26 août 2013

Blogueur-vendeur

Un blogueuse américaine spécialisée dans les cosmétiques, apparemment célèbre dans son domaine, vient de sortir sa propre ligne de produits de maquillage, sous l'ombrelle de L'Oréal.

Voila qui ouvre des horizons.

Je m'imagine déjà aller trouver Castel ou Val D'Orbieu et leur proposer de lancer une gamme à mon nom.

Avec mon capital de sympathie, je ferais un malheur.

Mais pas question de tricher, de profiter de la candeur du consommateur. Sur la contre-étiquette de mes vins, je ferais marquer ceci: "Pour chaque bouteille vendue, 50 centimes d'euros seront reversés à mon oeuvre caritative ,"Le Blogueur nécessiteux"." Question de transparence.

Reste à trouver un nom porteur.

On cherche ensemble?

"Les vins du blogueur de vin." Bof.

"Mon choix pour Vous ". Cucu la praline.

"The Wine Translator". N'importe quoi.

'Best of Chroniques Vineuses". Pas très vendeur.

"Les Coups de Coeur de Tonton Hervé". Un peu ringard.

"La sélection Lalau - Un blogueur s'engage" - Trop martial.

"Dégusté et approuvé pour vous par Hervé & Lalau". Déjà pris par Gault& Millau.

"Vin mystère sélectionné par un copain de Michel Smith". Trop long.

Euh non, finalement, je crois que je ne vais pas le faire.

En plus, je viens juste d'écrire que ce blog était indépendant, il faut quand même garder une certaine cohérence marketing.

Mais je n'en dégoûte pas les autres, l'idée a certainement de l'avenir. Et même un passé.

00:54 Écrit par Hervé Lalau dans Pour rire, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

20 août 2013

Saveur de l'année

En écoutant la publicité des Ormes de Cambras (vous savez, "Autrefois, en Pays d'Oc..."), j'apprends que de deux de ses vins ont été désignés comme "Saveur de l'année".

Cette mention est attribuée chaque année par un jury de consommateurs sur la base de tests organoleptiques. Sympa, la démarche, non? Ça nous change des concours ou des guides d'experts...

Limite de l'exercice: ne sont goutés que les produits présentés et l'inscription est payante. On ne saura jamais si les Ormes de Cambras auraient eu la mention dans le cas où, par exemple, Château Latour aurait eu l'idée curieuse de s'inscrire à la compétition. Ou si c'est à tous les coups qu'on gagne...
J'ai un peu de mal à croire que de simples vins de cépages produits en très gros volumes puissent ainsi enfoncer toute la concurrence, la reléguer aux oubliettes.

Pourtant, deux vins de cette gamme ont bel et bien été primés.

Saveur de l'année.jpg

Les heureux lauréats... tous des produits de Grande distribution

Ils ne sont pas seuls: à leurs côtés, on trouve des produits de JP Chenet, de Lacheteau, de Charles Volner, d'Arthur Metz et de Vieux Papes. Sans doute faut-il rappeler au consommateur comme au publivore (qui ne le sait pas toujours) que toutes ces marques appartiennent à deux groupes: Castel et Grands Chais de France. Ce qui fait planer un petit doute sur la diversité des candidatures.

Un esprit plus tordu que le mien se demanderait même si ces deux groupes ont inscrit l'ensemble de leurs vastes gammes pour être sûr d'avoir des mentions à l'arrivée...

Quoi qu'il en soit, les consommateurs (au moins ceux des grandes surfaces, puisqu'il n'y a que là qu'on trouve ce genre de produits) sont soumis à une double peine.

Primo, ils doivent se farcir les spots radio "façon patois" des Ormes de Cambras, censés les rassurer sur l'ancrage local du vin (pour un cabernet-merlot, en Languedoc, c'est effectivement utile). Petite incise: il est dommage que de tels outils de comm ne soient pas à la portée de petits ou moyens vignerons, ils pourraient développer une image forte à partir d'une vraie réalité. Eux.

Secundo, la mention Saveur de l'année est censée rassurer les consommateurs sur le goût du produit, des fois qu'ils aient des doutes. Ou des fois qu'ils n'aient pas de goût. N'est-ce pas les prendre pour des cons?

Si le marketing de masse n'existait pas, il faudrait l'inventer.

00:37 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |