30 janvier 2008

Parlons plutôt de vin...

Je ne peux résister au plaisir de publier ce petit texte légèrement vitriolé déposé hier sur www.mesopinions.com...

"Le Christ a transformé l’eau en vin.
Saint Louis rendait la Justice sous un chêne.
Aujourd’hui, le vin est transformé en vinaigre et la justice est rendue par des glands."

 

J'ajoute qu'à Vérone, où je dégustais les superbes Amarone 2004, ces démêlés judiciaires des voisins français suscitent plutôt l'incrédulité: "Ils n'arrêtent pas de se tirer des balles dans le pied", pouvait-on entendre dans les allées.

Mais parlons plutôt de vin... 

09:23 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

22 janvier 2008

Presse et communication

Voici un beau texte d'Alain Leygnier glâné sur le blog de l'APV, qui évoque à nouveau le problème de l'indépendance journalistique en matière vineuse, mise à mal par un récent jugement en France (voir posts précédents):

"Renseignement pris, la rédaction et le service des archives du Parisien sont incapables de donner à consulter l'article du 21. 12. 2005, qui a déclenché le prurit judiciaire de la Ligue de vertu dénommée A.N.P.A.A. Il faudra donc attendre le retour de vacances de la responsable du service juridique, pour savoir si le Parisien compte (ce que j'espère) faire appel d'un jugement qui réduit tout article œnophilique à la publicité.


S'il y avait jurisprudence, il deviendrait difficile d'exercer le métier de journaliste spécialisé dans le vin, activité, selon moi, de professionnels détenteurs d'une Carte professionnelle, respectueux d' une déontologie (délicat de parler de corde dans la maison d'un pendu !), salariés de journaux dont les rapports entre la publicité (un mal nécessaire, qui doit rester à sa place) et la rédaction relèvent d'une Commission paritaire. Impossible, dès lors d'informer nos lecteurs de façon indépendante, dans les hebdos, mensuels, la presse spécialisée, les guides, etc., sans apposer la mention "L’abus d’alcool est dangereux pour la santé".
En revanche, nantie de cet avertissement, la "communication", c'est-à-dire, la manipulation et autres billevesées, seront licites. Le mot "communication" a été inventé dans les années soixante-dix par des publicitaires afin d'identifier publicité et information. Ca fait plus chic que "propagande", mais c'est la même chose, en plus raffiné. Ce vocable pervers est mis à toutes les sauces : économique, politique, sportive, etc. On n'informe plus, on "communique", on instille sélectivement les idées nécessaires à l'investissement du "temps de cerveau libre" du lecteur.


Tout ceci se déroule sur fond d'un changement global de rapport de forces entre la pub et la rédaction. Depuis une quinzaine d'années la publicité et la maquette, ont pris le pouvoir dans les journaux. Elles en modifient la ligne éditoriale. Un pouvoir visible : entre autres, les placards publicitaires occupent désormais les "bonnes pages" (celles de droite), des hebdos et des quotidiens, chose impensable il y a vingt ans. Mieux encore, des courtiers en pub sans scrupules (un pléonasme ?), établissent les sommaires, orientent l'information, exercent un chantage sur les journalistes réfractaires (exemple bien connu d'un hebdomaire parisien). Tendanciellement, les rédactions deviennent les auxiliaires de la pub.
Mais il y a pire encore. Le jugement du tribunal d'instance de Paris légitime l'action de l'ANPAA, organisme financièrement florissant comme l'a montré Michel Smith. L'objectif de cette Ligue de vertu consiste moins à modérer la consommation d'alcool que d' empêcher, d'une génération l'autre, la transmission du savoir et de la culture du vin. Présupposé : l'ignorance entraîne la tempérance. Ce présupposé grotesque, risible, je n'ose dire naïf, (nos modernes vertueux sont tout, sauf naïfs), est démenti chaque jour par l'expérience. Car, c'est imbibées d' alcools forts et non de vins, que nos chères têtes blondes enroulent leurs voitures autour des arbres au sortir des discothèques. Nous quittons une civilisation latine, qui associe les vins à la table, et suppose une éducation. Nous abordons les rivages ivrognisants du "binge drinking". Cela satisfait-il nos prohibitionnistes ?"

Alain Leygnier 

21:58 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |