05 décembre 2013

Une campagne qui décoiffe la critique vineuse

Dans sa dernière campagne, la cave néo-zélandaise Invivo se moque gentiment des commentaires de vin tels que nous les connaissons aujourd'hui - plein de noms d'arômes et de comparaisons plus ou moins faciles à comprendre.

Ses quatre visuels sont amusants, ses slogans, qui s'inspirent de mentions que l'on trouve fréquemment dans les notes de vins, que ce soit dans les guides ou dans les magazines de vin, font mouche.

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Je n'essaierai pas de nier: oui, je fais partie de ces auteurs qui parlent de groseille à maquereau, de bouquet floral et même d'herbe coupée, à l'occasion.

Est-ce que j'indispose mon lecteur avec ce type de vocabulaire? Et si oui, lequel devrais-je adopter?

Que propose Invivo pour mettre à la place? Juste la photo d'une étiquette? Un slogan? Une mention du type "Un vin qui a le goût de vin" me semble un peu creuse. Je suis d'accord pour éviter l'alambiqué, mais pas pour tomber dans la platitude!

Invino a sans doute raison sur un point: les commentaires de vin passent souvent largement au dessus de la tête du consommateurs lambda. Mais le consommateur lambda lit-il des commentaires de vin, ou achète-il d'abord un prix, une marque, un cépage, une habitude?

Peut-être ne nous adressons nous tout simplement pas au même consommateur?

Je pense donc que je vais continuer à décrire le vin à ma façon. Et Invino continuera à vendre le sien à sa façon.

Il faut de tout pour faire un monde du vin.

00:12 Écrit par Hervé Lalau dans Nouvelle-Zélande, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

03 décembre 2013

A lire avec modération

Il est temps que je vous confesse ici une tendance assez curieuse pour un amoureux du vin: je n'aime pas l'ébriété. Ni chez moi, ni chez les autres.

Bien sûr, au cinéma, elle me fait rire - je pense à la fameuse scène de la cuisine, dans les Tontons Flingueurs, ou encore à Belmondo toréant les voitures dans Un Singe en Hiver. J'en profite pour saluer ici Georges Lautner.

modération, ébriété

La gaîté, oui, la saoulerie, non!

Mais dans la vraie vie - et je l'ai encore constaté il y a peu en Italie - les saoulards sont au mieux agaçants, au pire répugnants, et toujours quelque peu pathétiques.
Je ne parle pas des gais - au sens premier de ceux qui ont le vin joyeux, au moins dans les premiers temps, de ceux qui savent doser leur consommation. Ceux-là ont juste l'œil qui brille, un peu de logorrhée et une tendance à refaire le monde qui n'a jamais fait de mal à personne.
Je parle de ceux qui ont vraiment dépassé la dose. Et là, au risque de vous choquer, peu importe la dose de quoi. On peut se mettre schlass au Ricard ou au Label 5 (ça va vite et c'est pas cher), mais aussi à L'Angelus (même que ça vous fait sonner la cloche) ou au Sénéclauze. La biture n'est pas sectaire. Gros rouge, petit jaune ou grand cru, il n'y a que l'effet sur le portefeuille qui change, en définitive.

Torchés façon snob ou façon prolo, j'ai horreur de voir des gens qui ne savent plus ce qu'ils font ni ce qu'ils disent. Qui marchent de travers et parlent de travers; qui éructent et qui postillonnent; qui mélangent les lettres - sans compter leur voix plus pâteuse qu'un arrope de Xedro Pimenez.

Je me rappelle d'un soir, lors d'un grand événement dans le vignoble, où un collègue ne pouvait plus descendre un escalier; et d'un autre, en voyage de presse, où le même vociférait des insultes à l'attention de son entourage - moi compris. J'avais honte pour lui.

Bien sûr, chacun est libre de se torcher à sa guise - je ne suis ni la police ni le Père La Vertu, mais je trouve qu'en public, au moins, il faut toujours savoir garder sa dignité.
Qu'est ce vous voulez, je suis de la vieille école!

Alors la modération, oui, je suis pour, la responsabilité aussi.

 

PS. Et dire que notre M. Le Foll ne sait plus où il a mis le Conseil de Modération et de Prévention...