03 décembre 2013

A lire avec modération

Il est temps que je vous confesse ici une tendance assez curieuse pour un amoureux du vin: je n'aime pas l'ébriété. Ni chez moi, ni chez les autres.

Bien sûr, au cinéma, elle me fait rire - je pense à la fameuse scène de la cuisine, dans les Tontons Flingueurs, ou encore à Belmondo toréant les voitures dans Un Singe en Hiver. J'en profite pour saluer ici Georges Lautner.

modération, ébriété

La gaîté, oui, la saoulerie, non!

Mais dans la vraie vie - et je l'ai encore constaté il y a peu en Italie - les saoulards sont au mieux agaçants, au pire répugnants, et toujours quelque peu pathétiques.
Je ne parle pas des gais - au sens premier de ceux qui ont le vin joyeux, au moins dans les premiers temps, de ceux qui savent doser leur consommation. Ceux-là ont juste l'œil qui brille, un peu de logorrhée et une tendance à refaire le monde qui n'a jamais fait de mal à personne.
Je parle de ceux qui ont vraiment dépassé la dose. Et là, au risque de vous choquer, peu importe la dose de quoi. On peut se mettre schlass au Ricard ou au Label 5 (ça va vite et c'est pas cher), mais aussi à L'Angelus (même que ça vous fait sonner la cloche) ou au Sénéclauze. La biture n'est pas sectaire. Gros rouge, petit jaune ou grand cru, il n'y a que l'effet sur le portefeuille qui change, en définitive.

Torchés façon snob ou façon prolo, j'ai horreur de voir des gens qui ne savent plus ce qu'ils font ni ce qu'ils disent. Qui marchent de travers et parlent de travers; qui éructent et qui postillonnent; qui mélangent les lettres - sans compter leur voix plus pâteuse qu'un arrope de Xedro Pimenez.

Je me rappelle d'un soir, lors d'un grand événement dans le vignoble, où un collègue ne pouvait plus descendre un escalier; et d'un autre, en voyage de presse, où le même vociférait des insultes à l'attention de son entourage - moi compris. J'avais honte pour lui.

Bien sûr, chacun est libre de se torcher à sa guise - je ne suis ni la police ni le Père La Vertu, mais je trouve qu'en public, au moins, il faut toujours savoir garder sa dignité.
Qu'est ce vous voulez, je suis de la vieille école!

Alors la modération, oui, je suis pour, la responsabilité aussi.

 

PS. Et dire que notre M. Le Foll ne sait plus où il a mis le Conseil de Modération et de Prévention...

02 décembre 2013

Quel vin avec un plat très très épicé?

On prétend qu'il y a trois sortes de cuisine thaïlandaise. L'épicée, la très épicée et la vraiment très épicée.

J'en ai une un petit aperçu lors d'un repas que ma fille m'a gentiment concocté, avec les ingrédients locaux, à son retour du "Pays du Sourire".

C'était du poulet au curry vert, si j'ai bien compris.

800px-Thai_green_chicken_curry_and_roti.jpg

Photo: Takeaway

 

Je n'ai pas regretté le voyage. Mes papilles non plus.

Justement, j'apprends que Jacob's Creek vient de lancer un vin, le Lamoon, destiné à accompagner ce type de plat.

Un peu sur le modèle de son "Wah", un vin conçu pour la cuisine japonaise.

C'est fou ce que les producteurs sont serviables avec les consommateurs, aujourd'hui: fini, le temps où l'on expliquait, où l'on argumentait, où l'on aidait le client à choisir le meilleur vin pour son repas du soir. Il y avait des guides pour ça; les distributeurs se fendaient parfois de quelques conseils sur la réglette du rayon, ou dans leur catalogue. Aujourd'hui, bam, on vous vinifie directement "le vin qui va avec".

Alors, du Lamoon sur mon curry vert? Je dirai: pourquoi pas?

Car en définitive, n'importe quel vin fera l'affaire. A ce niveau  d'"épicé", j'ai bien peur que quel que soit le vin que vous choisissiez, il soit dominé par le plat.

00:29 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |