10 février 2008

Amphigouri

Grand retour sur ce blog de notre ami et mentor (et à travers), j'ai nommé Eric Boschman, qui s'enthousiasme pour un pinotage. Dieu que ce garçon a l'esprit aventurier...

"Tant va le Pin au Tage, qu’à la fin, il se casse et rentre chez lui tout marri de la coiffeuse. C’est vrai quoi, pourquoi est-ce toujours la faute à pas de chance si les articles qui parlent de vin sont des choses terriblement sérieuses ? N’y aurait pas moyen de parler de pinard d’une manière simple, tranquille et peinarde ? Prenons un exemple parmi Gianno et tant d’autres : Le Pinotage. Ah, vous voyez, je vous le disais, tout de suite ça fait vachement sérieux. Alors qu’en fait, c’est plutôt vraiment sympathique comme raisin.

Un peu d’histoire
 
En 1925, Abraham Perold, de l'Université de Stellenbosch, croise du pinot noir et du cinsault. On entend par là un croisement entre végétaux, comme il en existe des milliers de par le monde qu’il s’agisse de pomme, de poire ou de scoubidouhaaaa. Le nom de Pinotage vient donc de Pinot et Age, mais je viens de vous expliquer qu’il s’agissait d’un croisement de Pinot Nwâââr et Cinsault, cela devrait donc se nommer Pinotsault. Non, Gepetto n’a pas fait valoir ses droits d’auteur à propos du nom. Disons qu’a l’époque, de façon erronée, le cinsault était souvent nommé «Hermitage», d'où Pinotage. Il est bon de remarquer, surtout dans le contexte que l’on connaîtra plus tard dans le pays, que le fait d’avoir utilisé du pinot noir est tout à fait innocent, mais l’utilisation du pinot blanc eut certainement donné un tout autre résultat.
Bref, en 1941, le pinotage fut planté au domaine Kanonkop, à Stellenbosch, pour la première fois. Malheureusement, à l’heure de la globalisation viticole de la bien-pensance vinicole, peu de vignerons le considérèrent comme un grand cépage. Soumis à des mauvaises vinifications et à des rendements excessifs, le pinotage ne donna longtemps que des vins rouges minables
Malgré ce lourd passé et cet avenir sombre, quelques vignerons osèrent travailler la chose. Au moment où ses superficies plantées étaient au plus bas (1,9% de l'encépagement en 1990 !), il fit l'objet d'un regain d'intérêt. Son encépagement a augmenté depuis régulièrement, sa surface de plantation a été multipliée par 12 depuis 1994. Si vous voulez en savoir plus sur ce magnifique cépage, rendez-vous sur www.pinotage.co.za, bonne lecture.

Identité, origine, terroir et autres billevesées…

La crise actuelle de la viticulture mondiale, surproduction, manque d’identité d’une part, le changement fondamental que vit la consommation européenne (toujours la plus importante au monde) d’autre part, fait que les consommateurs cherchent de plus en plus souvent des vins «originaux», facilement localisables. C’est ça que l’on nomme si souvent, à tort et à travers, le terroir.

Les clients en ont ras le bol des vins sans âme et sans racines, boisés à outrance pour compenser leurs creux et leurs faiblesses. La tendance du marché est plutôt claire actuellement, moins d’alcool, moins d’extraction, plus de finesse, d’élégance et d’origine, et puis, surtout, une localisation facile. C’est pour cela qu’un peu partout dans le monde, on voit sortir des cépages à identité plus particulièrement «locale». Du pinotage sud-africain au carménère chilien en passant par le touriga nacional portugais. C’est parfois un peu caricatural, mais au moins, c’est compréhensible, puis ça change des chardonnays et autres caberneteries sans rien de plus à dire qu’un évadé du château de la Star Ac.

Venons en au fait

La bouteille du jour est donc, comme vous l’aviez peut-être déjà subodoré, un Pinotage. Mais pas n’importe lequel des pinotage, ici il s’agit d’un vin de compète. Un truc qui vous laisse un rien pantois, voire, si vous êtes fort sensible, groggy sur le bord de la route. La robe est dense, grenat avec des notes violines. Le nez est marqué par les notes épicées apportées par le passage en barriques américaines, au départ. Ensuite on évolue entre les fruits noirs mûrs, du cassis, du sureau, et la vanille fraîche. Un peu de café grillé pour rappeler le chêne français, plus la note caoutchouc classique du cépage et vous y êtes. La bouche est ronde, fondante, toute en souplesse, en fruité. C’est magnifique ! A la fois complexe et riche sans être jamais lourdingue. Bref, une bouteille qui vaut largement le déplacement."

Eric Boschman

Carpe Diem Pinotage Diemersfontein, prix et renseignements chez Grape Solutions Tel : 0478 50 87 16.  

21:24 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

09 février 2008

La belle chanson de Roland

Reçu de notre ami Roland Gohy, ce texte fort bien écrit: 
 
 
HEUREUX QUI, COMME LES BELGES, NE SONT PAS BRIMES DANS LEUR QUETE HEDONISTIQUE
 
Nous connaissons tous de tristes pochards, des caractériels de l'alcoolisme. Ceux-là ne se saoulent pas aux bons vins, qu'ils soient de Bordeaux, de Bourgogne, de Champagne, ou d'ailleurs. Le prix des vins de qualité, et, à fortiori des grands crus, en limitent de facto la consommation! Ce n'est évidemment pas un article de presse, fût-il élogieux, qui incitera un oenophile à ingurgiter une quantité déraisonnable du vin recommandé! Même si l'alcoolisme mondain existe lui aussi.
           
La bière est toutefois souvent choisie par les alcoolos de tout poil dans leur tendance aux excès, même si les alcools durs, les spiritueux, restent des voies d'accès très visitées pour atteindre l'état d'ébriété recherché par les dépendants.
Ce sont d'ailleurs souvent les mêmes qui cumulent les assuétudes en s'acceptant esclaves de la cigarette!
Ces attitudes, qui signent une faiblesse de caractère notoire, ont été canalisées par des lois contraignantes. Mais qu'en est-il, en France, des restrictions qui briment  l'information vitivinicole? Celles-ci ne peuvent que s'avérer "coups dans l'eau", ce qui est un comble! Comme s'il était possible, aux pays des meilleurs vins du monde, de n'en point parler dans les médias!
Les lobbies antialcool se mobilisent régulièrement et tentent de bâillonner la presse spécialisée! Comme si la liberté de la presse informative et éclairante, n'était  plus de mise en France! Il n'en est pas de même chez nous où la modération conseillée n'empiète pas vraiment sur la liberté de chacun, pourvu qu'elle ne compromette pas la sécurité des autres.
Ne pas distinguer le vin des différentes boissons alcoolisées paraît bien être le signe d'une lacune culturelle au sein des lobbies et dans l'administration de la santé publique.
Plutôt que de se priver d'une bouteille d'un vin en adéquation avec le repas prévu, de plus en plus de gourmets se déplacent en taxi ou en  véhicules communautaires. Ainsi la tranquillité d'esprit le dispute-elle à l'hédonisme bien compris.

Roland Gohy
 

18:23 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |