26 avril 2013

The little fête

Un peu de poésie, si vous le voulez bien, ce matin...

I take a bottle of wine and I go drink it
Among the flowers, we are always three
Counting my shadow and my friend
The shimmering moon.

Happily the moon knows nothing of drinking
And my shadow is never thirsty, when I sing
The moon listens to me in silence
When I dance, my shadow dances too.

After all festivities the guests must depart
This sadness I do not know
When I go home, the moon goes with me
And my shadow follows me.

Ce texte est extrait d'un disque de Vangelis, China, sorti en 1978.

Le texte non plus n'est pas d'hier. Il est signé Li Bai, un poète chinois du la Dynastie Tang, ce qui ne nous rajeunit pas, mais me confirme dans l'idée que la beauté transcende les âges...

Le morceau n'est pas long, le poème non plus, mais il est empreint d'une désarmante simplicité qui me fait vous le recommander. Et comme vous avez pu le lire, il parle du vin. Avec modération.

Pour le son, c'est ICI

Vangelis_China.jpg

Si vous aimez, essayez aussi Ying & Yang, The Long March et Chung Kuo.

00:33 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

23 avril 2013

Des notes de dégustation et de la pédanterie en général

"Attention, amis critiques vineux, les consommateurs décrochent".

C'est en substance ce sur révèle une étude réalisée par le distributeur britannique Laithwaites. Dans cette enquête, en effet, 55% des sondés déclarent que les descripteurs utilisés par les dégustateurs professionnels ne les aident pas à comprendre le goût du vin. Pire encore: plus de 60% des sondés ne retrouvent pas les arômes cités sur les contre-étiquettes.

Certains termes paraissent particulièrement abscons aux consommateurs interrogés, comme, “firm skeleton”, “old bones” et “nervy”. D'autres termes sont jugés peu utiles comme “wet stone”, “tongue spanking”, “haunting”, “vegetal”, “leathery”, “brooding” et “minerality” (ce dernier est pourtant très employé ces temps-ci). 

Les consommateurs sondés réprouvent le côté verbeux, suranné voire prétentieux de bon nombre de commentaires.
Ils préfèrent des termes évoquant le fruit comme “peachy”, ou bien des mots comme “fresh”, “mellow”, “zesty” et “earthy”. Ils apprécient aussi les conseils de mariages vin et mets.  

On aurait tort de passer ce genre de réactions par pertes et profits.

On peut bien sûr discuter tel et tel descripteur, se demander à quelle sorte de consommateur on a affaire - après tout, les magazines de vin parlent d'abord à des oenophiles, censés connaître un minimum le vocabulaire du vin et de la dégustation. Ce n'est pas une raison pour être pédant, ou cryptique.

Ce serait bien le comble que les critiques ne puissent pas entendre la... critique de leurs lecteurs potentiels.

D'un autre côté, une accumulation d'arômes ne décrit pas la structure d'un vin. La séduction qu'il peut exercer. La succession d'impressions qui se bousculent parfois au palais, plus pressés que dans la salle des pas perdus d'un tribunal de grande instance.

J'aime aussi à penser que nous ne sommes pas que des machines à reconnaître des odeurs - auquel cas des machines le feraient sans doute mieux que nous.

Que nous pouvons aussi mettre un peu de nous-mêmes dans nos commentaires, et même, oh, vanitas vanitatis, que certains lecteurs aiment un style autant qu'un type de descripteurs.

Je plaide coupable de ne pas employer le même vocabulaire que Parker, que Bettane, et même, que Smith, Cobbold, Budd, Vanhellemont, Siliakus, Kumor, etc...

Et j'espère que mes commentaires ne vous "gonflent" pas trop.

06:41 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |