28 octobre 2008

Goût et qualité

Lu sur le blog de Jacques Berthomeau, cette citation de l'oenologue français Olivier Nasle (Domaine de la Camaïssette, en Coteaux d'Aix):

Il y a totale confusion entre le terme «qualité» et celui de «goût». La qualité, c’est un système d’accompagnement de productions ou de services. Nous faisons des produits à «goûts». Le fondamental, c’est que ce goût soit pluriel. Il y a le goût du plus grand nombre, ce sont les vins de marque comme «JP Chenet», il y a le goût à la mode comme  ceux des vins «Parkérisés» et puis, il y a surtout la multiplicité de goûts qui fait la richesse de notre patrimoine bachique. En résumé, le vin est et doit rester avant tout un instant de plaisir où nul n’a le droit, pas même l’œnologue, de venir nous dire ce qui est bon ou ce qui ne l’est pas.

00:33 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

22 octobre 2008

Sinfin

Au Concours International des Vins de Séville (CINVE), auquel j'ai été convié comme juré, les vins sud-américains étaient très bien représentés. J'ai notamment pu y faire la connaissance d'une bodega argentine au nom évocateur: Sinfin.

Sinfin, c'est le nom espagnol de la vis sans fin, qui pousse le raisin hors des conquets de réception. Mais c'est aussi et surtout, au second degré, un fameux engagement, une recherche d'absolu.

Pour une fois, le slogan trouve un écho dans le vin.

J'ai surtout apprécié le "Sinfin Guarda" Cabernet Sauvignon 2005.

Comme je n'ai pas visité le domaine (c'est un peu trop loin pour un week-end), je m'en remets à la fiche technique; celle-ci nous dit qu'il s'agit de vignobles d'altitude (1050m), à Tupungato, dans la province de Mendoza. Vendanges manuelles, élevage en cuves inox puis 8 mois en fûts de chêne, dont 50% de chêne français... Rien de surprenant, mais à l'arrivée, un vin d'une exceptionnelle élégance.

La bouche est bien mûre, mais pas confiturée, les fruits rouges sont abondants, mais frais - j'ai perçu surtout de la framboise et de la groseille. Ils tapissent aussi la bouche, enrobés de tannins très suaves et d'épices (poivre gris, herbes de la garrigue, à défaut d'hierba maté); en finale apparaissent quelques notes discrètes de vanille, mais qui ne masquent pas le vin. Et cette finale est vraiment presque... sin fin.

Ce qui frappe, dans ce seigneur des Andes, c'est l'improbable équilibre entre délicatesse du fruit et puissance de la structure. De la belle ouvrage, vraiment, un réglage au millimètre de la part de l'équipe de vinification!

La bodega propose aussi un malbec, assez expressif, mais un tantinet plus rustique.

 

sinfin

07:54 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |