20 octobre 2007

Réchauffement climatique: quelles implications pour le secteur vin ?

La Belgique va-t-elle devenir la nouvelle Bourgogne ? Dans 50 ans, la région de Chianti sera-t-elle trop chaude  pour obtenir des vins raffinés?  La  syrah deviendra-t-elle le cépage bourguignon par excellence ? Autant de questions qui préoccupent la communauté vigneronne...  Les colloques se multiplient sur ce thème en Espagne, en France, et jusqu'en Belgique (comme avec Wine Wise, en septembre) ou aux Pays-Bas.

Navarre01

Le "petit désert" en Navarre 


Le constat

Aujourd’hui, la plupart des scientifiques s’accordent à confirmer les changements climatiques. De nombreux producteurs de vin en font déjà l’expérience : les vignobles sont plus souvent victimes de maladies, les vendanges débutent plus tôt chaque année et le caractère des vins se modifie. Des études démontrent que dans beaucoup de régions viticoles, la température a augmenté  de 2° en moyenne au cours des cinquante dernières années. Les journaux et les périodiques consacrent quantité d’articles aux changements climatiques, mais l’incidence de ce phénomène sur l’industrie du vin est rarement évoquée.
L’histoire a déjà connu de nombreux changements climatiques, certes, mais aucun ne semble se profiler avec autant de force et de rapidité.

Des conséquences inattendues

C’est toute la carte viticole mondiale qui pourrait s’en trouver changée. Les vignerons sont concernés, les oenologues aussi (l’osmose inverse permettrait d’abaisser le taux d’éthanol…), sans oublier les consommateurs, qui pourraient bien ne plus retrouver demain les styles de vins auxquels ils sont habitués (en tout cas, pas sous les mêmes appellations !).
Vinifier dans des régions déjà chaudes aujourd’hui, comme la Barossa, la Hunter, le Chianti ou les Côtes du Rhône du Sud, pourrait devenir un véritable défi.
Parallèlement, les cépages du sud pourraient partir à l’assaut des vignobles septentrionaux, la Bourgogne ne connaîtrait plus jamais de problème d’ensoleillement, la Champagne verrait ses problèmes de gelées disparaître… La Belgique pourrait devenir un grand producteur de vin, comme le Sud de l’Angleterre. Notamment d’effervescents.


A ceux qui se réjouissent déjà, cet avertissement : le phénomène pourrait être exponentiel, ou partiellement autorégulé - on ignore totalement ce qui pourrait se passer, par exemple, si le Gulf Stream s’arrêtait… Montréal est à la latitude de Bordeaux, seuls les courants chauds de l’Atlantique expliquent l’écart de températures entre les deux villes…

                                               (c) Hervé Lalau

 

Plus d'info: Wine Wise 00 32 9 228 70 48 ou sybille@winewise.be

 

22:19 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

19 octobre 2007

UE: pas de vin de pays de France pour l’instant

Lu sur Vitisphère, sous la plume de notre excellent confrère Michel Rémondat:

"La Commission européenne refuse de publier au JOCE (Journal Officiel des Communautés Européennes) trois nouvelles dénominations de vins de pays : Vin de pays des Vignobles de France, vin de pays de l’Atlantique et vin de pays des Gaules.

Dans un courrier adressé à la représentation permanente de la France auprès de l ‘Union européenne, Jean-Luc Demarty, directeur général de la Direction Générale de l’Agriculture à la Commission européenne, rappelle que le règlement européen prévoit qu’une indication géographique doit correspondre au nom d’un lieu-dit (ou groupement de lieux-dits), d’une commune (ou partie de commune), d’une sous-région (ou partie d’une sous-région) ou d’une région autre qu’une région déterminée. Selon Jean-Luc Demarty, les dénominations «Vignobles de France», «Atlantique» et «des Gaules» ne remplissent pas ces conditions. Concernant Vignobles de France, il précise également que l’utilisation de la mention «vin de pays » doit être liée à une indication géographique plus petite que l’Etat membre.

En conséquence, Jean-Luc Demarty invite la France à «reconsidérer sa position à la lumière de ces arguments». La France doit maintenant contre-argumenter dans un délai de deux mois. Un coup dur pour ces trois nouvelles dénominations censées relancer la dynamique des ventes des vins français à l’export."

09:12 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |