21 janvier 2008

Message de la FIJEV

Un message du Président de la FIJEV Joel Payne:
 
Dear Colleagues,
 
You may have read recently about the decision of a Paris county court, which ruled that a piece of wine writing in Le Parisien newspaper constituted advertising. The piece in question was published in 2005 and made recommendations about Champagne.
 
In plain English, the respected news site decanter.com wrote: “The court said that the article was 'intended to promote sales of alcoholic beverages in exercising a psychological effect on the reader that incited him or her to buy alcohol' and the court subsequently ruled that the piece should have come with a disclaimer that alcohol abuse is dangerous to health.” The paper has been ordered to pay €5,000 in damages.
 
This ruling is nothing less than an attack on free speech. We believe this ruling has implications for all journalists, not just those working in France: Will film, theatre and food columns eventually be forced to carry health and safety warnings? Will films that show people enjoying wine also have to be censored in this manner?
 
Further, it is clear that France’s National Association for the Prevention of Alcoholism and Addiction (NAPAA), would like to see this ruling set precedence – and not only in France. There are already similar laws in other countries, but the courts have largely given journalists the latitude exercise their profession within certain boundaries. There are already prohibition voices that would like to see legislation similar to France’s law Evin enacted across the European Union.
 
The International Federation of Wine & Spirits Journalists and Writers have created an online petition, which we would urge you to sign (the URL is as follows).
http://www.mesopinions.com/
Pas-d-amalgame-entre-journalisme-du-vin-et-publicite-petition-petitions-93594eb393073731a0ae64dcc742d7bd.html
 
For our part, we intend to send a letter of protest to France’s National Association for the Prevention of Alcoholism and Addiction (NAPAA), who brought the action, as well as an open letter of support to Le Parisien. I would like to include the names of as many members as possible and am asking you to write and let me know that you want to be added to the list. Please include your full name, title and the publications you work for.
 
If you have any colleagues working in other areas of criticism, such as food, travel, film or theatre, could you also ask them to add their names to the list?
 
We intend to send this open letter to as many publications as possible, so please try to answer this email by Wednesday morning.
 
Many thanks,
 
Joel B. Payne

President

 


21:44 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

18 janvier 2008

Abstinence ou modération?

Notre confrère et ami québécois Jacques Orhon nous fait part de ses réflexions sur la problématique, on ne peut plus actuelle, des croisades almagamant vins et alcools, publicités et information. Vive le Québec!

"Le grand biologiste Louis Pasteur était-il ivre lorsqu’il a écrit: «le vin peut être à bon droit considéré comme la plus saine, la plus hygiénique des boissons»* ? On serait porté à le croire en écoutant tous les partisans de l’abstinence qui sévissent de nos jours, ici et ailleurs, et en suivant les campagnes antialcooliques qui ne font pas dans la nuance. Pour ma part, je regardais le reportage, intitulé «La modération a-t-elle toujours bien meilleur goût ?» à l’émission Enjeux diffusée sur nos ondes le 1er novembre dernier. Biaisé tout simplement !

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 Jacques Orhon en action (ici à droite, en toute modération).

 

En effet, ce document qui sous-entend que certains ont voulu faire croire que le vin est un médicament puisqu’il possède des vertus thérapeutiques, tombe dans l’éternel piège qui confond vin et alcool puisqu’on trouve de l’alcool dans le vin. Encore une fois, on mélange tout puisque l’on fait l’amalgame entre le bon vin, bu modérément et en toute connaissance de cause, et les spiritueux de tous acabits qui, effectivement, peuvent causer des dommages irréparables.

En fait, à part quelques chiffres ici et là, on n’apprend pas grand chose et à toute fin pratique, on a gardé de la plupart des protagonistes des propos d’une certaine banalité. Le très compétent docteur Juneau a l’air de se demander ce qu’il fait autour de cette table, alors qu’il ne peut aller de l’avant dans son argumentation. Et c’est d’autant plus biaisé qu’à côté des images calmes et posées des personnes qui réfutent les bienfaits du vin, on nous montre sans arrêt l’autre côté de la médaille avec des séquences de personnes festoyant allègrement, trinquant à qui mieux-mieux ou criant comme des forcenés. Comme si le vin rimait toujours et encore avec consommation excessive, beuverie et trivialité, comme si la notion de plaisir devait toujours passer par l’effet pur et simple de l’alcool, poison incontournable qui ôtent les inhibitions comme chacun sait…


Pourtant, il n’en est rien, dans la mesure où l’on consomme intelligemment et en quantité raisonnable. Tous les œnophiles dignes de ce nom savent que le bon vin est synonyme de civilisation, de culture, de découvertes, de savoir-vivre, et j’en passe. Hélas, à l’image du mot « bouffe » qui a remplacé systématiquement dans les médias québécois, les termes nourriture, cuisine, mange, mets, repas, etc., on comprend pourquoi cette pratique réductrice du raccourci et du nivelage par le bas, mène à des malentendus. Et il y a encore une fois malentendu et raccourci quand on blâme le système des rabais qui soi-disant font augmenter les cas d’alcoolisme.

C’est affirmer tout et n’importe quoi. Il n’y a tout de même pas péril en la demeure à voir augmenter la consommation du vin au Québec, même si nous sommes à 16 litres en moyenne par habitant. Dans certains pays, la majeure partie de la population se porte plutôt bien malgré une moyenne de 40 litres. Il faut donc chercher les problèmes et les solutions ailleurs. Et on sent poindre l’hypocrisie quand on pense que la critique ne serait pas aussi forte si les rabais étaient offerts par des sociétés privées. La morale de l’état serait préservée.

À cet effet, en France, au pays qui produit sur ses propres terres parmi les meilleurs crus de la planète et où l’on traverse actuellement une grave crise viticole (avec une chute de la consommation du vin malgré les nombreux rabais…), l’ancien ministre Claude Évin semble ne jamais avoir entendu parler d’Éducalcool, notre organisme québécois qui fait la différence entre éducation et répression. En imposant sa loi drastique relative à la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme, il est lui aussi tombé dans les pièges de la confusion des genres. Et comme le soulignait dernièrement une productrice du sud de la France, que dire du mutisme dont fait preuve le ministère de l’Agriculture Français face au Directeur de la Santé, Didier Houssin, qui prône tout simplement que « pour lutter contre l’alcoolisme, il faut aller vers l’abstinence ; qu’il faut augmenter le nombre de non-consommateurs et que tout cela doit passer par une taxation forte ». Et la dame d’ajouter à juste raison qu’il suffirait de prévenir et de soigner ceux qui ont un réel problème, en laissant vivre les autres à leur guise.


Allez, je termine sur deux bonnes nouvelles. Eh oui, le vin blanc a également des vertus thérapeutiques ! C’est ce qu’a annoncé Alberto Bertelli, président de la commission Santé de l’OIV lors d’une conférence de presse à Rome : les vins blancs auraient un potentiel anti-oxydant aussi important que celui de l’huile d’olive, grâce à la présence de deux composants aux avantages reconnus : le tyrosol et l’acide caféique. Et selon les cardiologues Allemands, les vins rouges français seraient plus efficaces que les rouges allemands pour la prévention de la sclérose des artères et les infections. Cette particularité serait liée à leur teneur élevée en flavonoïdes et en polyphénols. Super !"


* Louis Pasteur, Études sur le vin, 1, B.

 

20:10 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |