21 octobre 2007

Nicolas Joly : "la faute aux consultants"

Dans un article paru chez nos excellents confrères de l’Organic Wine Journal, Nicolas Joly (La Coulée de Serrant, pour ceux qui reviendraient d’un long voyage en Agueusie) s’emporte contre les consultants, coupables selon lui des dérives chimiques et œnologiques intervenues ces trente dernières années:

«Dans les années 50-70, les consultants en agronomie ont recommandé l’usage d’herbicides, ce qui a incité les producteurs à oublier les travaux du sol. Les effets secondaires étant la destruction des bactéries dans le sol, et donc un affaiblissement de la vigne, que seul l’usage de fertilisants chimiques a pu compenser ». Sont également entrés en jeu les levures aromatiques, les enzymes et autres traitements des bouchons, dont on mesure seulement aujourd’hui les effets dévastateurs. Pour Joly, apôtre de la biodynamie, «le goût du vin, son harmonie, son élégance sont liés à un environnement de qualité, au caractère intangible ».

Globalement, on ne peut que partager l’analyse de Joly ; qui ne serait d’accord, dans ce monde, avec la nécessité de cultiver plus naturellement, quand des statistiques nous apprennent que les ruraux sont aujourd’hui affectées de maladies directement liées avec l’abus de traitements chimiques?

Mais accabler les consultants est un peu facile : les producteurs aussi ont leur part de responsabilité, qu’ils aient agi par conformisme ou par appât du gain.

 (c) Hervé Lalau 

08:05 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

20 octobre 2007

Réchauffement climatique: quelles implications pour le secteur vin ?

La Belgique va-t-elle devenir la nouvelle Bourgogne ? Dans 50 ans, la région de Chianti sera-t-elle trop chaude  pour obtenir des vins raffinés?  La  syrah deviendra-t-elle le cépage bourguignon par excellence ? Autant de questions qui préoccupent la communauté vigneronne...  Les colloques se multiplient sur ce thème en Espagne, en France, et jusqu'en Belgique (comme avec Wine Wise, en septembre) ou aux Pays-Bas.

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Le "petit désert" en Navarre 


Le constat

Aujourd’hui, la plupart des scientifiques s’accordent à confirmer les changements climatiques. De nombreux producteurs de vin en font déjà l’expérience : les vignobles sont plus souvent victimes de maladies, les vendanges débutent plus tôt chaque année et le caractère des vins se modifie. Des études démontrent que dans beaucoup de régions viticoles, la température a augmenté  de 2° en moyenne au cours des cinquante dernières années. Les journaux et les périodiques consacrent quantité d’articles aux changements climatiques, mais l’incidence de ce phénomène sur l’industrie du vin est rarement évoquée.
L’histoire a déjà connu de nombreux changements climatiques, certes, mais aucun ne semble se profiler avec autant de force et de rapidité.

Des conséquences inattendues

C’est toute la carte viticole mondiale qui pourrait s’en trouver changée. Les vignerons sont concernés, les oenologues aussi (l’osmose inverse permettrait d’abaisser le taux d’éthanol…), sans oublier les consommateurs, qui pourraient bien ne plus retrouver demain les styles de vins auxquels ils sont habitués (en tout cas, pas sous les mêmes appellations !).
Vinifier dans des régions déjà chaudes aujourd’hui, comme la Barossa, la Hunter, le Chianti ou les Côtes du Rhône du Sud, pourrait devenir un véritable défi.
Parallèlement, les cépages du sud pourraient partir à l’assaut des vignobles septentrionaux, la Bourgogne ne connaîtrait plus jamais de problème d’ensoleillement, la Champagne verrait ses problèmes de gelées disparaître… La Belgique pourrait devenir un grand producteur de vin, comme le Sud de l’Angleterre. Notamment d’effervescents.


A ceux qui se réjouissent déjà, cet avertissement : le phénomène pourrait être exponentiel, ou partiellement autorégulé - on ignore totalement ce qui pourrait se passer, par exemple, si le Gulf Stream s’arrêtait… Montréal est à la latitude de Bordeaux, seuls les courants chauds de l’Atlantique expliquent l’écart de températures entre les deux villes…

                                               (c) Hervé Lalau

 

Plus d'info: Wine Wise 00 32 9 228 70 48 ou sybille@winewise.be

 

22:19 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |