29 octobre 2007

Les vins sont-ils trop alcoolisés?

Dans la Revue des Vins de France, Denis Saverot posait naguère une question délicate: les vins d'aujourd'hui ne sont-ils pas trop alcoolisés?
Pour Saverot, la réponse est oui. Après les vins fluets des années productivistes, on a voulu trop bien faire, «et le balancier est allé trop loin».
Au vu des monstres que nous dégustons actuellement, même en provenance de terroirs septentrionaux qui ne nous avaient guère habitués à ce style, on ne lui donnera pas tort.

Et l’on se prendra peut-être, comme lui, à rêver aux Asti, aux Clairette - ou même aux Rheingau et aux Moselle, dans un style plus sec.
Comme journaliste, comme sommelier, comme dégustateur professionnel dépositaire d’une parcelle de responsabilité, il faut savoir rejeter la surabondance (d'arômes, d'alcool, de matière), pour privilégier les vins «buvables» et digestes, ceux avec lesquels le consommateur se fait plaisir tout au long d'un repas. C'est un bien mauvais service à rendre à un producteur que de sélectionner son vin, si c'est pour que les gens qui consomment le vin ne finissent pas la bouteille... et ne rachètent jamais.

20:54 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

"N'ayez pas peur"

Je reviens à une chronique précécente, "Ca c'est passé à Mégavino",  qui s'intéressait à l'analyse sensorielle. A la demande de mon excellent collègue et ami Guy Delvillle (Saveurs de nos Régions), j'ai essayé d'approfondir.

Il y a tout un travail à faire sur les variations du niveau de perception de certains arômes, entre les dégustateurs. Et sur leur faculté à exprimer ce qu'ils ressentent, aussi. Car on peut très bien ressentir mais ne pas pouvoir mettre des mots dessus, et perdre l'information.

Les dégustateurs professionnels, qui utilisent leur nez et leur palais comme des outils sensoriels, font un effort sur eux-mêmes pour aller chercher cette information, ce que les amateurs ne font pas toujours. C'est pourtant un effort qui en vaut la peine, car il donne immanquablement plus de plaisir à la dégustation. C'est un peu comme le plaisir supplémentaire que l'on ressent à voir un bel exploit sportif, lorsque l'on connaît les dessous du jeu.

Faites l'effort, vous verrez, vous ne verrez plus jamais à votre verre de petit blanc de la même façon...
Entraînez-vous entre amis à dire ce que vous ressentez, exprimez-vous, échangez, «n'ayez pas peur», comme disait le Pape ! Le monde du vin est un monde de partage, le ridicule ne tue pas les oenophiles, juste les pédants, parfois, ceux qui croient tout savoir et ne font qu’illusion.
(C) Hervé LALAU

 

09:49 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |