15 février 2008

Réchauffement climatique: l'avis des experts

350 personnalités du vin, producteurs, eonologues, fournisseurs et journalistes sont présents à Barcelone au deuxième Congrès International sur le changement climatique et le vin, organisé par Pancho Campo.

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En ouverture des travaux, qui dureront deux jours, le Français Bernard Seguin, directeur de recherche à l'Institut national de recherche agronomique d'Avignon, a confirmé la réalité du réchauffement. Il en a aussi dessiné les contours: "Si la température augmente de 2 à 3 degrés, nous pourrions faire en sorte que le Bordeaux reste le Bordeaux, le Rioja le Rioja, le Bourgogne le Bourgogne. Mais si elle augmente de 5 à 6 degrés, il faudra faire face à de grands problèmes et les changements seront très rudes".

15:39 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

10 février 2008

Amphigouri

Grand retour sur ce blog de notre ami et mentor (et à travers), j'ai nommé Eric Boschman, qui s'enthousiasme pour un pinotage. Dieu que ce garçon a l'esprit aventurier...

"Tant va le Pin au Tage, qu’à la fin, il se casse et rentre chez lui tout marri de la coiffeuse. C’est vrai quoi, pourquoi est-ce toujours la faute à pas de chance si les articles qui parlent de vin sont des choses terriblement sérieuses ? N’y aurait pas moyen de parler de pinard d’une manière simple, tranquille et peinarde ? Prenons un exemple parmi Gianno et tant d’autres : Le Pinotage. Ah, vous voyez, je vous le disais, tout de suite ça fait vachement sérieux. Alors qu’en fait, c’est plutôt vraiment sympathique comme raisin.

Un peu d’histoire
 
En 1925, Abraham Perold, de l'Université de Stellenbosch, croise du pinot noir et du cinsault. On entend par là un croisement entre végétaux, comme il en existe des milliers de par le monde qu’il s’agisse de pomme, de poire ou de scoubidouhaaaa. Le nom de Pinotage vient donc de Pinot et Age, mais je viens de vous expliquer qu’il s’agissait d’un croisement de Pinot Nwâââr et Cinsault, cela devrait donc se nommer Pinotsault. Non, Gepetto n’a pas fait valoir ses droits d’auteur à propos du nom. Disons qu’a l’époque, de façon erronée, le cinsault était souvent nommé «Hermitage», d'où Pinotage. Il est bon de remarquer, surtout dans le contexte que l’on connaîtra plus tard dans le pays, que le fait d’avoir utilisé du pinot noir est tout à fait innocent, mais l’utilisation du pinot blanc eut certainement donné un tout autre résultat.
Bref, en 1941, le pinotage fut planté au domaine Kanonkop, à Stellenbosch, pour la première fois. Malheureusement, à l’heure de la globalisation viticole de la bien-pensance vinicole, peu de vignerons le considérèrent comme un grand cépage. Soumis à des mauvaises vinifications et à des rendements excessifs, le pinotage ne donna longtemps que des vins rouges minables
Malgré ce lourd passé et cet avenir sombre, quelques vignerons osèrent travailler la chose. Au moment où ses superficies plantées étaient au plus bas (1,9% de l'encépagement en 1990 !), il fit l'objet d'un regain d'intérêt. Son encépagement a augmenté depuis régulièrement, sa surface de plantation a été multipliée par 12 depuis 1994. Si vous voulez en savoir plus sur ce magnifique cépage, rendez-vous sur www.pinotage.co.za, bonne lecture.

Identité, origine, terroir et autres billevesées…

La crise actuelle de la viticulture mondiale, surproduction, manque d’identité d’une part, le changement fondamental que vit la consommation européenne (toujours la plus importante au monde) d’autre part, fait que les consommateurs cherchent de plus en plus souvent des vins «originaux», facilement localisables. C’est ça que l’on nomme si souvent, à tort et à travers, le terroir.

Les clients en ont ras le bol des vins sans âme et sans racines, boisés à outrance pour compenser leurs creux et leurs faiblesses. La tendance du marché est plutôt claire actuellement, moins d’alcool, moins d’extraction, plus de finesse, d’élégance et d’origine, et puis, surtout, une localisation facile. C’est pour cela qu’un peu partout dans le monde, on voit sortir des cépages à identité plus particulièrement «locale». Du pinotage sud-africain au carménère chilien en passant par le touriga nacional portugais. C’est parfois un peu caricatural, mais au moins, c’est compréhensible, puis ça change des chardonnays et autres caberneteries sans rien de plus à dire qu’un évadé du château de la Star Ac.

Venons en au fait

La bouteille du jour est donc, comme vous l’aviez peut-être déjà subodoré, un Pinotage. Mais pas n’importe lequel des pinotage, ici il s’agit d’un vin de compète. Un truc qui vous laisse un rien pantois, voire, si vous êtes fort sensible, groggy sur le bord de la route. La robe est dense, grenat avec des notes violines. Le nez est marqué par les notes épicées apportées par le passage en barriques américaines, au départ. Ensuite on évolue entre les fruits noirs mûrs, du cassis, du sureau, et la vanille fraîche. Un peu de café grillé pour rappeler le chêne français, plus la note caoutchouc classique du cépage et vous y êtes. La bouche est ronde, fondante, toute en souplesse, en fruité. C’est magnifique ! A la fois complexe et riche sans être jamais lourdingue. Bref, une bouteille qui vaut largement le déplacement."

Eric Boschman

Carpe Diem Pinotage Diemersfontein, prix et renseignements chez Grape Solutions Tel : 0478 50 87 16.  

21:24 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |