30 juin 2013

Brahms et Thierry Sabon

Et si on mélangeait vin et musique?

J'ai redécouvert le Premier Concerto pour Piano de Brahms à la faveur du dernier Concours Reine Elisabeth.

Et à la suite du premier concerto, j'ai réécouté le second, et puis les quatre symphonies de Brahms, dont j'avais acheté les CD dans les années 90. Editions Naxos. Pas cher, mais les versions sont bonnes - ce sont surtout des orchestres d'Europe de l'Est. Pas sûr qu'on les payait très bien. Mais c'est un autre problème. Si vous n'avez pas vu le film Le Concert, je vous le conseille.

Mais revenons à ce cher Brahms.

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Wonder-Brahms (sans barbe)

C'est drôle comme avec l'âge, certaines musiques vous parlent plus, comme elles rentrent plus en résonnance  (j'ai failli écrire "raisonnance") avec vous.

J'ai eu ma période Bach, ma période Mozart, ma période Beethoven, ma période Mahler, puis ma période russe - Rachmaninoff et Prokofiev, surtout.

J'avais un peu zappé le vieux barbu - pardon, Johannes. Un peu trop riche, un peu trop long, un peu trop classique - enfin c'était l'idée que j'en avais gardé.

Comme j'avais tort! Ou plutôt, comme tout ce "trop" a trouvé aujourd'hui sa place entre mes oreilles.

On ne meuble pas son premier appart comme la maison que l'on achète à 40 ou 50 ans. Les goûts changent, et puis, on n'aurait pas eu la place pour mettre tous les meubles.

Le premier concerto de Brahms est peut-être très classique dans sa facture, mais pour moi, il fait justement la jointure entre le romantisme (avec des réminiscences de Beethoven) et d'autres formes à venir - notamment certains passages des concertos pour piano ou de la deuxième symphonie de Rachmaninoff.

Quelques mesures ne sont pas sans évoquer Debussy, Ravel... d'autres, Wagner. Voila qui est pour le moins étrange, quand on sait à quel point la critique a pu opposer Wagner, le novateur, et Brahms, le conservateur. Et dire qu'en plus, il s'agit là d'une oeuvre de jeunesse.

Si je vous en parle ici, c'est parce que pour le vin, c'est un peu pareil.

Il y a des types de vins que je ne pouvais pas sentir il y a 20 ans et qui aujourd'hui, me plaisent, ou en tout cas, m'intéressent.

Les vins de type oxydatif, par exemple - qui présentent une autre richesse que celle des aromes primaires, de l'alcool ou du sucre. Une autre orchestration.

Ou alors, les vins du Sud un tantinet évolués: je dis un tantinet, parce qu'à 5 ans, un Gigondas, un Châteauneuf du Pape, un Chianti, un Priorat ou un Cahors sont encore jeunes.

Mais comme pour un pianiste, le vin a fait ses gammes, deux ou trois lectures à vue, il connaît la partition, les doigtés, la sonorité de l'instrument, alors l'oeuvre se révèle dans toute sa richesse.

Prenez la Cuvée du Papet 2009 de mon copain Thierry Sabon (Clos du Mont Olivet). On dirait le 2ème mouvement du 2ème concerto pour piano de Brahms. La puissance  est là, et bien là; mais contrebalancée par la finesse, Les sensations virevoltent, on oscille sans cesse de l'impétueux au subtile, du romantisme au mystère, du ronflant à l'épuré. On a envie de bouger et de rêver. Bravo Johannes, bravo Thierry!

Je pense à un nocturne de Chopin ou de Fauré qui se téléscoperait avec une belle grosse symphonie de Beethoven, voire de Mahler. Excusez l'allégorie boîteuse, je n'ai pas mieux en magasin.

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Et puis vous avez des oreilles, un nez, une langue; n'avez donc qu'à écouter vous même, un verre à la main!

 

00:16 Écrit par Hervé Lalau dans Allemagne, Rhône, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |

28 juin 2013

Vous avez dit "vin authentique"?

Vous ne jurez que par les vins "authentiques", par la "typicité", par la "fidélité au terroir".

Ou au contraire, ces notions vous donnent des boutons.

Dans les deux cas, une étude peut vous intéresser. A défaut de donner définitivement raison aux uns ou aux autres, elle pose pas mal de bonnes questions. Son titre est déjà tout un programme; "Faire la preuve de l'authenticité du patrimoine alimentaire - le cas des vins de terroirs".

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Elle met notamment en cause les procédures d'agrément: "Le test de dégustation d’agrément des vins  que demande la Commission Européenne est impossible. C’est une épreuve insupportablement « réductrice » par rapport à la procédure distribuée de jugement de la qualité. L’approche de la Commission Européenne sous-tend que le terroir soit in fine quelque chose, et non pas comme les acteurs que nous avons rencontrés un processus de production ou quelque chose en train de se faire. Elle exige de la représentativité là où elle fait irrémédiablement défaut."

L'étude est signée de Sandrine Barrey (Maître de conférences à l'Université de Toulouse) et de Geneviève Teil (Chargée de Recherche à l'INRA). Cette dernière fait pas mal parler d'elle ces derniers temps en remettant en cause le système actuel des AOC, notamment sous l'angle de l'environnement.

Le contenu de l'étude est disponible ICI

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |