé utile de les publier.

Il est également accusé d'avoir dénigré le Wine Advocate; pour étayer cette allégation, les plaignants citent une interview de Galloni au NY Times, dans le quel celui-ci dit avoir quitté le Wine Advocate parce la nouvelle structure ne lui permettait plus de travailler dans les conditions d'indépendance et de qualité requises.

Le Wine Advocate, dans les motifs de son action, souligne justement qu'il est totalement indépendant de tout producteur, négociant ou distributeur. Un point qui pourrait poser problème lors du procès, compte tenu des liens de Soo Hoo Khoon Peng, une des principaux actionnaires du nouveau Wine Advocate version singapourienne, avec le négociant Hermitage Wine. Une affaire plus ancienne, celle qui a mêlé Parker, Jay Miller et Pancho Campo, pourrait également ressurgir.

Il est à noter, en tout cas, que le nom de Robert Parker lui-même ne figure pas parmi les plaignants. 

Les avocats des nouveaux propriétaires lui auraient-ils forcé la main? Ou n'a-t-il plus rien à dire? 

Petit commentaire personnel: si l'on en vient aujourd'hui à s'affronter en justice pour des commentaires de dégustation, il ne faut pas s'étonner ensuite si l'arriéré judiciaire grandit...

15:04 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |