19 mars 2008

Les joies de l'ampélographie

De notre consoeur suisse Marie Linder, ce petit article sur l'ampélographie:

"Hier soir j'ai assisté à une conférence/dégustation sur les cépages rares des Alpes. Cette présentation était animée par le docteur José Vouillamoz, brillant chercheur d'origine valaisanne, qui n'est plus à présenter dans le monde de la viticulture.
 
 
syrah-lg
Grappe et feuille de Syrah
 
 
Quand on parle d'ampélographie, son nom revient fréquemment puisqu'il est à l'origine de nombreux articles sur les relations entre les différents plants grâce à ses observations, ses connaissances et plus récemment  grâce au teste ADN.

Par exemple: Il vous apprend que la mondeuse blanche est la mère de la syrah, qui est elle-même une demi-soeur du viogner. Si on va encore plus loin, on découvre que le pinot noir n'est autre que le grand-père de la syrah, le père du chardonnay, du gamay, rien que pour citer les cépages les plus connus.

Après la théorie, place à la pratique, avec la dégustation d'une dizaine de vins rares  tel que le gringet, le completer, le teroldogo... Bref c'était une soirée passionnante!

Et finalement je vous raconte ma soirée! Mais au départ, ce que je voulais , c'est simplement rectifier; lors d'une récente intervention, je mentionnais qu'on avait recensé environ 5000 cépages différents au monde. Et bien mes sources doivent dater un peu, j'ai appris hier soir qu'il y en avait en fait entre 6000 et 10000!
"
 
Marie Linder 

10:31 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

17 mars 2008

Écrire sur les vins : une liberté très encadrée en France

On trouvera ci-dessous un extrait du Journal de Saône et Loire, en date du 14 mars 2008 - un des rares articles qui, dans la presse française non spécialisée, ose dénoncer la censure hygiéniste de nos "amis" anti-vin. Espérons qu'il fera des émules...

Amis lecteurs, bloggeurs, simples citoyens épris de vin et liberté, votre soutien est plus que jamais indispensable.

http://www.delabelleepoqueauxanneesfolles.com/Photos/Anastasie.jpg

Anastasie, figure éxécrée de la censure... 


Écrire sur les vins : une liberté très encadrée par la loi Evin


Jusqu'à demain, le salon du vin « les grands jours de Bourgogne » se tient à travers toute la région. Pour la journée d'hier, consacrée à la côte chalonnaise, c'était l'occasion de remettre un prix à un journaliste méritant, sur fond de malaise.

Près de 720 exposants et deux mille visiteurs professionnels pour « les grands jours de Bourgogne » sur une semaine, voilà des chiffres qui peuvent inciter tous les vignerons de la région à voir l'avenir en rose.

Pour sa 9e édition, cette biennale enregistre d'ailleurs une hausse de 20 % de fréquentation et a clairement mis l'accent sur l'exportation, 52 % des visiteurs venant cette année de l'étranger, avec 35 pays représentés. « La notoriété internationale des vins de Bourgogne, nous (la) devons aussi à la presse qui a toujours manifesté son intérêt pour notre culture », introduisait hier à Mercurey Michel Baldassini, président du salon et président délégué du BIVB (bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne). D'où l'idée née en 1998 de remettre à un journaliste un trophée saluant un reportage présentant les vins de Bourgogne de façon pédagogique.
Pour cette édition, onze dossiers ont été présentés et cinq articles présélectionnés par le conseil d'administration du salon, qui a ensuite choisi celui de l'américain Michaël Apstein, paru en septembre dernier sur le site internet www.winereviewonline.com, et consacré aux meilleurs Pouilly-Fuissé 2005 (voir encadré).

Une récompense qui, dans le contexte actuel, sonne comme un message adressé aux tribunaux du pays et à l'ANPAA (Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie). Le 20 décembre dernier en effet, suite à une plainte déposée par l'ANPAA, le tribunal de grande instance de Paris avait condamné le journal Le Parisien à une amende de 5 000 euros pour un article publié en décembre 2005 et intitulé « Le triomphe du Champagne ». Assimilant l'article à de la publicité, la justice a estimé qu'il était « en outre destiné à promouvoir la vente d'une boisson alcoolique en exerçant sur le lecteur une action psychologique de nature à l'inciter à la consommation ». Autrement dit, la publication aurait dû respecter les prescriptions du code de la santé publique issu de la loi Evin, en étant notamment assortie du message prescrit par la loi et précisant que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.

Un jugement qui a bien évidemment suscité un malaise chez les professionnels du vin et pour la presse. « C'est toute la liberté d'expression qui est remise en cause. C'est inacceptable », réagissait Michel Baldassini. « Si l'on continue dans ce sens là, il n'y aura bientôt plus d'articles pédagogiques consacrés à l'amour et à la culture du vin, mais seulement des articles techniques. On sent les ministères de la santé successifs revenir à la charge régulièrement et cette nouvelle étape est inquiétante. Il n'y a pas pour le moment de réelle levée de bouclier de la profession, mais on reste très vigilants, notamment à travers l'association nationale vins et société ». En conséquence, le BIVB a indiqué demander aux pouvoirs publics de préciser le texte de la loi Evin pour éviter tout amalgame entre rédactionnel et publicité, et ainsi permettre à la presse « de faire son travail d'information sur nos vins ».


De son côté, le lauréat du prix s'est dit « surpris et choqué » par cette décision. «Au pays de la liberté, les Français devraient permettre la liberté d'expression».

Christophe Roulliaud

Pour tous ceux qui souhaiteraient lire l'article de Michaël Apstein:  http://www.winereviewonline.com/map_on_Pouilly_Fuisse_2005.cfm
 

 

21:25 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |