29 avril 2008

Châteauneuf (du Pape) me répond

En réponse à mon post "Pape et Soupapes" de la semaine dernière, mon ami Michel Blanc, de Châteauneuf du Pape, me transmet ce communiqué qui tend à prouver que la défense des appellations doit d'abord être perçue comme une lutte pour l'identité et contre les usurpateurs, et qu'il sagit d'un combat mondial:

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Châteauneuf du Pape 

 

Bruno le Roy de Boiseaumarié, président de la Fédération des syndicats de producteurs de Châteauneuf-du-Pape, vient d’écrire à Arnold Schwarzenegger, Gouverneur de l’Etat de Californie, afin de le féliciter pour les mesures qu’il a prises en faveur des vins de Sonoma.

"Ces mesures vont dans le sens d’une meilleure protection des indications géographiques face aux détournements et aux usurpations dont elles peuvent être victimes de par le monde. "

Outre son caractère frauduleux, l’utilisation d’une dénomination d’origine pour désigner des produits qui n’en sont pas issus fragilise la santé économique des filières agricoles et viticoles, générant des situations de concurrence déloyale et affaiblissant leur protection internationale.

La Fédération des producteurs de Châteauneuf-du-Pape, qui est membre du réseau OriGIn, est d’autant plus sensible à cette prise de position que Châteauneuf-du-Pape est l’une des plus anciennes appellations de France, et qu’elle entend elle-même se protéger contre toute tentative de détournement de sa notoriété.
"Cette lutte contre les usurpateurs incarne le combat que les producteurs d’indications géographiques du monde entier doivent mener au sein des instances décisionnelles, et notamment l’OMC, pour faire valoir leur droit et se défendre contre les fraudeurs qui entendent tirer profit de leur travail et de la renommée de leur production."

08:50 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

24 avril 2008

La liberté de la presse ne se divise pas

Les lecteurs non professionnels m'excuseront, j'espère, d'enfourcher à nouveau le cheval quelque peu fatigué de la liberté de la presse vineuse, à laquelle j'ai déjà consacrée quelques chroniques.

 Anastasie

Anasthasie, allégorie de la censure... 

 

C'est que la lecture du blog de l'Association (Française) de la Presse du Vin  m'inspire quelques réflexions que je souhaite partager avec les quelques confrères habitués de ce blog.

A ce que je comprends, certains journalistes français mettent la condamnation de nos confrères du Parisien, dont l'article sur le Champagne a été ravalé au rang de publicité par un tribunal de Paris, sur le compte d'un manque de professionnalisme des auteurs de l'article. Avec comme conséquence, on le sait, l'obligation faites aux éditeurs publiant des articles sur le vin de les accompagner d'un message sanitaire, au même titre que la publicité.

Certes, je ne peux qu'abonder dans le sens de Roger Clairet, de César Compadre et de Barthélemy quand ils regrettent l'absence de filières de formation en journalisme vineux (et gastronomique).
Par contre, je ne vois pas dans le contenu de l'article du Parisien une raison objective à la sanction reçue, sanction qui nous atteint tous et devrait susciter la solidarité de tous.

Que l'article soit professionnel ou non, qu'il soit bien écrit ou non, que le titre soit provocateur ou non, rien ne justifie l'amalgame qui est fait entre journalisme et publicité. Cet article n'était pas une publicité, mais un commentaire sur des vins, un point c'est tout.

Prenons garde à ne pas donner à nos adversaires -car ils ne se cachent plus de l'être- des arguments pour nous frapper. La liberté de la presse est une et indivisible.

Quand bien même un confrère écrirait un article à la gloire d'une région viticole, pour autant qu'il ne s'agisse pas de publi-reportage payé, c'est son droit le plus strict. S'il incitait à l'ivresse ou à la débauche, ce que je condamnerais, bien sûr, il y a des lois contre cela, qui n'ont rien à voir avec celles qui s'appliquent à la publicité.

Les journalistes sont d'accord de prendre leurs responsabilités, ils ne sont pas au dessus des lois - mais au moins, qu'on ne leur applique pas des lois qui ne les regardent pas. La liberté de tous est en jeu. Celle des chroniqueurs vineux aujourd'hui, demain celle des chroniqueurs gastronomiques (quid de l'incitation à la boulimie ou à l'anorexie?), celle des chroniqueurs auto (quid de l'apologie de la vitesse ou des dangers de la route...?).

Ce que l'on peut vraiment regretter, à mon sens, c'est le silence assourdissant de nos confrères de la presse générale, qui ne nous soutiennent guère dans notre combat.
Où est le sens d'appartenance à la famille journalistique? Je n'ai vu aucun syndicat prendre notre défense, et les quelques articles parus dans les grands médias se sont bornés à reprendre la communiqué de l'AFP sur la condamnation du Parisien - sur notre condamnation à tous, en définitive.
Nos propres communiqués (APV, FIJEV, Vin & Société, ANEV) sont quant à eux restés plus ou moins lettre morte dans la "grande presse". Toutes mes excuses à ceux qui les ont diffusés, mais le débat n'a pas vraiment atteint le grand public.

Par contre, tous les grands journaux français qui traitent du vin diffusent à présent un message d'alerte santé, même sur internet - voyez le Figaro. Comme si la chose allait de soi. Vous avez dit "autocensure"?

Enfin, le Parisien n'a pas fait appel et il est probable qu'il ne le fera jamais.

A mon sens, voilà autant de raisons pour serrer les rangs, plutôt que de discuter de la qualité du travail de tel ou tel. L'union fait la force.

18:32 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |