17 mai 2008

Les exportateurs français de vin ont peur de l'effet dollar

Le directeur de la Fédération française des Exportateurs de Vins et Spiritueux, Renaud Gaillard, estime que la force de l’euro, qui renchérit les exportations de vins français dans la zone dollar (et livre sterling), va pénaliser les exportateurs :  « Il faut s’attendre à une année 2008 difficile».
Comme les Etats-Unis sont le premier marché en valeur et en volume pour les spiritueux français et le deuxième en valeur pour les vins français, le choc pourrait être rude, même si les bonnes ventes des Bordeaux 2005 atténuent un peu les choses actuellement. Et comme il serait illusoire d’attendre un même succès avec les petits millésimes que sont 2006 et 2007, les craintes sont grandes pour les ventes en 2009 et 2010, d’autant que les places perdues sur les cartes de vins ou dans les linéaires sont difficiles à reconquérir.

A toute chose, malheur peut être bon: les exportateurs de l’Hexagone devront choyer comme jamais les autres marchés, et notamment la fidèle Belgique…

 

07:59 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

16 mai 2008

Terroir, que de vinasse on commet en ton nom...

Jacques Berthomeau (vous savez, le fameux rapport Berthomeau) revient sur un thème qui nous est cher: le terroir...

Le vin, le terroir et les petits bourgeons...

 
"Comme l’aurait dit, dans mon beau pays de la Mothe-Achard, à propos du père Troussicot qui remuait beaucoup d’air, Madame Ginette, la coiffeuse de maman, qui n’avait pas sa langue dans sa poche: «Y’en a que pour lui…».
Pour le vin c’est tout comme: en tout lieu ou presque, en tout temps, y’en a que pour lui, il occupe le haut du pavé, il est même par la transmutation le sang du Christ, en un mot comme en cent, le roi du monde, c’est lui. Le seul qui ose, depuis une période récente, s’aventurer à contester sa suprématie, et qui dans le gotha des critiques est une star incontestée, j’ai nommé le terroir.
 
Terroirs
Terroir australien (Photo Eric Boschman)


Si j’osais, j’écrirais : «Terroir combien de discours insanes écrits et prononcés en ton nom… » Je l’ai écrit et, comme je suis un ignare, je laisse la plume sur ce sujet à un philosophe, Michel Le Gris : «Mise au jour par l’histoire de la culture de la vigne et de l’élaboration des vins, exploitée et, dans une large mesure, pervertie par le commerce, cette notion de terroir est, faut-il le dire, tout à fait étrangère à une quelconque idéologie du sol, de la race et du sang. Sous son aspect géologique, le terroir désigne les éléments du règne minéral que les racines vont puiser et transmettre aux raisins, dans la mesure où cette action de la plante ne se trouve pas entravée par une alimentation abusive répandue à la surface du sol et perturbant le métabolisme entre le minéral et le végétal. Cette logique du vivant, dans laquelle les crus puisent leurs spécificités, est en effet susceptible d’être gravement détériorée lorsque le végétal ne prélève plus aucune nourriture par lui-même, se contentant de celle apportée sous forme d’engrais. On sait aussi, grâce aux précieux travaux de Claude Bourguignon, que ce métabolisme naturel de la vigne est d’autant plus perturbé que la vie microbienne du sol, indispensable à l’assimilation des minéraux, se trouve elle aussi détruite à la suite des agressions chimiques dont les plantations sont fréquemment l’objet. Là se trouve très probablement l’une des causes de la perte de spécificité de nombre de vins actuels...»
 
Retrouvez les analyses de JacquesBerthomeau sur:
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06:52 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |