27 octobre 2013

Il faut sauver le domaine de Vassal

Mon copain André Deyrieux attire mon attention sur le "Dossier Vassal" - "le petit Louvre des cépages de France", comme le souligne le vigneron savoyard Michel Grisard. Un petit Louvre qui se trouve actuellement près de Sète, sur des sables qui abritent du phylloxéra et des nématodes quelque 2.300 cépages (sans compter les hybrides).

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Le verdanel, vous connaissez? (Photo Syvwich)

Mais voici que l'INRA, qui en a la charge aujourd'hui, veut déménager cette collection unique, arguant du danger de la montée des eaux de la Méditerranée.

Le plus curieux, c'est qu'une au moins des nouvelles implantations censées accueillir la collection (Pech Rouge, notamment) sont tout aussi menacées par la mer...

Michel Grisard souligne l'importance de ce conservatoire, non seulement pour la sauvegarde du passé, mais aussi pour l'avenir: car qui peut dire de quels cépages demain sera fait?

"Deux exemples: dans les années 70, le coteau de Condrieu était en friche et le Viognier prêt à disparaître.
Aujourd'hui le viognier fait le tour de la planète.
En Savoie, j'ai planté en 2000 du Persan il a failli disparaître de l'AOC et maintenant tous les vignerons de Savoie veulent en planter. Je ne vous parle pas de la Mondeuse Noire...

Si actuellement environ 20 cépages produisent 80% de la production mondiale, la demande de vins originaux est de plus en plus présente et c'est dans ce réservoir unique au monde que nous trouverons les vins de demain.

Au domaine de Vassal, il y a énormément de cépages tombés dans l'oubli.

Ce n'est pas parce qu'il faisaient du "mauvais vin", mais plus parce qu'ils étaient fragiles ou peu productifs. Comme la Douce Noire avait peu de degré, elle a été interdite pour manque de qualité en 1958 et réhabilitée en 3 mois en 2008. Mais tous ces cépages tardifs ou à faible degré sont un vrai potentiel aujourd'hui. C'est également le cas des cépages gris qui n'avaient pas d’intérêt quand il fallait du "gros rouge" et qui sont un vrai potentiel avec la demande de rosé. C'est aussi tout simplement parce qu'ils ont trouvé des remplaçants, les hybrides et maintenant les cépages à la mode, mondialisés."

Alors, Messieurs les suzerains de la recherche agronomique, s'il vous plaît, ne touchez pas au domaine de Vassal!

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00:30 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

25 octobre 2013

Indignez-vous! (mais peut-être pas tous les jours, quand même)

Pas une journée ne se passe sans que tous, nous ayons au moins une bonne raison de nous indigner.

Selon nos opinions, ce sera la pauvreté dans le monde ou l'impôt sur la fortune, le chômage ou les chômeurs qui ne cherchent pas de boulot, Leonarda ou le père de Leonarda, l'homophobie ou la procréation médicalement assistée pour les couples homos, les écoutes de la NSA ou le sort de M. Snowden, les Femen ou Ennarda, les attentats contre les coptes d'Egypte ou la répression contre les Frères musulmans, le refus de parents d'une école catholique belge d'accueillir leur archevêque "au nom de la neutralité", Mélenchon ou Le Pen, Sarkozy ou Hollande...

Ou pour rester dans un domaine plus familier aux amateurs de vin, l'hygiénisme, les droits de plantation, la chaptalisation, l'interdiction de la chaptalisation, l'autorisation de l'enrichissement des mouts, les AOC fourre-tout, les AOC passoires, les fraudes aux appellations, la cryoextraction, le tout chimique, le tout nature, les règles d'encépagement, le boisé, les investisseurs qui achètent de grosses propriétés, les jeunes qui ne trouvent pas de vigne à reprendre, la baisse du nombre des exploitations viticoles en France, la pléthore de vins inutiles sur le marché... je pourrais continuer longtemps, mais vous avez compris le message.

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Tout peut être source de saine et juste colère.

Mais de même qu'on ne peut passer sa vie sur la pointe des pieds (même les petits rats de l'opéra vous le confirmeront), on ne peut pas passer son temps, à longueur de chronique, à pourfendre l'infâme et à abattre l'inique (ta mère).

En tout cas, pas moi. Ca me joue sur les nerfs et sur les boyaux. A force de râler, j'ai la bile qui remonte; certains jours, elle atteint l'oesophage, la gorge, le palais. Je n'ai plus le coeur à déguster.

Peut-être que vous non plus.

Alors j'ai décidé d'espacer mes croisades.

 

00:09 Écrit par Hervé Lalau dans France, Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, colère | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |