27 juin 2008

In Vino Veritas

Le numéro d'été d'in Vino Veritas, auquel j'ai le plaisir de collaborer, est paru voici quelques jours. Au sommaire, vous trouverez notamment un dossier complet sur les Primeurs de Bordeaux 2007, mais également plusieurs dossiers fouillés sur les vins corses, les sauvignons du Centre, les rosés de Provence, les terroirs du Roussillon, l'AOC Languedoc, sans oublier notre sélection "Best of IVV Partners" (une première). Et plus si affinités...

 

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18:56 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

18 juin 2008

François Mauss et la critique vineuse: Michel Smith réagit

L'ami Michel Smith - un habitué de ce blog -  réagit au "post" de François Mauss.

"Pas d’accord, mais alors pas du tout d’accord avec François. D’abord, je ne considère pas notre ami comme étant un journaliste. À mes yeux, c’est un dégustateur et un organisateur de dégustations. Me trompe-je ? Et je reprends volontiers ses dires.

 

Michel Smith

 Michel Smith en action

 

1° Pour moi, il y a de moins en moins de journalistes-vins. Selon mes critères (journalistiques) nous ne sommes plus guère qu’une dizaine en France. Et je n’ai pas l’impression que tous les supports veulent leur rubrique vins. Peut-on appeler “rubrique” ces “échos” dont il m’est arrivé d’être parfois l’auteur (il faut bien débuter par des erreurs...) décrivant sommairement un vin pour faire plaisir à un annonceur ou pour remercier d’un week-end passé dans un bel hôtel ?

 

2° Moins de grands vins à la disposition des dégustateurs ? Normal. La chose existe depuis que je suis dans le métier. J’ai appris à m’y faire après m’être fait expliqué à mes débuts pourquoi tel ou tel producteur rechignait à envoyer ses échantillons et refusait même parfois à mesurer son vin à un autre. Ces mêmes personnes m’ont toujours reçu de manière efficace chez elles. Je garde d’excellents souvenirs de mes longs passages à Yquem, à Léoville LC, à Mouton R, à Lafite, chez Guigal, à Pibarnon, à Beaucastel, chez Gérard Chave, Éloi Dürrbach, Aimé Guibert, j’en passe et des meilleurs. Dans ce cas, les visites étaient de vraies et longues visites. Ainsi, j’ai pu apprendre une chose évidente : plus on prend le temps de parler et d’échanger sur le vin, plus on en découvre et plus on a la chance de pouvoir déguster. En revanche, François semble croire que l’on juge de la qualité d’un bon journaliste à sa capacité à recevoir des échantillons de “grands” vins. Pour beaucoup, les “grands” vins dont il cause ne sont que des étiquettes. Et dans ce cas, on juge des noms, au point d’en oublier le vin. Mais passons sur ce qui risque d’être un long débat. L’important, à mon sens, est de faire son travail de découverte et non d’enfoncer des portes ouvertes. Il faut découvrir le vin, son terroir et son auteur. Pour déguster avec efficacité les grands de Loire, par exemple, le plus simple est de passer chaque année trois jours complets dans les travées du salon des vins de Loire à Angers comme je le fais depuis dix ans, parfois même à mes propres frais puisque nos chers journaux sont de plus en plus réticents à l’idée de rembourser ne serait-ce que nos frais de déplacements.

Chaque année, je me fais un programme sur une micro-région : deux vignerons par jour pas plus, pour mieux cerner leur personnalité, prendre le temps de goûter l’ensemble de leur production et parfois même quelques vieux millésimes. Enfin, si certaines stars du vignoble refusent d’envoyer leurs échantillons, il existe fort heureusement quantité de vignerons – et non des moindres – qui acceptent de le faire. Peut-être qu’aux yeux d’un quarteron de dégustateurs patentés et encensés ces gens-là ne sont pas assez “grands”. Toujours est-il qu’au cours de ces dégustations souvent thématiques ou régionales, il m’arrive de tomber sur ce que je juge être un “grand” vin. J’ajoute enfin qu’en matière de journalisme de vins, il n’y a pas que des “grands” vins sur terre. Tout le monde, nos lecteurs y compris, a le droit de profiter quotidiennement à la joie de la découverte d’un bon “petit” vin. Heureusement, le monde du vin n’est pas fait que d’icônes inaccessibles rares et chères. Ras le bol du vin “bling bling” !

 

3° Trouver un modus vivendi avec la loi Evin ? Quelle honte ! Jamais au grand jamais je m’abaisserai à écrire ce qu’il est “convenu” d’écrire. Le journaliste est libre. Libre comme l’air. Libre comme le vin.

 

Michel Smith
Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance
19 rue Pierre Lefranc, F 66000 PERPIGNAN (France)

 

08:44 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |