28 octobre 2013

Enrichissement des vins: "on ne peut pas continuer comme ça"

On lisant ce titre sur Vitisphere, j'ai cru un instant que la filière souhaitait interdire à la chaptalisation et l'enrichissement des vins. Ce que je peux être naïf, tout de même!

J'ai vite déchanté. Lisez-vous même ICI

En lisant le commentaire de M. ou Mme Craoux, je me suis aussi aperçu que certains menaient la politique du pire: puisqu'on bidouille partout dans l'agroalimentaire, pourquoi pas dans le vin.

I beg to differ. Il ne faut pas tout mélanger, et surtout, il faut en revenir à la promesse faite au pauvre buveur.

Pourquoi la saccharose serait-elle honteuse, M. ou Mme Craoux? Oh, juste parce qu'en AOC, on vend au consommateur un produit de terroir, avec des conditions climatiques, des millésimes, et que chaptaliser ou enrichir, c'est tricher avec ce terroir. Et puis, lire que les Côtes du Rhône, cette année, ont besoin de sucre, c'est surréaliste.

J'ai connu certains des responsables qui revendiquent le sucrage, sous toutes ses formes, quand ils revendiquaient haut et fort la singularité de leurs cailloux, de leurs graviers, de leur climat, de leur histoire, jusqu'à demander qu'on leur donne la mention Premier Cru. Ca fait tout drôle.

Logiquement, pour moi, il faudrait donc renoncer à tous les bidouillages, en AOC du moins, quitte à en vendre moins. Au passage, cela ferait remonter les cours et adapterait l'offre à notre demande déclinante. On peut rêver…

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

27 octobre 2013

Il faut sauver le domaine de Vassal

Mon copain André Deyrieux attire mon attention sur le "Dossier Vassal" - "le petit Louvre des cépages de France", comme le souligne le vigneron savoyard Michel Grisard. Un petit Louvre qui se trouve actuellement près de Sète, sur des sables qui abritent du phylloxéra et des nématodes quelque 2.300 cépages (sans compter les hybrides).

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Le verdanel, vous connaissez? (Photo Syvwich)

Mais voici que l'INRA, qui en a la charge aujourd'hui, veut déménager cette collection unique, arguant du danger de la montée des eaux de la Méditerranée.

Le plus curieux, c'est qu'une au moins des nouvelles implantations censées accueillir la collection (Pech Rouge, notamment) sont tout aussi menacées par la mer...

Michel Grisard souligne l'importance de ce conservatoire, non seulement pour la sauvegarde du passé, mais aussi pour l'avenir: car qui peut dire de quels cépages demain sera fait?

"Deux exemples: dans les années 70, le coteau de Condrieu était en friche et le Viognier prêt à disparaître.
Aujourd'hui le viognier fait le tour de la planète.
En Savoie, j'ai planté en 2000 du Persan il a failli disparaître de l'AOC et maintenant tous les vignerons de Savoie veulent en planter. Je ne vous parle pas de la Mondeuse Noire...

Si actuellement environ 20 cépages produisent 80% de la production mondiale, la demande de vins originaux est de plus en plus présente et c'est dans ce réservoir unique au monde que nous trouverons les vins de demain.

Au domaine de Vassal, il y a énormément de cépages tombés dans l'oubli.

Ce n'est pas parce qu'il faisaient du "mauvais vin", mais plus parce qu'ils étaient fragiles ou peu productifs. Comme la Douce Noire avait peu de degré, elle a été interdite pour manque de qualité en 1958 et réhabilitée en 3 mois en 2008. Mais tous ces cépages tardifs ou à faible degré sont un vrai potentiel aujourd'hui. C'est également le cas des cépages gris qui n'avaient pas d’intérêt quand il fallait du "gros rouge" et qui sont un vrai potentiel avec la demande de rosé. C'est aussi tout simplement parce qu'ils ont trouvé des remplaçants, les hybrides et maintenant les cépages à la mode, mondialisés."

Alors, Messieurs les suzerains de la recherche agronomique, s'il vous plaît, ne touchez pas au domaine de Vassal!

Vous voulez participer à cette action: cliquez ICI

00:30 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |