03 février 2008

Le vin, une sacrée boisson

Au temps des Gaulois, déjà, le vin avait une fonction sacrée. On n'en buvait pas tous les jours, mais lors de réunions à caractère rituel. Les amphores offertes par le chef étaient décapitées sans pitié, puis vidées par le groupe des guerriers; elles symbolisaient le sang des ennemis vaincus et proprement égorgés, dont on s'appropriait ainsi le courage. Le vin coulait à flot, il était consommé à grosses lampées et jusqu'à ce qu'ivresse s'ensuive. Les nombreux tessons d'amphores retrouvés dans des lieux bien précis en témoignent encore...

Ces libations étaient un peu grossières, paraît-il. Les Romains se moquaient même des ces Gaulois chevelus, qui, comble de la barbarie, buvaient le vin pur quand eux le buvaient coupé d'eau. Mais ce rite constituait tout de même un progrès civilisateur par rapport aux égorgements massifs des ennemis. Et puis, les Romains, qui étaient au départ les premiers pourvoyeurs de vin des Gaulois, y trouvaient leur compte.

Puis, avec le Christianisme, vint le temps du vin à fonction sacerdotale - le vin, là encore, ayant valeur de sang. Curieusement, l'Eglise utilise aujourd'hui du vin blanc, moins évocateur. Mais les aubes et les surplis sont ainsi plus longtemps propres...

Aujourd'hui, le vin a un beaucoup perdu de sa fonction sacrée. Même le concept de vin "ami du peuple", présent dans toutes les musettes des masses laborieuses, a perdu du terrain à mesure que les cols blancs remplaçaient les travailleurs de force. C'est peut-être pour ça que la défense du vin a tant de mal à se faire entendre face aux lobbies anti-alcool. Un vin prolétarien aurait sans doute plus de soutien dans les medias que les grandes cuvées qui fleurent trop l'élitisme.

Drôle de contradiction: tout le monde devrait se féliciter de voir les ouvriers boire moins de jaja et la qualité s'améliorer, non?
Pas les bobos qui légifèrent.  Ils n’en sont plus à un contresens près: ils confondent vin et alcool, raisonnent en litres et en degrés. Bien sûr, leur idéal d’abstinence socialement correcte est pavé de bonnes intentions. Mais c'est l'enfer au bout du chemin pour les amateurs de vin de qualité. Le nivellement par le bas: Yquem et Grandgousier, Latour et Vieux Papes, même opprobre...

Quoi qu'il en soit, dans certaines régions, le vin garde une valeur politique. L'esprit coopératif est indéniablement teinté de militantisme: que les petits, les damnés du vignoble, s'associent, c'est déjà une forme de lutte contre les gros possédants, non?

Au-delà même de la coopération, les viticulteurs ont souvent le coeur à gauche, dit-on (il y a des exceptions, bien sûr).

Voici en tout cas une étiquette qui affiche clairement ses opinions - ou faut-il parler d'hagiographie? Paix aux restes de feu François Mitterrand. Et merci à Berthomeau pour cette trouvaille.

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11:00 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

31 janvier 2008

Les vins bio ont le vent en poupe

Pour sa 15e édition, le salon Millésime Bio, passé cette année de Narbonne à Perpignan, a réuni de lundi à hier quelque 250 exposants français, suisses, italiens, espagnols et portuguais. Une expansion qui illustre le décollage de la filière.

Rien qu'en France, le "vin issu de l'agriculture biologique" représente 189 millions d'euros... et voit son audience croître. A noter qu'en plus de la certification des raisins (Agriculture Biologique), les viticulteurs bio ont mis au point une charte privée de vinification biologique ("VB"), qui concerne l'utilisation des produits oenologiques.
 
Pour la première fois, un concours a mis aux prises les vins présents. 
 
Plus d'info: www.millesime-bio.com
 
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00:11 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |