20 août 2013

Saveur de l'année

En écoutant la publicité des Ormes de Cambras (vous savez, "Autrefois, en Pays d'Oc..."), j'apprends que de deux de ses vins ont été désignés comme "Saveur de l'année".

Cette mention est attribuée chaque année par un jury de consommateurs sur la base de tests organoleptiques. Sympa, la démarche, non? Ça nous change des concours ou des guides d'experts...

Limite de l'exercice: ne sont goutés que les produits présentés et l'inscription est payante. On ne saura jamais si les Ormes de Cambras auraient eu la mention dans le cas où, par exemple, Château Latour aurait eu l'idée curieuse de s'inscrire à la compétition. Ou si c'est à tous les coups qu'on gagne...
J'ai un peu de mal à croire que de simples vins de cépages produits en très gros volumes puissent ainsi enfoncer toute la concurrence, la reléguer aux oubliettes.

Pourtant, deux vins de cette gamme ont bel et bien été primés.

Saveur de l'année.jpg

Les heureux lauréats... tous des produits de Grande distribution

Ils ne sont pas seuls: à leurs côtés, on trouve des produits de JP Chenet, de Lacheteau, de Charles Volner, d'Arthur Metz et de Vieux Papes. Sans doute faut-il rappeler au consommateur comme au publivore (qui ne le sait pas toujours) que toutes ces marques appartiennent à deux groupes: Castel et Grands Chais de France. Ce qui fait planer un petit doute sur la diversité des candidatures.

Un esprit plus tordu que le mien se demanderait même si ces deux groupes ont inscrit l'ensemble de leurs vastes gammes pour être sûr d'avoir des mentions à l'arrivée...

Quoi qu'il en soit, les consommateurs (au moins ceux des grandes surfaces, puisqu'il n'y a que là qu'on trouve ce genre de produits) sont soumis à une double peine.

Primo, ils doivent se farcir les spots radio "façon patois" des Ormes de Cambras, censés les rassurer sur l'ancrage local du vin (pour un cabernet-merlot, en Languedoc, c'est effectivement utile). Petite incise: il est dommage que de tels outils de comm ne soient pas à la portée de petits ou moyens vignerons, ils pourraient développer une image forte à partir d'une vraie réalité. Eux.

Secundo, la mention Saveur de l'année est censée rassurer les consommateurs sur le goût du produit, des fois qu'ils aient des doutes. Ou des fois qu'ils n'aient pas de goût. N'est-ce pas les prendre pour des cons?

Si le marketing de masse n'existait pas, il faudrait l'inventer.

00:37 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

15 août 2013

Wine Blogger: un vrai métier?

D'après une étude de la Wine Bloggers Conference, qui vient de se tenir au Canada, 30% des blogs de vins sont rémunérés et 4% gagnent plus de 4 000 $ par mois.

Primo, je me demande où ils trouvent ces revenus.

Secundo, je me demande si c'est vraiment l'esprit d'un blog.

Autant je trouverais normal que les lecteurs paient un petit quelque chose pour accéder à l'information (mais ne rêvons pas, la gratuité s'impose de plus en plus sur internet), autant je crois que le financement par des producteurs pose le problème de l'indépendance.

Moi qui pratique le blog à titre d'activité annexe et gratis pro deo, j'aimerai bien connaître le secret de mes estimés collègues.

Je me demande aussi s'il ne conviendrait pas d'indiquer plus clairement quels sont les blogs qui sont payés par des sponsors (et lesquels), et quels blogs ne le sont pas.

Un label "blog indépendant", peut-être? Ou "non-profit"?

Qu'en pensez-vous?

 

00:10 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (11) | | | |