22 janvier 2008

Presse et communication

Voici un beau texte d'Alain Leygnier glâné sur le blog de l'APV, qui évoque à nouveau le problème de l'indépendance journalistique en matière vineuse, mise à mal par un récent jugement en France (voir posts précédents):

"Renseignement pris, la rédaction et le service des archives du Parisien sont incapables de donner à consulter l'article du 21. 12. 2005, qui a déclenché le prurit judiciaire de la Ligue de vertu dénommée A.N.P.A.A. Il faudra donc attendre le retour de vacances de la responsable du service juridique, pour savoir si le Parisien compte (ce que j'espère) faire appel d'un jugement qui réduit tout article œnophilique à la publicité.


S'il y avait jurisprudence, il deviendrait difficile d'exercer le métier de journaliste spécialisé dans le vin, activité, selon moi, de professionnels détenteurs d'une Carte professionnelle, respectueux d' une déontologie (délicat de parler de corde dans la maison d'un pendu !), salariés de journaux dont les rapports entre la publicité (un mal nécessaire, qui doit rester à sa place) et la rédaction relèvent d'une Commission paritaire. Impossible, dès lors d'informer nos lecteurs de façon indépendante, dans les hebdos, mensuels, la presse spécialisée, les guides, etc., sans apposer la mention "L’abus d’alcool est dangereux pour la santé".
En revanche, nantie de cet avertissement, la "communication", c'est-à-dire, la manipulation et autres billevesées, seront licites. Le mot "communication" a été inventé dans les années soixante-dix par des publicitaires afin d'identifier publicité et information. Ca fait plus chic que "propagande", mais c'est la même chose, en plus raffiné. Ce vocable pervers est mis à toutes les sauces : économique, politique, sportive, etc. On n'informe plus, on "communique", on instille sélectivement les idées nécessaires à l'investissement du "temps de cerveau libre" du lecteur.


Tout ceci se déroule sur fond d'un changement global de rapport de forces entre la pub et la rédaction. Depuis une quinzaine d'années la publicité et la maquette, ont pris le pouvoir dans les journaux. Elles en modifient la ligne éditoriale. Un pouvoir visible : entre autres, les placards publicitaires occupent désormais les "bonnes pages" (celles de droite), des hebdos et des quotidiens, chose impensable il y a vingt ans. Mieux encore, des courtiers en pub sans scrupules (un pléonasme ?), établissent les sommaires, orientent l'information, exercent un chantage sur les journalistes réfractaires (exemple bien connu d'un hebdomaire parisien). Tendanciellement, les rédactions deviennent les auxiliaires de la pub.
Mais il y a pire encore. Le jugement du tribunal d'instance de Paris légitime l'action de l'ANPAA, organisme financièrement florissant comme l'a montré Michel Smith. L'objectif de cette Ligue de vertu consiste moins à modérer la consommation d'alcool que d' empêcher, d'une génération l'autre, la transmission du savoir et de la culture du vin. Présupposé : l'ignorance entraîne la tempérance. Ce présupposé grotesque, risible, je n'ose dire naïf, (nos modernes vertueux sont tout, sauf naïfs), est démenti chaque jour par l'expérience. Car, c'est imbibées d' alcools forts et non de vins, que nos chères têtes blondes enroulent leurs voitures autour des arbres au sortir des discothèques. Nous quittons une civilisation latine, qui associe les vins à la table, et suppose une éducation. Nous abordons les rivages ivrognisants du "binge drinking". Cela satisfait-il nos prohibitionnistes ?"

Alain Leygnier 

21:58 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

21 janvier 2008

Message de la FIJEV

Un message du Président de la FIJEV Joel Payne:
 
Dear Colleagues,
 
You may have read recently about the decision of a Paris county court, which ruled that a piece of wine writing in Le Parisien newspaper constituted advertising. The piece in question was published in 2005 and made recommendations about Champagne.
 
In plain English, the respected news site decanter.com wrote: “The court said that the article was 'intended to promote sales of alcoholic beverages in exercising a psychological effect on the reader that incited him or her to buy alcohol' and the court subsequently ruled that the piece should have come with a disclaimer that alcohol abuse is dangerous to health.” The paper has been ordered to pay €5,000 in damages.
 
This ruling is nothing less than an attack on free speech. We believe this ruling has implications for all journalists, not just those working in France: Will film, theatre and food columns eventually be forced to carry health and safety warnings? Will films that show people enjoying wine also have to be censored in this manner?
 
Further, it is clear that France’s National Association for the Prevention of Alcoholism and Addiction (NAPAA), would like to see this ruling set precedence – and not only in France. There are already similar laws in other countries, but the courts have largely given journalists the latitude exercise their profession within certain boundaries. There are already prohibition voices that would like to see legislation similar to France’s law Evin enacted across the European Union.
 
The International Federation of Wine & Spirits Journalists and Writers have created an online petition, which we would urge you to sign (the URL is as follows).
http://www.mesopinions.com/
Pas-d-amalgame-entre-journalisme-du-vin-et-publicite-petition-petitions-93594eb393073731a0ae64dcc742d7bd.html
 
For our part, we intend to send a letter of protest to France’s National Association for the Prevention of Alcoholism and Addiction (NAPAA), who brought the action, as well as an open letter of support to Le Parisien. I would like to include the names of as many members as possible and am asking you to write and let me know that you want to be added to the list. Please include your full name, title and the publications you work for.
 
If you have any colleagues working in other areas of criticism, such as food, travel, film or theatre, could you also ask them to add their names to the list?
 
We intend to send this open letter to as many publications as possible, so please try to answer this email by Wednesday morning.
 
Many thanks,
 
Joel B. Payne

President

 


21:44 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |